Mega Club

Mega Club

La Mega Club est une voiture de loisirs française présentée en 1992 et commercialisée à partir de 1993 par Mega, une marque créée par le constructeur Aixam. Avec sa carrosserie découvrable, ses panneaux modulables et sa mécanique empruntée à la Citroën AX, elle propose une interprétation moderne du concept popularisé par la Citroën Méhari. Produite en petite série durant les années 1990, cette automobile atypique se distingue par sa polyvalence, sa légèreté et l’existence de versions à transmission intégrale.

Contrairement aux voitures sans permis qui ont fait la réputation d’Aixam, la Mega Club est une véritable automobile nécessitant le permis de conduire. Elle combine des composants mécaniques de grande série avec une structure spécifique et une carrosserie pensée pour différents usages, des déplacements quotidiens aux loisirs de plein air.

Origines et histoire de la Mega Club

Au début des années 1990, Aixam souhaite diversifier ses activités au-delà du marché des voiturettes. Sous l’impulsion de Georges Blain, l’entreprise développe Mega, une marque destinée à produire des automobiles originales, aussi bien dans le domaine des loisirs que dans celui des véhicules sportifs. Cette stratégie donne naissance à plusieurs projets très différents, dont la Mega Club constitue l’une des réalisations les plus accessibles.

Le contexte commercial favorise l’apparition d’une voiture de loisirs simple et découvrable. La Citroën Méhari a quitté le marché en 1987, tandis que les Renault Rodéo ont également disparu. Ces modèles avaient démontré l’intérêt d’une automobile légère, pratique et adaptée aux activités de plein air. Mega cherche à reprendre cette philosophie avec une conception plus récente et des composants mécaniques disponibles dans la gamme Citroën.

Le projet est dévoilé au Salon de Paris 1992 sous la forme de la Mega Concept 1. Ce prototype annonce les principales caractéristiques de la future Club : carrosserie anguleuse, éléments démontables, habitacle simple et silhouette compacte. La production commerciale débute en 1993, avec une gamme organisée autour de plusieurs configurations de carrosserie.

La Mega Club appartient à une période particulièrement ambitieuse pour son constructeur. Parallèlement à cette voiture de loisirs, Mega développe la spectaculaire Mega Track, une supercar française à moteur V12, très éloignée de la Club par son prix, ses performances et sa clientèle. Ces deux automobiles illustrent la volonté de Mega d’explorer des segments délaissés par les constructeurs généralistes.

La marque s’intéresse également aux automobiles sportives exclusives avec la Mega Monte Carlo. La Club conserve cependant une approche radicalement différente : elle privilégie l’utilisation quotidienne, la simplicité mécanique et la possibilité de transformer sa carrosserie selon les besoins.

La chronologie de production de la Mega Club présente quelques différences suivant les archives. Plusieurs historiques situent la fabrication de sa première carrosserie entre 1993 et 1998, tandis que certaines bases automobiles répertorient des versions jusqu’au millésime 2000. Cette différence tient notamment aux évolutions de gamme et aux dates de commercialisation, qui ne correspondent pas nécessairement à l’arrêt effectif de l’assemblage.

Une carrosserie modulable inspirée des voitures de loisirs

La personnalité de la Mega Club repose avant tout sur sa carrosserie. Ses lignes géométriques, ses surfaces relativement planes et ses passages de roues prononcés lui donnent une apparence immédiatement reconnaissable. À l’avant, quatre projecteurs ronds disposés par paires constituent l’un des signes distinctifs du modèle initial. La partie inférieure de la carrosserie forme un ensemble visuellement robuste, surmonté d’un habitacle aux formes simples.

Avec une longueur d’environ 3,51 mètres, la Club conserve des dimensions proches de celles d’une petite citadine. Ses proportions courtes facilitent les manoeuvres et correspondent à sa vocation de véhicule polyvalent. Les roues sont placées près des extrémités de la carrosserie, tandis que les portes relativement courtes et la surface vitrée importante renforcent son caractère utilitaire et décontracté.

La modularité représente sa principale originalité. Suivant la configuration, la partie supérieure de la carrosserie peut recevoir des éléments de toit rigides ou une protection souple. Cette conception permet de passer d’une automobile fermée à une voiture largement ouverte sur l’extérieur, dans l’esprit des véhicules de plage. Les différentes configurations ne disposent toutefois pas toutes des mêmes équipements ni des mêmes possibilités de transformation.

La carrosserie utilise des panneaux en matériaux composites fixés sur une structure métallique spécifique. Cette solution distingue la Mega Club d’une simple Citroën AX modifiée. Même si elle partage de nombreux organes avec la petite Citroën, elle possède sa propre architecture de carrosserie et une présentation entièrement différente.

La structure métallique galvanisée constitue un autre élément important de sa conception. Elle contribue à protéger les parties porteuses contre la corrosion, même si les assemblages, les fixations et les zones exposées aux projections nécessitent toujours une surveillance sur les exemplaires anciens.

