Saab 900 Cabriolet

Saab 900 Cabriolet

La Saab 900 Cabriolet apparaît en 1986 et devient rapidement l’un des modèles les plus emblématiques du constructeur suédois. Avec sa silhouette singulière, ses quatre véritables places et ses motorisations Turbo, elle propose une interprétation originale du cabriolet haut de gamme. Contrairement à de nombreuses découvrables de son époque, elle a été conçue pour rester utilisable toute l’année, y compris dans les conditions climatiques difficiles des pays nordiques.

Produite en Finlande jusqu’en 1993 dans sa première génération, la Saab 900 Cabriolet associe une architecture mécanique inhabituelle, une carrosserie renforcée et un confort de conduite privilégiant les longs trajets. Elle se distingue notamment par son moteur longitudinal entraînant les roues avant, sa capote électrique et son dessin immédiatement reconnaissable. Aujourd’hui, la version classique occupe une place particulière parmi les cabriolets de collection des années 1980 et 1990.

Origines et développement de la Saab 900 Cabriolet

L’histoire de la Saab 900 Cabriolet commence au début des années 1980, lorsque Saab cherche à renforcer sa présence sur le marché américain. Aux États-Unis, les voitures découvrables connaissent alors un regain d’intérêt, tandis que la marque suédoise bénéficie déjà d’une clientèle sensible à ses choix techniques et à son positionnement haut de gamme.

Le projet repose sur la Saab 900 classique, commercialisée depuis 1978 comme évolution de la gamme précédente. Sa carrosserie allongée, son habitacle spacieux et son architecture à traction avant constituent une base intéressante pour développer un cabriolet quatre places. Saab souhaite conserver les qualités routières de la berline tout en proposant une automobile découvrable suffisamment confortable pour un usage quotidien.

Cette base technique trouve elle-même ses origines dans la Saab 99, dont la 900 reprend plusieurs principes fondamentaux, notamment le moteur longitudinal et la transmission aux roues avant. Cette filiation explique pourquoi la 900 Cabriolet possède une implantation mécanique différente de celle de nombreux cabriolets européens contemporains.

Plusieurs équipes participent au développement du projet. Le département de style Saab, placé sous la responsabilité de Björn Envall, travaille sur l’intégration de la carrosserie découvrable. L’entreprise américaine American Sunroof Company intervient dans les premières études, tandis que Saab-Valmet, en Finlande, joue un rôle essentiel dans la mise au point industrielle.

Une étude de Saab 900 Cabriolet est présentée au Salon de Francfort en 1983. L’accueil favorable encourage le constructeur à poursuivre son développement. Transformer la 900 en cabriolet nécessite toutefois davantage que la suppression du toit : les ingénieurs doivent compenser la disparition du pavillon rigide par des renforts structurels et concevoir un mécanisme de capote compatible avec les exigences de sécurité et de confort de Saab.

La production débute en 1986 dans l’usine Saab-Valmet d’Uusikaupunki, en Finlande. Les premiers exemplaires sont destinés au marché américain, particulièrement important pour ce modèle. Les premières voitures possèdent encore la face avant relativement verticale de la 900 d’origine, avant l’arrivée du restylage généralisé pour le millésime 1987.

La commercialisation s’étend ensuite à l’Europe. Le cabriolet devient progressivement une composante durable de la gamme Saab, et non une simple déclinaison produite en quantité limitée. Sa fabrication finlandaise se poursuit jusqu’en 1993, au terme de la carrière de la première génération classique.

Design, carrosserie et particularités du cabriolet

La Saab 900 Cabriolet conserve les proportions caractéristiques de la 900 classique : un long capot plongeant, un pare-brise fortement incliné, une ceinture de caisse relativement haute et un arrière court terminé par un coffre distinct. Cette silhouette donne au modèle une identité très différente de celle des cabriolets dérivés de berlines plus conventionnelles.

La transformation en découvrable concerne une carrosserie à deux portes. Le toit fixe disparaît au profit d’une capote textile repliable, tandis que la partie arrière est redessinée pour accueillir son mécanisme. La voiture conserve quatre places, un argument commercial important face aux petits roadsters strictement biplaces.

