Apparue au Japon en 1978 sous le nom de Savanna RX-7, la Mazda Rx-7 est une sportive à moteur rotatif produite pendant près d’un quart de siècle. Sa particularité ne se résume pas à son moteur Wankel : Mazda a exploité la compacité de ce dernier pour l’installer très en arrière dans le compartiment moteur, favoriser la répartition des masses et conserver une propulsion légère. Trois générations se succèdent jusqu’en 2002, chacune faisant évoluer cette formule sans l’abandonner.
La RX-7 occupe ainsi une place particulière dans l’histoire de Mazda. Elle transforme une technologie déjà utilisée sur plusieurs modèles en véritable identité sportive et devient la voiture à moteur rotatif la plus produite de la marque. Au total, 811 634 exemplaires sont construits au cours des trois générations.
Une sportive créée autour du moteur rotatif
Lorsque Mazda développe la première RX-7, le contexte est délicat pour le moteur rotatif. Le choc pétrolier des années 1970 a mis en évidence la consommation élevée des premières applications de cette technologie. Plutôt que de l’abandonner, Mazda concentre son utilisation sur des véhicules où ses qualités peuvent apporter un avantage concret. Kenichi Yamamoto, figure centrale du développement des moteurs rotatifs de la marque, joue un rôle important dans cette stratégie.
La RX-7 est donc pensée dès l’origine comme une voiture adaptée au Wankel et non comme une automobile conventionnelle ayant simplement reçu un moteur différent. Le petit birotor 12A peut être installé derrière l’axe des roues avant. Cette disposition avant-centrale contribue à concentrer les masses entre les essieux, tandis que la faible hauteur du moteur autorise un capot plongeant. La propulsion complète une architecture entièrement orientée vers le comportement routier.
Cette histoire s’inscrit dans une tradition commencée bien avant 1978. La Mazda Cosmo Sport avait inauguré dès les années 1960 le moteur rotatif de série chez Mazda. Plusieurs familles suivent, dont la Mazda Rx-3, liée à la lignée Savanna dont la première RX-7 reprend d’ailleurs le nom sur le marché japonais.
De la SA22C à la FB, la première RX-7
Lancée au Japon en mars 1978, la Savanna RX-7 de type SA22C adopte une silhouette immédiatement reconnaissable. Matasaburo Maeda participe à sa conception stylistique avec l’objectif de traduire visuellement les particularités du moteur rotatif et d’améliorer l’aérodynamique. Le résultat est un coupé très bas à phares escamotables, capot plongeant et grand hayon vitré, dont les proportions restent étroitement liées à la compacité mécanique.
Le moteur 12A est un birotor de 1 146 cm3, soit deux chambres de 573 cm3. Les caractéristiques diffèrent sensiblement suivant les années et les marchés : alimentation, normes de puissance et équipements empêchent de réduire la première RX-7 à une seule fiche technique. Certaines versions japonaises reçoivent même un 12A turbocompressé au début des années 1980, tandis que l’Amérique du Nord connaît également une évolution équipée du 13B à injection.
La désignation de cette génération demande elle aussi une précision. SA22C correspond au type initial japonais, tandis que FB est largement employé pour désigner les évolutions de la première génération et apparaît dans la nomenclature de certains marchés. Il ne s’agit pas de deux générations successives au même titre que les FC et FD.
La première RX-7 connaît un succès commercial considérable pour une sportive aussi atypique. Mazda indique que cette génération dépasse 470 000 exemplaires. Elle installe durablement l’association entre RX-7, propulsion et moteur rotatif, tout en donnant à Mazda une base particulièrement efficace pour la compétition.
FC puis FD, deux transformations profondes
En octobre 1985 apparaît la deuxième génération. La Mazda Rx-7 Fc conserve le principe du moteur avant et de la propulsion, mais adopte une carrosserie plus large et plus arrondie ainsi qu’un châssis nettement plus sophistiqué. Le moteur 13B de 1 308 cm3 devient central dans la gamme, avec des variantes atmosphériques et turbocompressées. Mazda introduit également le DTSS, dispositif destiné à contrôler le comportement du train arrière sous charge.
La FC élargit aussi le territoire de la RX-7 avec une version cabriolet. Sur les versions européennes les plus performantes, le 13B turbo atteint jusqu’à 200 ch. La voiture prend ainsi davantage les traits d’une GT sportive des années 1980 sans renoncer à la singularité mécanique qui la distingue de ses concurrentes à moteur à pistons.
La rupture stylistique et technique est encore plus nette en décembre 1991 avec la Mazda Rx-7 Fd. Plus basse, plus large et beaucoup plus organique dans ses formes, cette troisième génération pousse très loin le principe de concentration des masses. Son 13B-REW de 1 308 cm3 utilise deux turbocompresseurs fonctionnant de manière séquentielle afin de combiner réponse à bas régime et puissance à haut régime.
La FD européenne développe 239 ch, tandis que les évolutions japonaises atteignent finalement 280 PS. Sa carrière internationale s’interrompt progressivement au cours des années 1990, mais Mazda continue à la commercialiser au Japon. En 2002, la série Spirit R marque la fin de la lignée avec 1 500 exemplaires prévus en plusieurs configurations. La production de la RX-7 cesse en août de la même année.
