Présentée le 24 mai 2023, l’Aston Martin DB12 succède à la DB11 avec l’ambition de faire évoluer en profondeur la formule traditionnelle du grand tourisme britannique. Le constructeur la qualifie de « Super Tourer », une appellation destinée à souligner un caractère plus sportif sans renoncer au confort et aux capacités routières attendues d’une DB. Sous ses proportions familières, la DB12 associe un V8 biturbo de 680 ch à un châssis rigidifié, un différentiel électronique et un habitacle entièrement renouvelé.
Son lancement intervient à une date symbolique, celle du 110e anniversaire d’Aston Martin et des 75 ans de la lignée DB. La DB12 reste une propulsion à moteur avant et une 2+2, mais elle marque une rupture technologique suffisamment importante pour ne pas être considérée comme un simple restylage de l’Aston Martin DB11.
De la DB11 à la DB12
La DB12 conserve les fondamentaux de sa devancière, notamment une structure largement réalisée en aluminium et une architecture transaxle avec boîte de vitesses placée à l’arrière. Aston Martin intervient cependant sur de nombreux éléments structurels. Les modifications apportées au soubassement, aux traverses, à la cloison arrière et aux points de fixation permettent au constructeur d’annoncer une rigidité torsionnelle globale accrue de 7 %. Cette évolution offre une base plus rigide à la suspension et à la direction.
La transition est également importante sur le plan mécanique. Alors que la génération précédente existait en Aston Martin DB11 V8 et en V12, la DB12 est initialement lancée avec un seul moteur, un V8 4,0 litres biturbo. Aston Martin retravaille cette mécanique avec notamment des arbres à cames spécifiques, un refroidissement renforcé et des turbocompresseurs de plus grand diamètre.
Le résultat atteint 680 ch à 6 000 tr/min et 800 Nm disponibles entre 2 750 et 6 000 tr/min. Cette puissance est transmise aux seules roues arrière par une boîte automatique ZF à huit rapports. Le choix du V8 marque une évolution notable dans l’histoire récente des DB, puisque l’Aston Martin DB11 V12 incarnait encore la configuration à douze cylindres de la génération précédente.
Un châssis conçu pour une GT plus dynamique
La DB12 inaugure sur une DB un différentiel arrière électronique E-Diff. Son fonctionnement est intégré aux systèmes de contrôle dynamique de la voiture et permet de faire varier rapidement le verrouillage du différentiel. Cette solution doit concilier motricité à l’accélération, stabilité à haute vitesse et agilité dans les virages, plutôt que de privilégier uniquement le comportement d’une GT traditionnelle.
Les trains roulants reposent sur une double triangulation à l’avant et une architecture multibras à l’arrière. Les amortisseurs adaptatifs Bilstein DTX offrent une plage de réglage nettement élargie par rapport au système précédent. Cinq modes de conduite sont proposés, GT, Sport, Sport+, Wet et Individual, avec des réglages qui interviennent sur plusieurs paramètres dynamiques.
La direction à crémaillère bénéficie d’une assistance électrique variable et d’un rapport de 13,09:1. Aston Martin a conservé une colonne de direction non isolée afin de préserver la transmission des informations provenant du train avant. Le freinage standard emploie des disques acier ventilés de 400 mm à l’avant et 360 mm à l’arrière, avec respectivement des étriers à six et quatre pistons. Un système carbone-céramique est proposé en option, avec un gain annoncé de 27 kg sur les masses non suspendues.
La DB12 atteint 325 km/h et réalise officiellement le 0 à 100 km/h en 3,6 secondes dans la spécification constructeur. Certaines communications ont également mentionné 3,5 secondes, notamment autour de la valeur de 0 à 60 mph annoncée lors du lancement. Ces performances placent la voiture sensiblement au-delà de la DB11 V8 et participent au positionnement de « Super Tourer » revendiqué par Aston Martin.
Fiche technique de l’Aston Martin DB12
| Caractéristique | Aston Martin DB12 |
|---|---|
| Année de présentation | 2023 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2+2 |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | V8 essence à 90°, double turbo |
| Cylindrée | 3 982 cm³ |
| Alimentation | Injection directe, double turbocompresseur |
| Puissance maximale | 680 ch à 6 000 tr/min |
| Couple maximal | 800 Nm de 2 750 à 6 000 tr/min |
| Boîte de vitesses | Automatique ZF à 8 rapports |
| Différentiel | Différentiel arrière électronique E-Diff |
| Structure | Aluminium extrudé collé et panneaux composites |
| Suspension avant | Double triangulation indépendante |
| Suspension arrière | Multibras |
| Amortissement | Adaptatif Bilstein DTX |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique variable |
| Freins avant | Disques acier ventilés 400 x 36 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Disques acier ventilés 360 x 32 mm, étriers 4 pistons |
| Freins optionnels | Carbone-céramique |
| Jantes | 21 pouces forgées |
| Pneus | Michelin Pilot Sport 5 S spécifiques Aston Martin |
| Pneus avant | 275/35 ZR21 |
| Pneus arrière | 315/30 R21 au lancement, 325/30 ZR21 dans la fiche constructeur ultérieure |
| Longueur | 4 725 mm |
| Largeur maximale avec rétroviseurs | 2 135 mm |
| Hauteur | 1 295 mm |
| Empattement | 2 805 mm |
| Poids en ordre de marche | 1 788 kg selon la spécification UE avec options d’allégement |
| Répartition des masses | 48 % avant, 52 % arrière |
| 0 à 100 km/h | 3,6 s |
| Vitesse maximale | 325 km/h |
| Consommation WLTP combinée | 12,2 l/100 km |
| Émissions de CO2 WLTP | 276 g/km |
| Réservoir | 78 litres |
| Volume de coffre | 262 litres |
Un dessin familier mais profondément retravaillé
La silhouette conserve les codes historiques du grand tourisme Aston Martin avec un long capot, un habitacle rejeté vers l’arrière et des porte-à-faux contenus. La DB12 se distingue toutefois de la DB11 par une présence visuelle plus affirmée. Sa grande calandre redessinée occupe davantage d’espace, tandis que les projecteurs à LED adoptent une nouvelle signature. Les prises d’air du capot participent au refroidissement du V8 et les voies sont élargies de 6 mm à l’avant et de 22 mm à l’arrière par rapport à la DB11.