La capote à commande électrique participe au positionnement haut de gamme du modèle. Sa conception privilégie l’isolation et l’utilisation régulière plutôt que la recherche d’une légèreté maximale. Une fois fermée, elle permet de profiter du chauffage et de la ventilation de la voiture dans des conditions proches de celles d’une automobile traditionnelle, même si l’isolation acoustique reste naturellement différente de celle d’un toit métallique.

La disparition du pavillon impose des modifications structurelles. Saab-Valmet renforce notamment les parties basses de la carrosserie afin de limiter les déformations et les vibrations. Ces adaptations contribuent au poids relativement élevé du cabriolet, mais répondent à la volonté de préserver la solidité et la sécurité associées à la marque.

Les premières Saab 900 Cabriolet de 1986 sont reconnaissables à leur face avant dite Flatnose, plus verticale. À partir du millésime 1987, la carrosserie adopte un nez davantage incliné, avec des projecteurs, une calandre et des pare-chocs redessinés. Cette évolution rapproche visuellement le cabriolet des autres versions restylées de la gamme.

L’habitacle conserve les particularités ergonomiques de Saab. La planche de bord est orientée vers le conducteur, les commandes principales sont regroupées à portée de main et le contacteur de démarrage se trouve sur la console centrale, près du levier de vitesses. L’instrumentation privilégie la lisibilité, avec un équipement qui évolue selon les finitions et les marchés.

Les versions Turbo se distinguent notamment par leurs jantes spécifiques, leurs inscriptions extérieures et certains équipements supplémentaires. Les différences de présentation restent cependant relativement discrètes : Saab privilégie une esthétique fonctionnelle plutôt qu’une transformation spectaculaire de la carrosserie.

Motorisations et comportement routier

La Saab 900 Cabriolet est principalement associée au moteur quatre cylindres à essence de 2,0 litres. Selon les années et les marchés, elle existe en versions atmosphériques ou turbocompressées, avec différentes configurations d’injection, de dépollution et de transmission.

La motorisation la plus représentative est le 2.0 Turbo 16, directement apparenté à celui de la Saab 900 Turbo. Ce moteur de 1 985 cm³ possède une culasse à seize soupapes, une injection électronique et un turbocompresseur. Certaines configurations européennes non catalysées développent 175 ch, tandis que des versions catalysées affichent généralement une puissance inférieure, notamment autour de 160 ch.

La technologie Saab APC, destinée à contrôler la pression de suralimentation en fonction des conditions de fonctionnement du moteur, constitue l’une des particularités de ces versions. Elle permet d’adapter la suralimentation afin de limiter les risques de cliquetis et de préserver la fiabilité mécanique.

Des moteurs atmosphériques sont également proposés, notamment le 2.0i 16 soupapes développant environ 126 à 130 ch selon les configurations. Sur certains marchés, particulièrement en Amérique du Nord, la gamme accueille également un quatre cylindres de 2,1 litres à partir du début des années 1990.

La transmission repose sur une architecture originale. Le moteur est installé longitudinalement à l’avant, avec la boîte de vitesses placée sous le bloc. Une transmission primaire par chaînes assure la liaison entre les deux ensembles. Cette disposition, héritée de la famille Saab 99 et 900 classique, disparaîtra avec la génération suivante.

La boîte manuelle à cinq rapports constitue l’une des transmissions proposées, tandis qu’une boîte automatique à trois rapports est également disponible selon les versions. La traction avant favorise la motricité dans des conditions d’adhérence difficiles, même si les motorisations Turbo les plus puissantes peuvent provoquer des réactions sensibles dans la direction lors de fortes accélérations.

Le comportement routier privilégie la stabilité, le confort et la sécurité plutôt que l’agilité d’un petit roadster sportif. La suspension avant indépendante et l’essieu arrière rigide guidé permettent d’obtenir un compromis adapté aux longues distances. Le poids supplémentaire des renforts de carrosserie rend le cabriolet moins vif qu’une 900 fermée équivalente.

