
FAM Automobiles naît en 1986 dans le bassin industriel de Montbéliard, autour de Pierre Goll et Pascal Bernard. L’entreprise ne se présente alors pas comme un constructeur automobile traditionnel. Elle se développe d’abord dans les métiers industriels de l’automatisme, de la manutention puis de la transformation de véhicules, avant de devenir un spécialiste reconnu des petites séries et des adaptations techniques. Cette évolution progressive la conduit à travailler pour de grands constructeurs, à développer ses propres solutions de motricité et, finalement, à franchir un cap décisif en devenant constructeur à la fin des années 2000 avec la petite voiture électrique F-City. Après une période d’expansion technologique, FAM connaît cependant de graves difficultés financières en 2012. Ses différentes activités sont alors reprises ou séparées, avant qu’une nouvelle société, FAM Automobiles Reload, ne relance le nom à partir de 2023.
1986 : Pierre Goll et Pascal Bernard fondent FAM dans le pays de Montbéliard
L’histoire de FAM commence en 1986 dans une région profondément liée à l’industrie automobile française. Pierre Goll et Pascal Bernard fondent une petite entreprise dont les premières activités relèvent de l’automatisme et de la manutention. La société évolue toutefois rapidement vers des prestations destinées à l’automobile, un secteur particulièrement présent autour de Montbéliard et de Sochaux.
FAM se construit ainsi moins comme une marque destinée à vendre immédiatement ses propres voitures que comme un partenaire technique capable d’adapter des véhicules existants. Au fil des années, l’entreprise développe des compétences en étude, prototypage, assemblage et transformation de petites séries. Elle intervient notamment sur des véhicules destinés à des usages particuliers, professionnels ou institutionnels. Cette position de spécialiste, située entre équipementier, bureau d’études et transformateur, constitue le véritable point de départ de son identité automobile.
Il convient d’ailleurs de distinguer cette origine entrepreneuriale de 1986 de la date administrative de 1990 que l’on retrouve dans certains registres pour la société ayant porté par la suite l’activité FAM. Ces deux dates ne désignent pas exactement la même chose : 1986 correspond au début de l’entreprise fondée par Pierre Goll et Pascal Bernard, tandis que 1990 renvoie à l’entité juridique enregistrée ultérieurement.
1996 : les motorisations alternatives deviennent un axe industriel majeur
À partir de 1996, FAM renforce sa présence dans les transformations liées aux carburants alternatifs. L’entreprise développe notamment des conversions au GPL, puis au GNV, sur des véhicules produits en grande série. Cette activité lui permet de passer d’un savoir-faire artisanal ou de petite série à des programmes réalisés à une échelle industrielle beaucoup plus importante.
Au milieu des années 2000, FAM peut ainsi faire état de plusieurs dizaines de milliers de véhicules transformés au GPL et de plusieurs milliers de conversions GNV réalisées chaque année, notamment pour Peugeot. Ces programmes sont importants dans son histoire car ils montrent que l’entreprise est déjà engagée dans les questions de motorisations alternatives bien avant le lancement de sa propre voiture électrique.
Cette période installe surtout FAM comme un interlocuteur capable de prendre en charge des véhicules de niche pour le compte de constructeurs ou de grands clients. Le modèle économique reste celui de l’ingénierie et de la transformation, mais les volumes et les compétences acquises préparent progressivement une ambition plus large.
1999 : Tork Engineering élargit les compétences de FAM
En 1999, l’activité d’ingénierie de FAM prend une nouvelle dimension avec le développement du site d’Amilly et de ce qui devient Tork Engineering. Cette structure apporte des compétences complémentaires en conception de véhicules, prototypage et développement pour la compétition automobile. FAM dispose ainsi d’un ensemble technique capable d’intervenir depuis l’étude jusqu’à la réalisation de véhicules spécialisés.
La compétition sert alors davantage de laboratoire et de démonstrateur que de finalité commerciale. L’un des épisodes les plus visibles intervient lors du Trophée Andros 2006-2007, remporté par Alain Prost au volant d’une Toyota Auris préparée dans cet environnement technique. Ce résultat ne transforme pas FAM en marque sportive, mais il contribue à illustrer la capacité de ses équipes à concevoir et développer des véhicules très spécifiques.
2003 : la Motricité Renforcée devient l’une des signatures techniques de FAM
À partir de 2003, FAM développe à plus grande échelle une solution appelée Motricité Renforcée. Son principe consiste à améliorer les capacités de déplacement d’un véhicule à deux roues motrices sans le transformer en véritable 4×4. Selon les applications, la modification peut associer rehausse, protections, pneumatiques adaptés et évolution du différentiel.
Cette approche répond aux besoins d’utilisateurs professionnels qui circulent régulièrement sur des chemins, des pistes ou des terrains difficiles mais n’ont pas nécessairement besoin d’un véhicule tout-terrain complet. Des organismes comme La Poste, EDF ou la Gendarmerie figurent parmi les utilisateurs associés à cette activité. En 2007, FAM indiquait avoir déjà équipé environ 25 000 véhicules depuis le lancement de cette solution.
La Motricité Renforcée résume bien ce qu’est alors FAM : une entreprise capable de partir d’un véhicule de grande série et de le modifier industriellement pour répondre à un usage précis. Cette compétence deviendra l’un des actifs importants repris quelques années plus tard lorsque la société connaîtra des difficultés.
