Histoire de la marque Picchio

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Picchio est un constructeur italien né à la fin des années 1980 dans la région d’Ascoli Piceno, avant d’établir son activité industrielle à Ancarano, dans les Abruzzes. Portée par Francesco Di Pietrantonio et marquée dès ses débuts par l’intervention de l’ingénieur Giotto Bizzarrini, la marque s’est spécialisée dans les prototypes sportifs et les voitures de compétition. Son histoire s’est ensuite construite entre engagements internationaux, développement de voitures pour les championnats américains, spécialisation dans les prototypes légers et diversification vers des projets automobiles sur mesure et des technologies électriques.

1989 : Francesco Di Pietrantonio lance le projet Picchio

Picchio apparaît en 1989 dans le centre de l’Italie autour de Francesco Di Pietrantonio, généralement présenté comme le fondateur et le principal porteur du projet. L’ambition initiale consiste à concevoir et construire des automobiles sportives en petites séries, avec une forte orientation vers la compétition et l’ingénierie de prototypes.

La naissance technique de la marque est étroitement liée à Giotto Bizzarrini. L’ingénieur italien, déjà connu pour ses travaux sur plusieurs voitures de sport de premier plan, participe à la conception du premier prototype Picchio. Cette implication explique que certaines sources lui attribuent un rôle fondateur, même si la création et le développement de l’entreprise sont davantage associés à Di Pietrantonio. Le lien avec Bizzarrini inscrit en tout cas Picchio dans une tradition italienne de petites structures capables de développer leurs propres châssis sportifs.

1998 : la Picchio A001 entre en compétition internationale

Après plusieurs années consacrées au développement, Picchio franchit une étape décisive en 1998 avec l’engagement de l’A001 dans l’International Sports Racing Series. La voiture apparaît notamment à Misano au mois de juillet. Cette première participation internationale donne une réalité sportive au projet engagé presque dix ans auparavant.

L’A001, également associée aux appellations SR2 ou MB1 selon ses évolutions et ses engagements, devient le premier modèle véritablement représentatif de la marque. Plus qu’un simple programme de course, elle permet à Picchio de mettre en pratique son savoir-faire en matière de châssis, d’aérodynamique et de développement de prototypes, des compétences qui vont ensuite orienter durablement son activité.

2002 : le programme D-USA ouvre la voie au marché américain

Le début des années 2000 marque un changement d’échelle. Picchio développe le D-USA, un prototype destiné à la catégorie SRP II du championnat Grand-Am, en collaboration avec l’équipe américaine G&W Motorsports. Cette implantation aux États-Unis constitue l’une des phases les plus importantes de son histoire, car elle confronte le petit constructeur italien à un championnat professionnel structuré et à des exigences techniques différentes de celles rencontrées en Europe.

La saison 2002 confirme la crédibilité du projet avec notamment une victoire de catégorie aux 6 Heures de Mont-Tremblant et une deuxième place de Darren Law au championnat SRP II. Ces résultats donnent à Picchio une visibilité internationale qui dépasse largement celle obtenue lors de ses premiers engagements européens.

2003 : le DP2 place Picchio parmi les premiers Daytona Prototypes

Lorsque Grand-Am introduit la catégorie Daytona Prototype, Picchio fait partie des constructeurs capables de répondre au nouveau règlement. Le DP2 est développé pour cette formule et participe dès 2003 aux 24 Heures de Daytona. Il termine troisième de sa catégorie lors de cette première apparition, un résultat significatif pour une entreprise de dimensions modestes face à des structures disposant de moyens plus importants.

Ce programme représente un tournant parce qu’il montre que Picchio ne se limite plus à adapter un prototype existant. Le constructeur sait désormais travailler en fonction d’un cahier des charges international précis et développer une voiture spécifiquement destinée à une catégorie majeure de compétition nord-américaine.

2004 : les prototypes Light réorientent Picchio vers les voitures légères

À partir de 2004, Picchio développe une nouvelle famille de prototypes plus légers, notamment autour de la catégorie CN2. Cette orientation rapproche progressivement la marque des compétitions où le rapport entre masse, aérodynamique et efficacité du châssis joue un rôle central, en particulier les courses de côte.

Cette évolution est importante dans la trajectoire de Picchio : plutôt que de chercher à devenir un constructeur de voitures de route produit en volume, l’entreprise consolide son statut de spécialiste capable de réaliser des machines de compétition très ciblées. Les variantes issues de cette famille servent ensuite de base à plusieurs développements destinés aux épreuves de montagne.

2007 : Picchio transforme son expérience américaine en activité d’ingénierie

L’expérience acquise en Grand-Am débouche également sur des collaborations techniques. À partir de 2007, Picchio participe au développement du Daytona Prototype Coyote utilisé par Cheever Racing. La marque italienne intervient ainsi au-delà de ses propres voitures et valorise directement ses compétences d’étude et de conception.

Cette phase élargit la nature de l’entreprise. Picchio demeure un constructeur de prototypes, mais son activité s’apparente de plus en plus à celle d’un bureau d’ingénierie automobile capable de travailler pour des programmes extérieurs. Cette évolution prépare la diversification qui deviendra plus visible au cours de la décennie suivante.

2010 : la P4/E2 relance Picchio dans les courses de côte

Picchio revient au premier plan de la compétition italienne en 2010 avec la P4/E2, un prototype à châssis en carbone conçu pour les courses de côte. La voiture se distingue notamment par l’emploi d’un moteur turbocompressé de 1,75 litre, une architecture choisie pour associer puissance, légèreté et efficacité sur des parcours courts et très exigeants.

Le programme trouve une confirmation sportive en 2011 lorsque Christian Merli remporte le groupe E2-B du championnat italien et termine deuxième du classement général. Ce résultat constitue l’un des épisodes les plus significatifs de la période moderne de Picchio et confirme la pertinence de la spécialisation engagée quelques années auparavant dans les prototypes légers.

2011 : Picchio élargit progressivement son activité au-delà de la compétition

Après cette période de forte visibilité sportive, Picchio fait évoluer son activité sans abandonner son savoir-faire historique. L’entreprise se tourne progressivement vers des prototypes routiers, des véhicules réalisés sur commande et des projets d’ingénierie spécifiques. Cette diversification prolonge logiquement l’expérience accumulée dans la conception de châssis et de véhicules produits en très petites séries.

Au fil des années 2010 et 2020, la société ajoute également des travaux liés à la mobilité électrique, notamment des plateformes de véhicules et des solutions associées aux batteries et à leur recharge. Picchio reste aujourd’hui une entreprise active, installée à Ancarano sous la forme Picchio S.r.l. Son activité ne repose donc plus uniquement sur l’engagement direct de prototypes en compétition : elle combine désormais voitures de course, projets spéciaux et ingénierie appliquée à de nouvelles formes de mobilité.