
DS Automobiles est une marque française récente, officiellement créée en 2014, mais son histoire s’appuie sur un héritage beaucoup plus ancien : celui de la célèbre DS lancée par Citroën en 1955. La marque moderne est née de la volonté du groupe PSA de développer une offre automobile premium distincte, d’abord sous la forme d’une ligne de modèles Citroën à partir de 2009, puis comme marque autonome. Son évolution a ensuite été marquée par la création d’une gamme propre, un engagement important en Formule E, l’électrification progressive de ses modèles et, depuis 2021, son intégration au groupe Stellantis.
1955 : la Citroën DS crée l’héritage dont la marque moderne tirera son nom
L’histoire de DS Automobiles ne commence pas juridiquement en 1955, mais cette année reste indispensable pour comprendre ses origines. Le 6 octobre 1955, Citroën présente la DS 19 au Salon de Paris. La voiture est le résultat d’un long programme de développement engagé avant la Seconde Guerre mondiale pour préparer la succession de la Traction Avant.
Plusieurs personnalités jouent un rôle déterminant dans sa conception. André Lefèbvre travaille notamment sur l’architecture générale et l’aérodynamique, Flaminio Bertoni façonne sa silhouette et Paul Magès développe les solutions hydrauliques qui contribuent fortement à sa réputation. La suspension hydropneumatique, l’assistance hydraulique de plusieurs commandes et un dessin en rupture avec les automobiles traditionnelles font de la DS une vitrine technologique de Citroën.
Produite jusqu’en 1975 avec sa proche parente ID, elle installe durablement le nom DS dans l’histoire automobile française. C’est cet héritage associé à l’innovation, au confort et au haut de gamme que PSA choisira de réactiver plusieurs décennies plus tard. Il serait toutefois inexact de présenter la DS de 1955 comme le premier modèle de DS Automobiles : elle reste avant tout une Citroën.
2009 : Citroën ressuscite le nom DS pour monter en gamme
Le retour de DS intervient le 5 février 2009, dans un contexte où Citroën cherche à renforcer son image et à développer des modèles plus valorisants. Le constructeur annonce alors une nouvelle ligne de produits baptisée DS et dévoile le concept DS Inside, qui préfigure la future DS3. Il ne s’agit pas encore de créer une marque indépendante, mais de proposer une famille de voitures plus distinctives et plus haut de gamme au sein de l’offre Citroën.
La DS3, commercialisée en 2010, donne une réalité à cette stratégie. Son accueil commercial confirme qu’il existe une place pour des modèles plus personnalisables et plus premium dans le portefeuille de PSA. Elle est ensuite rejointe par les DS4 et DS5. À la fin de 2012, près de 300 000 véhicules de cette ligne DS ont déjà été vendus, un résultat suffisamment significatif pour encourager le groupe à aller plus loin que la simple création d’une gamme dérivée.
La Chine joue également un rôle particulier dans cette transformation. À partir de 2012, DS y est développée comme une offre premium avec un réseau de distribution spécifique dans le cadre de la coentreprise associant PSA à Changan. Cette organisation préfigure l’autonomie que DS obtiendra ensuite à l’échelle internationale.
2014 : PSA transforme DS en marque automobile à part entière
Le véritable acte de naissance de DS Automobiles intervient en 2014. Au printemps, PSA présente son plan stratégique « Back in the Race », qui réorganise clairement son portefeuille autour de trois marques distinctes : Peugeot, Citroën et DS. L’objectif est de donner à chacune un positionnement plus lisible, DS étant chargée d’occuper le segment premium.
DS Automobiles est officiellement fondée à Paris le 1er juin 2014. Yves Bonnefont en devient le premier directeur général. Contrairement à de nombreuses marques automobiles anciennes, DS n’est donc pas l’œuvre d’un fondateur individuel ayant créé son entreprise de toutes pièces. Sa naissance résulte d’une décision industrielle et stratégique de PSA, qui transforme progressivement une ligne de produits Citroën en marque indépendante sur le plan commercial et identitaire.
Cette distinction permet aussi d’éviter une confusion fréquente : 1955 correspond à la naissance de la Citroën DS, 2009 au retour du nom sous forme de gamme, tandis que 2014 constitue la date de création officielle de DS Automobiles.
2015 : DS affirme son identité et s’engage en Formule E
Une fois son autonomie acquise, DS doit construire une identité qui ne repose plus uniquement sur son lien historique avec Citroën. En 2015, la marque déploie plus clairement son propre nom, son emblème et une communication distincte. La DS 5 restylée joue un rôle important dans cette transition, car elle fait partie des premiers modèles présentés en Europe avec l’identité DS mise au premier plan.
