Histoire de la marque Grecav

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Grecav est une marque italienne dont l’histoire commence bien avant son arrivée sur le marché des microcars. Créée en 1964 autour de Bruno Grespan, l’entreprise s’est d’abord développée dans la mécanique, la tôlerie et la construction de véhicules pour d’autres industriels avant de se tourner vers les petites voitures au début des années 1990. Sa réputation automobile repose surtout sur l’Eke puis la Sonique, deux générations de quadricycles légers qui ont incarné son savoir-faire jusqu’à l’arrêt de son activité au début des années 2010.

1964 : Grecav naît de la réunion de deux savoir-faire industriels

Grecav est fondée en 1964 à Gonzaga, dans la province de Mantoue, en Lombardie. Sa création résulte du rapprochement de deux entreprises complémentaires. Fratelli Grespan, liée à Bruno Grespan, travaille dans la tôlerie et les carrosseries industrielles, tandis que Cavalletti exerce dans le domaine de la mécanique agricole. Cette association donne naissance à une société dont l’activité est alors très éloignée de la petite voiture sans permis qui fera plus tard connaître son nom.

Les racines de l’entreprise remontent au milieu des années 1950, lorsque l’activité de la famille Grespan se développe autour du travail des métaux et de la construction mécanique. Les sources historiques divergent légèrement sur la date exacte de création de Fratelli Grespan, située selon les documents en 1954 ou 1956. Cette incertitude ne change cependant pas le principal repère historique : Grecav apparaît en tant qu’entreprise en 1964.

Durant les décennies suivantes, Grecav consolide ses compétences de fabricant industriel. La société réalise des carrosseries, des composants et des véhicules pour le compte d’autres constructeurs. Elle travaille notamment avec Iveco et Piaggio. Cette activité de sous-traitance est essentielle pour comprendre son évolution : avant de devenir une marque de microcars, Grecav acquiert progressivement une véritable expérience dans la conception et la fabrication de véhicules.

1991 : le rachat de BMA fait entrer Grecav dans l’automobile légère

Le tournant décisif intervient au début des années 1990 avec l’acquisition de Baldi Mini Auto, plus connue sous le nom de BMA. Les sources disponibles situent l’opération en 1991 ou en 1992, ce qui invite à retenir le début des années 1990 plutôt qu’une date trop catégorique. Installée à Alfonsine, près de Ravenne, BMA possédait déjà une expérience dans la production de très petits véhicules.

Ce rachat modifie profondément la trajectoire de Grecav. L’entreprise ne se contente plus d’exercer comme fournisseur ou constructeur pour des tiers : elle récupère un savoir-faire directement lié aux microcars ainsi qu’une gamme existante. L’Amica, développée auparavant par BMA, accompagne cette transition. Ses différentes évolutions permettent à Grecav de se familiariser avec un marché très particulier, celui des véhicules compacts accessibles sous le régime réglementaire des quadricycles.

Il serait toutefois trompeur de considérer l’Amica comme l’aboutissement de cette nouvelle orientation. Elle constitue surtout une étape intermédiaire entre l’héritage de BMA et la première génération de véhicules qui donnera réellement à Grecav une identité automobile propre.

2000 : l’Eke donne à Grecav son modèle emblématique

En 2000, Grecav franchit une nouvelle étape avec le lancement de l’Eke. Cette microcar marque une rupture plus nette avec les véhicules hérités de BMA et installe durablement le nom Grecav sur le marché européen des quadricycles légers. Sa conception repose notamment sur une carrosserie entièrement réalisée en aluminium, choix technique distinctif dans cette catégorie de véhicules.

L’Eke devient le cœur de la gamme pendant une grande partie des années 2000. Grecav la décline sous plusieurs formes, sans qu’il soit nécessaire de détailler chaque variante pour comprendre son importance historique. Le modèle compte surtout parce qu’il transforme Grecav en constructeur identifiable par ses propres produits, et non plus seulement par son passé de sous-traitant ou par les modèles repris à BMA.

Cette période conserve malgré tout un lien avec l’activité industrielle historique de l’entreprise. L’architecture de l’Eke sert également de base à un dérivé utilitaire produit pour Piaggio, le PK 500. Cette collaboration illustre bien la double identité de Grecav au début des années 2000 : une marque commercialisant ses propres microcars tout en restant capable de fabriquer des véhicules pour un autre constructeur.

