Histoire de la marque Daihatsu

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Daihatsu trouve ses origines à Osaka en 1907, bien avant que l’entreprise ne fabrique sa première automobile. Créée sous le nom de Hatsudoki Seizo Co., Ltd., elle se consacre d’abord aux moteurs à combustion interne dans un Japon qui cherche alors à réduire sa dépendance aux technologies importées. Devenue constructeur automobile au début des années 1930, puis officiellement Daihatsu Motor en 1951, la société s’est progressivement spécialisée dans les véhicules compacts, les utilitaires légers et les kei cars. Son histoire est également indissociable de son rapprochement avec Toyota, commencé dans les années 1960 et achevé par son intégration complète au groupe en 2016.

1907 : Hatsudoki Seizo naît à Osaka pour fabriquer des moteurs japonais

L’histoire de Daihatsu commence le 1er mars 1907 avec la création de Hatsudoki Seizo Co., Ltd. à Osaka. L’entreprise est issue d’une coopération entre universitaires et entrepreneurs locaux, dans un contexte où le Japon cherche à développer sa propre industrie mécanique. Parmi les personnalités associées à sa création figure Yoshiaki Yasunaga, dirigeant de l’École technique supérieure d’Osaka. Saneyasu Oka devient pour sa part le premier dirigeant exécutif de la société. Il serait donc réducteur de présenter Daihatsu comme l’œuvre d’un fondateur unique.

La jeune société ne produit alors aucune automobile. Son activité est centrée sur les moteurs à combustion interne, encore largement importés au Japon. Dès décembre 1907, elle achève un moteur à gaz d’aspiration de 6 ch, présenté dans les archives du constructeur comme le premier moteur de ce type fabriqué au Japon. Cette origine explique une particularité essentielle de Daihatsu : l’entreprise est d’abord un motoriste et un industriel de la mécanique avant de devenir un constructeur automobile.

1930 : le Model HA fait entrer l’entreprise dans l’automobile

À la fin des années 1920, le développement des petits véhicules utilitaires à trois roues ouvre une nouvelle perspective à Hatsudoki Seizo. Ces engins répondent aux besoins des commerçants et artisans japonais, mais nombre d’entre eux utilisent encore des moteurs étrangers. L’entreprise décide donc de développer à la fois une mécanique adaptée et son propre véhicule.

En décembre 1930, elle achève le Model HA, un trois-roues équipé d’un moteur à essence de 500 cm³. Le Model HB, destiné à la commercialisation, suit en 1931. Cette étape marque le véritable début de l’activité automobile de la société, vingt-trois ans après sa fondation. Daihatsu se construit ainsi sur un segment qui restera durablement au cœur de son histoire : des véhicules peu encombrants, simples et adaptés à des usages pratiques plutôt que des automobiles de prestige.

1951 : le nom Daihatsu devient officiellement celui de la société

Le nom Daihatsu ne naît pas en 1951. Il est déjà employé depuis les années 1930 et provient d’une appellation populaire associant Osaka au terme japonais hatsudoki, qui désigne un moteur. À mesure que cette appellation s’impose auprès du public, elle finit par devenir l’identité officielle de l’entreprise.

En décembre 1951, Hatsudoki Seizo Co., Ltd. prend ainsi le nom de Daihatsu Motor Co., Ltd. Ce changement accompagne une période où le Japon d’après-guerre connaît une forte demande de moyens de transport abordables. Les petites entreprises, artisans et commerçants ont besoin de véhicules simples, économiques et capables de circuler dans des espaces urbains contraints. Daihatsu trouve dans ce marché un domaine où son expérience des moteurs compacts et des trois-roues peut être directement exploitée.

1957 : le Midget impose Daihatsu dans la mobilité légère japonaise

Lancé en 1957, le Midget devient l’un des véhicules les plus représentatifs des débuts automobiles de Daihatsu. Ce petit trois-roues utilitaire se positionne entre la moto de livraison et l’utilitaire conventionnel. Peu coûteux, compact et facile à exploiter, il répond précisément aux besoins des petites activités commerciales japonaises. Son succès est rapide : les immatriculations cumulées dépassent 100 000 exemplaires dès 1960.

Le Midget ne doit pas seulement être retenu comme un succès commercial. Il montre la direction prise par Daihatsu : concevoir des véhicules adaptés aux contraintes réelles de ses clients, en privilégiant l’encombrement réduit, la maîtrise des coûts et la simplicité d’usage. En 1960, le Hijet prolonge cette logique dans le domaine des kei cars à quatre roues. Ce petit utilitaire deviendra l’un des noms les plus durables de la gamme et contribuera à ancrer Daihatsu dans le marché japonais des véhicules légers.

