Mitsubishi Pajero 4

Mitsubishi Pajero 4

Lancé en 2006, le Mitsubishi Pajero 4 constitue la quatrième génération du grand 4×4 japonais apparu en 1982. Disponible en carrosseries courte trois portes et longue cinq portes, il conserve une conception résolument tournée vers le tout-terrain tout en améliorant le confort, la rigidité et les prestations routières. En Europe, et particulièrement en France, sa carrière repose surtout sur le quatre cylindres turbodiesel 3.2 DI-D associé à la transmission intégrale Super Select 4WD-II.

Cette quatrième génération n’est pourtant pas une rupture technique complète. Elle approfondit les choix introduits par le Mitsubishi Pajero 3, notamment sa structure monocoque à cadre intégré et ses quatre roues indépendantes. Mitsubishi retravaille profondément cet ensemble plutôt que de revenir au traditionnel châssis séparé des premières générations.

Une quatrième génération lancée en 2006

Le Pajero 4 apparaît à l’automne 2006, avec un lancement au Japon en octobre et une commercialisation européenne dans la foulée. Il prend place dans la continuité directe du Mitsubishi Pajero, dont il conserve les fondamentaux : carrosserie haute, véritables capacités hors route, transmission élaborée et déclinaison en deux longueurs.

Mitsubishi ne cherche donc pas à transformer son modèle emblématique en simple SUV routier. La structure du Pajero précédent est renforcée grâce à davantage de points de soudure, à l’emploi accru d’aciers à haute résistance et à des améliorations portant sur différentes zones de la coque. L’objectif est d’accroître la rigidité et la qualité de conduite sans abandonner les aptitudes qui ont construit la réputation du modèle.

Le Pajero 4 existe principalement en version courte à trois portes et en version longue à cinq portes. La première mesure environ 4,39 m et possède un empattement de 2,545 m, tandis que la seconde approche 4,90 m pour 2,78 m d’empattement. Le long peut accueillir jusqu’à sept occupants selon sa configuration. Cette différence dépasse la seule question du nombre de portes : le court est plus compact en terrain difficile, alors que le long privilégie l’espace et la polyvalence familiale.

Design et identité du Pajero IV

Le dessin reste immédiatement identifiable. Mitsubishi conserve des lignes droites, un pavillon élevé, un pare-brise relativement vertical et des passages de roues fortement marqués. La roue de secours demeure fixée à l’extérieur du hayon, détail caractéristique d’un véhicule qui assume encore visuellement sa vocation tout-terrain. La face avant évolue avec des projecteurs plus travaillés et une présentation modernisée, sans effacer la silhouette traditionnelle du Pajero.

Cette continuité explique pourquoi un Pajero 4 peut paraître assez proche de la troisième génération au premier regard. Les différences concernent pourtant de nombreux éléments de carrosserie, la face avant, l’habitacle, la rigidité structurelle, les motorisations et les équipements électroniques. Plusieurs évolutions esthétiques interviennent ensuite au cours de sa longue carrière, sans modifier fondamentalement ses proportions.

Les appellations changent également suivant les pays. Pajero reste le nom utilisé notamment au Japon et sur de nombreux marchés européens, tandis que Mitsubishi Montero est employé dans plusieurs régions du monde. Au Royaume-Uni, la lignée est commercialisée sous l’appellation Mitsubishi Shogun. Ces noms peuvent désigner le même modèle de base, avec des motorisations et équipements adaptés à chaque marché.

Le 3.2 DI-D et la transmission Super Select 4WD-II

En France, le moteur emblématique du Pajero 4 est le 3.2 DI-D, un quatre cylindres turbodiesel de la famille 4M41 monté longitudinalement. Au lancement, les configurations françaises développent notamment 160 ch avec la boîte manuelle et 170 ch avec la boîte automatique. Une évolution importante porte ensuite la puissance à 200 ch et le couple à 441 Nm, tandis que certaines versions européennes plus tardives conformes à Euro 6 sont annoncées à environ 190 ch. Il est donc incorrect d’attribuer une puissance unique au 3.2 DI-D sur toute la carrière du modèle.

Certains marchés disposent parallèlement d’un V6 essence 3,8 litres MIVEC de 3 828 cm3 développant environ 250 ch. La gamme internationale est ainsi plus large que celle généralement rencontrée en France, où le diesel représente l’essentiel des exemplaires commercialisés.

L’un des principaux arguments techniques reste le Super Select 4WD-II. Ce système permet au conducteur de sélectionner différents modes de transmission afin d’adapter le véhicule à la route et au terrain. Il autorise notamment une utilisation en deux roues motrices arrière, un fonctionnement à quatre roues motrices adapté à la route grâce au différentiel central, puis des configurations verrouillées destinées aux surfaces difficiles, avec gamme courte. Suivant les versions, un blocage du différentiel arrière complète l’équipement.

Cette transmission distingue le Pajero d’un SUV conventionnel. Les quatre roues indépendantes améliorent simultanément le comportement sur route et le contrôle des mouvements de caisse, tandis que la garde au sol d’environ 210 à 220 mm suivant les versions et la démultiplication courte préservent de réelles aptitudes hors bitume. Le contrôle de stabilité et de motricité ASTC travaille en complément de cette architecture.

