Présentée officiellement en février 2020, la Pagani Imola est une hypercar italienne produite à seulement cinq exemplaires. Développée par Pagani Automobili à San Cesario sul Panaro, près de Modène, elle associe un V12 biturbo Mercedes-AMG de 827 ch à une carrosserie en matériaux composites et à une aérodynamique particulièrement élaborée. Son prix de lancement atteignait cinq millions d’euros hors taxes, et tous les exemplaires étaient déjà vendus lors de sa présentation officielle.
La Pagani Imola porte le nom du célèbre circuit italien Autodromo Enzo e Dino Ferrari, où une grande partie de sa mise au point a été réalisée. Contrairement à une voiture de course réservée aux circuits, elle conserve une homologation routière. Son développement privilégie néanmoins la précision du comportement, la stabilité à haute vitesse et la résistance des composants lors d’une utilisation intensive.
Une évolution radicale de la famille Huayra
La Pagani Imola s’inscrit dans la continuité de la Pagani Huayra, présentée en 2011. Elle reprend les grands principes de cette famille, notamment le moteur V12 central arrière, la monocoque composite et les dispositifs aérodynamiques actifs. Cependant, les modifications apportées à la carrosserie, aux suspensions et à la gestion électronique dépassent largement le cadre d’une simple augmentation de puissance.
Le programme de développement, connu sous le code PS-01, répondait à une ambition précise : créer une voiture capable de conserver un comportement prévisible dans des conditions particulièrement exigeantes. Horacio Pagani et ses équipes ont ainsi privilégié les performances globales plutôt qu’une recherche exclusive de vitesse maximale.
Cette philosophie prolonge celle de la Pagani Huayra BC, qui avait déjà introduit des évolutions importantes en matière d’allègement, d’aérodynamique et de comportement dynamique. L’Imola pousse ces recherches plus loin, avec une carrosserie profondément remaniée et des systèmes électroniques capables de coordonner plusieurs fonctions du véhicule.
Le développement a notamment mobilisé le circuit d’Imola, sur lequel Pagani annonce plus de 16 000 kilomètres parcourus à vitesse de course. Cette distance illustre l’importance accordée à la validation des composants et à la répétition des sollicitations mécaniques. Elle ne correspond toutefois pas à un engagement officiel en compétition ni à un record d’endurance.
Les acquéreurs des cinq exemplaires ont également été associés à certaines étapes du programme. Leurs retours ont participé à la définition d’une automobile dont chaque unité pouvait recevoir une configuration personnalisée. La présentation officielle du 14 février 2020 est intervenue alors que la production de cette série limitée était déjà annoncée comme achevée.
Un V12 biturbo de 827 ch et une transmission spécifique
La Pagani Imola utilise un moteur V12 Mercedes-AMG de 5 980 cm³, alimenté par deux turbocompresseurs. Installé longitudinalement derrière l’habitacle, il développe 827 ch et 1 100 Nm de couple. Toute cette puissance est transmise aux roues arrière, conformément à l’architecture traditionnelle des grandes sportives Pagani.
Le choix d’un V12 biturbo permet de disposer d’un couple particulièrement élevé sans recourir à une motorisation hybride. Cette caractéristique impose toutefois un travail important sur la motricité, notamment lors des accélérations en sortie de virage. Les pneumatiques arrière de 355 mm de largeur, le différentiel piloté et la gestion électronique participent à l’exploitation de cette puissance.
La transmission est confiée à une boîte Xtrac transversale à sept rapports, dotée d’un embrayage multidisque à trois disques et d’un système de commande automatisé. Elle utilise notamment la technologie SMART GAS pour accélérer les changements de rapport. Il ne s’agit pas d’une boîte à double embrayage, mais d’une transmission robotisée dont l’architecture contribue à limiter l’encombrement et la masse.
Avec 1 246 kg à sec, l’Imola affiche un rapport poids/puissance calculé d’environ 1,51 kg/ch, soit près de 664 ch par tonne. Cette valeur souligne l’importance du travail d’allègement, mais elle ne représente pas le rapport obtenu en conditions réelles de circulation, puisque les fluides et les occupants augmentent la masse effective.
Les performances d’accélération et la vitesse maximale font l’objet de chiffres variables dans certaines fiches automobiles. En l’absence de valeurs officielles clairement établies pour le coupé de 2020, il serait trompeur de présenter un 0 à 100 km/h ou une vitesse de pointe précise comme une mesure constructeur.