À bord, la Mega Club privilégie la fonctionnalité plutôt que le raffinement. L’aménagement reprend plusieurs composants issus de l’univers Citroën AX, notamment dans les commandes et l’instrumentation. La présentation reste dépouillée, avec des surfaces faciles d’accès et un mobilier adapté à l’esprit pratique de l’automobile. La version Club est principalement conçue pour accueillir quatre occupants.

Motorisations Citroën AX et comportement routier

Pour limiter les coûts de développement et faciliter l’entretien, Mega utilise des motorisations et des organes mécaniques provenant de la Citroën AX. Ce choix permet à la Club de bénéficier de moteurs déjà largement diffusés, associés à une boîte manuelle à cinq rapports. Les moteurs sont installés transversalement à l’avant.

La gamme essence comprend notamment un quatre cylindres de 1 124 cm3 développant 60 ch et un moteur de 1 360 cm3 annoncé à 75 ch. Le premier correspond à une utilisation tranquille, tandis que le second offre davantage de souplesse pour circuler sur route. Ces puissances restent modestes, mais elles sont cohérentes avec la masse contenue et les dimensions compactes de la voiture.

Des motorisations diesel sont également proposées. Un premier bloc atmosphérique de 1 360 cm3 développe environ 50 ch. Il est ensuite remplacé par un diesel de 1 527 cm3 annoncé à 58 ch. Ce dernier privilégie l’économie de carburant et le couple à bas régime plutôt que les accélérations. Les différentes motorisations ne sont pas nécessairement disponibles sur tous les millésimes ni avec toutes les transmissions.

Les versions classiques utilisent une transmission aux roues avant. La Mega Club adopte des suspensions de conception proche de celles de la Citroën AX, avec des jambes McPherson à l’avant et des bras tirés à l’arrière. La direction à crémaillère et le freinage associant disques avant et tambours arrière correspondent aux solutions courantes sur les petites voitures françaises de cette période.

Une déclinaison à quatre roues motrices vient élargir les possibilités d’utilisation. Sa transmission intégrale enclenchable s’appuie sur une architecture apparentée à celle de certaines Citroën AX 4×4. Elle améliore la motricité sur les chemins et les surfaces peu adhérentes, sans transformer la Club en véhicule de franchissement spécialisé.

Sur route, les caractéristiques de la Mega Club correspondent davantage à celles d’une citadine légère qu’à celles d’un SUV moderne. Sa conception privilégie l’agilité et la simplicité. Les performances varient sensiblement avec la motorisation et le type de transmission, les versions intégrales devant entraîner des organes supplémentaires.

Fiche technique de la Mega Club

CaractéristiqueDonnées techniques
MarqueMega, marque du groupe Aixam
ModèleClub
Première présentation1992, Mega Concept 1
Début de commercialisation1993
PériodeAnnées 1990, références commerciales jusqu’en 2000
OrigineFrance
CatégorieVoiture de loisirs découvrable
CarrosserieDeux portes, éléments de carrosserie modulables
Nombre de places4 pour la Club
StructureStructure métallique galvanisée spécifique
Matériaux de carrosseriePanneaux composites
Implantation moteurAvant transversal
Moteur essence 1.14 cylindres en ligne, 1 124 cm3, 60 ch
Moteur essence 1.44 cylindres en ligne, 1 360 cm3, 75 ch
Couple du 1.4 essenceEnviron 111 Nm à 4 000 tr/min
Moteur diesel 1.44 cylindres en ligne, 1 360 cm3, 50 ch
Moteur diesel 1.54 cylindres en ligne, 1 527 cm3, 58 ch
Couple du 1.5 diesel96 Nm à 2 250 tr/min
AlimentationEssence ou injection diesel selon moteur
TransmissionTraction avant ou 4 roues motrices enclenchables
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports
Suspension avantType McPherson
Suspension arrièreBras tirés
DirectionÀ crémaillère
Freins avantDisques
Freins arrièreTambours
Pneumatiques165/65 R13 sur certaines versions 1.4 essence ; 155/70 R13 référencés sur certaines versions diesel
Longueur3 510 mm
Largeur1 620 à 1 625 mm suivant les fiches
HauteurEnviron 1 460 mm
Masse à videEnviron 700 à 850 kg selon les versions et les sources
Réservoir43 litres selon les fiches techniques disponibles
Vitesse maximale 1.1 essenceEnviron 140 km/h
Vitesse maximale 1.4 essenceEnviron 150 km/h
Vitesse maximale 1.5 dieselEnviron 145 km/h
Consommation indicative 1.1 essence6,7 l/100 km
Consommation indicative 1.4 essence7,7 l/100 km
Consommation indicative 1.5 diesel6,0 l/100 km

Les différentes versions de la Mega Club

La Mega Club appartient à une famille de véhicules conçus autour d’une même philosophie de modularité. Dès les premières années, Mega propose plusieurs carrosseries pour répondre à des usages différents. Cette diversité explique certaines confusions dans les descriptions historiques, les annonces de vente et les bases de données automobiles.

La version Club correspond à la configuration de loisirs destinée principalement à quatre occupants. Elle privilégie les déplacements personnels et les activités de plein air, avec une carrosserie transformable. Sa vocation est différente de celle de la Mega Ranch, déclinaison utilitaire initiale à deux places, dotée d’un espace arrière adapté au transport de matériel.

