Histoire de la marque AMG

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AMG trouve son origine en Allemagne, dans l’initiative de deux ingénieurs passionnés de compétition, Hans Werner Aufrecht et Erhard Melcher. D’abord atelier indépendant spécialisé dans les moteurs de course et la préparation de voitures Mercedes, AMG bâtit sa réputation sur un résultat retentissant aux 24 Heures de Spa, puis sur des modèles routiers aux performances hors norme. Son rapprochement progressif avec Daimler-Benz transforme ensuite le préparateur artisanal en branche sportive officielle du constructeur, capable de développer ses propres automobiles.

1967 : Hans Werner Aufrecht et Erhard Melcher fondent AMG

Au début des années 1960, Hans Werner Aufrecht et Erhard Melcher travaillent au département de développement de Daimler-Benz. Les deux ingénieurs se consacrent notamment au moteur de compétition de la Mercedes 300 SE. Lorsque le constructeur interrompt ses activités sportives, ils continuent à perfectionner cette mécanique pendant leur temps libre, dans la maison d’Aufrecht à Großaspach.

Leurs travaux obtiennent des résultats probants en course et leur valent une première réputation auprès des pilotes. Aufrecht quitte Daimler-Benz à la fin de 1966 et convainc Melcher de créer avec lui une entreprise indépendante. En 1967, ils installent dans un ancien moulin à Burgstall leur bureau d’études consacré à la conception et aux essais de moteurs de compétition. AMG reprend les initiales d’Aufrecht, de Melcher et de Großaspach, lieu de naissance d’Aufrecht. La société commence par préparer des moteurs Mercedes pour des équipes privées, avant d’étendre son savoir-faire aux voitures routières.

1971 : la 300 SEL 6.8 révèle AMG aux 24 Heures de Spa

Le premier tournant majeur intervient aux 24 Heures de Spa-Francorchamps. AMG engage une imposante Mercedes 300 SEL dont le moteur V8 a été profondément préparé et porté à 6,8 litres. Face à des voitures plus légères, la grande berline paraît peu adaptée à la compétition, mais elle remporte sa catégorie et termine deuxième du classement général.

Cette performance donne à AMG une visibilité internationale. La 300 SEL 6.8 devient le symbole de la capacité de la jeune entreprise à transformer une berline luxueuse en voiture de course compétitive. La notoriété acquise à Spa attire aussi une clientèle étrangère intéressée par des Mercedes plus puissantes et personnalisées. AMG développe alors ses activités routières en intervenant sur les moteurs, les châssis, les freins, les habitacles et la présentation des véhicules.

1976 : le transfert à Affalterbach accompagne la croissance

Les locaux de Burgstall deviennent rapidement trop petits pour une entreprise dont les commandes et les domaines d’intervention se multiplient. En 1976, AMG transfère l’essentiel de ses activités dans un atelier et des bureaux construits à Affalterbach. Cette commune du Bade-Wurtemberg devient le centre opérationnel de la société et reste associée à son identité.

Le déménagement marque le passage d’un petit atelier de préparation à une entreprise structurée. AMG conserve néanmoins son indépendance et travaille principalement sur des modèles Mercedes sans appartenir au constructeur. Son activité repose alors autant sur l’amélioration des performances que sur la personnalisation de voitures destinées à une clientèle exigeante.

1984 : une culasse spécifique fait d’AMG un motoriste

En 1984, Erhard Melcher met au point une culasse indépendante à quatre soupapes par cylindre. Cette innovation ne constitue pas une simple modification périphérique : elle permet à AMG d’être reconnu comme constructeur de moteurs et illustre l’approfondissement de ses compétences techniques. La société n’est plus seulement un préparateur assemblant des éléments disponibles, mais une entreprise capable de concevoir ses propres solutions mécaniques.

Cette évolution trouve une expression marquante en 1986 avec une Classe E équipée d’un V8 de 5,0 litres, connue sous le surnom de « The Hammer ». Très remarquée aux États-Unis, cette berline impose l’idée qu’une voiture statutaire peut offrir des performances comparables à celles de sportives spécialisées. Elle devient l’un des modèles fondateurs de l’image routière d’AMG, sans pour autant détourner l’entreprise de la compétition.

1988 : le DTM rapproche officiellement AMG et Mercedes-Benz

À la fin des années 1980, Daimler-Benz revient en championnat allemand de voitures de tourisme et choisit AMG comme partenaire officiel. Ce rapprochement s’appuie sur une relation ancienne, mais lui donne une nouvelle dimension industrielle et sportive. Les Mercedes 190 engagées avec l’appui du constructeur remportent 50 victoires en DTM entre 1988 et 1993.

Cette collaboration renforce la crédibilité technique d’AMG et démontre l’intérêt d’une association plus étroite entre les deux entreprises. La compétition sert ici de laboratoire autant que de vitrine : elle prépare le passage d’une coopération ponctuelle à une organisation commune pour le développement et la commercialisation de voitures routières.

1990 : l’accord avec Daimler-Benz change l’échelle d’AMG

En 1990, AMG et Daimler-Benz signent un accord de coopération. Les véhicules préparés peuvent désormais être commercialisés et entretenus par le réseau mondial Mercedes-Benz. Pour AMG, ce changement ouvre l’accès à une clientèle beaucoup plus large tout en inscrivant ses produits dans le cadre officiel du constructeur. L’entreprise poursuit son expansion et compte alors plusieurs centaines de salariés.

La première voiture développée dans le cadre de cet accord apparaît en 1993 : la Mercedes-Benz C 36 AMG. Contrairement aux réalisations antérieures commandées puis modifiées séparément, elle est conçue conjointement et distribuée comme un modèle intégré à la gamme. La C 36 AMG établit ainsi le principe moderne d’une version haute performance développée parallèlement aux modèles Mercedes de grande série.

1999 : DaimlerChrysler prend le contrôle de l’entreprise

Le rapprochement industriel aboutit à un changement de propriété le 1er janvier 1999. Hans Werner Aufrecht cède une participation majoritaire à DaimlerChrysler, groupe né de la fusion de Daimler-Benz avec Chrysler. La division de compétition historique est transférée la même année à H.W.A., société contrôlée par Aufrecht, tandis que l’activité consacrée aux voitures routières poursuit son intégration au groupe.

Le processus s’achève le 1er janvier 2005, lorsque DaimlerChrysler acquiert la totalité des actions. Mercedes-AMG GmbH devient alors une filiale détenue à 100 % par le constructeur. Cette opération lui donne accès aux ressources industrielles, commerciales et techniques du groupe, tout en clarifiant son statut : AMG n’est plus un préparateur indépendant, mais la branche chargée de développer ses modèles à hautes performances.

2009 : la SLS AMG inaugure les voitures entièrement développées à Affalterbach

Présentée en 2009, la SLS AMG ouvre une étape nouvelle. Elle est la première automobile entièrement développée par AMG, et non une déclinaison sportive élaborée à partir d’un modèle Mercedes existant. Ce coupé à portes papillon montre que la filiale possède désormais les capacités nécessaires pour concevoir un véhicule complet, de son architecture à sa mise au point.

L’AMG GT lui succède en 2014 comme deuxième voiture de sport développée de manière autonome. Ces modèles complètent une activité devenue beaucoup plus large, qui couvre les berlines, coupés, roadsters et SUV de la gamme Mercedes-Benz ainsi que les voitures destinées à la compétition client. Toujours établie à Affalterbach et filiale de Mercedes-Benz AG, Mercedes-AMG poursuit aujourd’hui ce double rôle de motoriste, de développeur de versions hautes performances et de constructeur de sportives conçues en propre.

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