Le Mitsubishi Montero occupe une place particulière dans la gamme française du constructeur. Lorsqu’il apparaît en 2001, il ne s’agit pas d’un tout-terrain entièrement nouveau, mais du retour de la génération précédente du Pajero sous une autre appellation. Mitsubishi peut ainsi conserver au catalogue un 4×4 traditionnel, robuste et relativement accessible, tandis qu’un Pajero techniquement beaucoup plus moderne prend parallèlement le relais.
Cette origine explique aussi une confusion fréquente autour du nom Montero. Sur différents marchés internationaux, Montero est tout simplement l’une des appellations du Mitsubishi Pajero. En France, au début des années 2000, le nom possède en revanche une signification commerciale plus précise: il identifie cette ancienne génération maintenue au catalogue aux côtés de son successeur.
Le retour du Pajero 2 sous le nom Montero
Le modèle français de 2001 dérive directement du Mitsubishi Pajero 2, génération lancée au début des années 1990 puis profondément actualisée au cours de sa carrière. Le Montero reprend plus précisément son évolution de la fin des années 1990, reconnaissable à ses ailes très marquées et à son allure de tout-terrain classique.
La stratégie est cohérente avec la situation de Mitsubishi à cette époque. Le nouveau Mitsubishi Pajero 3 adopte une conception sensiblement plus moderne, avec une structure intégrant le cadre à la caisse, des roues indépendantes et notamment le moteur diesel 3.2 DI-D. Plus sophistiqué, il monte également en gamme. Le Montero permet alors de conserver une proposition moins coûteuse et davantage orientée vers les qualités traditionnelles d’un véhicule tout-terrain.
La commercialisation française débute au printemps 2001. Le catalogue repose essentiellement sur le quatre cylindres turbodiesel de 2 477 cm³ et sur deux carrosseries: un modèle Court à trois portes et cinq places, et un Long à cinq portes pouvant accueillir sept personnes. Les premières versions développent environ 99 ch, avant l’arrivée du 2.5 TD 115 à l’automne 2001. Cette évolution à 115 ch devient ensuite la définition la plus représentative du Montero français.
La commercialisation est attestée jusqu’au milieu des années 2000, avec des différences de quelques mois suivant les bases de données et les millésimes considérés. Le Montero ne reçoit pas ensuite de véritable successeur français portant ce nom: sa disparition laisse le Pajero moderne poursuivre seul la lignée principale.
Un véritable 4×4 à l’architecture traditionnelle
Le principal intérêt du Montero réside moins dans sa modernité que dans sa conception éprouvée. Contrairement au Pajero qui lui succède, il conserve une architecture traditionnelle de tout-terrain avec châssis séparé. À l’avant, les roues indépendantes utilisent des doubles triangles, tandis que l’arrière repose sur un essieu rigide guidé et des ressorts hélicoïdaux. Cette configuration privilégie la robustesse et les débattements nécessaires hors des routes.
Le quatre cylindres diesel de 2,5 litres est installé longitudinalement. Dans sa version TD115, il développe 115 ch à 4 000 tr/min et 240 Nm autour de 2 000 tr/min. L’alimentation reste à injection indirecte, associée à un turbocompresseur. Avec seulement huit soupapes et une puissance spécifique modeste, ce moteur appartient clairement à une génération antérieure aux diesels à rampe commune qui se généralisent alors.
La boîte manuelle comporte cinq rapports et s’accompagne d’une transmission adaptée au franchissement, avec possibilité d’utiliser des rapports courts. La garde au sol d’environ 215 mm et les pneus de grande section en 265/70 R15 correspondent également à cette vocation. Selon la version, le Montero peut remorquer jusqu’à 2 800 kg avec une remorque freinée, une capacité cohérente avec son positionnement de 4×4 utilitaire et de loisirs.
Cette architecture impose en contrepartie un poids conséquent et des performances routières modestes. Le TD115 atteint environ 145 km/h et demande près de 18 secondes pour passer de 0 à 100 km/h. Le Montero n’est donc pas conçu comme un SUV rapide, mais comme un véhicule privilégiant motricité, endurance mécanique et capacités hors bitume.
Deux carrosseries aux usages différents
Le Montero Court mesure environ 4,15 m de longueur pour un empattement de 2,42 m. Ses trois portes, ses porte-à-faux contenus et son format relativement compact favorisent la maniabilité. Le Long approche au contraire 4,73 m et porte son empattement à environ 2,73 m. Ses cinq portes et ses sept places lui donnent une vocation familiale plus affirmée, au prix d’un encombrement et d’une masse supérieurs.
