Dévoilée en juin 2018, l’Aston Martin DBS Superleggera prend la place de la Aston Martin Vanquish S au sommet de la gamme des grandes GT de la marque britannique. Son positionnement est clair : conserver le raffinement et l’aptitude aux longs parcours d’une Aston Martin à moteur avant tout en portant les performances à un niveau supérieur. Avec son V12 5,2 litres biturbo de 725 ch, ses 900 Nm et une vitesse maximale annoncée de 340 km/h, elle devient alors la Super GT de référence du constructeur.
Son nom associe deux éléments importants de l’histoire d’Aston Martin. DBS renvoie à l’Aston Martin DBS présentée en 1967, tandis que Superleggera évoque la technique de construction légère développée par la Carrozzeria Touring et associée à plusieurs Aston Martin historiques. Sur le modèle de 2018, le terme constitue cependant un hommage : Touring n’en assure pas la carrosserie.
Une Super GT développée à partir de la DB11
La DBS Superleggera appartient à la génération d’Aston Martin inaugurée par la Aston Martin DB11. Elle en reprend les principes structurels, notamment une architecture en aluminium collé, mais ne se résume pas à une DB11 plus puissante. Aston Martin retravaille la carrosserie, l’aérodynamique, les trains roulants, les freins, la transmission et le refroidissement afin d’obtenir une voiture plus performante et plus expressive.
La recherche de légèreté passe notamment par une utilisation importante de la fibre de carbone pour les panneaux extérieurs. Aston Martin annonçait un poids à sec minimal de 1 693 kg et un gain de 72 kg par rapport à la DB11 prise comme référence. Le moteur est installé en position avant-centrale, tandis que la boîte est placée à l’arrière selon une architecture transaxle. La répartition des masses annoncée atteint ainsi 51 % à l’avant et 49 % à l’arrière.
Le dessin est réalisé par les équipes d’Aston Martin sous la direction de Marek Reichman. La DBS se distingue immédiatement par sa calandre très ouverte, son capot sculpté doté d’extracteurs, ses épaules arrière prononcées et ses quatre sorties d’échappement. Elle conserve les proportions classiques d’une GT à moteur avant, mais avec une présentation nettement plus agressive que celle de la DB11.
Le suffixe Superleggera entretient volontairement un lien avec des modèles comme l’Aston Martin DB5, dont la carrosserie faisait appel au procédé historique de Touring. La DBS moderne n’utilise pas cette construction tubulaire traditionnelle : sa légèreté repose sur des technologies contemporaines, principalement l’aluminium et les composites.
Un V12 biturbo de 725 ch et 900 Nm
La DBS Superleggera reçoit le V12 biturbo de 5 204 cm³ d’Aston Martin dans une configuration particulièrement poussée. Il délivre 725 ch à 6 500 tr/min et surtout 900 Nm entre 1 800 et 5 000 tr/min. Les documents britanniques mentionnent également 715 bhp : il ne s’agit pas d’une autre version, mais de la même puissance exprimée selon une unité différente.
Ce V12 à 60 degrés est associé à une boîte automatique ZF à huit rapports implantée sur le train arrière. Un arbre de transmission en fibre de carbone passe dans un tube de couple en aluminium. La puissance est envoyée exclusivement aux roues arrière, avec un différentiel mécanique à glissement limité complété par un système de vectorisation dynamique du couple.
Par rapport à l’Aston Martin DB11 V12, la DBS Superleggera exploite donc la même famille de moteur mais avec des valeurs de puissance et de couple sensiblement supérieures dans sa configuration de lancement. Aston Martin annonce un 0 à 100 km/h en 3,4 secondes, un 0 à 100 mph, soit environ 161 km/h, en 6,4 secondes et une vitesse maximale de 211 mph, équivalente à environ 340 km/h.
Trois modes, GT, Sport et Sport Plus, permettent de modifier la réponse du groupe motopropulseur et le comportement du châssis. L’échappement actif à quatre sorties accompagne cette évolution du caractère, la DBS devant pouvoir passer d’une utilisation de grand tourisme à une conduite beaucoup plus dynamique sans abandonner sa vocation routière.
Châssis, freinage et aérodynamique
Le train avant repose sur des doubles triangles indépendants, tandis que l’arrière adopte une architecture multibras. Les quatre roues bénéficient d’un amortissement adaptatif piloté. Aston Martin utilise une technologie de type Skyhook dont la calibration évolue avec les modes GT, Sport et Sport Plus. La direction à crémaillère reçoit une assistance électrique dépendante de la vitesse.
Le freinage est confié de série à des disques carbone-céramique ventilés de 410 mm à l’avant et 360 mm à l’arrière. Les jantes forgées de 21 pouces reçoivent des Pirelli P Zero développés spécifiquement pour le modèle, en 265/35 R21 à l’avant et 305/30 R21 à l’arrière. Cette monte participe à la différence de caractère recherchée par rapport aux GT moins radicales de la gamme.