La même année, la compétition automobile devient un autre levier de construction de la marque. DS s’engage en Formule E, championnat réservé aux monoplaces électriques. Ce choix est particulièrement cohérent pour une marque qui souhaite associer son image à l’innovation et préparer une électrification croissante de ses véhicules de série.
L’engagement débouche sur des résultats majeurs quelques années plus tard. Avec DS Techeetah, la marque remporte les titres pilotes et équipes lors des saisons 2018-2019 et 2019-2020. Ces succès constituent les résultats sportifs les plus directement liés à DS Automobiles elle-même, à la différence des anciennes compétitions disputées par des Citroën portant le nom DS avant la création de la marque autonome.
2017 : DS 7 Crossback inaugure une nouvelle génération de modèles
La présentation du DS 7 Crossback en 2017 marque une étape industrielle essentielle. Les premières DS modernes étaient nées lorsque DS constituait encore une ligne de Citroën. Le nouveau SUV ouvre au contraire une génération de véhicules pensée pour une marque désormais autonome.
Le DS 7 Crossback doit ainsi matérialiser le positionnement que PSA souhaite donner à DS : une marque française premium disposant de son propre langage stylistique, d’intérieurs particulièrement travaillés et de technologies destinées à la différencier des marques généralistes du groupe. Son importance historique tient moins à ses caractéristiques techniques prises séparément qu’à ce changement de statut dans la conception de la gamme.
Cette période permet à DS de ne plus dépendre uniquement de modèles hérités de ses débuts sous pavillon Citroën. La marque commence alors à bâtir un catalogue cohérent avec l’identité créée en 2014.
2019 : l’électrification devient une réalité commerciale avec E-Tense
Après plusieurs années d’engagement en Formule E, DS introduit plus nettement l’électrification dans ses voitures de série. En 2019, le DS 7 Crossback E-Tense adopte une motorisation hybride rechargeable, tandis que le DS 3 Crossback E-Tense devient la première voiture entièrement électrique commercialisée par la marque.
Cette évolution constitue un tournant car l’électrification ne relève plus seulement de la communication ou de la compétition. Elle devient un axe concret du développement des produits. Le label E-Tense permet alors à DS de regrouper ses motorisations électrifiées et de relier son expérience sportive à sa stratégie industrielle.
La période est aussi marquée par une évolution de la présence chinoise. En 2020, PSA cède sa participation dans la coentreprise CAPSA, qui avait joué un rôle important dans le lancement local de DS. Cette opération ne signifie pas la disparition de la marque, mais elle met fin à une partie de l’organisation industrielle qui avait accompagné ses premières ambitions en Chine.
2021 : la création de Stellantis change la maison mère de DS
Le 16 janvier 2021, la fusion entre le groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles devient effective et donne naissance à Stellantis. DS Automobiles change ainsi de groupe propriétaire, mais il ne s’agit pas d’un rachat isolé de la marque. DS suit le destin de PSA, dont elle faisait partie depuis sa création.
Au sein de Stellantis, elle conserve son positionnement de marque premium française et poursuit le développement de modèles électrifiés. Ce changement de propriétaire constitue néanmoins une rupture importante dans son histoire : DS n’évolue plus dans un groupe principalement construit autour de Peugeot et Citroën, mais au sein d’un ensemble international réunissant de nombreuses marques automobiles européennes et américaines.
2024 : la nomenclature N° ouvre une nouvelle étape dans l’histoire de DS
À la fin de 2024, DS annonce une nouvelle nomenclature fondée sur la désignation « N° », inaugurée par la N°8. Ce modèle devient le nouveau porte-drapeau de la marque et est conçu exclusivement avec une motorisation électrique. Cette évolution traduit la volonté de DS d’ouvrir un nouveau cycle de produits tout en renforçant la place de l’électrification dans son développement.
La transition se poursuit ensuite avec N°4 puis, en 2026, N°7, qui remplace DS 7. Ce dernier modèle est particulièrement significatif dans la chronologie de la marque, car DS le présente comme le premier véritable renouvellement d’un de ses modèles depuis sa création en 2014. La gamme actuelle associe encore motorisations électriques et hybrides : l’objectif autrefois annoncé d’une gamme entièrement électrique à partir de 2024 ne s’est donc pas traduit par une disparition immédiate de toutes les autres motorisations.
DS Automobiles se trouve ainsi, au milieu des années 2020, dans une phase différente de celle de ses débuts. Après avoir transformé un nom historique de Citroën en ligne premium, puis cette ligne en marque autonome, elle commence désormais à renouveler les modèles développés sous sa propre identité tout en poursuivant son évolution au sein de Stellantis.
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