Lancée en 2002, la Renault Mégane II constitue la deuxième génération de la gamme Renault Mégane. Connue en interne sous le programme X84, elle marque une rupture nette avec sa devancière par son style très anguleux, son offre de carrosseries particulièrement large et un niveau de sécurité alors remarquable dans la catégorie des compactes. Produite sous de nombreuses formes et avec une gamme étendue de moteurs essence et diesel, elle devient rapidement l’un des modèles majeurs de Renault en Europe.
Une nouvelle génération lancée en 2002
La Mégane II est présentée au Mondial de l’Automobile de Paris en septembre 2002, quelques semaines après le démarrage de sa production à Palencia, en Espagne. Les premières versions commercialisées sont les berlines à trois et cinq portes. Elles remplacent progressivement la Renault Mégane 1, apparue au milieu des années 1990 et dont la conception plus classique ne correspond plus à la nouvelle orientation stylistique de la marque.
Le développement est mené par Renault sous le programme X84, à une période où le constructeur cherche à donner une identité plus forte à ses modèles. Sous la direction du design de Patrick Le Quément, la marque adopte des formes géométriques et des volumes inhabituels pour une compacte. La Mégane II transpose dans une voiture de grande diffusion certaines idées vues sur des modèles plus audacieux, notamment la Renault Avantime.
La gamme s’élargit rapidement. Renault propose une berline tricorps à quatre portes, un break Estate, appelé aussi Grandtour selon les marchés, ainsi qu’un Coupé-Cabriolet doté d’un toit rigide escamotable développé avec Karmann. Cette diversité oblige à distinguer les caractéristiques selon la carrosserie, car l’empattement, les dimensions, le poids et parfois les réglages techniques diffèrent sensiblement.
Le Renault Scénic 2 partage une partie de son architecture avec cette génération, mais il constitue un modèle distinct. Il ne doit pas être considéré comme une simple carrosserie supplémentaire de la Mégane II.
Un design immédiatement reconnaissable
La Mégane II se distingue surtout par l’arrière de ses versions trois et cinq portes. La lunette presque verticale domine une poupe très saillante, encadrée par des feux placés haut. Le dessin tranche radicalement avec les compactes européennes du début des années 2000 et rend la voiture identifiable au premier regard.
Les porte-à-faux courts, les passages de roues marqués, la ligne de caisse haute et les surfaces tendues renforcent cette impression de rupture. La face avant adopte des projecteurs étirés vers les ailes et une calandre relativement fine. L’ensemble s’inscrit dans le même langage esthétique que celui développé à l’époque autour de modèles comme la Renault Vel Satis, mais dans un format beaucoup plus diffusé.
Les autres carrosseries conservent cette identité tout en modifiant fortement les proportions. L’Estate allonge son empattement et son porte-à-faux arrière pour privilégier le volume utile. La berline quatre portes adopte un coffre séparé, particulièrement destiné à certains marchés internationaux. Le Coupé-Cabriolet reçoit pour sa part une silhouette spécifique et un toit métallique escamotable, ce qui entraîne une structure renforcée et une masse supérieure.
Un restylage intervient pour l’année-modèle 2006. La Phase 2 se reconnaît principalement à ses projecteurs redessinés, à une calandre plus pointue, à une prise d’air avant retravaillée et à plusieurs modifications de détails à l’arrière. Les changements sont suffisamment visibles pour distinguer les deux phases sans remettre en cause l’architecture générale.
Fiche technique de la Renault Megane 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Type | Compacte du segment C, 3 portes, 5 portes, berline 4 portes, break Estate/Grandtour et Coupé-Cabriolet |
| Architecture moteur | 4 cylindres en ligne essence ou diesel |
| Implantation | Moteur transversal avant |
| Transmission | Traction avant |
| Boîtes de vitesses | Manuelles à 5 ou 6 rapports selon moteur, automatiques à 4 rapports sur certaines versions |
| Moteurs essence principaux | 1.4 16V 1 390 cm3, 1.6 16V 1 598 cm3, 2.0 16V 1 998 cm3, 2.0 Turbo 1 998 cm3 |
| Puissances essence | Environ 98 ch à 230 ch selon version, marché et millésime |
| Moteurs diesel principaux | 1.5 dCi 1 461 cm3, 1.9 dCi 1 870 cm3, 2.0 dCi 1 995 cm3 |
| Puissances diesel | Environ 80 ch à 175 ch selon version et millésime |
| Couple 2.0 dCi 150 | 340 Nm à 2 000 tr/min |
| Structure | Coque monocoque en acier |
| Suspension avant | Type pseudo-McPherson sur les versions classiques, géométrie spécifique sur les Renault Sport |
| Suspension arrière | Essieu à déformation avec ressorts hélicoïdaux |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique variable |
| Freins | Disques avant ventilés, dimensions variables selon version; Renault Sport: 312 mm ventilés à l’avant et 300 mm à l’arrière |
| Pneumatiques | Montes variables de 15 à 18 pouces; exemple 205/55 R16 sur certaines 1.9 dCi et 225/40 R18 sur Mégane Renault Sport |