La gamme évolue notamment à partir de 1995. Des variantes Cabriolet et Fourgon apparaissent, tandis que la Ranch initiale disparaît de certaines présentations commerciales. La Cabriolet adopte une configuration découvrable spécifique, alors que la Fourgon privilégie un espace arrière fermé par un toit rigide. Ces appellations correspondent à des carrosseries distinctes et ne doivent pas être considérées comme de simples niveaux d’équipement interchangeables.

Les motorisations évoluent également au cours de la carrière du modèle. L’arrivée du diesel 1.5 permet de remplacer le précédent 1.4 diesel, tandis que la transmission intégrale enrichit les possibilités offertes aux utilisateurs recherchant davantage de motricité. Les versions 4×4 constituent une déclinaison particulièrement originale dans la catégorie des petites voitures de loisirs.

Vers la fin des années 1990, les historiques mentionnent une évolution de la famille sous l’appellation Mega Concept. Cette désignation doit être distinguée de la Concept 1 de 1992, qui était le prototype de présentation initial. La succession exacte des variantes et des appellations commerciales dépend des millésimes, ce qui impose de vérifier l’identité d’un exemplaire à partir de ses documents et de sa configuration d’origine.

Production, prix d’époque et rareté

La Mega Club n’a jamais connu une diffusion comparable à celle des petites voitures françaises de grande série. Son positionnement particulier, sa carrosserie spécifique et le réseau commercial limité de Mega ont contribué à maintenir une production confidentielle. Certaines estimations évoquent moins de 1 000 véhicules pour la famille Club et ses dérivés, mais aucun registre de fabrication suffisamment détaillé ne permet d’attribuer un volume définitif à la seule Club.

Les tarifs d’époque montrent que Mega cherchait à proposer une automobile originale sans atteindre les prix des véhicules sportifs de sa gamme. Pour le début de l’année 1995, les bases historiques de L’Argus indiquent des prix convertis d’environ 11 400 euros pour une Club 1.1, 11 950 euros pour une 1.4 essence et 12 100 euros pour une 1.5 diesel. Ces montants correspondent à des conversions de tarifs exprimés initialement en francs, et non à des prix actualisés selon l’inflation.

Les versions à transmission intégrale étaient plus coûteuses. Certaines bases automobiles répertorient des tarifs convertis supérieurs à 14 000 euros pour les déclinaisons 4×4. Leur diffusion plus restreinte contribue aujourd’hui à leur intérêt auprès des amateurs de véhicules français inhabituels.

La Mega Club occupe une place particulière parmi les automobiles de collection des années 1990. Elle ne bénéficie pas de la notoriété d’une Méhari, mais possède une identité propre et une conception relativement originale. Sa rareté ne suffit cependant pas à établir une cote uniforme : l’état, la version, les accessoires présents et la conformité de l’exemplaire jouent un rôle important dans son appréciation.

Entretien, pièces spécifiques et identification des exemplaires

L’un des avantages pratiques de la Mega Club réside dans son utilisation de composants mécaniques Citroën. Les moteurs, plusieurs éléments de transmission, les trains roulants et certaines commandes sont issus d’une famille de véhicules largement diffusée. Cette origine facilite la recherche de pièces d’entretien courant et permet de s’appuyer sur des connaissances mécaniques bien établies.

Les difficultés concernent davantage les éléments propres à Mega. Les panneaux de carrosserie, les fixations de toit, les vitrages spécifiques, les charnières et les accessoires de fermeture peuvent être difficiles à retrouver. Sur un exemplaire ancien, la présence d’une carrosserie complète et de tous ses éléments démontables représente donc un critère important.

L’examen de la structure mérite également une attention particulière. La galvanisation apporte une protection, mais elle ne garantit pas l’absence de corrosion au niveau des fixations, des assemblages ou des zones ayant subi des réparations. L’état des points d’ancrage de suspension et des éléments de liaison entre la structure et la carrosserie doit être contrôlé.

Sur les versions 4×4, il convient de vérifier le fonctionnement de la transmission intégrale et l’état des organes supplémentaires. Une voiture utilisée régulièrement sur des chemins peut présenter une usure différente de celle d’un exemplaire ayant principalement circulé sur route. L’identification exacte de la motorisation est également nécessaire avant de commander des pièces, les diesels 1.4 et 1.5 appartenant à des évolutions mécaniques distinctes.

Enfin, l’histoire de Mega dépasse largement celle de cette voiture de loisirs. La marque s’est illustrée dans les compétitions sur glace avec les prototypes Mega Glace, engagés dans le Trophée Andros. Elle a également développé le programme de rallye-raid Mega Desert, notamment associé au Dakar 2000. Ces véhicules de compétition ne sont pas des versions sportives de la Club et ne partagent pas sa vocation. Leur existence explique néanmoins pourquoi une même marque française a pu réunir, durant les années 1990, des automobiles de loisirs très simples et des machines destinées à des disciplines mécaniques exigeantes.

Marque Mega

Année de sortie 1992

Catégories

Découvrez d'autres modèles Mega