
Bandini Automobili est un petit constructeur italien né à Forlì, en Émilie-Romagne, autour de l’ingénieur, mécanicien et pilote Ilario Bandini. À partir de l’après-guerre, celui-ci développe des voitures de sport très légères, souvent destinées à la compétition, dans un cadre presque artisanal. La réputation de Bandini s’est surtout construite dans les années 1950 grâce aux courses européennes puis américaines, avant que l’évolution du sport automobile et les moyens croissants des constructeurs concurrents ne réduisent progressivement son activité. Après la disparition d’Ilario Bandini en 1992, le nom a été préservé puis relancé sous une nouvelle structure.
1946 : Ilario Bandini construit la première voiture portant son nom
Avant de devenir constructeur, Ilario Bandini acquiert une solide expérience mécanique. Après avoir travaillé notamment dans le transport et la mécanique en Érythrée, il revient en Italie et développe à Forlì une activité de garage et de location automobile à la fin des années 1930. Son passage à la construction automobile intervient après la Seconde Guerre mondiale.
La date de 1946 est généralement retenue pour la naissance de Bandini comme marque automobile. Ilario Bandini réalise alors une voiture profondément transformée sur une base de Fiat 1100. Cette première création pose les principes qui guideront longtemps son travail : faible poids, châssis conçu ou modifié en interne, recherche de performances avec des mécaniques de petite cylindrée et fabrication en très petite série. Certaines sources situent l’achèvement de la première automobile en 1947, mais 1946 reste la date le plus souvent associée à la fondation de la marque.
1949 : la compétition donne à Bandini sa première visibilité
La course devient rapidement le principal terrain d’expression de Bandini. En 1949, une Bandini 1100 de type « siluro » participe notamment aux Mille Miglia, épreuve alors essentielle pour les petits constructeurs italiens souhaitant démontrer la valeur de leurs voitures. La même période apporte aussi des succès de catégorie dans des compétitions nationales.
Cette orientation sportive n’est pas accessoire : elle sert directement au développement des automobiles. Ilario Bandini conçoit, prépare et pilote lui-même certaines de ses créations, ce qui rapproche étroitement la mise au point mécanique de l’expérience acquise en course. La marque se spécialise ainsi davantage dans les voitures de sport et les barquettes légères que dans une production routière traditionnelle.
1950 : la 750 Sport ouvre à Bandini le marché américain
Au début des années 1950 apparaît l’un des modèles les plus importants de l’histoire de la marque, la 750 Sport Siluro. Compacte et légère, elle utilise notamment des moteurs Crosley que Bandini retravaille en profondeur. La voiture correspond parfaitement aux catégories de petite cylindrée alors populaires en compétition.
Son histoire prend une dimension internationale grâce à Tony Pompeo, importateur new-yorkais qui fait connaître les Bandini aux États-Unis. Plusieurs voitures sont engagées dans les épreuves organisées sous l’égide du Sports Car Club of America. Pour une entreprise de la taille de Bandini, ce débouché est déterminant : une part importante de sa notoriété se construit désormais de l’autre côté de l’Atlantique, où ses petites voitures peuvent rivaliser avec d’autres sportives européennes dans des catégories adaptées à leurs caractéristiques.
1955 : les succès américains accompagnent l’apogée technique de la marque
Le milieu des années 1950 marque la période la plus favorable de Bandini. Les voitures de la marque obtiennent des titres de catégorie dans les championnats SCCA, notamment en 1955 puis en 1957. Ces résultats installent durablement le nom Bandini dans le milieu américain des petites voitures de course, sans que l’entreprise change pour autant d’échelle industrielle.
Dans le même temps, Ilario Bandini diversifie ses réalisations. La 750 GT reçoit ainsi une carrosserie signée Zagato, ce qui constitue l’une des rares incursions de la marque dans le domaine des GT fermées. En 1957, la 750 Sport Internazionale, surnommée « Saponetta » en raison de ses formes très lisses, illustre une recherche aérodynamique plus poussée. Ces modèles restent produits à très peu d’exemplaires, mais ils montrent que Bandini ne se contente plus de modifier des bases existantes et développe une identité technique de plus en plus affirmée.