Une aérodynamique conçue pour la stabilité
L’apparence de la Pagani Imola révèle immédiatement sa vocation. La partie avant reçoit un splitter imposant, des prises d’air agrandies et des éléments destinés à contrôler les turbulences autour des roues. Sur les flancs, les surfaces sculptées et les prises d’air participent au refroidissement mécanique ainsi qu’à la gestion des écoulements.
À l’arrière, un grand aileron fixe domine une carrosserie fortement travaillée, complétée par un diffuseur volumineux. Les quatre sorties d’échappement centrales conservent une signature visuelle caractéristique des Pagani à moteur V12. L’ensemble donne à l’Imola une silhouette plus agressive que celle de la Huayra d’origine.
La voiture dispose également de quatre volets aérodynamiques mobiles, capables d’agir indépendamment. Leur fonctionnement est coordonné avec les informations provenant du véhicule afin d’adapter son comportement aux conditions de conduite. Ils peuvent notamment contribuer à modifier la résistance aérodynamique lors des phases de freinage.
L’un des aspects les plus intéressants du développement concerne la relation entre l’aérodynamique et les mouvements de suspension. Sur une voiture très basse, les variations de garde au sol peuvent modifier sensiblement les écoulements sous le plancher. Un appui aérodynamique trop dépendant d’une hauteur constante risque alors de devenir moins prévisible sur une chaussée irrégulière.
Pagani a donc travaillé sur la stabilité de l’appui lorsque la voiture subit des mouvements de tangage et de roulis. Cette approche explique pourquoi la conception ne repose pas uniquement sur un fond plat très proche du sol : les surfaces extérieures, les appendices et les dispositifs mobiles jouent également un rôle essentiel.
Les suspensions indépendantes à doubles triangles utilisent des amortisseurs à commande électronique et une gestion interconnectée. Le système peut coordonner les réactions du châssis avec les dispositifs aérodynamiques, tandis que le train avant bénéficie d’une fonction de variation de hauteur. L’objectif est de maintenir un équilibre dynamique cohérent lors des freinages, des accélérations et des changements rapides de direction.
Cette recherche s’inscrit dans une tradition technique déjà illustrée par la Pagani Zonda R, développée exclusivement pour le circuit. L’Imola se distingue cependant par la nécessité de concilier des solutions issues de la compétition avec les contraintes d’une automobile homologuée pour la route.
Matériaux composites, freinage et construction allégée
La structure centrale de la Pagani Imola utilise des composites Carbo-Titanium HP62 G2 et Carbo-Triax HP62. Ces matériaux associent les propriétés de fibres techniques à une conception destinée à obtenir une grande rigidité tout en limitant la masse. La monocoque est complétée par des structures auxiliaires tubulaires en acier à l’avant et à l’arrière.
Le programme de fabrication a également porté sur plus de 770 composants forgés ou usinés par commande numérique. Cette démarche permet d’adapter la géométrie de nombreuses pièces à leurs contraintes mécaniques, plutôt que de rechercher uniquement une réduction de poids sur les éléments les plus visibles.
Pagani a aussi développé un procédé de peinture baptisé Acquarello Light. Celui-ci permet une économie annoncée de 5 kg par rapport au système de peinture de référence. Sur une voiture de cette catégorie, ce gain peut sembler modeste, mais il illustre une stratégie d’allègement appliquée jusque dans les opérations de finition.
Le freinage repose sur des disques carbone-céramique Brembo ventilés, associés à des étriers monoblocs à six pistons à l’avant et quatre à l’arrière. Le choix de ces composants répond aux contraintes thermiques imposées par les freinages répétés à haute vitesse. Les écoulements d’air autour des freins ont également été optimisés pour contribuer à leur refroidissement.
Les pneumatiques Pirelli Trofeo R ont été développés en collaboration avec le manufacturier italien, notamment grâce au procédé de fabrication Next MIRS. Leur conception privilégie l’adhérence sur chaussée sèche et les performances lors d’une conduite sportive. Leur vocation très spécialisée suppose toutefois davantage d’attention aux conditions météorologiques et à la température de fonctionnement qu’avec des pneus routiers conventionnels.
