
Diatto est une marque italienne née à Turin au XIXe siècle, bien avant l’apparition de l’automobile. Issue d’une entreprise familiale spécialisée dans les voitures hippomobiles, elle se tourne vers la construction automobile en 1905 et se fait ensuite connaître par ses solutions mécaniques, ses carrosseries légères et son engagement en compétition. Son histoire industrielle reste relativement courte, mais elle occupe une place particulière dans l’automobile italienne, notamment par ses liens avec Zagato et avec les frères Maserati.
1835 : Guglielmo Diatto fonde l’entreprise familiale à Turin
L’histoire de Diatto commence en 1835 à Turin, lorsque Guglielmo Diatto crée un atelier consacré au charronnage et à la construction de voitures hippomobiles. L’entreprise se développe donc à l’origine dans les métiers traditionnels du transport, plusieurs décennies avant que l’automobile ne transforme l’industrie européenne. Cette ancienneté explique que Diatto dispose déjà d’un savoir-faire industriel et artisanal lorsque la famille décide de se tourner vers les véhicules motorisés.
1905 : Vittorio et Pietro Diatto entrent dans l’industrie automobile
Le véritable début de l’activité automobile intervient en 1905. Vittorio et Pietro Diatto, petits-fils du fondateur, s’associent au constructeur français Adolphe Clément pour créer à Turin Diatto-Clément. Cette coopération permet à l’entreprise italienne d’accéder rapidement aux techniques et à l’expérience acquises en France, alors l’un des principaux foyers de développement de l’automobile.
Cette nouvelle société marque une rupture nette avec l’activité historique de carrosserie hippomobile. Diatto devient désormais un constructeur automobile et s’insère dans l’industrie mécanique turinoise en pleine croissance.
1909 : Diatto reprend son indépendance
En 1909, Vittorio et Pietro Diatto rachètent la participation d’Adolphe Clément. L’entreprise poursuit alors son développement sous contrôle italien, sans son partenaire français. Ce changement de structure est important car il fait de Diatto une marque automobile pleinement autonome, capable de développer sa propre identité industrielle et technique.
Dans les années qui suivent, la société élargit son activité et gagne en visibilité. Elle compte notamment parmi ses clients la maison royale de Savoie, signe de la position acquise par le constructeur turinois avant la Première Guerre mondiale.
1919 : les moteurs à soupapes en tête renforcent la réputation technique
Après la Première Guerre mondiale, Diatto développe des mécaniques plus modernes et s’oriente vers des automobiles à caractère sportif. Dès 1919, la marque propose notamment un moteur de deux litres à soupapes en tête, une architecture qui illustre sa recherche de performances et son intérêt pour des solutions mécaniques avancées.
Cette orientation se retrouve dans des modèles du milieu des années 1920 comme la Diatto 30. Plutôt que de multiplier les gammes, le constructeur cherche alors à se distinguer par la qualité de ses châssis et de ses moteurs, dans un marché italien où la compétition technique devient de plus en plus intense.
1921 : la Diatto 25 4DS ouvre une collaboration marquante avec Zagato
En 1921, un châssis Diatto 25 4DS reçoit une carrosserie réalisée par Ugo Zagato. Le carrossier privilégie une construction légère et des formes pensées pour améliorer l’efficacité aérodynamique, des principes encore novateurs à cette époque. Cette réalisation constitue l’un des épisodes les plus représentatifs de l’histoire de Diatto.
La collaboration avec Zagato associe durablement le nom de Diatto à l’école italienne des carrosseries sportives légères. Elle montre aussi que la marque cherche alors à conjuguer mécanique performante et réduction du poids plutôt qu’à se limiter à des automobiles conventionnelles.
1926 : l’engagement en compétition rapproche Diatto des frères Maserati
Au cours des années 1920, la compétition devient un outil important pour Diatto. La marque utilise la course pour développer ses voitures et renforcer sa réputation sportive. Alfieri Maserati joue un rôle notable dans cette activité en travaillant sur les automobiles de compétition du constructeur turinois.
En 1926, lorsque les frères Maserati développent leur propre voiture de course, ils reprennent du matériel provenant de Diatto, notamment des éléments de châssis et de transmission. Cette continuité technique contribue au développement de la Tipo 26, première automobile portant le nom Maserati. La relation entre les deux entreprises fait ainsi de Diatto l’un des acteurs du contexte industriel dont est issue la future marque au trident.
1929 : la production automobile prend fin
Malgré son savoir-faire technique et son activité sportive, Diatto ne parvient pas à consolider durablement sa situation financière. À la fin des années 1920, les difficultés économiques conduisent à l’arrêt de la construction automobile. La production de voitures cesse en 1929, mettant fin à moins d’un quart de siècle d’activité en tant que constructeur automobile.
Cet arrêt ne signifie toutefois pas la disparition immédiate de l’entreprise. Diatto abandonne l’automobile complète mais conserve pendant plusieurs années d’autres activités industrielles.
1955 : les dernières activités industrielles de Diatto disparaissent
Après l’arrêt de la production automobile, la société poursuit une activité centrée notamment sur les pièces détachées, les compresseurs et les générateurs. Cette reconversion permet au nom Diatto de subsister industriellement, sans retour à la fabrication de voitures.
Les difficultés financières finissent cependant par avoir raison de l’entreprise. La fermeture définitive intervient en 1955. Il faut donc distinguer cette date de 1929 : la première correspond à la disparition de la société industrielle, tandis que la seconde marque la fin de Diatto en tant que constructeur automobile.
2007 : l’Ottovù Zagato fait réapparaître ponctuellement le nom Diatto
Plus d’un demi-siècle après la fermeture de l’entreprise, le nom Diatto réapparaît en 2007 avec la Diatto Ottovù Zagato, une berlinette à carrosserie en aluminium présentée à Genève. Le projet renoue symboliquement avec la collaboration engagée avec Zagato dans les années 1920 et remet en lumière une marque alors largement sortie de l’actualité automobile.
Cette réalisation ne constitue toutefois pas le retour de Diatto comme constructeur de série. La marque historique n’a pas retrouvé d’activité industrielle automobile comparable à celle de la période 1905-1929. Aujourd’hui, Diatto demeure avant tout un nom du patrimoine automobile italien, associé à ses innovations mécaniques, à ses carrosseries sportives et à son rôle dans les débuts de l’aventure Maserati.
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