
Tauro Sport Auto est un constructeur espagnol né en 2010 dans la province de Valladolid, avec l’ambition de produire en très petite série des voitures de sport à moteur V8. Autour de Pedro Julián Santos Perandones et d’un groupe d’entrepreneurs espagnols, le projet s’est distingué par une approche artisanale combinant une base technique américaine, une fabrication locale et une forte possibilité de personnalisation. Son histoire, relativement courte, est surtout marquée par le lancement du V8 Spider, l’élargissement rapide de la gamme et un conflit de marque avec Lamborghini, avant un effacement progressif de son activité automobile.
2010 : Tauro Sport Auto naît près de Valladolid
La société Tauro Sport Auto SL commence officiellement ses activités le 11 février 2010 à Zaratán, dans la province de Valladolid, en Castille-et-León. Son objet social couvre directement la fabrication, l’achat, la vente et la distribution d’automobiles, ainsi que les pièces et les services associés. Il ne s’agit donc pas d’un simple préparateur créé autour d’un modèle existant, mais d’une structure pensée dès l’origine pour développer et commercialiser ses propres voitures.
Pedro Julián Santos Perandones apparaît comme l’une des figures centrales de cette création et comme le premier administrateur de la société. Les présentations contemporaines du projet évoquent plus largement un groupe d’entrepreneurs espagnols associé à un constructeur britannique spécialisé dans les voitures de compétition, sans que l’identité et le rôle exact de tous les participants soient documentés avec la même précision. Il est donc plus juste de considérer Santos comme le principal dirigeant identifié du lancement plutôt que de lui attribuer seul l’ensemble du projet.
Quelques mois après la création, le capital social est porté de 3 080 à 200 000 euros et la gouvernance évolue vers un conseil d’administration. Cette recapitalisation montre que l’année 2010 ne correspond pas seulement à une immatriculation administrative : Tauro cherche alors à donner une assise industrielle et financière à un projet particulièrement exigeant pour une petite entreprise automobile.
2012 : le V8 Spider donne une identité à la marque
Le véritable passage de Tauro Sport Auto du statut de jeune société à celui de constructeur identifiable intervient en 2012 avec la présentation du Tauro V8 Spider. Ce roadster devient immédiatement le modèle qui résume le mieux le positionnement de la marque : production artisanale à Valladolid, volumes extrêmement réduits et configuration adaptée aux demandes du client. Une première série de seulement 30 exemplaires est alors annoncée.
Pour développer cette sportive sans supporter le coût d’une architecture entièrement nouvelle, Tauro s’appuie sur une base dérivée du Pontiac Solstice et de la plateforme Kappa de General Motors. La transformation est cependant suffisamment importante pour donner au modèle une carrosserie, un positionnement et une identité propres. Le recours à des composants déjà éprouvés permet surtout à un constructeur aux moyens limités de concentrer ses ressources sur l’assemblage, la mise au point et la personnalisation.
La motorisation participe tout autant à la personnalité du projet. Le Spider reçoit un V8 LS3 de 6,2 litres provenant de l’univers Chevrolet, associé à une transmission aux roues arrière. Cette mécanique américaine, installée dans une sportive assemblée en Espagne, devient l’un des traits distinctifs de Tauro. La marque ne cherche pas à concurrencer les grands constructeurs sur les volumes ou sur une technologie entièrement propriétaire : elle privilégie une formule de petite série reposant sur des éléments mécaniques connus et une réalisation très exclusive.
2013 : Tauro transforme son unique roadster en véritable gamme
Après avoir établi sa réputation avec le Spider, Tauro cherche dès 2013 à dépasser le cadre d’un modèle unique. Le constructeur développe notamment le V8 Coupé, qui reprend les principes mécaniques du roadster dans une carrosserie fermée. Cette évolution est importante car elle révèle une volonté de pérenniser Tauro comme marque automobile et non comme simple programme ponctuel consacré à une seule voiture.
La gamme s’enrichit ensuite de variantes plus radicales, parmi lesquelles les Saeta et Super Saeta, ainsi que le Portago. Ces modèles restent fidèles au même socle technique et à une production confidentielle. Ils ne constituent donc pas autant de ruptures industrielles distinctes, mais illustrent l’élargissement d’une formule devenue caractéristique : grosses motorisations V8, propulsion, carrosseries spécifiques et possibilité d’adapter largement chaque exemplaire.
Le Portago se distingue notamment par une carrosserie de type barchetta et par son nom, qui renvoie au pilote espagnol Alfonso de Portago. Cette référence inscrit symboliquement Tauro dans une tradition sportive espagnole, même si l’histoire de la marque elle-même s’est construite avant tout autour de voitures de route et de leur caractère artisanal plutôt que sur un programme de compétition structurant.
2014 : le conflit avec Lamborghini marque une phase délicate
Alors que Tauro tente encore d’installer son nom parmi les constructeurs de voitures de sport très exclusives, un différend juridique engagé autour de son identité visuelle devient un épisode important de son développement. Lamborghini conteste l’utilisation par Tauro d’un emblème représentant un taureau, estimant que ce symbole peut entrer en conflit avec sa propre identité de marque.
Pour une petite entreprise automobile, une telle procédure représente un enjeu disproportionné par rapport à sa taille. Tauro indique avoir dû consacrer des ressources importantes à sa défense alors même que son activité commerciale et industrielle restait encore jeune. En mai 2014, la société espagnole obtient gain de cause au stade alors atteint par la procédure. L’épisode confirme sa possibilité d’utiliser son identité, mais intervient au moment où elle aurait surtout besoin de consacrer ses moyens au développement de sa gamme et de son réseau.
Cette affaire ne peut pas, à elle seule, expliquer l’évolution ultérieure de Tauro Sport Auto. Les sources disponibles ne permettent pas d’établir un lien direct entre le litige et une éventuelle cessation de production. Elle constitue néanmoins l’un des derniers événements largement documentés de la période où le constructeur communique activement sur ses voitures.
2019 : l’activité automobile s’efface progressivement
La trajectoire de Tauro devient beaucoup moins lisible après les premières années de commercialisation. Des sources secondaires situent la fin de production de plusieurs versions du V8 autour de 2019 ou 2020, mais ces dates ne sont pas suffisamment établies pour être considérées comme une annonce officielle de fermeture. Aucun rachat majeur, changement de propriétaire structurant ou relance industrielle comparable à celle d’autres petits constructeurs sportifs n’est clairement documenté.
Ce qui peut être affirmé avec davantage de prudence est que Tauro Sport Auto ne présente plus aujourd’hui d’activité automobile publique comparable à celle de la période 2012-2014. Son ancien site officiel n’est plus exploité comme vitrine du constructeur et aucun nouveau modèle significatif n’est venu prolonger la gamme initiale. Certaines bases d’entreprises donnent par ailleurs des indications contradictoires sur le statut juridique exact de Tauro Sport Auto SL, ce qui empêche de dater avec certitude une éventuelle dissolution.
La situation actuelle doit donc être décrite comme celle d’une marque automobile espagnole en sommeil ou dont l’activité de constructeur s’est arrêtée, plutôt que comme une entreprise dont la faillite ou la disparition juridique aurait été formellement établie. Son passage dans l’histoire automobile reste associé à une période brève mais singulière : celle d’un constructeur de Valladolid ayant tenté, au début des années 2010, de créer une gamme de sportives V8 artisanales en combinant savoir-faire local et composants mécaniques américains.
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