Les versions Turbo offrent néanmoins des performances élevées pour un cabriolet quatre places de cette période. Leur couple disponible à moyen régime facilite les reprises et les dépassements, tandis que la boîte manuelle permet de mieux exploiter le caractère du moteur. La conduite cheveux au vent reste associée à une philosophie de grand tourisme davantage qu’à une recherche de sensations radicales.

Fiche technique de la Saab 900 Cabriolet

CaractéristiqueSaab 900 Cabriolet classique
ConstructeurSaab Automobile
Modèle900 Cabriolet, première génération
Présentation du projet1983
Production1986 à 1993
Site de fabricationSaab-Valmet, Uusikaupunki, Finlande
CarrosserieCabriolet deux portes, quatre places
StructureMonocoque en acier renforcée
ArchitectureMoteur avant longitudinal, traction avant
MotorisationsQuatre cylindres en ligne à essence, atmosphériques ou Turbo
Cylindrées principales1 985 et 2 119 cm³ selon versions
DistributionDouble arbre à cames en tête, 16 soupapes sur les versions 16V
AlimentationInjection électronique
SuralimentationTurbocompresseur sur les versions Turbo
Puissance 2.0i 16VEnviron 126 à 130 ch
Puissance 2.1i 16VEnviron 136 à 140 ch
Puissance Turbo 16Environ 160 à 175 ch selon marché et dépollution
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports ou automatique à 3 rapports
Transmission primairePar chaînes, boîte placée sous le moteur
Suspension avantRoues indépendantes, doubles triangles, ressorts hélicoïdaux
Suspension arrièreEssieu rigide guidé, ressorts hélicoïdaux
DirectionÀ crémaillère, assistance hydraulique selon équipement
FreinageDisques aux quatre roues, évolution du système selon millésime
JantesAcier ou alliage selon version et finition
Longueur4 680 mm
Largeur1 690 mm hors rétroviseurs
HauteurEnviron 1 420 mm
Empattement2 517 mm
Voie avantEnviron 1 430 à 1 432 mm
Voie arrièreEnviron 1 440 mm
Poids à videEnviron 1 280 à 1 420 kg selon version
Vitesse maximaleJusqu’à environ 215 km/h pour certaines Turbo 16
Accélération de 0 à 100 km/hEnviron 8,7 à 9,5 s pour certaines Turbo 16 de 175 ch
Consommation indicativeEnviron 9 à 12 l/100 km selon utilisation et motorisation
Réservoir63 litres, puis 68 litres selon millésime
Volume de coffre303 litres selon la norme SAE, documentation 1992
CapoteTextile, à commande électrique
Production totale48 888 exemplaires selon la chronologie historique Saab

Évolutions, versions et fin de production

La carrière de la Saab 900 Cabriolet classique s’étend sur plusieurs années durant lesquelles le constructeur améliore progressivement la mécanique, le freinage et les équipements. Les modifications suivent en grande partie celles apportées aux autres Saab 900, mais certaines configurations restent propres aux cabriolets et aux marchés auxquels ils sont destinés.

Le changement esthétique le plus visible intervient avec le millésime 1987. La nouvelle face avant inclinée remplace le dessin vertical des premiers exemplaires. Cette évolution modifie sensiblement l’apparence du véhicule sans remettre en cause son architecture ou sa silhouette générale.

En 1988, Saab apporte des évolutions importantes au freinage, notamment avec une nouvelle disposition du frein de stationnement agissant sur les roues arrière. Les systèmes de refroidissement et de gestion des moteurs Turbo évoluent également, dans le cadre des améliorations techniques apportées à la gamme.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les motorisations à seize soupapes occupent une place croissante. Les équipements de sécurité et de confort progressent, avec notamment le développement de l’ABS selon les marchés. Les versions atmosphériques permettent parallèlement de proposer un cabriolet moins puissant et généralement plus accessible que les Turbo.

