Lancé en Corée du Sud en 2001, le Ssangyong Rexton est un grand SUV conçu pour réunir sept places possibles, une présentation plus cossue que celle des 4×4 traditionnels et de réelles aptitudes hors route. Il devient le modèle haut de gamme de Ssangyong. Sa carrosserie dessinée par Italdesign repose sur un châssis séparé, tandis que ses premières motorisations européennes sont issues de la coopération du constructeur coréen avec Mercedes-Benz.
Un nouveau haut de gamme pour Ssangyong
Au début des années 2000, Ssangyong dispose déjà d’une expérience des véhicules tout-terrain. Le Ssangyong Musso occupait jusque-là une place centrale parmi ses grands 4×4. Avec le Rexton, la marque conserve une construction robuste tout en recherchant une silhouette et un habitacle mieux adaptés à un usage familial. Le nouveau modèle ne met pas immédiatement fin à la carrière du Musso : il prend surtout sa relève dans le haut de la gamme.
La chronologie du constructeur situe le lancement du Rexton en septembre 2001. Italdesign confirme son arrivée sur le marché coréen cette année-là, puis en Europe en 2002. Cette différence de calendrier explique pourquoi certaines fiches présentent le véhicule comme un modèle de 2002. Pour identifier sa première apparition, l’année 2001 reste la référence.
Le nom Rexton a ensuite été conservé au fil de plusieurs évolutions. Dans cet article, il désigne d’abord le véhicule originel, tel qu’il apparaît avant les modifications de sa carrosserie et de ses moteurs. Les caractéristiques d’un exemplaire de 2002 ne doivent donc pas être attribuées sans distinction à un Rexton W ou au SUV entièrement renouvelé en 2017.
Une carrosserie Italdesign sur un châssis de tout-terrain
Italdesign signe le projet du premier Rexton. Le studio donne à ce grand véhicule cinq portes une ligne plus arrondie que celle de nombreux tout-terrain de l’époque, tout en conservant un pavillon haut, une surface vitrée généreuse et une carrosserie suffisamment longue pour accueillir une troisième rangée de sièges selon les versions. Le résultat cherche autant à répondre aux besoins des familles qu’à affirmer le rang du modèle dans la gamme.
Sous cette présentation de SUV, la construction reste celle d’un véritable 4×4 : la carrosserie est montée sur un châssis à longerons et traverses. À l’avant, les roues sont indépendantes ; à l’arrière, le Rexton emploie un essieu rigide guidé par cinq points et une barre Panhard. Des ressorts hélicoïdaux équipent les deux essieux. Cette architecture le distingue des SUV conçus principalement autour d’une caisse autoporteuse.
Italdesign évoque une base technique liée à la Mercedes Classe M. Cette indication ne signifie pas que le Rexton serait une Classe M simplement recarrossée : les documents techniques d’époque décrivent le châssis, les suspensions et les dispositifs de transmission propres au modèle commercialisé par Ssangyong. Le lien avec Mercedes-Benz se retrouve aussi, de façon plus directement vérifiable, dans l’origine de ses premiers moteurs.
Les dimensions donnent la mesure de son positionnement. Une fiche du Rexton 2.9 TD GLS vendu en Europe indique 4,72 m de longueur, 1,87 m de largeur et 2,82 m d’empattement. Cinq personnes prennent place dans la configuration de base ; une troisième rangée est proposée ou montée de série selon la motorisation et le marché. Avant de comparer deux exemplaires, il faut donc distinguer le nombre de sièges réellement installés.
Moteurs et transmission du Rexton originel
Lors de son arrivée en Europe, le Rexton est notamment proposé avec deux mécaniques de caractères très différents. Le 2.9 TD est un cinq cylindres diesel à injection indirecte, doté d’un turbocompresseur et d’un intercooler. Ses 120 ch répondent davantage à une conduite régulière qu’à la recherche de performances. Le 3.2 essence est un six cylindres en ligne de 220 ch, associé à une présentation et à un équipement plus haut de gamme sur certains marchés.
Les boîtes dépendent du moteur et du pays de vente. Le 2.9 TD peut recevoir une manuelle à cinq rapports ou une automatique à quatre rapports. En Espagne, le 3.2 est proposé avec l’automatique à quatre rapports, tandis qu’une boîte manuelle existe ailleurs. Un 2.3 essence de 140 ch est également signalé sur certains marchés : il ne faisait pas partie de l’offre espagnole décrite lors du lancement.
Les versions européennes étudiées en 2002 disposent de quatre roues motrices et d’une gamme courte, mais leurs commandes ne fonctionnent pas toutes de la même manière. Sur le 2.9 TD décrit à l’époque, le conducteur sélectionne la transmission intégrale ; sur le 3.2, un dispositif répartit automatiquement le couple vers l’avant lorsque les roues arrière perdent de l’adhérence. La présence d’une boîte de transfert avec réduction reste un point commun important pour l’usage hors route.
