Lancé en 1993, le Ssangyong Musso est un tout-terrain familial coréen à cinq portes. Sa silhouette singulière, son châssis séparé et ses motorisations développées dans le cadre de la coopération avec Mercedes-Benz le distinguent des SUV qui privilégient avant tout la conduite sur route. Le nom Musso a ensuite été repris pour des pick-up : le modèle présenté ici est le SUV de première génération, produit jusqu’en 2005.
Un nouveau tout-terrain familial pour Ssangyong
Au début des années 1990, Ssangyong veut compléter sa gamme de véhicules tout-terrain par un modèle plus spacieux et mieux adapté aux trajets familiaux. Le constructeur dispose déjà d’une expérience dans ce domaine, illustrée notamment par le Ssangyong Family. Avec le Musso, il propose un véhicule plus ambitieux par sa présentation et par le choix de ses moteurs.
Ce développement s’inscrit dans le rapprochement entre Ssangyong et Mercedes-Benz. Un premier accord stratégique est conclu en 1991 pour les véhicules utilitaires légers, puis la coopération s’étend à d’autres domaines techniques. Le Musso utilise des motorisations produites sous licence Mercedes-Benz. Cette origine explique une partie de sa réputation, mais ne fait pas du véhicule un Mercedes simplement rebadgé : sa carrosserie, sa place dans la gamme et sa commercialisation sont celles d’un modèle Ssangyong.
Selon la chronologie publiée par la marque, la production du Musso commence en juillet 1993. Il est présenté en Allemagne au salon de Francfort la même année. Son arrivée commerciale ne se fait toutefois pas partout au même moment : les premières versions répertoriées dans la gamme française par L’argus datent d’octobre 1994. L’année 1993 reste donc celle du lancement du modèle, tandis que 1994 correspond au début de sa commercialisation sur certains marchés européens.
Le Musso occupe une place distincte de celle du Ssangyong Korando 2 : le Korando contemporain est un tout-terrain plus court à trois portes, alors que le Musso offre cinq portes et un habitacle davantage orienté vers les passagers. Les deux véhicules se rapprochent par leur vocation et certaines solutions techniques, sans constituer deux carrosseries d’un même modèle.
Une silhouette reconnaissable et une construction de tout-terrain
Le dessin du Musso est généralement attribué à Ken Greenley. Il s’éloigne des lignes rectilignes habituelles sur les tout-terrains de son époque : le capot plongeant rejoint une face avant basse, tandis que le pavillon étiré et les surfaces vitrées donnent à la partie arrière un profil de grand break. Cette association permet de reconnaître le SUV historique au premier regard, même si sa face avant change au cours de sa carrière.
Sous la carrosserie, le Musso conserve une construction à châssis séparé. Le moteur est installé longitudinalement à l’avant ; la suspension avant est indépendante et l’arrière repose sur un essieu rigide. Cette architecture répond à sa vocation de véhicule familial capable de circuler hors des routes revêtues. Elle se distingue de celle des SUV à carrosserie autoporteuse qui se généraliseront par la suite.
Les dimensions usuelles du SUV sont d’environ 4,64 m de long, 1,91 m de large et 1,74 m de haut, pour un empattement de 2,63 m. La gamme comprend des configurations à cinq places et, sur certains marchés, des versions à sept places. Le choix de la finition et de la motorisation a une incidence sur l’équipement, la masse et les capacités homologuées : les chiffres d’une version ne décrivent pas nécessairement toutes les autres.
Des diesels utilitaires au six cylindres essence
La diversité des motorisations est l’un des traits importants du Musso. Les versions diesel comprennent notamment un cinq cylindres de 2 874 cm³, proposé sans turbo ou avec suralimentation. Dans les fiches françaises consultées, le 2.9 atmosphérique développe 100 ch et le 2.9 TD atteint 120 ch à 4 000 tr/min. Des fiches établies pour d’autres versions donnent une puissance différente au diesel atmosphérique ; il faut donc rattacher tout chiffre de puissance à un millésime et à un marché précis.
La gamme a aussi accueilli un quatre cylindres diesel de 2,3 litres et plusieurs moteurs essence selon les pays. En France, lors de la période de commercialisation sous marque Daewoo, la presse automobile décrit notamment un 2.3 turbodiesel de 101 ch et un six cylindres essence de 3,2 litres donné pour 219 ch. Ces moteurs n’ont pas tous été proposés dès l’apparition du Musso en 1993.
