Ferrari 625 LM

Ferrari 625 LM

La Ferrari 625 LM est un prototype de compétition conçu en 1956 pour répondre à un objectif précis : permettre à Ferrari de participer aux 24 Heures du Mans malgré la nouvelle limitation de cylindrée imposée aux voitures de sport prototypes. Produite à seulement trois exemplaires, cette barchetta à moteur quatre cylindres a connu une carrière officielle très courte, mais elle a obtenu une troisième place au classement général du Mans dès son unique engagement par l’usine.

Une Ferrari créée pour les 24 Heures du Mans 1956

La naissance de la 625 LM est directement liée à l’évolution du règlement des 24 Heures du Mans. Après le grave accident survenu pendant l’édition 1955, les organisateurs limitent à 2 500 cm³ la cylindrée des prototypes engagés en 1956. Ferrari doit alors préparer rapidement une voiture adaptée à cette nouvelle contrainte.

Le constructeur italien part de la 500 Testa Rossa, une barchetta initialement équipée d’un moteur de 2 litres. Ce modèle, présenté sur le site sous le nom de Ferrari 500 TR, fournit à la 625 LM une grande partie de son architecture générale, notamment son châssis tubulaire et son moteur quatre cylindres installé longitudinalement à l’avant.

Pour atteindre la limite réglementaire, Ferrari augmente la cylindrée du quatre cylindres jusqu’à 2 498,32 cm³. L’alimentation est également adaptée afin d’obtenir les performances nécessaires à une épreuve d’endurance rapide comme Le Mans. La 625 LM apparaît ainsi moins comme un programme entièrement nouveau que comme une évolution ciblée, réalisée pour respecter un règlement particulier sans repartir d’une feuille blanche.

Pourquoi porte-t-elle le nom 625 LM ?

La désignation du modèle résume ses principales caractéristiques. Le nombre « 625 » correspond à la cylindrée unitaire arrondie du moteur. Avec quatre cylindres et une cylindrée totale de 2 498,32 cm³, chaque cylindre affiche précisément 624,58 cm³.

Cette méthode de dénomination est caractéristique de plusieurs Ferrari de compétition de cette période. Elle permet notamment de rapprocher la 625 LM de la Ferrari 625 TF, autre modèle portant une appellation fondée sur la cylindrée de chacun de ses quatre cylindres.

Les lettres « LM » font référence au Mans, épreuve pour laquelle la voiture a été développée. Ferrari réutilisera cette association sur d’autres modèles destinés ou étroitement liés à la classique mancelle, même si ces voitures peuvent être très différentes sur les plans technique et chronologique.

Un moteur quatre cylindres de 2,5 litres

La Ferrari 625 LM reçoit un quatre cylindres en ligne atmosphérique de 2 498,32 cm³. Son alésage est de 94 mm et sa course de 90 mm, pour un taux de compression de 9:1. Installé à l’avant, le moteur est associé à une boîte manuelle à quatre rapports.

La puissance annoncée atteint 220 ch à 6 200 tr/min, soit 162 kW. L’alimentation repose sur deux carburateurs Weber 42 DCO/A. Le moteur dispose également d’un double allumage, avec deux bougies par cylindre, ainsi que d’une lubrification par carter sec, une solution adaptée aux contraintes prolongées de la compétition.

Le choix d’un quatre cylindres peut surprendre sur une Ferrari de course, la marque étant souvent associée à ses moteurs V12. Il répond pourtant à une logique concrète. Ferrari dispose déjà d’une mécanique légère, compacte et éprouvée sur la 500 Testa Rossa, qu’il est possible de porter à près de 2,5 litres dans le temps limité précédant Le Mans.

Une barchetta légère dessinée pour l’endurance

La 625 LM repose sur un châssis tubulaire en acier et reçoit une carrosserie ouverte de type spider biplace. Les trois exemplaires préparés pour Le Mans sont habillés par Touring selon le principe Superleggera, qui associe une structure légère à des panneaux de carrosserie fins.

