Wiesmann Project Thunderball

Wiesmann Project Thunderball

Dévoilé en avril 2022, le Wiesmann Project Thunderball est un roadster sportif entièrement électrique développé par le constructeur allemand Wiesmann. Avec ses deux moteurs délivrant une puissance cumulée annoncée de 680 ch, sa propulsion arrière et son design néo-rétro, il marque une rupture dans l’histoire d’une marque traditionnellement associée aux moteurs BMW. Conçu pour préserver les sensations d’une sportive artisanale tout en adoptant une architecture électrique moderne, le Project Thunderball revendique une accélération de 0 à 100 km/h en 2,9 secondes et une autonomie visée supérieure à 500 kilomètres.

Présenté comme le premier roadster électrique de Wiesmann, le Thunderball appartient à la nouvelle génération de véhicules imaginée après la relance de l’entreprise. Son développement s’accompagne d’une stratégie commerciale fondée sur la personnalisation et les réservations anticipées. Les caractéristiques publiées correspondent principalement aux objectifs annoncés par le constructeur lors de sa présentation, la production effective et les livraisons en série n’étant pas établies avec certitude.

Origines et développement du Wiesmann Project Thunderball

L’histoire du Project Thunderball commence avec la transformation de Wiesmann, constructeur fondé en 1988 par les frères Martin et Friedhelm Wiesmann à Dülmen, en Allemagne. La marque s’est spécialisée dans les voitures de sport produites artisanalement, reconnaissables à leurs longues lignes de capot, leurs ailes arrondies et leur silhouette inspirée des roadsters britanniques classiques.

Cette identité s’est notamment construite autour de la Wiesmann MF3, un roadster équipé d’un six cylindres BMW. Le modèle associait une carrosserie légère, une propulsion et une mécanique atmosphérique à une présentation intérieure traditionnelle. Cette philosophie plaçait le plaisir de conduite et le caractère mécanique au centre de l’expérience.

La gamme a ensuite évolué vers des motorisations plus puissantes, notamment avec la Wiesmann MF4 et son moteur V8 BMW. Wiesmann a également développé des coupés sportifs comme la Wiesmann GT MF4, démontrant sa capacité à décliner son langage esthétique sur différentes carrosseries.

Après les difficultés financières de l’entreprise historique et sa liquidation en 2014, la marque connaît une nouvelle étape avec sa reprise par des investisseurs liés à Contec Global. Sous l’impulsion de Roheen Berry, Wiesmann entreprend de préparer son retour sur le marché des voitures de sport haut de gamme.

Cette relance s’articule initialement autour du Project Gecko, un programme de sportive thermique faisant appel à une motorisation BMW. Le Project Thunderball constitue une orientation différente : développer une voiture entièrement électrique sans abandonner les proportions, le raffinement artisanal et le tempérament sportif associés à Wiesmann.

Les premières communications concernant le Thunderball apparaissent au printemps 2022. Sa révélation numérique intervient en avril, suivie d’une présentation publique en mai lors du gala amfAR organisé près de Cannes. Le constructeur présente ensuite le véhicule en Allemagne, notamment à Stuttgart à l’occasion d’un rassemblement du Wiesmann Owners Club.

Les réservations ouvrent en septembre 2022, avec un dépôt annoncé de 3 000 euros. En février 2023, Wiesmann indique que les allocations prévues pour sa première année de production sont déjà réservées. Le calendrier initial envisageait un lancement industriel autour de 2024, sans qu’un volume de fabrication ou de livraisons effectives puisse être confirmé.

Un roadster électrique fidèle au style Wiesmann

Le design du Wiesmann Project Thunderball conserve les proportions caractéristiques des sportives de la marque. Le capot particulièrement long, l’habitacle reculé et les ailes avant galbées rappellent les roadsters thermiques, malgré l’absence d’un moteur à combustion sous le capot. Cette architecture visuelle constitue un choix stylistique délibéré plutôt qu’une nécessité mécanique.

La face avant reprend une large calandre ovale, signature historique de Wiesmann, encadrée par des projecteurs arrondis intégrés dans les ailes. Les surfaces de carrosserie sont sculptées avec des volumes généreux, tandis que les prises d’air et les éléments aérodynamiques sont intégrés de manière relativement discrète.

La silhouette demeure celle d’un roadster deux places, avec un pare-brise bas et une partie arrière courte et musclée. Les feux circulaires prolongent le langage esthétique des anciennes Wiesmann. En revanche, l’absence de sorties d’échappement permet de distinguer immédiatement cette version électrique des modèles thermiques.