1960 : la 1000 P traduit l’évolution technique de Bandini
Au tournant des années 1960, Bandini poursuit ses expérimentations avec la 1000 P, qui adopte une architecture à moteur arrière. Ce changement suit l’évolution générale des voitures de compétition de l’époque et montre la volonté d’Ilario Bandini de rester techniquement dans la course malgré les moyens limités de son atelier.
Cette période constitue aussi un choix stratégique important. Alors que la marque bénéficie encore de sa réputation américaine, Ilario Bandini refuse une proposition qui aurait conduit au transfert de son activité à Cincinnati. Il conserve son entreprise à Forlì et maintient un fonctionnement artisanal. Ce choix préserve l’indépendance de Bandini, mais limite aussi ses possibilités d’expansion alors que la compétition devient plus professionnelle et plus coûteuse.
Au cours des années suivantes, l’évolution des règlements et l’arrivée de concurrents disposant de moyens techniques et financiers supérieurs réduisent progressivement la compétitivité des Bandini aux États-Unis. Les exportations se raréfient et l’activité se recentre sur des voitures construites à l’unité, des prototypes et des projets destinés à des pilotes privés.
1992 : la mort d’Ilario Bandini met fin à la période historique du constructeur
Malgré le recul de la production, Ilario Bandini continue pendant les années 1970 et 1980 à expérimenter de nouvelles solutions. Des prototypes à moteur 1300 et à culasse 16 soupapes témoignent de cette activité persistante. Sa dernière création connue, une Berlinetta 1000 Turbo 16V, montre qu’il poursuit encore ses recherches techniques alors que Bandini n’est plus un constructeur produisant régulièrement des voitures pour le marché.
Ilario Bandini meurt à Forlì le 12 avril 1992. Sa disparition met un terme à l’activité automobile telle qu’il l’avait personnellement dirigée depuis l’après-guerre. Environ 75 automobiles auraient été construites au total durant cette première période, un volume qui confirme le caractère exceptionnellement artisanal de la marque. La famille conserve ensuite plusieurs voitures, les archives et le registre historique liés à l’œuvre du fondateur.
2012 : le nom Bandini est relancé sous une nouvelle structure
Deux décennies après la disparition du fondateur, le nom Bandini revient dans le paysage automobile avec la création d’une nouvelle structure, Bandini Automobili s.r.l., conduite par Michele Orsi Bandini. Il ne s’agit pas d’une reprise de la production historique à l’identique, mais d’une relance destinée à prolonger le nom familial et à développer de nouveaux projets tout en préservant le patrimoine laissé par Ilario Bandini.
Cette nouvelle phase distingue donc clairement deux périodes : celle du constructeur artisanal directement animé par son fondateur jusqu’en 1992, puis celle d’une marque contemporaine qui cherche à réinterpréter cet héritage sans disposer d’une production comparable à celle d’un constructeur automobile établi.
2020 : la Bandini Dora fait entrer le nom dans l’ère électrique
La relance devient publiquement visible en 2020 avec la présentation de la Bandini Dora, une barquette électrique dessinée avec GFG Style, la société de Giorgetto et Fabrizio Giugiaro. Le projet transpose dans un contexte contemporain plusieurs thèmes associés aux anciennes Bandini : format de sportive légère, carrosserie ouverte et volonté de se distinguer par une solution technique inhabituelle.
La Dora demeure toutefois un concept et non le point de départ documenté d’une production régulière. Bandini Automobili continue aujourd’hui d’entretenir le nom et l’histoire de la marque, tandis que les automobiles historiques, les archives et le registre familial assurent la conservation de l’œuvre d’Ilario Bandini. La situation actuelle correspond ainsi davantage à une relance patrimoniale et à des projets ponctuels qu’au retour d’un constructeur produisant des voitures en série.
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