Les jantes forgées de 21 pouces participent à cette évolution des proportions. Elles reçoivent des Michelin Pilot Sport 5 S développés spécifiquement pour le modèle. La dimension arrière mérite une distinction chronologique : la documentation du lancement mentionnait des 315/30 R21, alors que la fiche constructeur ultérieure indique des 325/30 ZR21. Il s’agit donc de spécifications publiées à des moments différents plutôt que d’une valeur unique applicable sans distinction à toutes les DB12.
La carrosserie conserve également les portes dites Swan Wing, légèrement relevées lorsqu’elles s’ouvrent, les poignées affleurantes et des feux arrière particulièrement fins. L’ensemble reste immédiatement identifiable comme une Aston Martin, sans chercher la rupture stylistique totale malgré le changement de génération.
Un habitacle qui marque la véritable rupture
L’intérieur constitue l’une des différences les plus importantes avec la DB11. Aston Martin abandonne l’environnement multimédia hérité de technologies Mercedes au profit de son premier système d’infodivertissement développé en interne. Deux écrans de 10,25 pouces prennent place dans une planche de bord entièrement redessinée, avec connectivité moderne et possibilité de mises à jour à distance.
Le constructeur n’a cependant pas remplacé toutes les commandes par des surfaces tactiles. Des boutons physiques restent disponibles pour des fonctions fréquemment utilisées, notamment les réglages de climatisation et certaines commandes dynamiques. Cette organisation accompagne une console centrale beaucoup plus moderne que celle de la DB11, tout en maintenant une séparation claire entre interface numérique et commandes mécaniques.
La DB12 conserve une configuration 2+2 et un coffre de 262 litres, rappelant que sa vocation reste celle d’une GT utilisable sur de longues distances. L’installation audio standard compte onze haut-parleurs et développe 390 W. Un système Bowers & Wilkins à quinze haut-parleurs et 1 170 W figurait parmi les équipements optionnels proposés au lancement.
Une nouvelle branche de la famille DB
La DB12 coupé est le point de départ d’une famille rapidement élargie. Quelques mois après sa présentation apparaît l’Aston Martin DB12 Volante, qui reprend la philosophie générale et le V8 biturbo dans une carrosserie découvrable à capote textile. Les deux modèles doivent être distingués dans les données de poids et de carrosserie, même s’ils partagent une grande partie de leur base technique.
Une évolution plus sportive prend ensuite la forme de l’Aston Martin DB12 S. Sa puissance portée à 700 ch et ses évolutions dynamiques propres ne doivent pas être attribuées rétroactivement au coupé DB12 originel de 2023, qui développe 680 ch.
La DB12 poursuit ainsi une histoire moderne passée notamment par l’Aston Martin DB9 puis la DB11, mais elle modifie sensiblement l’équilibre de la formule. Elle conserve l’architecture traditionnelle d’une grande GT à moteur avant tout en rapprochant ses réglages de ceux d’une voiture de sport, avec une électronique de châssis plus élaborée et des performances qui auraient auparavant correspondu à des modèles Aston Martin plus exclusifs.
Commercialisation et positionnement
Les premières livraisons étaient annoncées pour le troisième trimestre 2023. En France, la DB12 V8 de 680 ch apparaît dans les références tarifaires de lancement autour de 226 891 euros hors options et coûts fiscaux additionnels. Elle n’est pas une série limitée et Aston Martin n’a pas communiqué de volume total propre au coupé standard permettant de lui attribuer une rareté de production particulière.
Son positionnement diffère aussi de celui de l’Aston Martin DBS Superleggera, qui représentait une interprétation plus radicale et plus puissante du grand tourisme Aston Martin. Avec la DB12, la marque cherche plutôt à intégrer davantage de performances dans son modèle DB central, sans abandonner les qualités de voyage, la configuration 2+2 et le raffinement qui définissent historiquement cette lignée.




