Mitsubishi L400

Mitsubishi L400

Apparu en 1994, le Mitsubishi L400 désigne couramment la génération de grand monospace Mitsubishi connue au Japon sous le nom Delica Space Gear et commercialisée sur plusieurs marchés d’exportation comme Space Gear. Cette appellation L400 ne correspond donc ni à une finition précise ni à une motorisation unique. Elle regroupe une famille particulièrement variée de modèles à essence ou diesel, à deux ou quatre roues motrices, proposée avec plusieurs hauteurs et longueurs de carrosserie. Le Mitsubishi Delica L400 en constitue la déclinaison japonaise la plus emblématique.

Du L300 au L400, une architecture profondément revue

Le L400 appartient à la quatrième génération du Mitsubishi Delica. Mitsubishi change profondément la formule de son monospace en 1994. Alors que la génération précédente adopte une architecture très avancée avec le moteur placé sous les sièges avant, le nouveau modèle reçoit un véritable capot et une mécanique implantée longitudinalement à l’avant. Cette disposition améliore notamment la protection des occupants en cas de choc frontal.

La transformation se remarque immédiatement dans les proportions. Le Mitsubishi Delica L300 présente une silhouette presque cubique et une cabine très avancée. Le L400 conserve une carrosserie haute et une importante surface vitrée, mais son nez proéminent lui donne une allure plus proche des monospaces des années 1990. Il conserve néanmoins une vocation bien différente de celle d’un simple véhicule familial routier, surtout dans ses versions 4WD surélevées.

Le lancement intervient au Japon en mai 1994 sous l’appellation Delica Space Gear. Des versions destinées à l’Europe sont ensuite proposées sous le nom Space Gear, notamment à partir de 1995. Cette multiplicité des noms explique une partie des confusions rencontrées autour du terme L400 : deux véhicules désignés ainsi peuvent avoir des moteurs, des équipements et des caractéristiques sensiblement différents selon leur pays d’origine.

Un monospace conçu avec de vraies capacités tout-terrain

La singularité du L400 vient surtout de la combinaison entre l’habitabilité d’un grand monospace et des solutions techniques habituellement associées aux 4×4 Mitsubishi. Certaines versions disposent du système Super Select 4WD, technologie également employée sur le Mitsubishi Pajero 2. Le conducteur peut ainsi adapter le fonctionnement de la transmission aux conditions rencontrées, avec des modes permettant notamment de rouler en propulsion ou d’exploiter les quatre roues motrices.

Cette parenté technologique ne signifie pas que le L400 soit simplement un Pajero habillé d’une carrosserie de monospace. Sa structure et son aménagement répondent à une autre mission. À l’avant, Mitsubishi utilise une suspension à double triangulation, tandis que l’arrière repose sur un essieu guidé par cinq bras et des ressorts hélicoïdaux. L’ensemble cherche à préserver à la fois le débattement nécessaire sur terrain difficile et un comportement acceptable pour un véhicule familial lourd et haut.

Les versions 4WD, avec leur garde au sol et leur position de conduite élevées, sont devenues les L400 les plus caractéristiques. Elles incarnent une approche originale entre monospace et véhicule de loisirs, dans laquelle Mitsubishi transpose une partie de son savoir-faire acquis avec le Mitsubishi Pajero. Cette conception explique aussi l’intérêt durable du modèle pour les voyages, les transformations en véhicule de camping et les usages nécessitant davantage de motricité qu’un monospace conventionnel.

Des moteurs très différents selon les marchés

La gamme japonaise de lancement est particulièrement large. Mitsubishi propose notamment le quatre cylindres essence 4G64 d’environ 2,4 litres, le V6 essence 6G72 de 3,0 litres, le turbodiesel 4D56 de 2,5 litres et le quatre cylindres turbodiesel 4M40 de 2,8 litres. Dans leurs spécifications japonaises de l’époque, les puissances peuvent atteindre environ 145 PS pour le 2,4 litres, 185 PS pour le V6 et 125 PS pour le 2,8 turbodiesel.

Le marché européen ne reproduit pas exactement cette offre. Un Space Gear 2.5 TD GLX 4WD européen de la première période utilise par exemple le 4D56 de 2 477 cm3 avec turbocompresseur et intercooler. Cette configuration développe 73 kW, soit 99 PS, à 4 200 tr/min et fournit 240 Nm à 2 000 tr/min. Elle illustre pourquoi il serait trompeur d’attribuer une puissance unique à tous les L400 équipés du 4D56.

Les transmissions suivent la même logique de diversification. Mitsubishi commercialise des variantes à deux roues motrices et des 4WD, avec boîte manuelle à cinq rapports ou transmission automatique selon la motorisation, l’année et le marché. L’identification d’un exemplaire nécessite donc de considérer son code châssis et son moteur plutôt que de se fier uniquement au nom L400.

