Ferrari 456 GT

Ferrari 456 GT

Présentée en 1992, la Ferrari 456 GT est une grande routière 2+2 animée par un V12 atmosphérique placé à l’avant. Elle associe quatre places, une boîte manuelle à six rapports et des performances alors dignes des meilleures berlinettes de la marque. Avec 442 ch, une vitesse maximale supérieure à 300 km/h et une ligne volontairement discrète, elle occupe une place singulière dans l’histoire de Ferrari.

Le retour de la grande Ferrari V12 à quatre places

La 456 GT est annoncée en septembre 1992 en Belgique, à l’occasion du quarantième anniversaire du Garage Francorchamps, avant sa présentation publique au Mondial de l’Automobile de Paris en octobre de la même année. Elle marque le retour de Ferrari sur le segment des coupés 2+2 à moteur V12 avant, trois ans après la fin de la Ferrari 412.

Cette architecture répond à une tradition ancienne chez Ferrari. La 456 GT n’est pas conçue comme une stricte sportive à deux places, mais comme une automobile capable de parcourir de longues distances rapidement, avec deux sièges arrière et un niveau de confort supérieur à celui des modèles les plus radicaux de la gamme.

Son nom fait directement référence à son moteur. Le nombre 456 correspond à la cylindrée unitaire d’un cylindre, soit environ 456 cm³. Cette nomenclature rappelle celle de plusieurs Ferrari historiques, même si la marque a utilisé au fil du temps différents systèmes de désignation.

Une carrosserie Pininfarina sobre et aérodynamique

Le dessin est confié à Pininfarina. La silhouette privilégie des proportions classiques, avec un long capot, un habitacle reculé et une poupe courte. Les surfaces restent fluides et relativement dépouillées, loin des prises d’air et des appendices aérodynamiques visibles sur certaines Ferrari plus démonstratives.

Parmi ses références stylistiques figure la Ferrari 365 GTB/4, souvent appelée Daytona. La 456 GT en reprend notamment l’idée d’une grande berlinette à moteur avant, rapide mais suffisamment raffinée pour un usage routier prolongé. Les phares escamotables, intégrés dans un capot très bas, participent également à son identité visuelle.

La carrosserie mesure 4 730 mm de long, 1 920 mm de large et 1 300 mm de haut. Son empattement atteint 2 600 mm. Ces dimensions permettent d’aménager deux places arrière, tout en conservant une ligne plus basse que celle d’une berline ou d’un coupé quatre places traditionnel.

Un V12 atmosphérique de 5,5 litres

La Ferrari 456 GT utilise un V12 à 65 degrés installé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée exacte est de 5 473,91 cm³. Il développe 325 kW, soit 442 ch à 6 250 tr/min, et délivre un couple maximal de 550 Nm à 4 500 tr/min.

Ce moteur atmosphérique privilégie une réponse progressive et une large plage d’utilisation. Son couple élevé est particulièrement adapté à la vocation de grand tourisme du modèle, tandis que sa puissance permet à la voiture de conserver des performances comparables à celles de nombreuses sportives contemporaines.

Sur la 456 GT, le V12 est associé à une boîte manuelle à six rapports. La transmission adopte une disposition transaxle, avec la boîte placée à l’arrière afin de mieux répartir les masses entre les deux essieux. Le châssis repose sur une structure tubulaire en acier et le poids à sec annoncé atteint 1 690 kg.

Performances de la Ferrari 456 GT

Ferrari annonce un passage de 0 à 100 km/h en 5,2 secondes et une vitesse maximale supérieure à 300 km/h. Ces chiffres sont remarquables pour une automobile dotée de quatre places et conçue pour voyager, surtout au début des années 1990.

CaractéristiqueFerrari 456 GT
MoteurV12 atmosphérique à 65 degrés
Cylindrée5 473,91 cm³
Puissance442 ch à 6 250 tr/min
Couple maximal550 Nm à 4 500 tr/min
Boîte de vitessesManuelle à six rapports
0 à 100 km/h5,2 secondes
Vitesse maximaleSupérieure à 300 km/h
Poids à sec annoncé1 690 kg

La 456 GT ne cherche toutefois pas uniquement la performance maximale. Son positionnement repose sur l’équilibre entre vitesse, stabilité, confort et capacité à transporter quatre occupants. Cette combinaison explique son statut particulier dans la gamme Ferrari de son époque.

De la 456 GT à la 456 GTA

La gamme s’élargit en 1996 avec la Ferrari 456 GTA. Cette version conserve le V12 de 5,5 litres, mais remplace la boîte manuelle par une transmission automatique à quatre rapports dotée d’une gestion électronique adaptative.

