
Vemac est une marque de voitures de sport née à la fin des années 1990 autour de Tokyo R&D, société japonaise spécialisée dans l’ingénierie automobile et la compétition. Son histoire est étroitement liée à Masao Ono et Osamu Hatakawa, mais aussi au pilote et ingénieur britannique Chris Craft et à l’entrepreneur américain Vernon Fotheringham. Produite en très petite série, Vemac s’est surtout fait connaître par ses sportives légères à moteur central et par un engagement durable en JGTC puis en Super GT, avant que son activité automobile ne s’éteigne progressivement.
1994 : le projet Cadwell pose les bases de Vemac
L’origine de Vemac précède la création officielle de la marque. Au Japon, Tokyo R&D développe au milieu des années 1990 la Cadwell, une petite voiture de course légère conçue autour d’une architecture simple et performante. Osamu Hatakawa joue un rôle important dans ce projet et envisage rapidement d’en transposer les principes à une automobile homologuée pour la route.
Cette idée rencontre l’intérêt de Masao Ono, dirigeant de Tokyo R&D. Le futur programme Vemac se construit ainsi à partir d’une compétence déjà acquise en ingénierie et en compétition plutôt qu’à partir d’un projet industriel de grande série. Cette origine explique le positionnement que conservera la marque : des voitures légères, produites en faible quantité et fortement inspirées par les méthodes du sport automobile.
1998 : Vemac prend forme autour d’une équipe internationale
La création de Vemac est généralement située en 1998. Autour de Masao Ono et Osamu Hatakawa se trouvent également Chris Craft, ancien pilote britannique impliqué dans le développement automobile, et Vernon Fotheringham. Le nom Vemac reprend d’ailleurs des éléments de leurs prénoms : « VE » pour Vernon, « MA » pour Masao et « C » pour Chris.
La structure de la marque est dès l’origine internationale. Le cœur technique du projet reste japonais, autour de Tokyo R&D, tandis qu’une partie du développement et de la fabrication est liée au Royaume-Uni. Cette double implantation explique pourquoi Vemac est parfois présentée comme une marque anglo-japonaise. Son origine historique demeure néanmoins étroitement associée au Japon et au travail de Tokyo R&D.
Une nuance concerne la structure juridique britannique : la société qui prendra ultérieurement le nom de Vemac Car Company Limited avait été constituée dès 1996 sous une autre dénomination. La naissance de la marque automobile elle-même est cependant habituellement rattachée à la fin des années 1990 et au lancement du programme Vemac.
2000 : la RD180 transforme le projet en véritable marque automobile
En 2000, Vemac franchit une étape décisive avec la RD180, sa première voiture de route. Le modèle reprend l’esprit du projet Cadwell : faible masse, moteur central et conception privilégiant l’agilité plutôt que la puissance brute. Sa mécanique provient de Honda, choix cohérent avec la volonté d’utiliser un groupe motopropulseur japonais éprouvé dans une automobile construite à très petite échelle.
La RD180 donne une réalité commerciale au nom Vemac. Elle ne transforme pas pour autant l’entreprise en constructeur de grande série : la production reste artisanale et limitée. Cette première sportive fixe surtout la formule technique qui caractérisera les modèles routiers de la marque et sert de passerelle entre l’expérience de Tokyo R&D en compétition et une automobile destinée à des clients particuliers.
2002 : la RD320R fait entrer Vemac en JGTC
Le tournant le plus important de l’histoire de Vemac intervient en 2002 avec la RD320R. Conçue pour la catégorie GT300 du championnat japonais JGTC, elle fait passer la compétition du statut de source d’inspiration à celui d’activité centrale pour l’image de la marque. La voiture se montre immédiatement compétitive et remporte plusieurs courses au cours de sa première saison.
Cet engagement donne à Vemac une visibilité sans commune mesure avec celle que pouvait lui offrir sa production routière confidentielle. Les voitures de course évoluent ensuite rapidement, avec notamment les RD350R puis RD408R. La marque expérimente différents moteurs et configurations, jusqu’à tenter une présence dans la catégorie GT500, plus exigeante. Le programme sportif devient alors le principal laboratoire technique et la vitrine publique de Vemac.
2004 : la RD200 fait évoluer la sportive routière
En parallèle de la compétition, Vemac renouvelle son offre routière avec la RD200. Cette évolution de la RD180 reçoit un moteur Honda K20A de 2,0 litres et conserve l’architecture légère à moteur central qui définit les voitures de la marque. Il ne s’agit pas d’un changement de philosophie, mais d’une maturation du concept initial avec une mécanique plus moderne et plus performante.
La RD200 restera l’un des modèles routiers les plus représentatifs de Vemac. Sa diffusion demeure toutefois très limitée. La marque ne cherche pas à élargir fortement sa gamme et concentre une part croissante de ses ressources et de sa notoriété sur le championnat japonais, où les prototypes dérivés de la famille RD deviennent nettement plus visibles que les voitures homologuées pour la route.
2005 : la RD408H illustre les ambitions technologiques de Vemac
Vemac explore en 2005 une autre voie avec la RD408H, un prototype hybride développé avec les compétences de Tokyo R&D et de PUES. À une époque où l’hybridation commence seulement à gagner du terrain dans l’industrie automobile, cette expérimentation montre que le programme ne se limite pas à produire des sportives conventionnelles.
La RD408H ne débouche pas sur une gamme hybride de série, mais elle témoigne du rôle de Vemac comme démonstrateur technologique. Dans le même temps, les versions de compétition poursuivent leur carrière en GT300. La RD408R obtient encore des succès importants, notamment en 2006 et 2007, période qui marque le sommet sportif de la marque. La victoire obtenue en 2007 à Autopolis sera sa dernière en Super GT.
2012 : la fin du programme Super GT prive Vemac de sa principale vitrine
Après plusieurs saisons supplémentaires, les Vemac disputent leur dernière campagne en Super GT en 2012. L’évolution du règlement et des exigences d’homologation rend de plus en plus difficile la présence de voitures issues de constructeurs produisant des volumes aussi faibles. Pour une marque dont la compétition constituait désormais l’activité la plus visible, cette évolution est déterminante.
La disparition des Vemac des grilles ferme pratiquement le dernier grand chapitre actif de leur histoire. La production routière n’avait jamais atteint une échelle industrielle et aucun nouveau modèle de série ne vient alors ouvrir un autre cycle. L’entreprise ne connaît ni rachat majeur ni relance commerciale comparable à celle de certaines autres petites marques de voitures de sport.
2019 : la dissolution de Vemac Car Company clôt l’histoire de la marque
Le 8 octobre 2019, Vemac Car Company Limited est officiellement dissoute au Royaume-Uni. Cette disparition juridique confirme la fin d’une aventure automobile déjà devenue silencieuse après l’arrêt du programme Super GT. Vemac ne produit aujourd’hui plus de voitures et aucune relance industrielle de la marque n’a été annoncée.
Tokyo R&D, dont l’histoire et les activités dépassent largement Vemac, a continué d’exister indépendamment et conserve la mémoire des projets réalisés sous ce nom. Vemac reste ainsi associée à une période particulière de l’automobile japonaise de petite série : celle d’un constructeur né de l’ingénierie de compétition, passé brièvement à la route avec les RD180 et RD200, puis surtout reconnu pour ses prototypes GT avant de disparaître après moins de deux décennies d’activité visible.
Découvrez d'autres marques automobiles du même pays