Histoire de la marque Westfield

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Westfield est un constructeur britannique de voitures de sport légères né au début des années 1980 autour de Chris Smith, ingénieur et passionné de compétition historique. D’abord tournée vers la reproduction d’une barquette inspirée de la Lotus Eleven, la marque s’est rapidement spécialisée dans des roadsters très légers proches dans leur philosophie de la Lotus Seven. Son histoire est ensuite marquée par une différenciation technique progressive, un développement international, plusieurs changements de propriétaire et deux périodes d’insolvabilité avant une nouvelle reprise en 2026.

1982 : Chris Smith construit la première Westfield

L’origine de Westfield remonte à 1982, lorsque Chris Smith réalise dans son garage une voiture inspirée de la Lotus Eleven de compétition. Le projet est suffisamment bien accueilli pour l’encourager à envisager une production commerciale. Le nom Westfield vient de Westfield House, la propriété associée aux débuts de l’activité, généralement située à Armitage dans le Staffordshire.

La société Westfield Sports Cars Limited est officiellement constituée le 1er février 1983. Cette étape transforme une initiative personnelle en activité automobile structurée. La première vocation de l’entreprise reste artisanale : proposer des voitures de sport simples, légères et accessibles à des clients capables de participer eux-mêmes à leur assemblage.

1983 : le 7SE donne à Westfield son identité durable

Très rapidement, Westfield s’éloigne de la seule réplique de la Eleven pour développer le 7SE, un roadster directement inspiré de la Lotus Seven. Ce choix change l’avenir de l’entreprise. La formule séduit un public d’amateurs à la recherche d’une voiture minimale, légère et personnalisable, souvent vendue en kit.

Le 7SE devient ainsi beaucoup plus important pour l’histoire de Westfield que le modèle fondateur. Il pose les bases d’une famille de voitures qui restera au cœur de l’activité pendant plusieurs décennies, avec une architecture simple, une masse contenue et la possibilité d’utiliser différentes motorisations selon les versions et les marchés.

1987 : le conflit avec Caterham oblige Westfield à se différencier

La proximité des premières Westfield avec la Lotus Seven conduit à un conflit juridique avec Caterham, qui avait acquis auprès de Lotus les droits liés au modèle. Les sources ne décrivent pas toutes de la même manière l’issue exacte de la procédure, mais elles convergent sur sa conséquence essentielle : Westfield doit modifier la conception et l’apparence de ses voitures.

Ce tournant est décisif, car il pousse le constructeur à s’éloigner d’une simple logique de reproduction. Les modèles développés ensuite adoptent progressivement des solutions propres à Westfield. Cette évolution permettra à la marque de construire une identité indépendante tout en restant fidèle au principe du roadster britannique léger.

1991 : Kingswinford devient le centre de la croissance de Westfield

Au tournant des années 1990, Westfield renforce sa différenciation technique. Le SEi introduit notamment une suspension arrière indépendante, tandis que des châssis et carrosseries plus larges apparaissent afin d’élargir l’usage et les possibilités mécaniques. En 1991, l’entreprise s’installe à Kingswinford, dans les West Midlands, qui devient pendant plus de trente ans son principal site industriel.

Cette période consolide la réputation du constructeur auprès des amateurs de conduite sportive et de compétition amateur. Certaines déclinaisons particulièrement puissantes, comme le SEiGHT équipé d’un V8 Rover, montrent jusqu’où peut être poussée la recette Westfield : une structure légère associée à une mécanique performante. La compétition en clubs et les formules monomarques contribuent aussi à entretenir la visibilité de la marque sans modifier son positionnement de constructeur de niche.

2006 : Potenza Sports Cars rachète l’entreprise

En décembre 2006, Chris Smith vend Westfield à Potenza Sports Cars. Ce changement de propriétaire intervient dans un contexte où les normes d’homologation, le développement technique et l’expansion internationale deviennent de plus en plus coûteux pour une entreprise familiale de petite taille.

L’arrivée de Potenza ouvre une phase plus ambitieuse sur le plan industriel. Westfield cherche à dépasser le marché britannique traditionnel du kit car pour vendre davantage de voitures complètes et développer sa présence à l’étranger. Le fondateur reste alors lié à l’entreprise comme consultant et investisseur, mais la direction stratégique passe désormais entre les mains du nouveau propriétaire.