La comparaison avec la Wiesmann MF5 illustre cette continuité. Les deux voitures partagent une silhouette spectaculaire et une vocation sportive affirmée, mais leur conception mécanique est radicalement différente. Là où la MF5 repose sur une motorisation BMW à combustion, le Thunderball utilise deux machines électriques placées à l’arrière.

La carrosserie fait largement appel à la fibre de carbone afin de contenir la masse et de préserver la rigidité. Les jantes Wiesmann Aero1 de 21 pouces, associées à des pneumatiques Michelin Pilot Sport 4S, participent à l’identité visuelle du modèle présenté en 2022.

À bord, Wiesmann conserve une ambiance traditionnelle fondée sur les matériaux nobles et la personnalisation. La sellerie en cuir, les surfaces travaillées et les instruments à présentation classique côtoient un écran central tactile et des commandes modernes. Le constructeur cherche ainsi à conserver une atmosphère de grand tourisme artisanal plutôt qu’à adopter un habitacle entièrement minimaliste.

Les clients devaient pouvoir choisir différentes couleurs de carrosserie, finitions intérieures et combinaisons de matériaux. Cette personnalisation s’inscrit dans les habitudes de Wiesmann, dont les voitures historiques étaient largement configurées selon les préférences de leurs propriétaires.

Deux moteurs électriques et une propulsion de 680 ch

La particularité mécanique du Project Thunderball réside dans son architecture à deux moteurs électriques installés à l’arrière. Contrairement à de nombreuses sportives électriques utilisant une transmission intégrale, Wiesmann a choisi de conserver une propulsion, avec une puissance transmise exclusivement aux roues arrière.

Chaque moteur développe une puissance annoncée de 250 kW, soit un total de 500 kW, équivalant à environ 680 ch. Le couple cumulé atteint 1 100 Nm. Cette configuration permet de délivrer une force motrice importante dès les faibles vitesses, sans les interruptions de puissance caractéristiques d’une boîte de vitesses conventionnelle.

La transmission utilise un rapport unique et un différentiel autobloquant. Le système de contrôle électronique gère la motricité et la stabilité, deux paramètres particulièrement importants compte tenu du couple disponible sur le train arrière.

Le constructeur annonce une accélération de 0 à 100 km/h en 2,9 secondes et de 0 à 200 km/h en 8,9 secondes. Ces performances placent théoriquement le Thunderball parmi les roadsters électriques les plus rapides de sa catégorie. Elles doivent toutefois être comprises comme des objectifs constructeur, et non comme des mesures indépendantes réalisées sur un véhicule de série homologué.

Le positionnement du Thunderball prolonge celui des Wiesmann les plus performantes, notamment la Wiesmann GT MF5, qui représentait l’une des expressions les plus radicales de la gamme thermique. La nouvelle motorisation change cependant profondément le caractère attendu de la conduite : la montée en régime d’un moteur BMW laisse place à une accélération électrique immédiate et à une gestion électronique de la récupération d’énergie.

Wiesmann a particulièrement travaillé le freinage régénératif, réglable depuis des palettes situées derrière le volant. Celles-ci ne commandent pas des changements de rapport, mais permettent de modifier l’intensité de la décélération lorsque le conducteur relâche l’accélérateur. Cette solution vise à donner davantage de contrôle au conducteur sur le comportement de la voiture.

La répartition des masses annoncée de 48 % à l’avant et 52 % à l’arrière, associée à une batterie installée au centre du châssis, doit favoriser l’équilibre dynamique. La direction assistée électriquement et les suspensions sportives réglables complètent une architecture conçue pour conserver le caractère d’une sportive traditionnelle.

Batterie, autonomie et recharge rapide

Le Wiesmann Project Thunderball repose sur une batterie lithium-ion développée avec le concours de Roding Group, partenaire technique allemand spécialisé dans les solutions automobiles. Sa capacité annoncée atteint 92 kWh bruts, dont 83 kWh utilisables.

L’installation de cette batterie dans la partie centrale du véhicule permet de limiter l’élévation du centre de gravité. Cette disposition contribue également à répartir la masse entre les essieux, tout en préservant les proportions extérieures propres aux roadsters Wiesmann.

L’architecture électrique fonctionne sous une tension de 800 volts. Ce choix technique permet notamment d’envisager une recharge à forte puissance tout en limitant l’intensité nécessaire pour transférer une quantité importante d’énergie.

Wiesmann annonce une puissance de recharge maximale de 300 kW en courant continu et de 22 kW en courant alternatif. La première valeur correspond à la capacité de recharge rapide visée, tandis que la seconde concerne notamment les bornes compatibles avec une recharge triphasée.

