Présentée en 2008 et commercialisée en France à partir de novembre de la même année, la Renault Megane 3 constitue la troisième génération de la compacte de Renault. Elle succède directement à la Renault Mégane 2, dont elle abandonne en grande partie le style très anguleux au profit d’une silhouette plus fluide et plus consensuelle. Sa carrière européenne s’étend jusqu’au milieu des années 2010, avec plusieurs carrosseries, de nombreuses motorisations et deux évolutions esthétiques importantes.
La Megane 3 occupe alors une position centrale dans la gamme Renault. Elle doit couvrir un spectre très large, de la compacte familiale diesel à la sportive de plus de 250 ch. Cette diversité explique pourquoi il n’existe pas une fiche mécanique unique pour toute la génération: dimensions, poids, boîte, puissance, performances et même empattement changent selon la carrosserie et la version.
Histoire et lancement de la Renault Megane 3
Le renouvellement de la Renault Mégane intervient dans un contexte où Renault cherche à renforcer la qualité perçue de ses modèles du segment C tout en adoptant un dessin moins polarisant. Le développement est mené au Technocentre Renault. Patrick le Quément dirige alors le design de la marque, tandis que Fabio Filippini est associé au programme design de la famille Mégane.
Un Mégane Coupé Concept est dévoilé au Salon de Genève en mars 2008. Il annonce certaines orientations du futur coupé, mais reste un prototype spectaculaire avec des ouvrants et des proportions qui ne seront pas repris tels quels sur la voiture de série. Il ne faut donc pas utiliser ses caractéristiques mécaniques ou ses solutions de carrosserie pour décrire la Megane 3 commercialisée.
La berline cinq portes de série est révélée à l’automne 2008 puis présentée au Mondial de l’Automobile de Paris. Les commandes françaises ouvrent en octobre et la commercialisation débute le 20 novembre 2008. Le Coupé suit au début de 2009, puis le break Estate quelques mois plus tard. Le Coupé-Cabriolet complète ensuite la gamme en 2010.
La production européenne est principalement assurée à Palencia, en Espagne, où Renault lance la fabrication de la troisième génération en 2008. Le Coupé-Cabriolet suit un parcours distinct puisqu’il est assemblé à Douai, en France, entre 2010 et 2015. La génération est progressivement remplacée après la présentation de la Renault Mégane 4 en 2015.
Design, carrosseries et modèles proches
La berline cinq portes rompt nettement avec la Megane 2. Ses volumes sont plus arrondis, son pavillon plus fluide et sa face avant met en avant des projecteurs étirés et un capot fortement nervuré. L’arrière abandonne également les formes très verticales de la génération précédente. Cette orientation permet à Renault de proposer une compacte visuellement plus conventionnelle sans renoncer à une identité propre.
Le Coupé ne se contente pas de supprimer deux portes. Sa ligne de toit est plus basse, sa partie arrière plus musclée et son profil plus dynamique. L’Estate allonge au contraire l’empattement et la carrosserie afin de privilégier l’espace et le volume de chargement. Le Coupé-Cabriolet reçoit un toit rigide escamotable, ce qui entraîne une masse et des proportions sensiblement différentes de celles de la berline.
La Megane 3 coexiste avec le Renault Scénic 3, mais les deux voitures doivent être considérées comme des modèles distincts. Le Scénic conserve une vocation de monospace, alors que la Mégane reste la compacte traditionnelle de la gamme. La Renault Fluence entretient elle aussi des liens techniques avec cette famille, mais constitue une berline distincte et non une simple Megane 3 à coffre.
La déclinaison Mégane R.S. mérite également d’être distinguée du reste de la gamme. Basée sur le Coupé, elle reçoit un moteur 2.0 turbo, un train avant spécifique et des réglages de châssis profondément revus. Ses performances ne sont donc pas représentatives des versions essence ou diesel courantes.