Fiche technique de la Mitsubishi L400

CaractéristiqueDonnées documentées
Lancement1994 au Japon
Production du Delica Space Gear japonaisMai 1994 à janvier 2007
ArchitectureGrand monospace, moteur avant longitudinal
Places7 ou 8 selon version
Moteurs principaux4G64 essence 2,4 l, 6G72 V6 essence 3,0 l, 4D56 turbodiesel 2,5 l, 4M40 turbodiesel 2,8 l
Puissances JDM représentativesEnviron 145 PS en 2,4 essence, 185 PS en V6 3,0, 105 PS en 2,5 turbodiesel et 125 PS en 2,8 turbodiesel selon version
2.5 TD européen2 477 cm3, turbo intercooler, 73 kW / 99 PS à 4 200 tr/min, 240 Nm à 2 000 tr/min
Transmission2WD ou 4WD selon version, Super Select 4WD sur certaines variantes
BoîtesManuelle 5 rapports ou automatique selon version
Suspension avantDouble triangulation
Suspension arrièreEssieu à cinq bras, ressorts hélicoïdaux
Longueur4 595 mm sur plusieurs versions initiales, jusqu’à environ 4 655 mm sur certaines évolutions européennes
Largeur1 695 mm sur plusieurs versions documentées
HauteurEnviron 1 855 à 1 965 mm sur les configurations documentées, selon toit et transmission
Empattement2 800 mm sur plusieurs versions documentées
Voies1 445 mm avant et 1 420 mm arrière sur un exemple japonais 2WD de 1994
PoidsEnviron 1 710 à 2 030 kg sur plusieurs configurations japonaises documentées
Pneus225/80 R15 sur plusieurs versions japonaises 4WD 2,8 et 3,0
Vitesse maximale137 km/h pour un 2.5 TD GLX 4WD européen de 99 PS
0 à 100 km/hEnviron 20,5 s pour un 2.5 TD GLX 4WD européen de 99 PS
ConsommationEnviron 11,4 l/100 km sur cycle ECE pour un 2.5 TD GLX 4WD européen documenté
Réservoir75 l sur l’exemple européen 2.5 TD GLX 4WD documenté

Un habitacle modulable et plusieurs types de carrosserie

Le déplacement du moteur vers l’avant libère une organisation intérieure plus conventionnelle que sur le Mitsubishi L300. Mitsubishi exploite cette architecture pour faciliter la circulation entre les places avant et l’espace arrière. Selon les configurations, le L400 reçoit sept ou huit places et des sièges permettant différentes dispositions, certaines versions offrant notamment la possibilité d’orienter les occupants de deuxième rangée vers l’arrière.

La diversité des carrosseries constitue une autre caractéristique essentielle. Les dimensions changent suivant l’empattement, le toit et la transmission. Une configuration japonaise standard de 1994 peut mesurer 4 595 mm de long pour 1 695 mm de large et 2 800 mm d’empattement. La hauteur varie nettement : environ 1 855 mm pour certaines versions basses à deux roues motrices, autour de 1 950 mm avec certains toits Crystal Lite, et davantage encore sur plusieurs configurations 4WD.

Le Crystal Lite Roof est l’un des équipements les plus reconnaissables des versions japonaises haut de gamme. Ses surfaces vitrées intégrées dans la partie supérieure du pavillon renforcent la luminosité de l’habitacle et donnent au Delica Space Gear une identité immédiatement identifiable. Les finitions japonaises Exceed, Super Exceed ou Chamonix contribuent également à la diversité d’une gamme dont les équipements peuvent être très éloignés de ceux des Space Gear vendus officiellement en Europe.

Restylages et évolution jusqu’en 2007

Le L400 évolue sensiblement au cours de sa longue carrière. Un restylage important intervient en 1997 et permet de distinguer les premières voitures des modèles plus tardifs. La face avant est revue et plusieurs évolutions mécaniques ou de gestion de transmission accompagnent cette période suivant les motorisations. Une nouvelle évolution esthétique intervient encore au début des années 2000 au Japon.

Cette longévité explique la variété des codes de châssis associés au modèle. PA4W, PA5W, PB5W, PB6W, PC5W, PD4W, PD6W, PD8W, PE8W, PF6W ou PF8W figurent parmi ceux rencontrés dans la famille. Ces références permettent de différencier plus précisément les combinaisons de carrosserie, moteur et transmission, alors que l’appellation L400 reste trop générale pour identifier techniquement un véhicule.

La production japonaise du Delica Space Gear s’étend jusqu’en janvier 2007. Mitsubishi renouvelle alors profondément sa formule avec le Mitsubishi Delica D5. Le D:5 conserve l’idée d’un véhicule familial polyvalent à transmission intégrale, mais adopte une conception correspondant à une nouvelle génération, mettant fin à près de treize années de carrière du Space Gear japonais.

Comment reconnaître un Mitsubishi L400

Un L400 de première période se reconnaît d’abord à son compromis inhabituel entre proportions de monospace et attributs de 4×4. Le capot court mais nettement visible le sépare immédiatement du L300 à cabine avancée. La carrosserie demeure haute, les surfaces vitrées sont généreuses et la grande porte latérale coulissante dessert un habitacle conçu pour transporter plusieurs passagers sans sacrifier la modularité.

Sur les variantes 4WD, la garde au sol importante, les roues de plus grand diamètre et l’assiette surélevée renforcent encore cette identité. À l’inverse, certaines versions 2WD, basses et destinées à un usage essentiellement routier, paraissent beaucoup plus proches d’un monospace classique. Cette différence visuelle rappelle que « Mitsubishi L400 » recouvre une famille entière : le Space Gear européen et le Delica Space Gear japonais partagent une base et une génération communes, mais leurs moteurs, transmissions, équipements et configurations ne sont pas systématiquement interchangeables.