Lancé en 2009, le Renault Scenic 3 est la troisième génération du monospace compact de Renault. Il succède au Renault Scenic 2 et poursuit une formule devenue centrale dans la gamme du constructeur français : une voiture familiale plus compacte qu’un grand monospace, avec cinq vraies places, de nombreux rangements et un habitacle modulable. Cette génération, produite à Douai jusqu’en 2016, porte le code interne J95 dans sa version courte.
Le Scenic 3 ne doit pas être confondu avec le Grand Scenic III. Le modèle traité ici est le Scenic court à cinq places, long d’environ 4,34 m au lancement. Le Grand Scenic est plus long, possède un empattement supérieur et peut recevoir cinq ou sept places. Autre dérivé apparu plus tard, le Scenic XMOD reprend la base du Scenic court avec une présentation de crossover et un système Extended Grip, mais reste une traction avant.
Une troisième génération lancée en 2009
Renault présente le Scenic III au Salon de Genève en mars 2009, quelques mois après l’arrivée de la troisième génération de Mégane. Le Grand Scenic est commercialisé en premier au printemps, puis le Scenic court rejoint les concessions françaises en juin. Tous deux s’inscrivent dans la famille technique X95, étroitement apparentée à la Renault Megane 3.
Cette proximité permet à Renault de moderniser profondément le comportement routier du monospace tout en conservant ses principes historiques. Le Renault Scenic reste conçu autour de l’usage familial, avec trois sièges arrière individuels, une position de conduite relativement haute et un volume intérieur supérieur à celui d’une berline compacte classique.
Le modèle s’inscrit dans une lignée commencée en 1996 avec le premier Renault Scenic. À l’époque du lancement du troisième opus, le segment des monospaces compacts est devenu beaucoup plus concurrentiel. Renault cherche donc à conserver la modularité qui a fait le succès du concept tout en donnant au Scenic une présentation plus dynamique et un comportement plus proche de celui d’une berline.
La carrière évolue en plusieurs étapes. La première version est commercialisée de 2009 à 2011. Une évolution dite Collection 2012 apporte une face avant retouchée et accompagne la généralisation des moteurs Energy. En 2013, une transformation plus visible introduit le grand losange Renault au centre d’une calandre noire, ainsi que de nouveaux équipements multimédias. La production de cette génération se poursuit jusqu’en 2016, avant l’arrivée du Renault Scenic 4.
Design, habitacle et modularité
Le Scenic 3 conserve les proportions typiques d’un monospace compact, avec un pare-brise avancé, une surface vitrée importante et un pavillon haut, mais son dessin se rapproche davantage de celui de la Mégane contemporaine. La version courte mesure 4 344 mm au lancement, soit un gabarit suffisamment réduit pour un usage urbain tout en ménageant un empattement de 2 702 mm.
La première phase se reconnaît notamment à ses projecteurs étirés et à ses entrées d’air latérales. Le restylage de 2012 modifie les boucliers et les optiques, puis la version 2013 adopte l’identité visuelle Renault alors en cours de généralisation, avec un losange beaucoup plus grand placé au centre de la face avant. Les dimensions évoluent légèrement au fil des modifications de carrosserie, certaines versions tardives atteignant environ 4 366 mm de longueur.
L’habitacle constitue l’un des principaux éléments distinctifs du modèle. L’instrumentation est placée au centre de la planche de bord et utilise un écran numérique TFT couleur sur les versions équipées. Selon les niveaux de finition et les années, Renault propose notamment la navigation Carminat TomTom, une caméra de recul, un frein de stationnement électrique et, plus tard, le système multimédia R-Link.
À l’arrière, les trois sièges sont indépendants. Ils peuvent coulisser, se rabattre ou être retirés, ce qui permet de privilégier alternativement l’espace aux jambes ou le volume de chargement. Sur le Scenic court de lancement, le coffre atteint 437 dm3 avec les sièges arrière reculés et 522 dm3 lorsqu’ils sont avancés. En retirant les sièges, le volume peut approcher 1 837 dm3 jusqu’au pavillon. Renault a également multiplié les vide-poches, trappes et compartiments de rangement dans l’habitacle.