La GTA vise une conduite plus souple, particulièrement adaptée aux longs parcours et à un usage urbain. Ses performances restent élevées, avec un 0 à 100 km/h annoncé en 5,5 secondes et une vitesse maximale supérieure à 298 km/h. La différence avec la GT tient donc davantage au caractère de la transmission qu’à une transformation profonde de la voiture.

La 456M GT et l’évolution Modificata

En 1998, Ferrari dévoile la Ferrari 456M GT. La lettre M signifie « Modificata ». Cette évolution ne constitue pas une nouvelle génération, mais une mise à jour technique et esthétique du modèle apparu six ans plus tôt.

La suspension est revue et plusieurs éléments de carrosserie sont modifiés. La calandre, les clignotants, le capot et l’intégration des phares escamotables évoluent. L’objectif est de moderniser la voiture sans remettre en cause ses proportions générales ni son positionnement de grande routière V12.

La version automatique poursuit également sa carrière sous la forme de la Ferrari 456M GTA. La famille 456 se compose ainsi de quatre variantes principales, distinguées par leur génération et leur transmission.

VersionTransmissionPériode d’apparitionParticularité
456 GTManuelle à six rapports1992Version d’origine
456 GTAAutomatique à quatre rapports1996Conduite plus souple
456M GTManuelle à six rapports1998Évolution Modificata
456M GTAAutomatique à quatre rapports1998Modificata à boîte automatique

Une production limitée à l’échelle de l’industrie

La production totale de la famille 456 est estimée à 3 289 exemplaires, toutes versions confondues. Dans cet ensemble, 688 voitures correspondent à la 456M GT équipée de la boîte manuelle à six rapports.

Ces chiffres doivent être replacés dans le contexte d’une Ferrari produite en petite série, mais destinée à rester plusieurs années au catalogue. La présence de versions manuelles et automatiques a permis à la 456 de répondre à des attentes différentes, entre conduite plus impliquée et utilisation davantage orientée vers le grand tourisme.

Les points à contrôler avant un achat

Une Ferrari 456 GT doit être examinée comme une automobile complexe âgée de plus de trente ans. L’état réel, la qualité de l’entretien et la traçabilité des interventions comptent davantage que le seul kilométrage affiché. Un exemplaire régulièrement entretenu peut représenter un choix plus rationnel qu’une voiture peu utilisée mais immobilisée pendant de longues périodes.

Sur les premières 456 GT, l’étanchéité des joints de vitres mérite une attention particulière. Une mauvaise fermeture ou un défaut d’alignement peut provoquer des bruits d’air et des infiltrations. Il convient également de contrôler le fonctionnement des mécanismes électriques associés aux vitres et aux ouvrants.

Certains éléments de commande intérieure peuvent devenir collants avec le vieillissement de leur revêtement. Ce phénomène esthétique n’affecte pas directement la mécanique, mais sa remise en état peut demander le démontage et le traitement de plusieurs pièces de l’habitacle.

La suspension arrière à correcteur d’assiette doit également être inspectée pour détecter d’éventuelles fuites. Une voiture qui présente une hauteur de caisse irrégulière, des traces de fluide ou un comportement anormal sur route nécessite un diagnostic approfondi avant toute décision d’achat.

Le remplacement de la courroie de distribution doit être documenté par des factures. Un spécialiste cité dans le guide d’achat de Classic Driver recommande une intervention tous les trois ans ou 30 000 km, selon la première échéance atteinte. Cette périodicité doit être appréciée avec l’historique du véhicule et les recommandations du professionnel chargé de son entretien.

Le contrôle doit enfin porter sur le refroidissement, les fuites éventuelles, le fonctionnement de la boîte, l’électronique de bord, la climatisation et l’état des trains roulants. Sur une 456 GTA, le comportement de la transmission automatique doit être fluide et cohérent, sans à-coups anormaux ni délai excessif lors de l’engagement des rapports.

Ce qui distingue la 456 GT

La Ferrari 456 GT réunit des caractéristiques devenues rares dans une même automobile : un V12 atmosphérique avant, une boîte manuelle, quatre places et une carrosserie dessinée avec retenue. Elle ne possède ni l’architecture centrale arrière d’une berlinette ni le caractère spectaculaire d’une supercar, mais propose une autre interprétation de la performance Ferrari.

Son intérêt repose précisément sur cette polyvalence. Elle peut être considérée comme une voiture de grand tourisme rapide, une représentante de la dernière génération de Ferrari à phares escamotables, mais aussi comme le point de départ d’une lignée poursuivie par les 456M et, plus tard, par d’autres modèles V12 à quatre places.

Pour choisir un exemplaire, la priorité doit rester la cohérence du dossier d’entretien, la compétence des ateliers intervenus sur la voiture et l’absence de réparations différées. Sur un modèle aussi sophistiqué, un prix d’achat attractif ne compense pas nécessairement une remise à niveau mécanique, hydraulique ou électrique importante.