Ssangyong Korando 2

Ssangyong Korando 2

Lancé en Corée du Sud en 1996, le Ssangyong Korando 2 est la deuxième génération du Korando, connue sous le code KJ. Ce trois portes conserve une architecture de véritable tout-terrain, avec un châssis séparé, une boîte de transfert et une gamme courte sur les versions 4×4. Sa silhouette arrondie lui donne pourtant une identité bien différente des 4×4 anguleux auxquels il succède.

Le nom « Korando 2 » prête à confusion : certaines annonces françaises l’emploient pour le SUV apparu en 2010. Le modèle traité ici est celui produit de 1996 à 2006, identifiable notamment à sa carrosserie trois portes et à ses projecteurs ronds. Il a aussi été vendu sous le badge Daewoo sur certains marchés.

Un nouveau Korando aux côtés du Musso

Le KJ renouvelle la lignée du Ssangyong Korando, dont le précédent représentant reprenait les codes de la Jeep CJ. Présenté en juillet 1996 selon la chronologie de la marque, il rejoint une gamme où figure déjà le Ssangyong Musso. Les deux véhicules partagent une conception apparentée, mais le Korando adopte un empattement plus court et une carrosserie trois portes.

Ce positionnement répond à un usage double. Le Korando doit pouvoir circuler sur route avec davantage d’agrément qu’un 4×4 ancien, tout en conservant les organes attendus pour quitter l’asphalte. Son châssis à échelle, sa transmission enclenchable et ses suspensions conçues pour supporter un usage hors route comptent davantage dans sa définition que son allure de véhicule de loisirs.

La diffusion varie selon les pays. Le Korando arrive sur plusieurs marchés européens à partir de 1997, avec des moteurs et des équipements qui ne sont pas nécessairement identiques à ceux proposés en Corée. La période Daewoo ajoute une autre source de confusion : un Korando portant ce badge peut appartenir à la même génération KJ. Il faut donc identifier un exemplaire par sa carrosserie, son année et sa motorisation, et pas seulement par l’emblème de calandre.

Un dessin original sur une base de tout-terrain

Attribué au designer britannique Ken Greenley, le dessin du Korando 2 associe un capot haut, des ailes très dessinées et une face aux projecteurs circulaires. Le pare-brise relativement droit et la caisse surélevée rappellent sa vocation de 4×4, tandis que les volumes arrondis l’éloignent de la silhouette du Korando précédent. Cette combinaison donne au KJ un aspect immédiatement reconnaissable, sans masquer sa conception mécanique traditionnelle.

La carrosserie fermée est la plus couramment rencontrée, mais une déclinaison découvrable a également été proposée selon les marchés. Le changement de toit modifie la présentation et le poids du véhicule : les caractéristiques d’une version à toit rigide ne s’appliquent pas automatiquement à une version ouverte.

Le gabarit explique aussi la place du Korando dans la gamme. Son empattement de 2,48 m le rend plus compact que le Musso, sans en faire un petit véhicule urbain : la longueur de référence atteint 4,33 m. La position de conduite haute, les larges ailes et les pneus de grand diamètre participent à son caractère, mais ses dimensions et son poids restent ceux d’un 4×4 à châssis séparé.