Motorisations essence et diesel
La gamme mécanique du Scenic 3 est particulièrement large. Au lancement, l’essence repose notamment sur le 1.6 16V atmosphérique de 110 ch, le 1.4 TCe turbo de 130 ch et un 2.0 atmosphérique associé notamment à une transmission CVT. Côté diesel, Renault propose plusieurs évolutions du 1.5 dCi, ainsi que les 1.9 dCi 130 et 2.0 dCi de 150 ou 160 ch.
Le 1.5 dCi constitue l’une des motorisations les plus répandues. Il existe en plusieurs niveaux de puissance, notamment 85, 95, 105 et 110 ch selon les années. Le dCi 110 peut recevoir à partir de 2010 la boîte EDC à six rapports et double embrayage, une solution qui améliore l’agrément en circulation urbaine sans recourir à la boîte automatique hydraulique du 2.0 dCi 150.
Une évolution importante intervient en 2011 avec le 1.6 Energy dCi 130. Ce quatre cylindres de 1 598 cm3 développe 130 ch et 320 Nm à 1 750 tr/min. Il remplace progressivement l’ancien 1.9 dCi de puissance comparable tout en abaissant les consommations et les émissions homologuées. Les dernières années voient également apparaître les 1.2 Energy TCe de 115 et 130 ch, moteurs essence turbocompressés à injection directe.
Les performances varient donc fortement selon la version. Les modèles les moins puissants privilégient clairement l’économie et l’usage familial, tandis que le 2.0 dCi 160 peut atteindre environ 205 km/h et passer de 0 à 100 km/h en un peu plus de neuf secondes. À l’autre extrémité de la gamme, le dCi 85 réclame plus de seize secondes pour le même exercice.
Fiche technique du Renault Scenic 3
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Architecture générale | Monospace compact 5 portes, 5 places, caisse monocoque en acier |
| Implantation | Moteur transversal avant, roues avant motrices |
| Moteurs essence principaux | 1.6 16V 1 598 cm3, injection multipoint atmosphérique, 110 ch à 6 000 tr/min, 151 Nm à 4 250 tr/min ; 1.4 TCe 1 397 cm3 turbo, 130 ch à 5 500 tr/min, 190 Nm à 2 250 tr/min ; 2.0 16V 1 997 cm3 atmosphérique, environ 140 ch, 195 Nm à 3 750 tr/min ; 1.2 Energy TCe 115 et 130 sur les versions ultérieures |
| Moteurs diesel principaux | 1.5 dCi 1 461 cm3 en 85, 95, 105 et 110 ch selon année ; 1.9 dCi 1 870 cm3, 130 ch, 300 Nm à 1 750 tr/min ; 1.6 Energy dCi 1 598 cm3, 130 ch, 320 Nm à 1 750 tr/min ; 2.0 dCi 1 995 cm3 en 150 ou 160 ch, jusqu’à 380 Nm |
| Boîtes de vitesses | Boîte manuelle 6 rapports sur la majorité des versions ; EDC 6 rapports à double embrayage sur certaines dCi 110 ; CVT avec le 2.0 essence ; automatique 6 rapports sur certains 2.0 dCi 150 |
| Suspension avant | Pseudo-MacPherson avec triangle inférieur |
| Suspension arrière | Essieu semi-rigide à torsion |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique variable ; diamètre de braquage d’environ 11,05 m sur les versions de lancement |
| Freins | Disques ventilés à l’avant de 280 ou 296 mm selon version ; disques arrière pleins d’environ 260 à 274 mm selon motorisation |
| Roues et pneus | Jantes de 15 à 18 pouces selon version ; dimensions courantes 195/65 R15, 205/60 R16 et 225/50 R17, avec autres montes selon moteur et finition |
| Longueur | 4 344 mm au lancement ; environ 4 366 mm sur certaines versions restylées |
| Largeur | 1 845 mm hors rétroviseurs ; environ 2 077 mm avec rétroviseurs déployés |
| Hauteur | Environ 1 637 mm sur la première phase ; jusqu’à environ 1 678 mm selon version tardive et configuration |
| Empattement | 2 702 à 2 703 mm |
| Voies | Environ 1 545 mm à l’avant et 1 547 mm à l’arrière sur la fiche de lancement |
| Garde au sol | Environ 120 mm en charge sur la version de lancement |