Fiche technique de la Mazda Rx-7
| Caractéristique | 1re génération SA22C/FB | 2e génération FC | 3e génération FD |
|---|---|---|---|
| Production | 1978-1985 | 1985-début des années 1990 | 1991-2002 |
| Architecture moteur | Birotor Wankel 12A, 13B sur certaines versions | Birotor Wankel 13B | Birotor Wankel 13B-REW |
| Cylindrée principale | 1 146 cm3 pour le 12A | 1 308 cm3 | 1 308 cm3 |
| Alimentation | Carburateur principalement, injection ou turbo selon version | Injection, atmosphérique ou turbo selon version | Injection, double turbocompresseur séquentiel |
| Puissance | Variable selon année et marché, jusqu’à environ 160-165 PS pour le 12A turbo japonais | Jusqu’à 200 ch sur certaines versions européennes turbo | 239 ch en Europe, jusqu’à 280 PS au Japon |
| Implantation | Longitudinale avant-centrale | Longitudinale avant | Longitudinale avant-centrale |
| Transmission | Propulsion | Propulsion | Propulsion |
| Boîte manuelle | 5 rapports selon version | 5 rapports selon version | 5 rapports selon version |
| Suspension avant | Jambes de force | Indépendante | Indépendante |
| Suspension arrière | Essieu rigide guidé | Indépendante avec DTSS | Indépendante |
| Freinage | Disques avant, tambours ou disques arrière selon version | Quatre disques sur les versions sportives | Quatre disques ventilés |
| Longueur | Environ 4 285 mm pour la SA22C initiale | Environ 4 310 mm | Environ 4 295 mm |
| Largeur | Environ 1 675 mm | Environ 1 690 mm | Environ 1 750 à 1 760 mm |
| Hauteur | Environ 1 260 mm | Environ 1 265 à 1 270 mm | Environ 1 230 mm |
| Empattement | 2 420 mm | 2 430 mm | 2 425 mm |
| Poids représentatif | Environ 1 005 kg pour une SA22C japonaise initiale | Environ 1 200 kg selon version | Environ 1 300 kg selon version |
| 0 à 100 km/h | Variable selon motorisation | Environ 6,0 s pour une version 200 ch | 5,3 s pour la version européenne 239 ch |
| Vitesse maximale | Variable selon motorisation | Environ 240 km/h pour une version 200 ch | 250 km/h pour la version européenne 239 ch |
Pourquoi le moteur Wankel définit la RX-7
La cylindrée annoncée pour une RX-7 ne se lit pas exactement comme celle d’un moteur à pistons. Le 12A possède deux rotors et une cylindrée géométrique totale de 1 146 cm3 ; le 13B passe à 1 308 cm3. Des règlements sportifs ou fiscaux ont parfois appliqué des coefficients d’équivalence au moteur rotatif, d’où des valeurs différentes dans certains documents administratifs ou historiques.
L’intérêt recherché par Mazda tient surtout à la compacité et à la douceur de fonctionnement du Wankel. Son encombrement permet de placer la masse mécanique plus bas et plus près du centre de la voiture. En contrepartie, consommation, maîtrise des émissions et étanchéité des chambres ont constitué des défis récurrents. L’évolution de la RX-7 reflète justement les progrès accomplis par Mazda dans l’injection, la suralimentation, la lubrification et la fiabilité du rotatif.
La FD représente l’expression la plus poussée de cette architecture sur une RX-7 de série. Le fonctionnement séquentiel de ses deux turbocompresseurs vise à éviter le compromis d’un gros turbo unique : le premier intervient aux régimes inférieurs, puis le second entre progressivement en action lorsque la demande augmente. Cette sophistication explique en partie pourquoi la dernière RX-7 est techniquement très éloignée de la légère SA22C de 1978 malgré une philosophie commune.
Une carrière en compétition particulièrement riche
La RX-7 a rapidement démontré que son architecture pouvait dépasser le cadre d’une sportive routière. Aux États-Unis, elle devient une présence majeure des compétitions IMSA et accumule plus de 100 victoires. Mazda lui attribue notamment huit titres constructeurs consécutifs en catégorie GTU entre 1980 et 1987, une série qui contribue fortement à sa réputation sur le marché nord-américain.
En Europe, la RX-7 remporte également des résultats significatifs. Elle décroche des titres britanniques au début des années 1980 et s’impose au classement général des 24 Heures de Spa en 1981. La voiture apparaît aussi aux 24 Heures du Mans, où différentes RX-7 sont engagées à la charnière des années 1970 et 1980. Cette activité sportive participe au développement de l’image du moteur rotatif bien avant la victoire de Mazda au Mans avec un prototype dédié.
Cette longévité sportive accompagne une production totale de 811 634 RX-7 entre 1978 et 2002. Après son arrêt, Mazda ne développe pas officiellement une quatrième génération : la Mazda Rx-8 reprend le flambeau du moteur rotatif à partir de 2003 avec une architecture et un positionnement différents. Plus tard, le concept Mazda Rx-vision remettra en scène l’idée d’une sportive Mazda dessinée autour d’un moteur rotatif, sans constituer pour autant une nouvelle RX-7 de série.