L’aérodynamique constitue également une partie importante du développement. Les ouvertures placées derrière les roues avant contribuent à évacuer l’air sous pression des passages de roue, tandis que l’Aeroblade II guide le flux d’air à l’arrière. Le soubassement et le double diffuseur complètent ce travail. Aston Martin revendiquait 180 kg d’appui à la vitesse maximale, ce qui représentait alors le niveau le plus élevé annoncé sur l’une de ses voitures de série.
Fiche technique de l’Aston Martin Dbs Superleggera
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Année de présentation | 2018 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2+2 |
| Architecture moteur | V12 à 60 degrés, double turbocompresseur |
| Cylindrée | 5 204 cm³ |
| Distribution | 48 soupapes, 4 arbres à cames en tête, calage variable |
| Taux de compression | 9,3:1 |
| Puissance maximale | 725 ch à 6 500 tr/min |
| Couple maximal | 900 Nm de 1 800 à 5 000 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant-central |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Automatique ZF à 8 rapports, architecture transaxle |
| Différentiel | Mécanique à glissement limité avec vectorisation dynamique du couple |
| Structure | Architecture en aluminium collé, panneaux extérieurs largement en fibre de carbone |
| Suspension avant | Doubles triangles indépendants, amortissement adaptatif |
| Suspension arrière | Multibras, amortissement adaptatif |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique variable |
| Freins avant | Carbone-céramique ventilés, 410 mm |
| Freins arrière | Carbone-céramique ventilés, 360 mm |
| Jantes | 21 pouces forgées |
| Pneus avant | 265/35 R21 |
| Pneus arrière | 305/30 R21 |
| Longueur | 4 712 mm |
| Largeur avec rétroviseurs | 2 146 mm |
| Hauteur | 1 280 mm |
| Empattement | 2 805 mm |
| Voie avant | 1 665 mm |
| Voie arrière | 1 645 mm |
| Poids | À partir de 1 693 kg à sec |
| Répartition des masses | 51 % avant, 49 % arrière |
| 0 à 100 km/h | 3,4 s |
| 0 à 100 mph | 6,4 s |
| Vitesse maximale | 340 km/h |
| Appui aérodynamique annoncé | 180 kg à la vitesse maximale |
Une DBS moderne qui reprend deux noms historiques
Lors de sa présentation le 26 juin 2018, Aston Martin insiste autant sur la nouveauté technique que sur la continuité historique. Le sigle DBS avait déjà désigné plusieurs générations très différentes. La DBS Superleggera de 2018 ne doit donc pas être confondue avec la DBS originelle de la fin des années 1960, ni avec la DBS V12 commercialisée entre 2007 et 2012. Elle constitue une génération indépendante, conçue autour de l’architecture moderne apparue avec la DB11.
La commercialisation débute avec des premières livraisons prévues au troisième trimestre 2018. Le tarif annoncé au lancement atteint 225 000 livres au Royaume-Uni et 304 995 dollars aux États-Unis. En France, le prix communiqué à l’époque se situait autour de 277 000 euros avant malus et options, plaçant clairement la DBS au-dessus de la DB11.
La carrière donne naissance à plusieurs séries spéciales. La TAG Heuer Edition est limitée à 50 exemplaires, la DBS 59 à 24 voitures, la Concorde Edition à 10 unités et la 007 Edition à 25 exemplaires. Cette dernière accompagne le lien traditionnel entre Aston Martin et James Bond, la DBS Superleggera apparaissant dans le film No Time To Die.
Une déclinaison Volante rejoint également la gamme en 2019. Elle reprend le V12 de 725 ch mais adopte une carrosserie découvrable et possède ses propres caractéristiques de masse et de performances. Elle ne doit donc pas être utilisée pour compléter indistinctement la fiche technique du coupé.
De Superleggera à la DBS 770 Ultimate
L’appellation évolue au cours de la carrière. Pour le millésime 2022, Aston Martin simplifie le nom commercial et abandonne le suffixe Superleggera : la voiture est alors présentée simplement comme DBS. Il s’agit toujours de la même génération, et non de l’apparition d’un modèle entièrement nouveau. Cette évolution explique pourquoi les exemplaires tardifs et certaines fiches commerciales utilisent uniquement le nom DBS.
La fin de carrière est annoncée en 2023 avec l’Aston Martin DBS 770 Ultimate. Cette série finale porte le V12 à 770 ch et reçoit des évolutions de châssis, de direction et de présentation. Sa production est limitée à 499 voitures, réparties entre 300 coupés et 199 Volante.
La production totale de la DBS Superleggera standard n’a pas fait l’objet d’un chiffre définitif suffisamment établi pour servir de référence. Les séries spéciales disposent en revanche de volumes annoncés précisément, ce qui permet de les distinguer clairement de la production régulière. Avec la 770 Ultimate, Aston Martin met un terme en 2023 à cette génération de DBS et à cinq années d’évolution de sa Super GT V12 à moteur avant.




