Présentation et contexte
La Ferrari 248 SP est un prototype de compétition présenté en 1962 lors de la conférence de presse annuelle de Maranello. Elle appartient à la famille des prototypes SP conçus pour les épreuves d’endurance, avec une architecture à moteur central arrière et une carrosserie de spider biplace réalisée par Carrozzeria Fantuzzi.
Destinée à courir dans la catégorie intermédiaire, elle reçoit un tout nouveau moteur V8 inédit chez Ferrari pour un prototype sportif. L’esthétique adopte un museau très bas, une double entrée d’air frontale et un pare brise raccourci, conformément aux nouvelles exigences de la FIA.
Production et rareté
La Ferrari 248 SP fait partie des Ferrari de compétition les plus rares. Seules deux voitures sont produites, portant les numéros de châssis 0798 et 0806. Les deux reposent sur le châssis tubulaire type 561 à empattement de 2 320 mm, commun aux autres prototypes SP de la même période.
Le châssis 0798 est présenté à la presse mais n’est jamais engagé en course sous cette forme. Avant ses débuts, il est réalésé et converti en 268 SP. Le châssis 0806 est le seul à courir en spécification 248 SP, notamment aux 12 Heures de Sebring 1962 sous les couleurs du NART, où il termine treizième au général et troisième de classe. Il est lui aussi converti ensuite en 268 SP.
Il n’existe donc plus aujourd’hui de 248 SP strictement d’origine, les deux châssis survivant sous forme de 268 SP restaurées.
Le moteur V8 tipo 199
La 248 SP inaugure le premier V8 de sport prototype développé par Ferrari, une mécanique compacte et très poussée qui dérive d’un programme routier avorté. Ce moteur est installé en position centrale arrière longitudinale et travaille avec une boîte transaxle à cinq rapports.
- Type : V8 à 90 degrés en position centrale arrière
- Dénomination : tipo 199
- Cylindrée totale : 2 458,70 cm³
- Alésage et course : 77 mm et 66 mm
- Taux de compression : 9,8 pour 1
- Distribution : un arbre à cames en tête par banc avec deux soupapes par cylindre
- Alimentation : quatre carburateurs Weber 40 IF2C
- Lubrification : carter sec
- Allumage : une bougie par cylindre
- Puissance maximale : environ 250 chevaux à 7 400 tr par minute
- Transmission : boîte manuelle cinq rapports en transaxle avec différentiel autobloquant
Grâce à ce moteur, la 248 SP atteint une vitesse de pointe annoncée d’environ 290 km par heure et réalise des accélérations de l’ordre de quelques secondes de zéro à cent, selon les rapports utilisés en compétition.
Châssis et trains roulants
Le châssis tubulaire type 561 est constitué d’un treillis en acier alliant rigidité et légèreté. Les suspensions sont entièrement indépendantes, avec triangles superposés, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques. Les freins sont à disque aux quatre roues, les freins arrière étant montés en interne sur le transaxle afin de réduire les masses non suspendues. La direction à crémaillère apporte précision et réactivité.
Les pneus de course sont montés sur des jantes de quinze pouces, avec des dimensions d’environ 5,25 à l’avant et 6,50 à l’arrière, offrant une empreinte au sol efficace sans excès de traînée.
Dimensions, poids et performances
La Ferrari 248 SP est compacte, très basse et conçue pour la stabilité à grande vitesse. Les valeurs issues de la fiche technique Ferrari confirment une optimisation poussée de l’aérodynamique et du rapport poids puissance.
- Carrosserie : spider biplace
- Longueur : 4 060 mm
- Largeur : 1 480 mm
- Hauteur : 970 mm
- Empattement : 2 320 mm
- Poids à sec : environ 640 kilogrammes
- Vitesse maximale : environ 290 kilomètres par heure
Certaines sources généralistes mentionnent un poids supérieur, mais la documentation d’usine et les travaux historiques spécialisés confirment la valeur voisine de 640 kilogrammes, ce qui explique les performances très élevées observées en piste.
Style Fantuzzi et aérodynamique
Le travail de Medardo Fantuzzi se traduit par une ligne très pure, avec une face avant dotée de deux prises d’air centrales et de petites ouvertures destinées au refroidissement des freins. Le pare brise est très bas et enveloppant, la poupe est abaissée par rapport aux 246 SP précédentes et percée d’ouïes d’extraction. L’ensemble est pensé pour offrir stabilité et efficacité sur les grandes lignes droites des circuits d’endurance.
Carrière sportive
Le châssis 0798 reste un démonstrateur technique et ne prend jamais le départ d’une course sous le nom 248 SP, étant converti rapidement en 268 SP. Le châssis 0806 court aux 12 Heures de Sebring 1962 pour le NART avec Peter Ryan et John Fulp et obtient une treizième place au général assortie d’une troisième place de classe. À la suite de cette apparition, il reçoit lui aussi une évolution de cylindrée et poursuit sa carrière en spécification 268 SP.
Au delà de cette brève période, l’appellation 248 SP disparaît. Le modèle sert de marche intermédiaire vers les 268 SP et annonce la lignée des prototypes à moteur central qui mèneront aux célèbres 250 P et 330 P.
Prix d’époque et valeur actuelle
En tant que prototype d’usine, la 248 SP ne figure pas dans un catalogue commercial et ne dispose d’aucun prix officiel public. Les rares transactions d’époque concernent surtout des voitures converties et cédées à des équipes proches de Ferrari dans un cadre confidentiel.