1967 : l’alliance avec Toyota change l’échelle industrielle de Daihatsu

Dans les années 1960, l’industrie automobile japonaise entre dans une nouvelle phase. L’ouverture progressive du marché et l’intensification de la concurrence internationale poussent les constructeurs à rechercher des économies d’échelle, des partenaires industriels et des moyens de développement plus importants. C’est dans ce contexte que Daihatsu conclut en novembre 1967 un accord de coopération avec Toyota.

Il ne s’agit pas encore d’un rachat. Les deux entreprises conservent leur identité et leurs responsabilités, mais Daihatsu entre progressivement dans l’orbite industrielle de Toyota. La coopération porte notamment sur la production de véhicules et sur le partage de capacités industrielles. Pour Daihatsu, ce rapprochement apporte une stabilité et des volumes supplémentaires sans remettre immédiatement en cause sa spécialisation dans les petites automobiles.

Cette date est fondamentale car elle constitue le point de départ d’une relation qui évoluera pendant près d’un demi-siècle. Daihatsu ne disparaît pas dans Toyota en 1967, mais son avenir devient dès lors de plus en plus lié à celui du premier constructeur japonais.

1977 : la Charade montre que Daihatsu peut dépasser le seul marché des utilitaires

Avec la Charade, lancée en 1977, Daihatsu affirme sa capacité à appliquer son savoir-faire aux voitures particulières compactes. Le modèle repose sur une conception visant à offrir une automobile peu encombrante et économique sans sacrifier l’habitabilité. Il reçoit le titre japonais de Car of the Year pour 1977, donnant à la marque une visibilité nouvelle au-delà de ses traditionnels petits utilitaires.

La Charade contribue également à la réputation internationale du constructeur. Une version du modèle se distingue lors du Mobil Economy Run organisé près de Paris en 1978, tandis qu’une Charade remporte sa catégorie au Safari Rally en 1982. Ces résultats ne transforment pas Daihatsu en grande marque de compétition, mais ils servent à démontrer deux qualités essentielles pour son image de l’époque : la sobriété et la robustesse.

La fin des années 1970 marque également le début d’un développement industriel plus poussé en Asie du Sud-Est. Daihatsu renforce notamment sa présence en Indonésie à partir de 1978 avec Astra. Cette stratégie deviendra beaucoup plus importante à long terme que la recherche d’une présence identique sur tous les grands marchés automobiles mondiaux.

1993 : la Malaisie et l’Asie du Sud-Est deviennent un second pilier de la marque

Au début des années 1990, Daihatsu traverse une période économique plus difficile au Japon. Après l’éclatement de la bulle spéculative, l’entreprise enregistre pour l’exercice clos en mars 1993 sa première perte depuis son introduction en Bourse de 1949. La situation ne débouche toutefois ni sur une faillite ni sur une disparition de la marque. Des mesures de réduction des coûts permettent un retour rapide aux bénéfices dès l’exercice suivant.

La même période confirme surtout l’importance croissante de l’Asie du Sud-Est. En 1993, Daihatsu participe au deuxième projet national automobile de Malaisie, qui conduit au développement de Perodua. Cette entreprise ne constitue pas un simple changement de nom de Daihatsu : il s’agit d’un constructeur malaisien distinct, lié au japonais par des participations industrielles, techniques et capitalistiques.

L’Indonésie et la Malaisie deviennent progressivement des marchés stratégiques où l’expérience de Daihatsu dans les voitures compactes et peu coûteuses trouve une application directe. Ce développement façonne son avenir international : la marque cherche moins à rivaliser avec les grands constructeurs généralistes sur tous les continents qu’à devenir un spécialiste de la mobilité compacte au Japon et dans plusieurs marchés asiatiques.

1998 : Toyota devient l’actionnaire majoritaire de Daihatsu

Trente et un ans après le début de leur coopération, Toyota franchit une nouvelle étape en 1998 en portant sa participation dans Daihatsu de 34,5 % à 51,2 % du capital. Daihatsu devient alors officiellement une filiale contrôlée par Toyota. Ce changement clarifie une évolution engagée depuis longtemps : l’entreprise conserve sa marque et ses propres produits, mais sa stratégie industrielle s’inscrit désormais dans celle d’un groupe beaucoup plus vaste.

Cette intégration correspond aussi au rôle de plus en plus spécifique occupé par Daihatsu. Au Japon, le constructeur concentre ses efforts sur les kei cars et les petits utilitaires. Cette spécialisation porte ses fruits au cours des années 2000 : pour l’exercice 2006, Daihatsu prend pour la première fois la première place du marché japonais des mini-véhicules, avec plus de 616 000 unités vendues. Le résultat est moins important pour son chiffre brut que pour ce qu’il révèle : l’entreprise a trouvé une place clairement identifiable dans l’industrie automobile japonaise.