L’autonomie annoncée dépasse 500 kilomètres selon l’objectif WLTP communiqué par le constructeur. La consommation publiée atteint 20,5 kWh/100 km. Ces chiffres décrivent les ambitions techniques du programme, sans constituer une autonomie homologuée et vérifiée sur un véhicule de série.

L’intégration de la batterie a également été pensée pour conserver des espaces de rangement. Wiesmann annonce un coffre avant de 180 litres, une capacité intéressante pour un roadster sportif biplace. Une configuration coupé est également mentionnée dans certaines spécifications, avec un coffre arrière supplémentaire annoncé de 125 litres, sans commercialisation clairement établie.

Fiche technique de la Wiesmann Project Thunderball

CaractéristiqueWiesmann Project Thunderball (2022)
ConstructeurWiesmann
Pays d’origineAllemagne
Première présentation2022
CarrosserieRoadster électrique, 2 portes, 2 places
MotorisationDeux moteurs électriques arrière
Type de moteursSynchrones à aimants permanents, à flux axial selon les descriptions techniques publiées
Puissance par moteur250 kW
Puissance totale500 kW, environ 680 ch
Couple maximal cumulé1 100 Nm
TransmissionPropulsion arrière
Boîte de vitessesRapport unique
DifférentielAutobloquant annoncé
StructureArchitecture en aluminium, avec éléments en acier et carbone
CarrosserieFibre de carbone
SuspensionsSportives réglables, barres antiroulis réglables
DirectionAssistée électriquement
Freins avantDisques de 380 mm, étriers à 6 pistons
Freins arrièreDisques de 380 mm, étriers à 4 pistons
Jantes21 pouces, Wiesmann Aero1
Largeur des jantes avant10 pouces
Largeur des jantes arrière11,5 pouces
Pneumatiques avant265/30 ZR21
Pneumatiques arrière305/25 ZR21
Longueur4 440 mm
Largeur avec rétroviseurs2 210 mm
Hauteur1 285 mm
Empattement2 595 mm
Voie avant1 564 mm
Voie arrière1 668 mm
Masse à vide annoncée1 775 kg
Répartition des masses48 % avant, 52 % arrière
0 à 100 km/h2,9 secondes annoncées
0 à 200 km/h8,9 secondes annoncées
Vitesse maximaleEnviron 250 km/h selon les estimations de presse
Type de batterieLithium-ion
Capacité brute92 kWh
Capacité utilisable83 kWh
Architecture électrique800 volts
Autonomie viséePlus de 500 km WLTP
Consommation annoncée20,5 kWh/100 km
Recharge rapide DCJusqu’à 300 kW annoncés
Recharge ACJusqu’à 22 kW annoncés
Freinage régénératifRéglable par palettes au volant
Volume du coffre avant180 litres
Prix de départ annoncé300 000 € en 2022

Prix, réservations et statut de production

Lors de sa présentation en 2022, le Wiesmann Project Thunderball est annoncé à partir de 300 000 euros. Ce positionnement tarifaire le situe dans l’univers des sportives de luxe produites en petites quantités, où la fabrication artisanale, les matériaux et la personnalisation occupent une place importante.

Les réservations sont ouvertes en septembre 2022 contre un dépôt remboursable de 3 000 euros. Le constructeur communique ensuite sur le succès commercial de cette première campagne, annonçant en février 2023 que les allocations correspondant à la première année de production prévue ont été réservées.

Plusieurs publications évoquent un objectif industriel d’environ 1 000 exemplaires, sans qu’il soit possible d’assimiler ce chiffre à un volume effectivement fabriqué. La distinction est importante : une allocation réservée correspond à une intention commerciale, et non nécessairement à une automobile achevée, homologuée et remise à son propriétaire.

Le Thunderball a fait l’objet de présentations publiques et d’essais de prototypes par des journalistes automobiles en 2022. Ces véhicules ont permis de découvrir son architecture, son ergonomie et certains aspects de son comportement routier, mais les spécifications définitives d’une éventuelle série commerciale ne sont pas établies par ces essais.

Le site officiel Wiesmann a également fait apparaître la désignation Project Meisterwerk dans son parcours de réservation. Cette appellation doit être distinguée du Project Thunderball présenté en 2022 tant que leur relation exacte et leur statut commercial respectif ne sont pas clairement confirmés.

La rareté du Thunderball ne peut donc pas être évaluée à partir d’un nombre d’exemplaires construits ou d’une cote de collection vérifiable. Son intérêt documentaire repose principalement sur les prototypes présentés, les annonces officielles et la place occupée par ce programme dans la transformation de Wiesmann vers la propulsion électrique.