Fiche technique de la Renault Megane 3
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Période | 2008 à 2016 environ selon carrosserie et marché |
| Segment | Compacte, segment C |
| Carrosseries | Berline 5 portes, Coupé 3 portes, Estate 5 portes, Coupé-Cabriolet 2 portes |
| Architecture moteur | 4 cylindres en ligne essence ou diesel |
| Implantation | Moteur avant transversal |
| Transmission | Traction avant |
| Essence | 1.2 TCe, 1.4 TCe, 1.6 16V, 2.0 atmosphérique et 2.0 TCe selon version et marché |
| Diesel | 1.5 dCi, 1.6 dCi, 1.9 dCi et 2.0 dCi selon version et millésime |
| Puissance | Environ 85 à 275 ch sur l’ensemble de la gamme, Mégane R.S. comprise |
| Couple | Variable selon moteur, jusqu’à environ 360 Nm sur certaines R.S. et environ 380 Nm sur certains 2.0 dCi |
| Boîtes | Manuelles 5 ou 6 rapports, EDC 6 rapports sur certaines versions, boîte automatique ou CVT selon moteur et marché |
| Structure | Coque autoporteuse, plateforme Renault du segment C |
| Suspension avant | Type MacPherson sur les versions courantes |
| Suspension arrière | Essieu semi-rigide à traverse déformable |
| Train avant R.S. | Architecture spécifique à pivot indépendant T.A.P.I. |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freinage | Disques aux quatre roues sur les principales versions documentées, dimensions variables selon motorisation et finition |
| Pneumatiques | Montes courantes de 15 à 18 pouces, jusqu’à 19 pouces sur certaines versions sportives |
| Longueur berline | Environ 4 295 mm |
| Largeur berline | Environ 1 808 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur berline | Environ 1 471 mm |
| Empattement berline | Environ 2 641 mm |
| Voies berline | Environ 1 546 mm à l’avant et 1 547 mm à l’arrière sur certaines versions |
| Longueur Coupé | Environ 4 299 mm |
| Hauteur Coupé | Environ 1 423 mm |
| Longueur Estate | Environ 4 559 mm |
| Empattement Estate | Environ 2 703 mm |
| Longueur Coupé-Cabriolet | Environ 4 485 mm |
| Empattement Coupé-Cabriolet | Environ 2 609 mm |
| Poids | Variable selon carrosserie, moteur et équipement; environ 1 215 kg pour une berline 1.6 16V 110 de lancement |
| Vitesse maximale | Variable selon moteur; autour de 175 à 190 km/h pour certaines versions modestes, jusqu’à des valeurs nettement supérieures sur les R.S. |
| 0 à 100 km/h | Variable selon version; 7,8 s environ pour le Coupé 2.0 TCe 180 |
| Consommation homologuée | Environ 4 l/100 km pour certains dCi tardifs à près de 7 l/100 km ou davantage pour certaines versions essence selon cycle NEDC |
| Réservoir | 60 litres sur plusieurs versions de berline |
| Sites de production principaux | Palencia en Espagne; Douai en France pour le Coupé-Cabriolet |
Motorisations et comportement
La gamme mécanique évolue beaucoup au fil de la carrière. Au lancement, Renault propose notamment le 1.6 16V atmosphérique, le 1.4 TCe turbo ainsi que plusieurs diesels dCi. Le 1.5 dCi constitue l’un des moteurs les plus diffusés, avec plusieurs niveaux de puissance. Les 1.9 dCi et 2.0 dCi couvrent les besoins supérieurs en couple et en performances.
Les évolutions ultérieures introduisent le 1.2 TCe et surtout le 1.6 dCi de 130 ch, associé à une recherche de baisse des consommations et des émissions. Certaines versions adoptent également la transmission EDC à double embrayage. Cette diversité mécanique rend indispensable l’identification précise du moteur, de la boîte et de l’année lorsque l’on compare deux Megane 3 d’occasion.
Le châssis des versions ordinaires repose sur une architecture relativement classique, avec jambes de force MacPherson à l’avant et essieu arrière semi-rigide. Renault privilégie ainsi un compromis entre confort, stabilité, coût industriel et encombrement. Le Coupé bénéficie de réglages plus orientés vers le dynamisme, tandis que la R.S. s’éloigne nettement de cette définition avec un train avant spécifique conçu pour mieux gérer la motricité et les remontées de couple dans la direction.
Les trois phases de la Megane 3
La première phase correspond au lancement de 2008. Elle se reconnaît à sa face avant initiale et constitue la base stylistique de toute la génération. À partir de 2012, Renault introduit une première évolution avec des retouches de calandre, d’éclairage et de présentation, accompagnées d’une modernisation de l’offre mécanique. C’est notamment à cette période que les moteurs Energy prennent davantage d’importance.
Une seconde transformation est dévoilée en septembre 2013 et apparaît commercialement sur de nombreux marchés pour 2014. La Megane adopte alors la nouvelle identité visuelle de Renault, caractérisée par un losange nettement agrandi et davantage intégré à la calandre. Berline, Estate et Coupé reçoivent une face avant harmonisée avec des projecteurs et des boucliers redessinés.
Cette chronologie explique pourquoi certaines annonces ou fiches techniques parlent d’une phase 3 de 2013, tandis que d’autres la datent de 2014. La première date correspond à la présentation de l’évolution, la seconde à sa diffusion commerciale et à son association fréquente au millésime suivant.
Mégane R.S., records et faits marquants
La Mégane III R.S. transforme profondément le Coupé. Son quatre cylindres 2.0 turbo passe par plusieurs niveaux de puissance au cours de sa carrière, de 250 ch jusqu’à 275 ch sur les versions les plus évoluées. Elle dispose notamment du train avant à pivot indépendant T.A.P.I. et peut recevoir un châssis Cup plus radical que le châssis Sport.
La réputation sportive de cette génération se construit en grande partie sur la Nordschleife du Nürburgring. En 2011, une Mégane R.S. Trophy pilotée par Laurent Hurgon boucle le tracé en 8 min 07,97 s, établissant alors une référence pour une traction de série. En 2014, la Mégane R.S. 275 Trophy-R abaisse ce temps à 7 min 54,36 s et passe sous la barre des huit minutes sur la configuration utilisée par Renault.
La Trophy-R pousse la logique d’allègement et d’efficacité encore plus loin avec une définition beaucoup plus radicale que celle d’une Megane 3 conventionnelle. Les chiffres de production publiés autour de cette série limitée varient selon le périmètre retenu, ce qui empêche d’en donner un total mondial unique sans qualification.
La Mégane III R.S. connaît aussi une visibilité institutionnelle particulière en France. Renault fournit à partir de 2010 des exemplaires destinés aux unités rapides de la Gendarmerie nationale, avec une commande annoncée de 70 voitures. Cette utilisation, associée aux performances de la Trophy et de la Trophy-R, fait de la déclinaison Renault Sport la version la plus marquante de la troisième génération sur le plan sportif.