Les différences ne concernent pas seulement les performances. Dans la gamme décrite en France en 2000, les diesels disposent de quatre roues motrices enclenchables et d’une gamme courte. Le conducteur peut sélectionner les quatre roues motrices en gamme longue depuis une commande au tableau de bord, tandis que le passage en gamme courte impose l’arrêt du véhicule. Le 3.2 essence présenté à la même période reçoit pour sa part une transmission intégrale permanente à répartition électronique du couple, associée à une boîte automatique à quatre rapports. Cette distinction empêche de résumer la transmission de tous les Musso par une formule unique.
Fiche technique du Ssangyong Musso
| Caractéristique | Données du SUV de première génération |
|---|---|
| Production | 1993 à 2005 |
| Carrosserie | Tout-terrain familial fermé, cinq portes ; cinq places ou sept places selon version |
| Structure | Carrosserie sur châssis séparé |
| Implantation du moteur | Avant longitudinale |
| Diesel 2.9 atmosphérique | Cinq cylindres en ligne, 2 874 cm³, injection indirecte ; 100 ch dans une fiche française, autres puissances selon version et marché |
| Diesel 2.9 TD | Cinq cylindres en ligne, 2 874 cm³, turbo et injection indirecte ; 120 ch à 4 000 tr/min et 256 Nm dans une fiche française |
| Autres motorisations documentées | Notamment 2.3 turbodiesel de 101 ch et 3.2 essence six cylindres de 219 ch dans la gamme française décrite en 2000 |
| Boîtes de vitesses | Manuelle selon version ; automatique à quatre rapports notamment sur le 3.2 décrit en 2000 |
| Transmission | Quatre roues motrices enclenchables avec gamme courte sur les diesels décrits en 2000 ; transmission intégrale permanente sur le 3.2 de cette gamme |
| Suspensions | Avant indépendant à doubles triangles ; essieu rigide arrière |
| Longueur | Environ 4 640 mm |
| Largeur | Environ 1 905 mm |
| Hauteur | Environ 1 735 mm |
| Empattement | 2 630 mm |
| Réservoir | 80 l sur les versions françaises 2.9 D et 2.9 TD documentées |
| Vitesse maximale | 145 km/h pour le 2.9 D d’une fiche française ; variable selon motorisation |
| Remorquage freiné | 2 800 kg pour le 2.9 D sept places d’une fiche française ; valeur propre à cette homologation |
Restylages, appellations et fin de carrière
Le Musso évolue visuellement pendant sa longue carrière. Le changement le plus facile à repérer concerne la face avant des véhicules vendus sous la marque Daewoo après la reprise de Ssangyong : une calandre propre à Daewoo, de nouveaux projecteurs et des antibrouillards intégrés modifient son apparence. Le badge et les éléments de face sont donc essentiels pour dater correctement une photographie ; un Daewoo Musso de 2000 ne représente pas fidèlement le Ssangyong présenté en 1993.
La période Daewoo s’accompagne aussi de différences d’équipement entre les versions. Dans la gamme française décrite en 2000, la finition associée au 2.9 TD comprend notamment la climatisation et l’ABS. Le 3.2 reçoit un équipement plus fourni et une suspension pilotée proposant des réglages normal et sport. Ces dispositifs caractérisent les versions concernées, sans être généralisables à tous les Musso produits depuis le lancement.
Un autre changement de carrosserie intervient avec le Ssangyong Musso Sports. Ce dérivé à double cabine et benne extérieure reprend le nom Musso, mais il ne remplace pas le SUV cinq portes dans sa définition : sa silhouette, son usage et certaines données d’homologation lui sont propres. Le pick-up commercialisé à partir de 2018 sous le nom Musso appartient, lui aussi, à une lignée bien plus récente.
Le SUV historique achève sa production vers 2005. Entre-temps, le Ssangyong Rexton a rejoint la gamme comme grand SUV de la marque. Selon les marchés, leurs périodes de vente se chevauchent : présenter le Rexton comme le successeur immédiat et universel du Musso effacerait cette coexistence.




