Histoire de la marque Bajaj

Logo Bajaj

Bajaj est un constructeur indien né au milieu des années 1940 dans le prolongement des activités industrielles de la famille Bajaj. D’abord importateur de deux-roues et de trois-roues, il devient ensuite fabricant sous licence, puis développe ses propres véhicules. Le scooter Chetak, l’autorickshaw RE et la famille de motos Pulsar ont successivement façonné sa réputation, avant que les partenariats avec Kawasaki, KTM et Triumph, puis l’électrification, ne donnent à l’entreprise une dimension internationale.

1945 : la famille Bajaj crée la société à l’origine de Bajaj Auto

La future Bajaj Auto voit le jour le 29 novembre 1945 à Bombay, aujourd’hui Mumbai, sous le nom de M/s Bachhraj Trading Corporation Private Limited. Sa création s’inscrit dans l’histoire du groupe industriel constitué autour de Jamnalal Bajaj, entrepreneur indien proche du mouvement indépendantiste et des idées de Gandhi. Jamnalal étant mort en 1942, il convient toutefois de ne pas lui attribuer directement la constitution de cette société trois ans plus tard : son fils Kamalnayan Bajaj joue alors un rôle central dans la poursuite et la diversification des activités familiales.

L’entreprise ne fabrique pas encore de véhicules. À partir de 1948, elle importe et commercialise en Inde des deux-roues et des trois-roues. Cette activité répond aux besoins de mobilité d’un pays devenu indépendant l’année précédente, mais dont l’industrie automobile reste peu développée. Bajaj acquiert ainsi une première connaissance du marché avant de passer à la production locale.

1959 : la licence de fabrication transforme le négociant en industriel

En 1959, le gouvernement indien autorise la société à fabriquer des deux-roues et des trois-roues. Cette licence marque le véritable point de départ de son activité industrielle. L’année suivante, l’entreprise devient une société anonyme cotée et engage la construction de son usine d’Akurdi, près de Pune, qui deviendra le centre historique de ses opérations automobiles.

Bajaj commence alors à produire le Vespa 150 sous licence de Piaggio. Le constructeur italien lui apporte un produit éprouvé et un savoir-faire industriel dans le domaine du scooter. Dans une Inde où l’accès à l’automobile reste limité, ce véhicule compact et plus abordable répond à une demande croissante de transport individuel. Cette étape installe durablement Bajaj sur le marché national, même si son identité demeure encore étroitement liée à une technologie étrangère.

1971 : les trois-roues ouvrent un second pilier d’activité

En 1971, Bajaj lance son premier véhicule utilitaire à trois roues. Il ne s’agit pas d’une diversification secondaire : ce type de véhicule devient essentiel au transport de marchandises, au petit commerce et à l’activité de nombreux entrepreneurs indiens. La marque adapte ainsi son offre aux contraintes des villes et aux besoins d’une économie où les véhicules simples, robustes et peu coûteux occupent une place déterminante.

Le lancement du Bajaj RE à moteur arrière en 1977 étend cette réussite au transport de passagers. L’autorickshaw s’impose progressivement dans le paysage urbain indien, puis sur de nombreux marchés d’exportation. Les trois-roues deviennent dès lors l’un des fondements industriels de Bajaj, parallèlement aux scooters puis aux motos.

1972 : le Chetak devient le scooter emblématique de l’Inde

Bajaj lance le Chetak en 1972, au moment où l’entreprise cherche à affirmer une identité propre au-delà du Vespa fabriqué sous licence. Son nom fait référence au cheval du souverain rajput Maharana Pratap, ce qui lui donne un ancrage culturel immédiatement reconnaissable. Accessible, pratique et adapté aux déplacements familiaux, le Chetak accompagne l’essor de la mobilité individuelle pendant plusieurs décennies.

Dans une économie longtemps encadrée par les licences d’importation et de production, la demande dépasse souvent l’offre. Le Chetak devient ainsi bien plus qu’un simple modèle à succès : il associe durablement le nom Bajaj au scooter dans l’imaginaire indien. Sa production thermique se poursuit jusqu’en 2006, mais l’importance historique du modèle tient surtout à son rôle dans la motorisation des classes moyennes.

1984 : l’accord avec Kawasaki accélère le passage à la moto

Au début des années 1980, le marché indien commence à évoluer en faveur de motos plus économes et plus modernes. Bajaj conclut en 1984 un accord d’assistance technique avec Kawasaki. Cette coopération donne au constructeur indien accès au savoir-faire du groupe japonais et lui permet d’élargir une gamme jusque-là dominée par les scooters et les trois-roues.

