La Mazda 626 est la grande familiale de Mazda qui a accompagné la marque sur les marchés internationaux pendant plus de vingt ans, de la fin des années 1970 à 2002. Son histoire est directement liée à celle de la Mazda Capella, nom utilisé au Japon pour cette même famille de modèles. La 626 a ainsi connu cinq générations internationales, avec des évolutions profondes passant de la propulsion à la traction avant, puis à différentes solutions de transmission intégrale et de quatre roues directrices.
Cette longue carrière explique la diversité des 626 rencontrées en Europe. Les premières versions restent relativement compactes et classiques, tandis que les générations suivantes adoptent des carrosseries plus aérodynamiques, des moteurs plus puissants, des diesels innovants et des équipements comme les quatre roues directrices. La 626 termine sa carrière en 2002, lorsque Mazda la remplace par la Mazda6.
Une famille née avec la Capella
La première 626 destinée aux marchés internationaux apparaît à la fin des années 1970 à partir de la Capella lancée au Japon en 1978. Cette première génération internationale, généralement identifiée par le code CB, conserve une architecture à propulsion arrière. Elle est proposée en plusieurs carrosseries, notamment en berline et en coupé, avec des moteurs quatre cylindres dont les cylindrées varient selon les marchés.
La deuxième génération internationale, apparue au début des années 1980, marque une rupture beaucoup plus importante. La 626 adopte alors la traction avant et une suspension indépendante aux quatre roues. Les carrosseries berline, hatchback et coupé permettent à Mazda de couvrir une partie importante du marché des familiales européennes. Cette génération correspond au type GC et installe durablement la 626 dans le segment des voitures familiales à traction avant.
La génération suivante, commercialisée à partir de 1987, porte les codes GD pour les principales carrosseries et GV pour le break. Elle se distingue notamment par l’introduction du système de quatre roues directrices sur certaines versions. Mazda a développé une commande électronique faisant varier l’orientation des roues arrière avec la vitesse, une technologie présentée par la marque comme une première mondiale en série. Cette génération accueille également le moteur diesel Comprex, dont la suralimentation repose sur un compresseur à ondes de pression.
Avec la génération GE, lancée au début des années 1990, la 626 change encore de registre. Son style devient beaucoup plus arrondi et ses dimensions progressent. La gamme européenne comprend notamment des moteurs essence quatre cylindres et un V6 de 2,5 litres, tandis que le diesel Comprex reste une particularité technique notable. Le break conserve toutefois une base issue de la génération précédente sur certains marchés, ce qui explique certaines différences dans les gammes selon les pays.
La dernière génération, GF pour les berlines et hatchbacks et GW pour le break, apparaît en 1997. Son dessin revient à des lignes plus sobres et sa gamme se concentre sur les carrosseries quatre portes, cinq portes et break. Les moteurs évoluent également, avec notamment le diesel 2.0 DiTD à injection directe et turbocompresseur. Après un restylage intervenu à la fin des années 1990, la 626 termine sa carrière en 2002.
De la propulsion à la traction avant
La transformation technique de la 626 constitue l’un des aspects les plus intéressants de son histoire. La première génération repose encore sur une architecture à propulsion arrière, cohérente avec les familiales japonaises de cette période. Le passage à la génération GC transforme complètement le modèle : le moteur est implanté transversalement à l’avant et les roues avant assurent la motricité.
Cette architecture permet à Mazda d’améliorer l’espace disponible dans l’habitacle tout en modernisant le comportement routier. Les générations GD et GE approfondissent cette évolution avec des châssis plus sophistiqués et, sur certaines versions, les quatre roues directrices. Le système 4WS ne doit pas être confondu avec une simple transmission intégrale : les roues arrière sont orientées pour modifier le comportement de la voiture, tandis que la motricité reste principalement assurée par les roues avant.
La 626 devient également un terrain d’expérimentation pour les motorisations diesel. Le moteur Comprex de 2,0 litres utilise un dispositif de suralimentation particulier, différent d’un turbocompresseur classique. Il fournit un couple important à bas régime tout en conservant une technologie relativement originale pour une voiture familiale de cette époque. Sur la dernière génération, Mazda abandonne cette solution au profit du 2.0 DiTD à injection directe et turbocompresseur.