La marque poursuit parallèlement ses recherches sur la réduction de la consommation et sur la démocratisation des aides à la conduite. La Mira e:S, lancée en 2011, traduit cette recherche d’efficience sur une voiture conventionnelle abordable. L’année suivante, Daihatsu introduit Smart Assist, un système d’assistance anticollision destiné au marché japonais des mini-véhicules. Ces choix prolongent sa stratégie historique plutôt qu’ils ne constituent une rupture : intégrer des technologies nouvelles sans quitter le segment des voitures compactes accessibles.

2013 : le retrait d’Europe confirme le recentrage géographique

Daihatsu avait développé au fil des décennies une présence commerciale dans de nombreux pays, dont plusieurs marchés européens. Mais cette implantation devient difficile à maintenir au tournant des années 2010. Les coûts liés aux réglementations environnementales européennes, l’évolution du taux de change du yen et des volumes de ventes devenus modestes affaiblissent la rentabilité de cette activité.

Le 31 janvier 2013, Daihatsu met fin à la commercialisation de voitures neuves en Europe, tout en maintenant le service après-vente et l’approvisionnement en pièces. Cette décision marque un tournant stratégique important. Elle confirme que l’avenir du constructeur se situe désormais principalement au Japon et en Asie, là où sa spécialisation dans les petites voitures correspond davantage aux structures du marché et à ses capacités industrielles.

Le rapprochement capitalistique avec Toyota arrive ensuite à son terme. Le 1er août 2016, Daihatsu devient une filiale détenue à 100 % par Toyota et quitte la Bourse. L’objectif n’est pas de supprimer la marque, mais d’intégrer plus étroitement son expertise dans le développement, l’achat et la fabrication de petites voitures pour le groupe. Daihatsu reçoit ainsi un rôle plus clairement défini de spécialiste des véhicules compacts et des modèles destinés à certains marchés émergents.

2023 : les irrégularités de certification provoquent une crise majeure

En 2023, Daihatsu entre dans l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Après de premières révélations au printemps, une enquête indépendante met au jour de nombreuses irrégularités dans les procédures de certification. En décembre, la commission recense 174 cas portant sur 25 catégories d’essais et concernant, selon son propre périmètre, plusieurs dizaines de modèles et plusieurs moteurs. Certains véhicules étaient commercialisés sous d’autres marques du groupe ou fournis à des partenaires comme Mazda et Subaru.

Daihatsu suspend temporairement les expéditions des modèles concernés pendant que les autorités japonaises effectuent leurs propres vérifications. Il est important de distinguer deux questions : les faits établis concernent d’abord des irrégularités dans les essais et les procédures d’homologation, ce qui ne signifie pas que tous les véhicules concernés étaient nécessairement dangereux. Les contrôles officiels conduisent progressivement à la reprise des expéditions pour les modèles dont la conformité est confirmée, tandis que certaines homologations sont annulées et que des mesures correctives sont imposées.

L’enquête montre également que les pratiques litigieuses ne sont pas toutes apparues en 2023 : le cas le plus ancien identifié remontait à 1989, avec une augmentation du nombre d’irrégularités à partir de 2014. La crise entraîne donc une remise en cause plus profonde des méthodes de développement, de certification et de gouvernance de l’entreprise.

2024 : Toyota renforce son contrôle et Daihatsu se recentre sur les petites mobilités

À partir de 2024, Toyota réorganise le partage des responsabilités avec sa filiale. Pour les activités internationales, le groupe reprend une responsabilité plus directe sur l’ensemble du processus allant du développement à la certification, tandis que Daihatsu intervient dans le cadre des missions qui lui sont confiées. Cette évolution réduit son autonomie dans certains domaines sensibles tout en confirmant sa place de spécialiste des petits véhicules au sein du groupe.

La marque reste donc active après la crise de certification. Son activité demeure particulièrement importante au Japon, en Indonésie et en Malaisie, où son expertise dans les kei cars, les citadines et les petits utilitaires conserve une valeur industrielle. La Daihatsu New Global Architecture, introduite à partir de 2019, avait déjà montré cette volonté de rationaliser les plateformes et les méthodes de conception pour les petites voitures du Japon et des marchés émergents.

En 2026, Daihatsu franchit une nouvelle étape avec la commercialisation des e-Hijet Cargo et e-Atrai, présentés par le constructeur comme ses premiers véhicules électriques à batterie produits en série. Le choix de commencer cette nouvelle phase par de petits utilitaires est cohérent avec plus d’un siècle d’évolution : de ses premiers moteurs aux trois-roues, puis aux kei cars et aux véhicules compacts du groupe Toyota, Daihatsu reste avant tout associé à la conception de moyens de transport légers destinés aux usages quotidiens.

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