Histoire de la marque CT&T

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CT&T est un constructeur sud-coréen de véhicules électriques fondé en 2002 autour de Lee Young-gi et d’anciens cadres de Hyundai. L’entreprise se fait d’abord connaître avec des voiturettes de golf électriques avant de vouloir appliquer son savoir-faire à la mobilité urbaine. Son histoire, courte mais mouvementée, est marquée par le succès de la c-Zone, le lancement de la petite e-Zone, une ambitieuse expansion internationale puis une crise financière qui conduit à la disparition de la société historique en 2013.

2002 : CT&T naît autour du véhicule électrique

CT&T est fondée en Corée du Sud en 2002. Lee Young-gi est généralement présenté comme son fondateur, aux côtés d’une équipe comprenant plusieurs anciens cadres de Hyundai Motor. Dans un marché automobile encore très largement dominé par le moteur thermique, la nouvelle entreprise fait le choix de se concentrer sur la propulsion électrique.

Son activité ne débute toutefois pas directement avec des voitures particulières. CT&T développe d’abord des véhicules électriques légers, notamment des voiturettes destinées aux parcours de golf. Ce positionnement permet à l’entreprise d’acquérir une première expérience industrielle dans les motorisations électriques et les véhicules de petite taille, tout en s’attaquant à un marché plus accessible que celui de l’automobile traditionnelle.

2006 : la c-Zone installe CT&T sur le marché coréen

Le développement de la c-Zone marque la première véritable réussite commerciale de CT&T. Cette voiturette de golf électrique permet au constructeur coréen de concurrencer des fabricants japonais alors bien établis sur son marché national. En 2007, CT&T revendique environ 46 % du marché sud-coréen des voiturettes de golf.

Ce succès change l’échelle des ambitions de l’entreprise. La technologie électrique n’est plus seulement envisagée pour des usages spécialisés : CT&T cherche désormais à adapter ses véhicules compacts à la circulation urbaine. La marque commence ainsi à se rapprocher du statut de constructeur automobile à part entière.

2008 : l’e-Zone fait passer CT&T de la voiturette à la voiture urbaine

En mai 2008, CT&T lance l’e-Zone, une petite voiture électrique biplace destinée aux déplacements urbains. Le modèle constitue le tournant le plus important de l’histoire de la marque, puisqu’il transpose l’expérience acquise avec les voiturettes de golf à un véhicule conçu pour circuler sur route. La presse sud-coréenne de l’époque la présente comme une première importante pour l’industrie électrique nationale.

L’e-Zone repose sur une conception volontairement simple et légère. CT&T propose notamment des configurations utilisant des batteries au plomb ou des batteries lithium-polymère, afin de jouer sur le coût d’achat et l’autonomie. Certaines versions sont annoncées avec une autonomie pouvant approcher 110 kilomètres. Plus que ces chiffres, c’est surtout la philosophie du modèle qui compte dans l’histoire de l’entreprise : CT&T mise sur une voiture électrique compacte, adaptée aux trajets courts et à la circulation en ville.

2009 : CT&T lance une expansion internationale très ambitieuse

À partir de 2009, CT&T cherche à transformer rapidement son succès domestique en activité internationale. L’entreprise crée une présence aux États-Unis et annonce des projets d’implantation industrielle sur plusieurs marchés. Elle s’intéresse également à la Chine et développe des partenariats destinés à produire ou distribuer ses véhicules hors de Corée du Sud.

Cette stratégie ne se limite plus à l’e-Zone. CT&T envisage alors une gamme plus large de véhicules électriques, allant de petites voitures urbaines à des applications professionnelles, des taxis ou encore des véhicules de transport collectif. L’objectif est de profiter de l’intérêt croissant pour la mobilité électrique avant que les grands constructeurs mondiaux n’occupent pleinement ce marché.

L’expansion donne à la marque une visibilité inhabituelle pour un constructeur coréen de cette taille, mais elle augmente aussi fortement ses besoins financiers. Les recrutements, la recherche et développement et les nombreux projets industriels pèsent rapidement sur une entreprise dont les volumes de vente restent encore limités.

2010 : l’homologation européenne de l’e-Zone renforce les ambitions de la marque

En 2010, l’e-Zone obtient une homologation européenne de type WVTA après une série d’essais réalisés en Espagne. Cette validation représente une étape importante pour CT&T, car elle ouvre théoriquement l’accès à plusieurs marchés européens avec un même cadre d’homologation. La société cherche parallèlement à exporter son petit véhicule électrique vers d’autres pays, notamment le Japon.

Cette reconnaissance réglementaire arrive au moment où CT&T affiche ses ambitions les plus élevées. Mais le marché des petites voitures électriques reste encore émergent et les débouchés ne progressent pas assez vite pour absorber les investissements engagés. Les projets internationaux, les nouveaux produits et l’augmentation des dépenses de développement créent un décalage croissant entre les ambitions de l’entreprise et ses ressources financières.

2011 : l’expansion trop rapide débouche sur une crise financière

En 2011, les difficultés de CT&T deviennent critiques. L’entreprise a augmenté ses effectifs, ses dépenses de recherche et le nombre de projets menés simultanément, alors que les ventes de véhicules électriques légers restent insuffisantes pour soutenir cette croissance. Plusieurs projets annoncés aux États-Unis sont abandonnés et les pertes s’accumulent.

La situation conduit CT&T à demander l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire à la fin de l’année. Celle-ci est ouverte en décembre 2011. Ce retournement est particulièrement brutal : quelques années seulement après le lancement de l’e-Zone et les annonces d’expansion mondiale, la société ne dispose plus des moyens nécessaires pour poursuivre normalement son développement.

2012 : l’échec du redressement conduit à la fin de CT&T

Le redressement ne permet pas de sauver durablement l’entreprise. En février 2012, la procédure est arrêtée, la valeur de liquidation de CT&T étant considérée comme supérieure à celle d’une poursuite de l’activité. La société est également radiée du KOSDAQ au cours de l’année, ce qui matérialise la rupture avec la période d’expansion qui avait précédé.

La société historique cesse finalement son activité le 15 mai 2013. Aucun élément fiable ne permet d’établir une véritable relance ultérieure du constructeur sous la même forme. CT&T reste ainsi associée à une période pionnière de l’électromobilité sud-coréenne : partie des voiturettes de golf, la marque avait tenté de faire de l’e-Zone une petite voiture électrique internationale, mais son développement industriel s’est révélé trop rapide par rapport à la maturité du marché et à ses capacités financières.