
Roding est une jeune marque automobile allemande née en Bavière à la fin des années 2000 autour d’un projet très spécialisé : concevoir un roadster sportif léger faisant largement appel aux matériaux composites. Fondée en 2008 par Günther Riedl et Ferdinand Heindlmeier, l’entreprise s’est d’abord fait connaître avec le Roding Roadster avant de transformer progressivement son métier. Après une courte période comme constructeur de voitures de sport en petite série, elle s’est orientée vers l’ingénierie, les prototypes, l’électromobilité et la fabrication de systèmes pour d’autres acteurs de l’industrie automobile.
2007 : le projet d’un roadster léger prend forme en Bavière
L’histoire commence avant la création officielle de l’entreprise. En 2007, un projet de voiture de sport ultralégère se développe autour de jeunes ingénieurs issus de l’environnement de la Technische Universität München et de compétences industrielles liées au groupe Stangl & Kulzer. L’idée repose sur une approche alors ambitieuse pour un petit constructeur : exploiter largement les composites à base de fibres de carbone afin de réduire la masse et de créer une sportive centrée davantage sur l’efficacité du châssis que sur la recherche de puissance brute.
Cette phase constitue la genèse technique de Roding. Les sources disponibles ne décrivent pas toutes de manière identique la composition exacte de l’équipe initiale, mais elles convergent sur l’importance de ce noyau d’ingénieurs et de l’environnement industriel bavarois dans la naissance du projet.
2008 : Günther Riedl et Ferdinand Heindlmeier fondent Roding
En 2008, Günther Riedl et Ferdinand Heindlmeier fondent officiellement l’entreprise. Implantée à Roding, en Bavière, elle reprend le nom de cette ville et se donne pour objectif de transformer le concept initial en une automobile réellement industrialisable, même à très faible volume.
L’activité d’origine est donc celle d’un constructeur spécialisé, avec une forte composante d’ingénierie et de développement des composites. Roding ne cherche pas à bâtir immédiatement une gamme complète. Ses ressources se concentrent sur un seul projet capable de démontrer son savoir-faire : un roadster à moteur central doté d’une structure légère faisant largement appel au carbone.
2009 : le Roding Roadster apparaît au Salon de Francfort
Le projet devient visible à l’échelle internationale en 2009 lorsqu’une étude du Roding Roadster est présentée à l’IAA de Francfort. Cette apparition marque le passage d’un travail essentiellement technique à une véritable ambition de constructeur. La voiture sert alors de vitrine aux choix développés depuis les débuts de l’entreprise, notamment l’utilisation de structures en matériaux composites pour obtenir une masse contenue.
La reconnaissance dépasse rapidement le seul cadre des salons automobiles. En 2011, Roding reçoit le Bayerischer Gründerpreis dans la catégorie consacrée aux concepts d’entreprise. Cette distinction accompagne la montée en crédibilité du projet au moment où la société se prépare à passer du prototype à la petite série.
2012 : le Roadster 23 concrétise l’ambition de constructeur
Le tournant majeur intervient en 2012 avec le lancement de la production du roadster et la présentation du Roding Roadster 23 au Salon de Genève. Cette série de lancement limitée à 23 exemplaires donne une réalité commerciale au projet développé depuis plusieurs années. Roding devient alors, pour une courte période, un constructeur automobile à part entière.
Le Roadster 23 résume l’identité technique des débuts de la marque. Sa conception privilégie une architecture à moteur central et une structure faisant largement appel au CFRP, le plastique renforcé de fibres de carbone. Le modèle n’a pas vocation à être produit en grande série : il sert surtout à démontrer qu’une petite entreprise peut concevoir et fabriquer une sportive légère en s’appuyant sur des technologies de composites avancées.
Cette voiture restera le modèle historique le plus étroitement associé au nom Roding. Elle ne donne toutefois pas naissance à une famille complète de véhicules. Dès l’année suivante, la trajectoire de l’entreprise change profondément.
2013 : l’arrêt du Roadster ouvre la voie à l’électromobilité et à l’ingénierie
La production du Roadster prend fin en 2013. Plutôt que de poursuivre coûte que coûte une activité de constructeur de niche, Roding commence à exploiter ses compétences pour des projets de développement menés avec ou pour d’autres entreprises. Ce changement de direction constitue l’un des tournants les plus importants de son histoire.
La même période voit apparaître le Roding Roadster Electric, un véhicule expérimental développé dans le cadre de travaux avec Siemens. Cette déclinaison électrique transforme la sportive initiale en plateforme technologique et permet à Roding de travailler sur de nouvelles architectures de propulsion, notamment autour de moteurs électriques intégrés aux roues et de systèmes avancés de récupération d’énergie.
À partir de 2013, l’entreprise participe également au projet CITY eTAXI d’Adaptive City Mobility. Roding y développe et fabrique un châssis léger, mettant directement à profit son expérience acquise avec les composites. Le centre de gravité de l’entreprise se déplace ainsi progressivement de la vente de sa propre automobile vers la conception de structures, de prototypes et de solutions techniques destinées à des clients externes.
2017 : les prototypes de la Sono Motors Sion confirment le nouveau métier de Roding
En 2017, Roding construit deux prototypes fonctionnels de la Sono Motors Sion. Ce programme est particulièrement représentatif de la nouvelle trajectoire de l’entreprise : son nom est désormais moins associé au lancement de voitures commercialisées sous sa propre marque qu’à la capacité de transformer rapidement un concept en prototype roulant.
Le projet Sion confirme aussi l’importance prise par l’électromobilité dans ses activités. L’expérience accumulée sur les matériaux légers, les structures automobiles et les systèmes électriques trouve une application directe dans le développement de véhicules innovants pour de jeunes entreprises et des partenaires industriels. Roding devient ainsi un spécialiste capable d’intervenir entre la phase de conception et la réalisation de petites séries, plutôt qu’un constructeur traditionnel cherchant à renouveler régulièrement sa gamme.
2022 : Roding Automobile devient Roding Mobility
Cette évolution est progressivement inscrite dans la structure même de la société. En 2021, son objet social est élargi afin de couvrir plus explicitement le développement et la fabrication de composants, de prototypes, de véhicules spéciaux ainsi que de petites et moyennes séries. En 2022, le changement devient visible jusque dans son nom : Roding Automobile GmbH devient Roding Mobility GmbH.
Ce nouveau nom correspond à une transformation déjà engagée depuis plusieurs années. L’entreprise ne se définit plus principalement par le Roadster qui l’avait fait connaître, mais par ses compétences dans les composites, les systèmes haute tension, les batteries, le prototypage et le développement de véhicules complets. Associée à SK TECHNOLOGY, Roding Mobility poursuit aujourd’hui ces activités depuis l’Allemagne et intervient comme fournisseur de systèmes et partenaire de développement industriel.
L’histoire automobile de Roding se distingue ainsi par une transition rapide : partie d’un projet de sportive légère devenu une petite série en 2012, la société a utilisé cette première voiture comme socle technologique avant de se réorienter vers l’ingénierie et l’électromobilité. Le constructeur de niche des débuts a donc laissé place à une entreprise spécialisée dans le développement et la réalisation de solutions automobiles pour des projets tiers.
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