
Artega est une marque automobile allemande née à Delbrück, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à la fin de 2006 sous l’impulsion de Klaus Dieter Frers. D’abord tournée vers la conception d’une sportive légère produite en petite série, elle s’est fait connaître avec l’Artega GT avant de connaître plusieurs changements de propriétaire, une faillite puis une relance centrée sur la mobilité électrique. Son parcours, relativement court, est marqué par une succession de projets ambitieux qui n’ont jamais permis à la marque de s’installer durablement comme constructeur indépendant.
2006 : Klaus Dieter Frers fonde Artega à Delbrück
Artega voit le jour à la fin de 2006 à Delbrück, en Allemagne. La création de la marque est étroitement liée à Klaus Dieter Frers, entrepreneur déjà actif dans l’industrie automobile avec paragon, un équipementier spécialisé dans les technologies destinées aux constructeurs. Artega doit permettre de franchir une nouvelle étape : ne plus seulement fournir des composants, mais développer et produire une automobile complète.
Le projet est positionné dès l’origine sur un créneau très différent de celui des grands constructeurs généralistes. Artega vise une voiture de sport compacte, légère et produite à faible volume. Cette orientation impose de combiner un développement industriel réaliste avec une identité suffisamment forte pour exister face à des marques sportives déjà établies.
2007 : l’Artega GT donne une identité à la jeune marque
Le premier projet d’Artega prend forme avec l’Artega GT, présentée alors que la marque n’a encore que quelques mois d’existence. Le coupé adopte une architecture à moteur central et se distingue surtout par un dessin confié à Henrik Fisker, designer déjà reconnu dans l’industrie automobile. Ce choix donne immédiatement au modèle une visibilité internationale et fixe les codes esthétiques d’Artega.
La GT n’est pas pensée comme une démonstration sans lendemain. Artega prépare une véritable production en petite série à Delbrück, avec l’objectif de proposer une sportive utilisable au quotidien tout en conservant un poids contenu et une conception relativement compacte. Les premières livraisons aux clients interviennent en 2009. La GT devient alors le modèle fondateur de la marque et restera son automobile de série la plus importante.
2010 : Tresalia Capital prend le contrôle d’Artega
La phase de développement industriel exige toutefois des moyens considérables pour une entreprise de cette taille. En janvier 2010, le fonds mexicain Tresalia Capital prend le contrôle complet d’Artega après être entré précédemment au capital. Ce changement de propriétaire constitue le premier grand tournant de l’histoire de l’entreprise.
Klaus Dieter Frers s’éloigne progressivement de la direction opérationnelle tandis que la nouvelle structure doit permettre de consolider la production et de développer la marque. Artega dispose alors d’un produit commercialisé, mais son modèle économique reste fragile : produire une sportive exclusive en faibles volumes nécessite des investissements importants et laisse peu de marge en cas de ralentissement des ventes ou de difficulté financière.
2011 : l’Artega SE amorce le virage vers l’électrique
Au Salon de Genève 2011, Artega présente la SE, une déclinaison entièrement électrique dérivée de la GT. Ce projet ne remplace pas encore le coupé thermique, mais il introduit une orientation technologique qui prendra une importance croissante dans la seconde partie de l’histoire de la marque.
L’Artega SE montre qu’une petite structure spécialisée dans les voitures de sport cherche déjà à associer performances et propulsion électrique. Le projet reste cependant lié à une entreprise dont la situation financière devient de plus en plus délicate. L’électrification ouvre une nouvelle perspective technique, sans résoudre les difficultés économiques immédiates.
2012 : la faillite met fin à la production de l’Artega GT
En juin 2012, Artega dépose le bilan. La crise conduit à l’arrêt définitif de la production de la GT le 30 septembre de la même année. Cette disparition de la chaîne de production marque la fin de la première période d’Artega en tant que constructeur de voitures de sport thermiques.
À compter du 1er octobre, paragon AG reprend les actifs d’Artega ainsi qu’une partie des ressources humaines et techniques. Cette opération doit être distinguée d’une reprise classique du constructeur : paragon indique alors qu’il ne poursuivra pas la fabrication de la GT. La marque et son savoir-faire sont donc préservés en partie, mais l’activité automobile qui avait justifié la création d’Artega est interrompue.
2015 : Artega revient avec la sportive électrique Scalo
Trois ans après la faillite, le nom Artega réapparaît au Salon de Francfort avec la Scalo. Le retour s’effectue cette fois autour d’une stratégie clairement orientée vers l’électrique. Le modèle reprend l’idée d’une sportive compacte, mais abandonne la logique qui avait défini la GT pour mettre la propulsion électrique au centre du projet.
Cette nouvelle orientation est approfondie en 2017 avec la Scalo Superelletra, développée comme une sportive électrique beaucoup plus ambitieuse. Son dessin et sa réalisation impliquent notamment Touring Superleggera. Ces projets donnent à Artega une nouvelle visibilité et montrent sa volonté de se repositionner sur les technologies électriques, mais ils ne débouchent pas sur une production de masse capable de stabiliser durablement l’entreprise.
2018 : le projet Microlino fait basculer Artega vers la micro-mobilité
Artega s’éloigne ensuite du seul marché des voitures de sport pour s’intéresser à la mobilité urbaine électrique. À partir de 2018, l’entreprise s’implique dans le développement et l’industrialisation d’un petit véhicule issu du projet Microlino de Micro Mobility Systems, dont le style s’inspire fortement des microvoitures des années 1950.
La coopération se transforme toutefois en conflit concernant le véhicule et sa production. Artega développe alors sa propre interprétation du concept, d’abord connue sous différents noms avant de devenir le Karo. Le différend avec Micro Mobility est finalement réglé en 2020. Cette période marque un changement profond dans l’activité d’Artega : la marque ne cherche plus seulement à construire des sportives électriques, mais à trouver sa place sur le marché émergent des petits véhicules urbains à batterie.
2022 : ElectricBrands rachète Artega et reprend le projet Karo
En avril 2022, ElectricBrands acquiert 100 % d’Artega. Ce rachat met fin à l’existence de la société comme constructeur automobile indépendant et transfère ses principaux projets à un nouvel ensemble industriel. Le Karo est intégré à la stratégie de son nouveau propriétaire et prend ensuite le nom d’Evetta.
Pour Artega, cette opération représente moins une nouvelle relance qu’un changement de statut. Le nom qui avait été associé successivement à la GT, aux sportives électriques Scalo puis à la microvoiture Karo cesse d’occuper le premier plan. Les activités et les projets survivants passent désormais sous le contrôle d’ElectricBrands.
2024 : les difficultés d’ElectricBrands referment le dernier chapitre
La continuité industrielle espérée après le rachat ne se matérialise pas durablement. ElectricBrands connaît à son tour de graves difficultés financières et est dissoute puis placée en liquidation en avril 2024. L’Evetta, héritière du projet Karo développé par Artega, n’atteint pas la production de série annoncée.
Artega n’exerce donc plus aujourd’hui d’activité comme constructeur automobile indépendant. Son histoire reste principalement attachée à l’Artega GT, seule automobile ayant véritablement installé son nom sur le marché, puis à une série de tentatives de relance dans l’électrique. De la sportive légère née à Delbrück aux projets de micro-mobilité, la marque allemande aura ainsi connu plusieurs réorientations majeures en moins de deux décennies, sans parvenir à retrouver après 2012 la stabilité industrielle de sa première période.
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