Visuellement, les deux variantes restent immédiatement rattachables au Pajero de deuxième génération. La carrosserie est haute et anguleuse, les passages de roues sont fortement élargis et la roue de secours prend place à l’extérieur sur la porte arrière. Les grandes surfaces vitrées et les protections latérales renforcent encore cette silhouette caractéristique des 4×4 des années 1990.
Le Montero ne doit surtout pas être confondu avec le Mitsubishi Montero Sport. Ce dernier correspond à une autre famille de véhicules, connue notamment sous le nom Pajero Sport ou Challenger suivant les marchés. La proximité des appellations ne traduit donc pas une simple différence de carrosserie: le Montero français étudié ici est directement issu du Pajero de deuxième génération.
Fiche technique de la Mitsubishi Montero
| Caractéristique | Montero 2.5 TD / TD115 |
|---|---|
| Type | Tout-terrain 4×4 |
| Carrosseries | Court 3 portes, 5 places / Long 5 portes, jusqu’à 7 places |
| Moteur | 4 cylindres en ligne turbodiesel, 8 soupapes |
| Cylindrée | 2 477 cm³ |
| Alimentation | Injection indirecte, turbocompresseur |
| Puissance | Environ 99 ch sur les premières versions, puis 115 ch à 4 000 tr/min |
| Couple TD115 | 240 Nm à environ 2 000 tr/min |
| Alésage x course | 91,1 x 95 mm |
| Taux de compression | 21:1 |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | 4×4 avec gamme de rapports courts |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports |
| Structure | Châssis séparé |
| Suspension avant | Roues indépendantes, doubles triangles, barre stabilisatrice |
| Suspension arrière | Essieu rigide, ressorts hélicoïdaux, barre stabilisatrice |
| Direction | Assistée hydrauliquement |
| Freins | 4 disques, disques avant ventilés |
| Pneumatiques | 265/70 R15 sur les GLS documentés |
| Longueur | Environ 4,15 m Court / 4,73 m Long |
| Largeur | Environ 1,78 m |
| Hauteur | Environ 1,85 m Court / 1,90 m Long |
| Empattement | 2,42 m Court / environ 2,73 m Long |
| Voies avant / arrière | Environ 1,465 / 1,480 m |
| Garde au sol | Environ 215 mm |
| Poids | Environ 1 760 à 1 835 kg en Court et 1 930 à 2 025 kg en Long selon version et méthode de mesure |
| Vitesse maximale | Environ 145 km/h |
| 0 à 100 km/h | Environ 18 s selon version |
| Consommation mixte TD115 | Environ 10,4 l/100 km Court / 10,6 l/100 km Long |
| Réservoir | 75 litres sur le Court documenté |
| Remorquage freiné | Jusqu’à 2 800 kg sur les TD115 documentés |
Montero, Pajero et Shogun: trois noms à distinguer
L’appellation Montero dépasse largement le cas particulier du marché français. Mitsubishi a utilisé ce nom dans plusieurs pays où Pajero n’était pas retenu commercialement. Au Royaume-Uni, la même grande famille est connue sous le nom de Mitsubishi Shogun. Selon le pays et la période, des véhicules techniquement très proches peuvent donc porter les noms Pajero, Montero ou Shogun.
La particularité française de 2001 vient précisément de l’utilisation simultanée de deux de ces identités pour différencier des générations. Le Montero reprend l’ancienne architecture tandis que le Pajero désigne la nouvelle génération. Cette distinction commerciale permet de comprendre pourquoi deux 4×4 d’apparence et de conception très différentes peuvent se côtoyer dans les catalogues Mitsubishi de la même époque.
Il faut également séparer cette question de celle du Mitsubishi Pajero Sport. Celui-ci est un modèle dérivé d’une autre architecture et commercialisé sous différentes appellations selon les régions. Ajouter simplement le terme Sport à Montero ne désigne donc pas une finition sportive du Montero français.
Une lignée marquée par le rallye-raid
Le Montero 2.5 TD français n’a pas été conçu comme une version de compétition. Son intérêt sportif vient de son appartenance à la famille Pajero/Montero, intimement associée au rallye-raid. Mitsubishi engage le Pajero sur le Dakar dès les années 1980 et remporte pour la première fois le classement général en 1985. Au fil des décennies, la marque accumule douze victoires sur l’épreuve, dont une série de sept succès consécutifs.
Cette histoire sportive a donné naissance à des machines beaucoup plus spécialisées que le Montero de série, jusqu’au spectaculaire Mitsubishi Pajero Evolution. Le Montero vendu en France en 2001 reste à l’autre extrémité du spectre: un tout-terrain diesel simple, construit autour d’une architecture déjà éprouvée et conservé au catalogue précisément parce qu’elle répond encore aux besoins des utilisateurs recherchant un 4×4 traditionnel.