2009 : le Sport Turbo facilite l’expansion européenne

En 2009, le Westfield Sport Turbo obtient une homologation européenne en petite série. Cette avancée réglementaire est importante pour un constructeur de cette taille, car elle facilite la commercialisation d’un même modèle sur plusieurs marchés européens sans dépendre uniquement de procédures d’immatriculation individuelles.

Le Sport Turbo représente ainsi moins une rupture par son concept qu’une étape dans la professionnalisation de Westfield. La marque reste fidèle à ses voitures légères, mais tente désormais de fonctionner avec des standards plus proches de ceux d’un constructeur automobile établi et de développer un réseau commercial plus international.

2010 : Westfield se diversifie vers l’électrique et les véhicules autonomes

À partir de 2010, l’ère Potenza s’accompagne d’une diversification technologique beaucoup plus large. L’iRacer électrique illustre d’abord l’intérêt de l’entreprise pour les nouvelles motorisations dans le domaine de la compétition. Westfield s’engage ensuite dans le développement de véhicules autonomes, au point que cette activité prend progressivement une existence distincte au sein du groupe.

Cette diversification montre que Westfield ne cherche plus seulement à vendre des roadsters en kit. L’entreprise met aussi son savoir-faire d’ingénierie au service de projets de mobilité expérimentale. Cette orientation reste cependant parallèle au métier historique des voitures de sport et ne remplace jamais complètement la gamme traditionnelle.

2019 : le rachat de Chesil élargit le portefeuille

En 2019, Westfield rachète Chesil Motor Company, spécialiste britannique de répliques inspirées de la Porsche 356 Speedster. Cette opération associe deux activités reposant sur une production automobile artisanale et de faible volume. Elle permet aussi au groupe d’élargir son offre au-delà des seuls roadsters de conception Westfield, en s’appuyant sur l’image d’une voiture liée à l’histoire de Porsche.

L’élargissement du portefeuille ne suffit toutefois pas à assurer la stabilité financière de l’ensemble. Les activités automobiles traditionnelles et les projets technologiques doivent continuer à supporter les coûts propres aux petits constructeurs, notamment en matière de développement, d’homologation et d’industrialisation.

2022 : l’entreprise historique fait faillite et la marque change de structure

Le 9 juin 2022, Westfield Sports Cars Limited entre officiellement en administration et cesse son activité. Cet événement marque une rupture fondamentale : la société constituée en 1983 ne poursuit pas son existence sous une nouvelle direction. Ses actifs, son nom commercial et son savoir-faire sont repris séparément.

Une nouvelle société, créée en juillet 2022 puis rebaptisée Westfield Chesil Limited, acquiert les actifs liés à Westfield et Chesil. Sous la direction de Nigel Trilk, elle tente de relancer la production et transfère l’activité de Kingswinford vers Bicester, dans l’Oxfordshire. Des modèles historiques comme le XI et plusieurs variantes de la famille Sport doivent alors servir de base à cette reconstruction.

La distinction juridique est importante : il existe bien une continuité de marque et de produits, mais pas une continuité de la société d’origine. Westfield Sports Cars Limited sera ensuite placée en liquidation judiciaire en décembre 2023.

2026 : Driving-Fun reprend Westfield et prépare une relance en Allemagne

La tentative de relance britannique connaît à son tour de graves difficultés. Westfield Chesil Limited entre en liquidation volontaire des créanciers en avril 2026 et cesse de prendre de nouvelles commandes. Quelques semaines plus tard, l’entreprise néerlandaise Driving-Fun.com annonce avoir acquis les principaux actifs de Westfield, notamment le nom, la marque, la propriété intellectuelle, les dessins techniques et un stock de pièces.

Le nouveau propriétaire prévoit de transférer l’activité dans une installation située à proximité du circuit de Meppen, en Allemagne. Le projet vise à maintenir la fourniture de pièces, à poursuivre certaines voitures de la famille SE et du XI, ainsi qu’à conserver une activité liée à la Westfield Cup tout en préparant de futurs modèles.

En août 2026, la situation doit toutefois être décrite avec précision : la marque Westfield a trouvé un nouveau propriétaire, mais la dernière société britannique qui l’exploitait reste en liquidation. La reprise industrielle annoncée en Allemagne constitue donc une nouvelle phase de son histoire plutôt qu’une simple continuité de l’entreprise fondée par Chris Smith plus de quarante ans auparavant.

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