Fiche technique de la Pagani Imola
| Caractéristique | Pagani Imola (2020) |
|---|---|
| Constructeur | Pagani Automobili |
| Pays de fabrication | Italie |
| Présentation officielle | 14 février 2020 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2 places |
| Architecture | Moteur central arrière longitudinal |
| Motorisation | V12 Mercedes-AMG à 60°, essence |
| Cylindrée | 5 980 cm³ |
| Suralimentation | Double turbocompresseur |
| Puissance maximale | 827 ch (environ 608 kW) |
| Couple maximal | 1 100 Nm |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Xtrac robotisée à 7 rapports |
| Embrayage | Multidisque à trois disques |
| Différentiel | À commande électromécanique |
| Structure | Monocoque Carbo-Titanium HP62 G2 et Carbo-Triax HP62 |
| Structures auxiliaires | Berceaux tubulaires en acier |
| Suspensions avant et arrière | Doubles triangles indépendants |
| Amortisseurs | À commande électronique, gestion interconnectée |
| Aérodynamique active | 4 volets mobiles indépendants |
| Freins avant | Disques carbone-céramique Brembo 398 x 36 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Disques carbone-céramique Brembo 380 x 34 mm, étriers 4 pistons |
| Jantes avant | 20 pouces |
| Jantes arrière | 21 pouces |
| Pneus avant | Pirelli Trofeo R 265/30 R20 |
| Pneus arrière | Pirelli Trofeo R 355/25 R21 |
| Longueur | 4 853 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | 2 035 mm |
| Largeur avec rétroviseurs | 2 264 mm |
| Hauteur | 1 269 mm |
| Empattement | 2 795 mm |
| Masse à sec | 1 246 kg |
| Rapport poids/puissance à sec | Environ 1,51 kg/ch |
| Puissance par tonne à sec | Environ 664 ch/t |
| Production | 5 exemplaires |
| Prix neuf annoncé | 5 000 000 € hors taxes |
Une série de cinq exemplaires à cinq millions d’euros
La production de la Pagani Imola a été limitée à cinq coupés. Cette quantité exceptionnellement réduite s’explique par la nature du programme, qui associe développement technique poussé, fabrication largement spécialisée et personnalisation des véhicules. La voiture ne constituait pas une nouvelle finition destinée à élargir les ventes de la Huayra.
Le prix annoncé de cinq millions d’euros hors taxes la plaçait parmi les automobiles neuves les plus coûteuses de son époque. Ce montant correspondait au tarif de présentation et ne permet pas de déterminer le coût final de chaque exemplaire, compte tenu des possibilités de personnalisation proposées par Pagani.
La rareté du modèle ne suffit pas non plus à établir une valeur de collection précise. Le prix d’une éventuelle transaction dépend notamment de la configuration, de l’historique, du kilométrage et de la provenance du véhicule. Une annonce de vente ou une estimation isolée ne constitue pas à elle seule une référence de marché.
La Pagani Imola se distingue également par sa place particulière dans l’histoire du constructeur. Elle fait partie des créations à très faible diffusion développées parallèlement aux modèles principaux, avec une liberté de conception plus importante. Sa carrosserie, ses réglages et ses composants spécifiques traduisent cette approche.
Pagani Imola, Imola Roadster et autres créations de la marque
La principale confusion concerne la Pagani Imola Roadster, présentée en novembre 2023. Malgré leur nom commun, les deux voitures ne possèdent pas exactement la même définition technique. Le Roadster développe 850 ch et 1 100 Nm, affiche une masse à sec de 1 260 kg et fait l’objet d’une série limitée à huit exemplaires.
La différence ne se résume pas à la disparition du toit. L’Imola Roadster combine des enseignements issus de la Pagani Huayra Roadster BC avec des solutions aérodynamiques développées ultérieurement. Sa carrosserie ouverte, ses entrées d’air et son traitement aérodynamique répondent à des contraintes propres. Les caractéristiques du Roadster de 2023 ne doivent donc pas être attribuées rétrospectivement au coupé de 2020.
Une autre distinction importante concerne la Pagani Huayra R, dévoilée en 2021. Celle-ci utilise un V12 atmosphérique et a été conçue exclusivement pour le circuit. L’Imola conserve au contraire son V12 biturbo et son homologation routière, même si son développement accorde une place centrale à la conduite sur piste.
Enfin, l’arrivée de la Pagani Utopia en 2022 marque le lancement d’une nouvelle génération d’hypercars chez le constructeur italien. L’Utopia adopte une conception différente, tout en conservant le principe du V12 Mercedes-AMG. Elle ne remplace pas directement l’Imola, dont les cinq exemplaires constituent une série spéciale indépendante de la succession des modèles de grande diffusion relative de Pagani.