| Masse | Environ 1 362 à 1 577 kg en ordre de marche selon moteur et boîte sur la gamme initiale |
| Vitesse maximale | Environ 165 à 205 km/h selon motorisation |
| 0 à 100 km/h | Environ 9,1 à 16,4 s selon motorisation parmi les versions documentées |
| Consommation mixte homologuée | Environ 4,9 à 7,7 l/100 km sur la gamme de lancement ; jusqu’à environ 4,1 l/100 km pour certaines versions Energy dCi selon cycle NEDC |
| Emissions de CO2 | Environ 130 à 184 g/km sur les versions de lancement ; jusqu’à 105 g/km pour certaines versions Energy dCi |
| Réservoir | 60 litres |
| Aérodynamique | Cx annoncé de 0,324 sur la version de lancement ; SCx de 0,820 |
| Coffre | 437 dm3 sièges arrière reculés ; 522 dm3 sièges avancés ; jusqu’à environ 1 837 dm3 sièges arrière retirés |
| Rangements intérieurs | Environ 86 litres sur la fiche dimensionnelle du Scenic court, avec jusqu’à 92 litres annoncés par Renault selon configuration et périmètre de mesure |
| Remorquage freiné | Jusqu’à environ 1 300 kg sur les versions de lancement documentées |
Comportement routier, confort et sécurité
Le Scenic 3 cherche davantage que son prédécesseur à réduire l’écart entre monospace et berline compacte. Sa direction à assistance électrique est recalibrée, les mouvements de caisse sont mieux contenus et le train avant reprend les principes techniques de la famille Mégane III. Renault annonçait notamment un roulis de 0,40 degré dans ses données de lancement.
La philosophie reste toutefois orientée vers le confort et la stabilité plutôt que vers la conduite sportive. L’empattement relativement long, la largeur de voie importante et les suspensions calibrées pour un usage familial favorisent un comportement prévisible. Les motorisations les plus puissantes permettent des performances élevées pour un monospace, mais le modèle conserve une architecture simple à traction avant sur toute sa carrière.
La sécurité progresse également avec cette génération. Le Scenic III obtient cinq étoiles aux essais Euro NCAP de 2009. L’ABS, l’aide au freinage et différents systèmes électroniques de contrôle sont proposés selon version et millésime, tandis que l’ESP se généralise progressivement. Les équipements disponibles peuvent aussi comprendre régulateur et limiteur de vitesse, capteurs de stationnement et caméra de recul.
Production, prix et place dans la gamme Renault
Le Scenic III et le Grand Scenic III sont assemblés à l’usine Renault de Douai, dans le Nord de la France. Renault situe la production de cette génération entre 2009 et 2016. Les données industrielles publiées pour l’usine font état d’environ 488 000 Scenic III courts J95, auxquels s’ajoutent séparément les Grand Scenic et les Scenic XMOD. Cette ampleur de production explique la présence encore importante du modèle sur le marché de l’occasion.
En France, le Scenic court est annoncé à partir de 19 900 euros lors de son lancement en 2009, les versions les mieux équipées dépassant alors 30 000 euros. Les tarifs évoluent ensuite avec les finitions, les séries spéciales, les nouvelles motorisations et les restylages. Les versions Bose, les diesels puissants, les boîtes automatiques et certains niveaux d’équipement occupent le haut de la gamme.
Le Scenic III est aussi l’une des dernières générations à incarner pleinement le monospace compact traditionnel chez Renault. Le Scenic IV de 2016 adopte déjà des proportions plus proches de celles d’un crossover, avant que le nom ne change encore de registre avec le Renault Scenic E-Tech, devenu un modèle entièrement électrique. Cette évolution marque la disparition progressive de la formule du monospace compact à sièges arrière individuels qui caractérisait le Scenic 3.