Fiche technique de la Mazda 626
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Production | 1978/1979 à 2002 selon le marché et le mode de comptage |
| Générations internationales | CB, GC, GD/GV, GE, GF/GW |
| Carrosseries | Berline, coupé, hatchback et break selon génération et marché |
| Architecture initiale | Moteur avant et propulsion arrière |
| Architecture principale à partir de la GC | Moteur transversal avant et traction avant |
| Transmission intégrale | Disponible sur certaines versions et certains marchés |
| Boîtes de vitesses | Manuelles 4 ou 5 rapports et automatiques selon génération et marché |
| Moteurs essence | Quatre cylindres de 1,6 à 2,5 litres selon génération et marché |
| Moteur essence haut de gamme documenté | 2.5 V6, 2 497 cm³, jusqu’à environ 165 ch selon version |
| Moteurs diesel | Quatre cylindres 2,0 et 2,2 litres selon génération et marché |
| Diesel Comprex | 2.0 diesel avec compresseur à ondes de pression, environ 75 ch sur une version européenne |
| Diesel DiTD | 2.0 turbodiesel à injection directe, 100 ch puis jusqu’à 110 ch selon version |
| Suspension avant | Indépendante, notamment de type MacPherson sur les générations ultérieures |
| Suspension arrière | Indépendante sur les générations à traction avant, avec configurations variables selon version |
| Direction | Crémaillère, assistance selon génération et finition |
| Quatre roues directrices | Disponible sur certaines versions, notamment sur la génération GD |
| Freins | Disques avant, tambours ou disques arrière selon version, ABS selon équipement |
| Empattement | Variable selon génération et carrosserie, jusqu’à environ 2,67 m sur certaines GF |
| Longueur | Variable selon génération et carrosserie, d’environ 4,4 m à près de 4,75 m |
| Largeur | Variable selon génération, jusqu’à environ 1,76 m sur les dernières versions |
| Poids | Environ 1,1 à 1,3 tonne selon génération, moteur et carrosserie |
| Performance maximale documentée | Environ 207 km/h pour certaines 626 2.5 V6 |
Une gamme très différente selon les générations
Il est difficile de résumer la Mazda 626 à une seule fiche technique, car ses caractéristiques ont considérablement évolué en plus de vingt ans. Les premières versions sont équipées de quatre cylindres relativement simples, tandis que les dernières générations proposent des motorisations plus puissantes et sophistiquées. La 626 GE 2.5 GT constitue notamment l’une des versions les plus performantes de la gamme européenne, avec son V6 de 2 497 cm³ développant environ 165 ch selon la version.
À l’autre extrémité de la gamme, le diesel Comprex illustre la recherche de Mazda en matière de motorisation économique. Sur la génération GE, le 2.0 D Comprex développe environ 75 ch. Son intérêt réside surtout dans son principe de suralimentation, qui utilise les ondes de pression produites par les gaz d’échappement plutôt qu’un turbocompresseur traditionnel.
La génération GF adopte une solution plus conventionnelle avec le 2.0 DiTD. Ce quatre cylindres turbodiesel à injection directe développe 100 ch sur les premières versions et atteint 110 ch sur certaines évolutions. Il permet à la dernière 626 de rester compétitive face aux familiales européennes diesel de la fin des années 1990.
Une familiale située entre la 323 et la 929
Dans la gamme Mazda, la 626 occupe progressivement une position centrale entre les compactes comme la 323 et les modèles familiaux plus haut de gamme. La Mazda 929 lui est supérieure dans la hiérarchie internationale de la marque, avec un positionnement davantage orienté vers les grandes berlines et les motorisations plus ambitieuses.
La 626 partage également des bases techniques avec plusieurs autres modèles Mazda et Ford, surtout au cours des années 1990. Cette parenté ne signifie toutefois pas qu’il s’agit de simples versions rebadgées. La génération GE est notamment liée à une architecture commune ayant donné naissance à plusieurs modèles, parmi lesquels la Mazda MX-6, la Ford Probe et différents modèles Mazda destinés à des marchés spécifiques.
La Mazda Xedos 6 appartient elle aussi à cette période de diversification de la gamme Mazda. Elle adopte un positionnement plus haut de gamme et une présentation différente, même si elle partage certains éléments techniques avec la génération de 626 contemporaine. Cette distinction permet de mieux situer la 626 comme familiale généraliste plutôt que comme berline premium.
Des carrosseries multiples et des innovations marquantes
La diversité des carrosseries constitue une constante de la 626. Les premières générations proposent notamment des coupés, tandis que les générations suivantes développent largement les carrosseries hatchback et break. Le break de la génération GD/GV possède notamment une identité propre, et les différences entre les gammes japonaises et européennes peuvent rendre l’identification d’un exemplaire particulier plus complexe.
Le système 4WS reste l’un des équipements les plus distinctifs de la troisième génération internationale. En orientant les roues arrière en fonction de la vitesse, il cherche à améliorer à la fois la stabilité à vitesse élevée et la maniabilité à basse vitesse. Cette technologie distingue certaines 626 de leurs concurrentes généralistes de la fin des années 1980.
La production cumulée de la famille Capella avait déjà atteint trois millions d’exemplaires en septembre 1988. Ce volume concerne la famille Capella et ses appellations internationales et ne permet donc pas d’isoler précisément toutes les 626 produites. Il illustre néanmoins l’importance commerciale de cette lignée pour Mazda.
La dernière 626 et le passage à la Mazda6
La cinquième génération GF/GW simplifie la gamme tout en modernisant profondément la voiture. La berline quatre portes, le hatchback cinq portes et le break couvrent les principaux besoins du segment. Le style est moins arrondi que celui de la GE et l’équipement progresse avec les standards de la fin des années 1990.
Le break GW constitue l’une des dernières évolutions importantes de la famille. Il conserve la vocation pratique de la 626 tout en bénéficiant des moteurs et équipements de la dernière génération. Les versions essence et diesel permettent à Mazda de répondre à une clientèle européenne encore fortement attirée par les motorisations diesel à la fin du siècle.
En 2002, Mazda met fin à la carrière internationale de la 626. La marque adopte alors une nouvelle appellation pour sa familiale mondiale : la Mazda 6, connue sous le nom d’Atenza au Japon. Ce changement marque la fin d’une lignée dont l’appellation 626 aura accompagné cinq générations et des transformations techniques majeures, depuis la propulsion de la fin des années 1970 jusqu’aux dernières versions à traction avant et turbodiesel à injection directe.