2009 : la Sonique renouvelle la gamme Grecav

À la charnière de 2009 et 2010, Grecav remplace progressivement l’Eke par la Sonique. Selon les sources, sa production débute en 2009 tandis que sa présentation commerciale est parfois rattachée à 2010. Cette nouvelle génération constitue le dernier renouvellement majeur de la gamme avant les difficultés financières qui frapperont l’entreprise quelques années plus tard.

La Sonique reprend l’utilisation de l’aluminium tout en mettant davantage l’accent sur la structure et la sécurité. Grecav adopte notamment une cellule de type space-frame, conçue comme une ossature rigide autour de l’habitacle. L’intérêt historique du modèle ne réside pas dans ses caractéristiques détaillées, mais dans le fait qu’il montre une entreprise encore engagée dans le développement technique de ses microcars et désireuse de moderniser son offre.

Contrairement à certains constructeurs automobiles dont l’identité s’est forgée en compétition, Grecav n’a pas bâti sa réputation sur le sport automobile. Son histoire est avant tout industrielle, liée à la fabrication, aux véhicules légers et à la recherche de solutions adaptées à un marché de niche.

2011 : Grecav explore la voie du véhicule électrique

En 2011, alors que l’électrification commence à prendre une place croissante dans les politiques de mobilité européennes, Grecav présente publiquement ses travaux sur un véhicule électrique. L’entreprise participe notamment à une audition devant des parlementaires italiens dans le cadre des réflexions concernant les deux-roues, trois-roues et quadricycles.

Grecav indique alors travailler depuis plusieurs années sur des solutions électriques et avoir déjà réalisé de petites séries, mais ses nouveaux prototypes ne sont pas encore entrés en production normale. Il faut donc éviter de présenter cette étape comme le lancement d’une véritable gamme électrique. Elle montre plutôt que le constructeur cherchait encore à faire évoluer son activité et à trouver de nouveaux débouchés à un moment où son modèle économique devenait plus fragile.

2012 : la crise met fin à l’activité industrielle

La situation se dégrade rapidement. En 2012, les documents de la province de Mantoue classent Grecav parmi les entreprises confrontées à une crise industrielle et mentionnent une cessation d’activité concernant environ 80 salariés. Ce constat marque la véritable rupture dans l’histoire du constructeur : les ambitions techniques encore affichées l’année précédente ne débouchent pas sur une nouvelle phase de développement.

La chronologie judiciaire est plus complexe qu’une simple formule telle que « Grecav fait faillite en 2012 ». Certaines sources secondaires mentionnent une première procédure cette année-là, ensuite révoquée, avant une nouvelle faillite. Ce qui est établi avec davantage de certitude est que Grecav Auto S.r.l. entre en dissolution et liquidation le 21 janvier 2013. L’activité industrielle de la marque doit donc être considérée comme terminée autour de 2012-2013.

Aucune reprise durable de la production sous le nom Grecav n’est ensuite venue relancer l’entreprise. Les actifs liés à la société ont continué à faire l’objet de procédures et de ventes au cours des années suivantes, mais sans conduire à la reconstitution d’un constructeur automobile comparable à celui qui avait produit l’Eke et la Sonique.

2022 : la radiation de Grecav Auto clôt définitivement la société

L’existence juridique de Grecav Auto se prolonge bien au-delà de l’arrêt des chaînes de production. Après plusieurs années de liquidation et de procédure de faillite, la société est finalement radiée du registre des entreprises le 20 décembre 2022, à la suite de la clôture de la faillite.

Cette date ne signifie pas que Grecav a continué à fabriquer des voitures jusqu’en 2022. Elle correspond à la fin administrative d’une entreprise dont l’activité automobile avait cessé environ dix ans auparavant. Il est donc important de distinguer la disparition industrielle de la marque, intervenue au début des années 2010, de la disparition juridique définitive de Grecav Auto.

Grecav n’est aujourd’hui plus un constructeur automobile actif. Des Eke et des Sonique restent néanmoins présentes sur le marché de l’occasion, tandis que des professionnels indépendants continuent de proposer des pièces destinées à ces véhicules. Faute d’éléments officiels établissant une relance industrielle ou un nouveau propriétaire exploitant réellement la marque, l’histoire de Grecav s’achève ainsi avec la liquidation de l’entreprise qui avait transformé, en quelques décennies, un savoir-faire de mécanique et de carrosserie industrielle en une production italienne de microcars.