Cette mécanique explique aussi pourquoi le Rexton ne se résume pas à son apparence de grand véhicule familial. Sa garde au sol annoncée de 200 mm et ses angles d’attaque et de fuite publiés à l’époque lui donnent des capacités utiles sur terrain irrégulier. En contrepartie, le châssis séparé et la transmission contribuent à une masse élevée : la fiche du 2.9 TD GLS indique un peu plus de deux tonnes.
Fiche technique du Ssangyong Rexton
| Caractéristique | Rexton originel, versions européennes documentées en 2002 |
|---|---|
| Carrosserie et places | SUV cinq portes ; cinq places, ou sept selon version et marché |
| Structure | Carrosserie sur châssis séparé à longerons et traverses |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Diesel 2.9 TD | Cinq cylindres en ligne, injection indirecte, turbo et intercooler ; 120 ch à 4 000 tr/min, 256 Nm à 2 250 tr/min |
| Essence 3.2 | Six cylindres en ligne, quatre soupapes par cylindre ; 220 ch à 6 100 tr/min, 312 Nm à 4 600 tr/min |
| Autre moteur selon marché | Essence 2.3 à quatre cylindres, 140 ch |
| Boîtes de vitesses | Manuelle à cinq rapports ou automatique à quatre rapports selon moteur et marché |
| Transmission | Quatre roues motrices avec gamme courte sur les versions européennes décrites ; mode de répartition variable selon motorisation |
| Suspension avant | Roues indépendantes, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide guidé par cinq points et barre Panhard, ressorts hélicoïdaux |
| Direction | Crémaillère assistée ; diamètre de braquage annoncé de 11,2 m |
| Freins | Disques ventilés à l’avant, disques pleins à l’arrière, ABS |
| Longueur, largeur, hauteur | 4 720 × 1 870 × 1 830 mm pour le 2.9 TD GLS 2002–2004 |
| Empattement et voies | 2 820 mm ; voies avant et arrière de 1 550 et 1 540 mm pour le 2.9 TD GLS |
| Poids | 2 023 kg pour le 2.9 TD GLS répertorié |
| Garde au sol | 200 mm annoncés pour le modèle décrit en 2002 |
| Vitesse maximale | 157 km/h pour le 2.9 TD GLS répertorié |
| Consommation et réservoir | 2.9 TD GLS : 9,3 l/100 km en cycle mixte NEDC ; réservoir de 80 l |
Du premier Rexton aux versions suivantes
La gamme évolue rapidement après les premiers millésimes. Ssangyong lance la production du moteur XDi 270 à la fin de 2003. Ce cinq cylindres diesel à injection directe prend ensuite une place majeure dans l’offre européenne, avec des puissances qui varient selon la version et l’année. Il ne faut pas le confondre avec le 2.9 TD à injection indirecte proposé au lancement.
Italdesign date des changements de style de 2004 et de 2006. Ssangyong annonce pour sa part le lancement du Ssangyong Rexton 2 en mars 2006. Cette appellation peut laisser croire à une rupture identique à celle du renouvellement de 2017 ; elle correspond ici à une étape de l’évolution du premier grand SUV de la marque. Le Rexton W présenté en 2012 poursuit cette lignée avec une carrosserie de nouveau revue.
Ces changements se lisent aussi dans les catalogues de motorisations. Les fiches françaises répertorient notamment des Rexton 2.7 XDi de 165 ou 186 ch, puis des versions tardives à quatre cylindres diesel 2.0 e-XDi de 155 ch et 2.2 e-XDi de 178 ch. Ces chiffres reflètent des périodes distinctes. Pour situer un véhicule, le millésime, sa face avant, sa désignation commerciale et son moteur sont plus utiles que le seul nom inscrit sur le hayon.
Habitabilité et usage
Le Rexton originel combine les fonctions d’un véhicule familial et celles d’un tout-terrain à châssis séparé. Ses cinq portes facilitent l’accès à l’habitacle et sa troisième rangée éventuelle répond à un besoin de places supplémentaires. Comme sur beaucoup de véhicules de cette configuration, utiliser tous les sièges réduit l’espace disponible pour les bagages ; la disposition exacte dépend de la finition.
Sur route, les deux premiers moteurs européens ne répondent pas au même usage. Le 2.9 TD mise sur son couple et sur une consommation homologuée plus mesurée, mais ses 120 ch doivent entraîner un véhicule lourd. Le 3.2 essence offre nettement plus de puissance, au prix d’une consommation supérieure. Ces différences rendent indispensable l’identification de la motorisation avant de juger les performances ou le coût d’utilisation d’un Rexton d’occasion.
Le Rexton de 2001 se reconnaît finalement par l’association de sa carrosserie Italdesign initiale, de son architecture à longerons et de ses motorisations de lancement. Sur un exemplaire précis, la carte grise et les caractéristiques de la version permettent de départager les véhicules vendus sous un même nom au cours de nombreuses années.