2008 : FAM devient constructeur automobile avec le projet F-City
Le véritable changement de dimension intervient en 2008. Après plus de vingt ans consacrés essentiellement à la transformation et à l’ingénierie, FAM accède au statut de constructeur automobile et obtient son propre identifiant constructeur. Cette évolution accompagne le développement de la F-City, un petit véhicule électrique urbain destiné à devenir le premier modèle véritablement porté par FAM sous sa propre responsabilité industrielle.
Le projet représente une rupture avec le métier historique de l’entreprise. Il ne s’agit plus seulement d’adapter un véhicule conçu par un autre constructeur, mais de développer une automobile spécifique, de la faire homologuer et d’organiser sa commercialisation. FAM investit plusieurs millions d’euros dans le développement et le lancement de la F-City, dans un contexte où les voitures électriques commencent à retrouver une place importante dans les stratégies automobiles européennes.
La F-City reçoit son homologation européenne à la fin de 2009 dans la catégorie des quadricycles lourds. Compacte, électrique et pensée pour les déplacements urbains, elle affiche alors une autonomie annoncée de l’ordre de 80 à 100 kilomètres. Ses caractéristiques techniques comptent toutefois moins dans l’histoire de FAM que ce qu’elle représente : pour la première fois, l’entreprise quitte clairement son seul rôle de sous-traitant pour tenter de devenir une marque automobile à part entière.
2011 : la F-City H2 pousse FAM vers l’hydrogène
La diversification technologique se poursuit en 2011 avec la F-City H2, issue d’un programme associant FAM à plusieurs partenaires industriels et organismes de recherche. Cette version combine propulsion électrique et pile à combustible à hydrogène. Elle témoigne de la volonté de l’entreprise d’utiliser sa petite plateforme urbaine comme base d’expérimentation pour différentes solutions de mobilité à faibles émissions.
La F-City H2 obtient une place particulière dans l’histoire française de cette technologie en devenant en 2011 le premier véhicule à hydrogène immatriculé en France. Cette formulation doit être préférée à des affirmations plus larges sur une supposée première voiture à hydrogène française, qui seraient beaucoup plus difficiles à établir historiquement.
Ce programme constitue le sommet technologique de la période F-City, mais il intervient aussi peu avant la crise financière qui va remettre en cause l’ensemble de l’organisation de FAM. Les investissements nécessaires pour passer du statut de spécialiste des petites séries à celui de constructeur exposent davantage l’entreprise, au moment même où le marché du véhicule électrique reste encore en phase de démarrage.
2012 : le redressement judiciaire entraîne le démantèlement des activités
Le 3 juillet 2012, FAM Automobiles est placée en redressement judiciaire. Cette procédure marque la fin de la période pendant laquelle transformation automobile, ingénierie, Motricité Renforcée et projet F-City étaient réunis autour du même ensemble industriel. À la fin de l’année, Poclain Hydraulics crée Poclain Véhicules afin de reprendre une partie des actifs de FAM Automobiles et de Tork Engineering.
La reprise concerne principalement les activités de transformation de véhicules, de motricité renforcée et d’ingénierie. La branche électrique liée à la F-City suit une trajectoire distincte. Début 2013, elle fait l’objet d’une cession séparée, tandis que l’ancienne société FAM entre en liquidation judiciaire. Il serait donc imprécis de résumer cet épisode en affirmant simplement que FAM devient Poclain Véhicules : Poclain reprend certaines activités et certains actifs, mais l’ancienne société poursuit séparément sa procédure judiciaire.
La liquidation se clôt plusieurs années plus tard et la société historique est radiée en juillet 2018. L’activité industrielle issue de la reprise par Poclain continue cependant encore quelque temps sur le site d’Étupes. Celui-ci ferme à la fin de 2019, mettant un terme à la continuité industrielle directe avec une partie des métiers développés par l’ancien FAM dans le pays de Montbéliard.
2023 : FAM Automobiles Reload relance le nom et le projet de mobilité électrique
Le nom FAM réapparaît officiellement en 2023 avec la création de FAM Automobiles Reload. Cette société constitue une nouvelle entité juridique et ne doit pas être présentée comme l’ancienne entreprise simplement remise en activité après sa liquidation. Le projet revendique néanmoins une continuité de marque et reprend notamment le nom F-City, avec l’ambition de développer à nouveau des véhicules électriques et des solutions de mobilité produites en petites séries.
La gouvernance évolue rapidement, REC Industrie devenant président de la nouvelle société à la fin de 2023. Le siège est ensuite transféré en 2025 au Plessis-Pâté, en Essonne. FAM Automobiles Reload présente plusieurs projets de véhicules et remet également en avant des solutions électriques ou à hydrogène, dans une logique qui fait écho aux expérimentations menées par l’ancien FAM au tournant des années 2010.
En 2026, la société FAM Automobiles Reload apparaît toujours active juridiquement. Les annonces faites au moment de la relance prévoyaient des premières livraisons puis une montée en production, mais les informations publiques disponibles ne permettent pas d’établir avec suffisamment de certitude que ces objectifs industriels ont été atteints à grande échelle. La situation actuelle de FAM est donc celle d’un nom automobile relancé par une nouvelle structure, qui cherche à prolonger l’histoire commencée en 1986 tout en reconstruisant une activité industrielle distincte de celle de l’entreprise historique.
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