Le cabriolet reçoit également différentes présentations spécifiques. Certaines séries et finitions se distinguent par leurs couleurs, leurs jantes, leurs selleries ou leurs équipements. La dénomination Monte Carlo apparaît notamment sur des configurations particulières, mais elle ne correspond pas à une version unique commercialisée partout avec des caractéristiques identiques.

La production de la Saab 900 Cabriolet classique s’achève en 1993. La chronologie historique Saab indique 48 888 exemplaires fabriqués, sur un total de 908 817 Saab 900 classiques toutes carrosseries confondues. Les cabriolets représentent ainsi une part relativement réduite de la production globale, malgré leur forte visibilité dans l’image de marque.

Le remplacement s’effectue avec la Saab 900 de deuxième génération, développée sur une nouvelle plateforme. Son cabriolet conserve le principe d’une découvrable quatre places, mais abandonne l’architecture longitudinale particulière de la première génération au profit d’une implantation mécanique transversale.

La lignée se poursuit ensuite avec la Saab 9-3 Cabriolet, apparue à la fin des années 1990. La Saab 9-3 succède alors à la deuxième génération de 900 et prolonge le positionnement de Saab sur le marché des automobiles découvrables haut de gamme.

La Saab 900 Cabriolet sur le marché de la collection

La Saab 900 Cabriolet classique intéresse aujourd’hui les amateurs de voitures de collection pour son style, son originalité mécanique et son caractère de grand tourisme. Les versions Turbo 16 sont particulièrement appréciées, mais les modèles atmosphériques présentent également un intérêt pour ceux qui recherchent une conduite plus tranquille et une mécanique moins sollicitée.

Les premiers exemplaires de 1986 à face avant verticale occupent une place spécifique dans l’histoire du modèle. Leur production limitée et leur destination initialement américaine les distinguent des cabriolets plus récents. Les archives Saab évoquent une première série de 400 voitures, tandis que certains travaux spécialisés retiennent 379 exemplaires de production, selon le périmètre de comptage.

Sur le marché de l’occasion, l’état de conservation compte davantage que la seule année de fabrication. Une voiture correctement entretenue, présentant une carrosserie saine et une capote fonctionnelle, peut constituer un choix plus intéressant qu’un exemplaire rare nécessitant une restauration structurelle importante.

La corrosion constitue l’un des principaux points de contrôle. Les soubassements, les bas de caisse, les passages de roues, les points de fixation des suspensions et les zones de renfort spécifiques au cabriolet méritent une inspection attentive. La structure étant sollicitée différemment de celle d’une voiture fermée, les réparations de carrosserie doivent respecter les caractéristiques d’origine.

Le mécanisme de capote représente un autre poste important. Il faut vérifier son ouverture et sa fermeture complètes, l’état du tissu, les joints d’étanchéité et le bon fonctionnement des commandes. Les infiltrations d’eau peuvent provoquer une dégradation des garnitures, des planchers et de certains équipements électriques.

Sur les versions Turbo, l’entretien du circuit de suralimentation, du refroidissement et de la lubrification mérite une attention particulière. La présence d’un historique d’entretien cohérent est préférable à une voiture dont la puissance a été modifiée sans documentation. Les durites vieillissantes, les fuites d’huile et les anomalies de régulation de pression doivent être examinées avant l’achat.

La transmission constitue également un point de vigilance. Les boîtes manuelles des Saab 900 classiques peuvent présenter une usure des synchroniseurs, des roulements ou du mécanisme de sélection. Un essai routier doit permettre de contrôler le passage des rapports, l’absence de bruits anormaux et le fonctionnement de l’embrayage.

Enfin, la disponibilité des pièces varie fortement selon les éléments recherchés. Les composants mécaniques communs aux autres Saab 900 classiques restent généralement plus faciles à trouver que certaines pièces de carrosserie, garnitures intérieures ou éléments spécifiques à la capote. Avant d’entreprendre une restauration, il est donc utile de vérifier la disponibilité des pièces propres à la version Cabriolet, particulièrement pour les mécanismes de toit et les éléments de finition d’origine.

Marque Saab

Année de sortie 1986

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