Fiche technique du Mitsubishi Pajero 4

CaractéristiqueDonnées
Production2006 à 2021 selon les marchés
Carrosseries3 portes court, 5 portes long
PlacesJusqu’à 7 sur le Pajero long selon configuration
Moteur diesel principal en Europe4 cylindres en ligne 3.2 DI-D 4M41, turbocompressé, injection directe common rail
Cylindrée dieselEnviron 3 200 cm3
Puissance 3.2 DI-D160 ou 170 ch au lancement français selon boîte, puis 200 ch, environ 190 ch sur certaines versions Euro 6
Couple 3.2 DI-DEnviron 381 Nm sur certaines versions initiales, jusqu’à 441 Nm sur l’évolution 200 ch
Moteur essence selon marchésV6 3.8 MIVEC, 3 828 cm3, environ 250 ch
ImplantationMoteur avant longitudinal
TransmissionSuper Select 4WD-II, quatre roues motrices sélectionnables avec gamme courte
BoîtesManuelle 5 rapports ou automatique 5 rapports selon version
StructureMonocoque à cadre intégré
Suspension avantIndépendante à doubles triangles
Suspension arrièreIndépendante multibras
DirectionÀ crémaillère assistée
FreinageQuatre disques ventilés sur les configurations européennes documentées, ABS et répartition électronique
PneumatiquesNotamment 265/65 R17 ou 265/60 R18 selon finition
LongueurEnviron 4 385 mm en court, 4 900 mm en long
LargeurEnviron 1 875 mm
HauteurEnviron 1 870 à 1 900 mm selon version
Empattement2 545 mm en court, 2 780 mm en long
VoiesEnviron 1 560 à 1 570 mm selon version
Masse à videEnviron 2 085 kg pour certaines versions courtes, plus de 2 200 kg pour de nombreuses versions longues
Garde au solEnviron 210 à 220 mm selon version
Vitesse maximale 3.2 DI-D 200Environ 180 km/h
0 à 100 km/h 3.2 DI-D 200Environ 9,7 à 11,1 s selon carrosserie et transmission
Consommation mixte homologuéeEnviron 8,1 à plus de 9 l/100 km suivant version et millésime
RéservoirEnviron 69 l sur certaines versions courtes, 88 l sur le long

Évolutions et longue carrière internationale

La carrière du Pajero 4 s’étend sur près de quinze ans à l’échelle mondiale, ce qui explique les différences techniques entre un exemplaire de 2006 et un modèle de fin de production. L’une des transformations les plus significatives concerne le 3.2 DI-D, progressivement amélioré en matière d’injection, de puissance, de couple et de dépollution. Le passage à 200 ch renforce sensiblement les performances sans modifier la philosophie générale du véhicule.

Des retouches de présentation interviennent également au fil des millésimes, notamment autour de 2012 puis au milieu des années 2010. Calandre, boucliers, équipements et détails de finition évoluent alors que la structure fondamentale reste inchangée. Cette stratégie permet à Mitsubishi de prolonger la carrière d’un véhicule déjà très mature techniquement.

La commercialisation s’arrête plus tôt sur certains marchés européens que dans le reste du monde. Au Japon, Mitsubishi accompagne la fin de carrière d’une Final Edition en 2019. La production destinée à l’exportation se poursuit ensuite jusqu’en 2021 dans l’usine japonaise de Pajero Manufacturing à Sakahogi, dans la préfecture de Gifu. La fermeture de ce site marque la fin de cette quatrième génération.

Un vrai Pajero, distinct du Pajero Sport

Le nom peut prêter à confusion avec le Mitsubishi Pajero Sport, mais les deux véhicules ne constituent pas deux carrosseries d’un même modèle. Le Pajero Sport appartient à une famille distincte, historiquement plus proche des pick-up de la marque dans sa conception. Le Pajero 4 correspond au grand tout-terrain historique de Mitsubishi et conserve sa propre structure monocoque à cadre intégré.

Cette architecture illustre précisément la position particulière du Pajero IV. À une époque où de nombreux 4×4 deviennent des SUV essentiellement routiers, Mitsubishi conserve une boîte de transfert élaborée, une gamme courte, une roue de secours extérieure et une conception adaptée aux terrains difficiles. En parallèle, les suspensions indépendantes, l’électronique de stabilité et l’amélioration de la rigidité cherchent à offrir le comportement d’un véhicule polyvalent plutôt que celui d’un utilitaire transformé en familiale.

Le Pajero 4 face à l’histoire du Dakar

Le nom Pajero est indissociable du rallye-raid : Mitsubishi a remporté douze fois le classement général du Dakar avec des véhicules portant cette appellation, dont sept victoires consécutives. Cette histoire sportive contribue naturellement à l’image du Pajero 4, mais elle ne signifie pas que le modèle de série lancé en 2006 est lui-même la voiture de ces succès.

Les machines de compétition les plus évoluées sont des véhicules spécifiquement développés pour le rallye-raid. La Mitsubishi Pajero Evolution permet notamment de replacer cette filiation sportive dans son contexte sans confondre homologation routière et prototype de course. Le Pajero 4 profite surtout d’une culture technique façonnée par plusieurs décennies de développement du 4×4 chez Mitsubishi, visible dans sa transmission Super Select, son architecture robuste et le maintien de véritables fonctions tout-terrain jusqu’à la fin de sa production en 2021.