La KB100, lancée en 1986, symbolise ce changement d’orientation. Cette moto à moteur deux-temps aide Bajaj à se construire une légitimité sur un segment appelé à devenir central. La même période est marquée par l’ouverture de l’usine de Waluj, près d’Aurangabad, en 1985. L’augmentation des capacités industrielles et l’apport technologique de Kawasaki préparent ainsi la transformation de Bajaj en constructeur généraliste de deux-roues.

2001 : la Pulsar redéfinit l’identité de Bajaj

Le lancement des Pulsar 150 et 180 en 2001 constitue l’une des ruptures les plus importantes de l’histoire de la marque. Bajaj ne se contente plus de proposer une solution de mobilité économique ou de fabriquer des modèles issus d’une coopération étrangère. Avec la Pulsar, l’entreprise développe une moto sportive accessible, destinée à une clientèle plus jeune et attentive aux performances comme au style.

Cette famille de modèles accompagne le basculement stratégique de Bajaj du scooter vers la moto. Elle lui permet aussi d’affirmer ses capacités de conception et de recherche, puis de consolider ses exportations. Déclinée au fil du temps dans plusieurs cylindrées, la Pulsar devient la principale signature internationale de la marque sans remettre en cause son activité historique dans les trois-roues.

La structure du groupe évolue à son tour en 2008. L’ancienne Bajaj Auto est scindée entre les activités automobiles, les services financiers et la gestion des participations. La nouvelle Bajaj Auto Limited peut ainsi concentrer ses ressources sur les motos, les véhicules à trois roues, le développement technologique et l’expansion internationale.

2007 : l’alliance avec KTM engage la montée en gamme

En 2007, Bajaj Auto acquiert une première participation de 14,5 % dans le constructeur autrichien KTM. Cette opération ouvre une coopération industrielle appelée à prendre une importance majeure. Les deux entreprises développent ensemble des motos de petite et moyenne cylindrée, tandis que Bajaj fabrique en Inde certains modèles KTM et Husqvarna destinés au marché local comme à l’exportation.

Pour Bajaj, cette alliance apporte une expertise dans les motos performantes et facilite l’accès à des marchés plus haut de gamme. KTM bénéficie de son côté des capacités de production et du réseau industriel indien de son partenaire. La participation de Bajaj augmente progressivement, transformant un investissement minoritaire en relation stratégique de long terme.

Une logique comparable conduit Bajaj à s’associer en 2017 avec Triumph. Le projet aboutit en 2023 aux Speed 400 et Scrambler 400 X, conçues par le constructeur britannique et produites en Inde par Bajaj. Cette coopération renforce la présence du groupe dans les moyennes cylindrées et confirme son rôle de partenaire industriel pour des marques internationales.

2019 : le Chetak électrique inaugure une nouvelle transition

En 2019, Bajaj présente un scooter électrique portant le nom Chetak, avant sa commercialisation en Inde en 2020. Le choix de cette appellation relie la transition énergétique de l’entreprise à son modèle historique le plus célèbre. Il marque aussi le retour de Bajaj sur le marché du scooter après une période durant laquelle sa stratégie avait privilégié les motos.

L’électrification s’étend ensuite aux trois-roues, tandis que l’entreprise investit dans de nouvelles capacités de production. Bajaj demeure ainsi présent sur ses métiers traditionnels tout en adaptant les véhicules urbains, qui ont construit son succès, aux nouvelles contraintes énergétiques.

2025 : Bajaj prend le contrôle de KTM après sa restructuration

La relation engagée avec KTM en 2007 change de nature lorsque le constructeur autrichien, confronté à une grave crise de liquidité, entre dans une procédure de restructuration. Bajaj apporte les financements nécessaires au règlement des créanciers et à la relance des opérations. Après l’obtention des autorisations réglementaires, sa filiale néerlandaise acquiert en novembre 2025 la totalité de Pierer Bajaj AG et prend ainsi le contrôle indirect de KTM.

Cette opération place également Husqvarna et GASGAS dans le périmètre contrôlé par Bajaj Auto. L’entreprise indienne reste simultanément active dans les motos, les scooters électriques, les autorickshaws et les véhicules utilitaires légers, avec Pune comme principal ancrage industriel. Partie du commerce de véhicules importés, elle est ainsi devenue un groupe international associant marques propres, production pour des partenaires et contrôle d’un constructeur européen spécialisé dans la moto sportive.

Découvrez d'autres marques automobiles du même pays