Le poids à sec annoncé est de seulement 730 kg. Associée aux 220 ch du quatre cylindres, cette masse contenue permet à Ferrari d’annoncer une vitesse maximale de 250 km/h. L’empattement mesure 2 250 mm, tandis que le freinage reste assuré par des tambours, une solution encore courante sur les voitures de compétition du milieu des années 1950.

Le réservoir peut contenir 140 litres de carburant. Cette capacité importante est cohérente avec l’utilisation de la voiture en endurance, où l’autonomie et la fréquence des ravitaillements influencent directement la stratégie de course.

  • Moteur : quatre cylindres en ligne atmosphérique
  • Cylindrée : 2 498,32 cm³
  • Puissance : 220 ch à 6 200 tr/min
  • Boîte de vitesses : manuelle à quatre rapports
  • Poids à sec : 730 kg
  • Empattement : 2 250 mm
  • Vitesse maximale annoncée : 250 km/h
  • Capacité du réservoir : 140 litres

Trois exemplaires préparés par Ferrari

La production de la 625 LM se limite à trois voitures. Elles correspondent aux châssis 0632 MDTR, 0642 MDTR et 0644 MDTR, tous engagés par Ferrari aux 24 Heures du Mans 1956. Cette quantité extrêmement réduite s’explique par la nature même du projet : la voiture répond à une réglementation précise et à une seule échéance sportive majeure.

Les 625 LM proviennent de 500 Testa Rossa initialement dotées d’un moteur de 2 litres. Elles sont transformées pour recevoir le quatre cylindres de 2,5 litres et la carrosserie Touring spécifique. Cette origine explique pourquoi certaines sources et archives associent encore leurs numéros de châssis au suffixe MDTR, lié à la famille Testa Rossa.

La rareté du modèle ne résulte donc pas d’une série routière volontairement exclusive. Elle est la conséquence d’un développement de compétition mené dans un délai court, pour une catégorie et une édition particulières des 24 Heures du Mans.

Le résultat des Ferrari 625 LM au Mans 1956

Les trois voitures prennent le départ des 24 Heures du Mans les 28 et 29 juillet 1956. Deux d’entre elles ne terminent pas l’épreuve. Le châssis 0632 MDTR abandonne à la suite d’un problème affectant le train arrière, tandis que le châssis 0642 MDTR est éliminé après un accident.

La troisième 625 LM, portant le numéro de châssis 0644 MDTR, est confiée à Olivier Gendebien et Maurice Trintignant. Elle franchit l’arrivée à la troisième place du classement général et termine deuxième de sa catégorie. Pour une voiture développée rapidement afin de s’adapter à un nouveau règlement, ce résultat constitue une performance notable.

La victoire revient à la Jaguar D-Type de Ninian Sanderson et Ron Flockhart, devant l’Aston Martin DB3S de Stirling Moss et Peter Collins. La Ferrari de Gendebien et Trintignant complète le podium après avoir couvert plus de 3 900 kilomètres au cours de l’épreuve.

Ferrari n’engage ensuite plus officiellement la 625 LM. Sa carrière d’usine se résume donc à cette seule participation au Mans, conclue par un podium général. Peu de modèles de compétition peuvent associer une existence aussi brève à un résultat aussi immédiatement significatif.

Une place particulière parmi les Ferrari LM

La 625 LM ne doit pas être confondue avec la Ferrari 735 LM, prototype à moteur de plus forte cylindrée apparu l’année précédente. Si les deux modèles utilisent le suffixe LM, leur mécanique, leur conception et le contexte réglementaire de leur engagement diffèrent sensiblement.

Elle précède également des Ferrari plus célèbres ayant adopté la même référence au Mans. La Ferrari 250 LM, apparue dans les années 1960, repose par exemple sur une architecture à moteur central et appartient à une autre génération de voitures de sport. La continuité se trouve essentiellement dans la vocation sportive suggérée par le nom.

La Ferrari 330 LM illustre elle aussi l’utilisation ultérieure de ces deux lettres sur des modèles destinés aux grandes épreuves d’endurance. La 625 LM demeure toutefois un cas singulier : celui d’une Ferrari conçue presque exclusivement pour répondre au règlement du Mans 1956, produite à trois exemplaires et retirée de la compétition officielle après avoir obtenu la troisième place dès sa première sortie.