| Longueur 3/5 portes | Environ 4,21 m |
| Largeur 3/5 portes | Environ 1,78 m |
| Hauteur 3/5 portes | Environ 1,46 m |
| Empattement 3/5 portes | Environ 2,63 m |
| Longueur Estate/Grandtour | Environ 4,50 m |
| Empattement Estate/Grandtour | Environ 2,69 m |
| Voies 5 portes | Environ 1,510 m à l’avant et 1,506 m à l’arrière sur une configuration documentée |
| Poids | Variable selon carrosserie et moteur; exemple 1 345 kg à vide pour une 5 portes 1.9 dCi 130 |
| 0 à 100 km/h | 8,7 s pour une 3/5 portes 2.0 dCi 150; 6,5 s pour la Mégane Renault Sport 225 |
| Vitesse maximale | 200 km/h pour certaines 1.9 dCi 130; 236 km/h pour la Mégane Renault Sport 225 |
| Consommation normalisée | 5,4 l/100 km pour le 2.0 dCi 150; 4,6 l/100 km annoncés pour certaines 1.5 dCi 80; 8,8 l/100 km pour la Renault Sport 225 |
| Réservoir | 60 litres sur plusieurs versions 5 portes et Estate |
| Sécurité | 5 étoiles Euro NCAP obtenues en 2002 |
Une gamme de moteurs particulièrement étendue
La carrière de la Mégane II couvre une période où le diesel représente une part essentielle du marché français. Renault décline donc largement son 1.5 dCi, proposé dans plusieurs niveaux de puissance allant d’environ 80 à 106 ch. Le 1.9 dCi occupe le niveau supérieur avec notamment des versions de 120 puis 130 ch. À partir de la Phase 2, le 2.0 dCi de 150 ch apporte davantage de couple et des performances nettement supérieures.
L’offre essence s’étend du 1.4 16V d’environ 98 ch au 2.0 Turbo. Entre les deux prennent place le 1.6 16V, particulièrement répandu, et le 2.0 atmosphérique. Les puissances peuvent varier légèrement d’un catalogue à l’autre en fonction du marché, du millésime ou de la conversion entre kW et différentes normes de chevaux.
Sur les versions classiques, Renault privilégie une architecture simple avec moteur transversal, traction avant et suspension arrière à essieu déformable. La direction assistée électriquement contribue à réduire l’effort en ville tout en adaptant l’assistance avec la vitesse. Les variantes les plus puissantes reçoivent des freins, des pneumatiques et des réglages de châssis spécifiques.
Mégane Renault Sport, R26 et R26.R
La version Renault Sport apparaît en 2004 avec un quatre cylindres 2.0 Turbo développant environ 225 ch. Elle ne se contente pas d’une augmentation de puissance: le train avant est profondément retravaillé, les freins sont renforcés et la liaison au sol reçoit des réglages spécifiques. Cette Mégane R.S. atteint 100 km/h en 6,5 secondes et peut atteindre environ 236 km/h dans sa configuration initiale.
Renault poursuit ensuite le développement avec la F1 Team R26, portée à environ 230 ch et dotée d’un châssis plus incisif. La R26.R de 2008 va nettement plus loin. Allégée et radicalisée, elle est limitée à 450 exemplaires. Le 23 juin 2008, elle réalise un tour de la Nordschleife du Nürburgring en 8 min 17,54 s avec Vincent Bayle au volant, établissant alors une référence pour une voiture de série à traction avant.
Il ne faut pas confondre ces versions routières avec la Mégane Trophy V6 engagée en compétition. Malgré une silhouette inspirée de la Mégane II, la Trophy est une voiture de course spécifique dont l’architecture ne correspond pas à celle de la compacte de série.
Production, sécurité et fin de carrière
La Mégane II connaît un démarrage commercial rapide. Renault annonce avoir franchi le cap du million d’exemplaires environ vingt mois après son lancement. En juillet 2006, le site espagnol de Palencia produit à lui seul sa millionième Mégane II, alors que plus de 1,6 million d’exemplaires ont déjà été assemblés dans les différents sites du groupe.
La production européenne est répartie entre plusieurs usines. Palencia joue un rôle central pour les berlines, Douai assemble notamment le Coupé-Cabriolet et Dieppe prend en charge les versions Renault Sport. Bursa, en Turquie, produit en particulier la berline quatre portes. Des fabrications existent également hors d’Europe, notamment au Brésil et en Iran, ce qui explique que la fin de carrière mondiale soit plus tardive que le remplacement du modèle sur les principaux marchés européens.
La sécurité constitue également l’un des faits marquants de cette génération. En novembre 2002, la Mégane II obtient cinq étoiles aux essais Euro NCAP, une performance alors particulièrement importante pour une compacte. Selon les versions et les équipements, elle peut disposer de nombreux airbags, de l’ABS avec répartition électronique du freinage, de l’aide au freinage d’urgence et de l’ESP. La carte d’accès et de démarrage mains libres fait aussi partie des équipements marquants proposés sur certaines finitions.
À partir de 2008, la Renault Mégane 3 prend progressivement le relais en Europe. Certaines variantes de la deuxième génération restent toutefois commercialisées ou produites plus longtemps selon les pays et les carrosseries. La berline tricorps disparaît ensuite au profit d’une offre différente sur plusieurs marchés, rôle qu’occupera notamment la Renault Fluence.