Fiche technique du Ssangyong Korando 2

CaractéristiqueDonnées documentées
Génération et productionKorando II, type KJ ; lancement en 1996, fin de production en 2006
CarrosserieTout-terrain trois portes ; toit rigide ou version découvrable selon marché
Structure et implantationChâssis séparé de type échelle ; moteur longitudinal avant
2.3 DDiesel atmosphérique, quatre cylindres en ligne, 2 299 cm³, environ 80 ch selon version
2.3 TDTurbodiesel, quatre cylindres en ligne, 2 299 cm³, 100 ch sur une fiche française ; 101 ch dans certains catalogues
2.9 DDiesel atmosphérique, cinq cylindres en ligne, 2 874 cm³ ; puissance variable selon marché et homologation, notamment 95 ch dans un catalogue technique
2.9 TDTurbodiesel, cinq cylindres en ligne, 2 874 cm³, jusqu’à 120 ch dans les fiches consultées
2.3 essenceQuatre cylindres en ligne, 2 295 cm³, environ 140 ch selon version
3.2 essenceSix cylindres en ligne, 3 199 cm³ ; versions répertoriées à 210 ou 220 ch
BoîtesManuelle à cinq rapports ou automatique selon moteur, année et marché
TransmissionTransmission 4×4 avec pont avant enclenchable et gamme courte sur les configurations documentées
Suspension avantRoues indépendantes, bras supérieurs et inférieurs, barres de torsion et amortisseurs
Suspension arrièreEssieu rigide, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs
DirectionÀ crémaillère selon le manuel d’atelier
FreinageDisques ventilés à l’avant ; équipement arrière à vérifier selon version
Roues et pneusJantes 7JJ × 15 ; dimensions documentées comprenant 235/75 R15 et 255/70 R15
Longueur, largeur, hauteur4 330 × 1 841 × 1 840 mm dans le manuel d’atelier Daewoo ; certaines fiches publient une autre hauteur
Empattement et voies2 480 mm ; voies avant et arrière de 1 510 et 1 520 mm dans le manuel d’atelier
Poids à videVariable selon configuration ; des fiches de versions indiquent notamment 1 740 kg pour un 2.3 D et 1 815 kg pour un Daewoo 2.9 TD
Vitesse maximaleEnviron 130 km/h pour le 2.3 D 80 ch ; jusqu’à 170 à 182 km/h pour certaines versions 3.2 essence, selon boîte et fiche
Réservoir70 l sur la fiche française du 2.3 TD consultée

Des moteurs très différents derrière le même nom

La gamme mécanique est trop étendue pour résumer le Korando 2 par une seule puissance. Le 2.3 D atmosphérique privilégie une mécanique simple et délivre des performances modestes. Le 2.3 TD et les cinq cylindres 2.9 répondent à d’autres besoins, notamment lorsqu’il faut déplacer un véhicule lourd ou tracter. Les versions essence 2.3 et surtout 3.2 changent nettement le caractère sur route, au prix d’une consommation propre à leur architecture.

Les différences ne se limitent pas au carburant. Une boîte automatique, un toit découvrable, une finition plus équipée ou une homologation destinée à un autre pays peuvent modifier le poids et les performances annoncées. Les appellations des moteurs et leurs puissances doivent donc rester attachées à une version identifiée. Le 3.2 essence, par exemple, apparaît à 210 ou 220 ch dans les catalogues consultés ; il ne s’agit pas d’une puissance unique à attribuer à tous les KJ équipés de ce six cylindres.

La fiche française d’un 2.3 TD mentionne une capacité de remorquage freiné de 2 800 kg. C’est une donnée utile pour comprendre la vocation du modèle, mais elle correspond à une homologation précise. Pour un véhicule particulier, la masse tractable inscrite sur ses documents d’immatriculation reste la référence à consulter.

Une carrière qui s’achève en 2006

Le Korando KJ traverse une période mouvementée pour son constructeur. Au fil de sa carrière, le badge Daewoo apparaît sur certains marchés, puis le nom SsangYong reste associé au modèle jusqu’à la fin de sa production en 2006. Les dates de vente et les compositions de gamme diffèrent d’un pays à l’autre : une année de lancement européenne ne remplace donc pas l’année de première présentation du véhicule en 1996.

Au milieu des années 2000, l’offre de SsangYong évolue avec d’autres 4×4 et SUV, dont le Ssangyong Actyon. Celui-ci appartient au contexte de renouvellement de la gamme, sans qu’il faille le désigner comme le successeur direct et universel du Korando KJ. Le nom Korando sera repris quelques années plus tard pour un crossover cinq portes de conception différente.