La Ferrari 456 GTA est la déclinaison automatique de la grande GT 2+2 lancée par Ferrari au début des années 1990. Apparue en 1996, elle associe un V12 atmosphérique de 5,5 litres à une boîte automatique à quatre rapports. Son intérêt ne réside donc pas seulement dans ses performances, mais dans une proposition alors inhabituelle à Maranello : offrir le caractère d’un coupé V12 capable de dépasser 290 km/h avec une conduite plus souple et plus accessible au quotidien.
La lettre A permet de la distinguer de la Ferrari 456 GT, équipée d’une boîte manuelle. Les deux modèles partagent la même architecture générale, le même moteur V12 et une carrosserie 2+2 dessinée par Pininfarina, mais ils ne répondent pas exactement au même usage. La GT privilégie une relation plus directe avec la mécanique, tandis que la GTA met l’accent sur la fluidité et le confort de conduite.
Une grande routière V12 dans la tradition Ferrari
La 456 trouve son origine dans la volonté de Ferrari de renouer avec la grande voiture de voyage à moteur avant et quatre places. La 456 GT est présentée au Salon de l’automobile de Paris en 1992, plusieurs années après l’arrêt de la Ferrari 412. Elle marque ainsi le retour d’une lignée de coupés conçus pour parcourir de longues distances rapidement, sans adopter la configuration à moteur central des berlinettes les plus sportives de la marque.
Son style est confié à Pininfarina. La silhouette repose sur un long capot, un habitacle reculé et une poupe relativement haute, avec des références visuelles aux Ferrari 365 GTB/4 Daytona et 365 GTC/4. Contrairement à certains modèles plus démonstratifs de la même époque, la 456 conserve une présentation sobre. Ses lignes recherchent davantage l’équilibre d’une grande GT que l’agressivité d’une voiture de circuit.
La 456 GTA rejoint la gamme en 1996. Elle ne constitue pas un modèle entièrement séparé, mais une adaptation de la 456 à une clientèle recherchant une transmission automatique. Ce choix est important dans le contexte des années 1990, lorsque les boîtes automatiques sont encore rarement associées aux Ferrari de série et restent souvent perçues comme moins sportives que les boîtes manuelles.
Un V12 atmosphérique de 5 474 cm³
La Ferrari 456 GTA reçoit un moteur V12 atmosphérique installé longitudinalement à l’avant. Ouvert à 65 degrés, il affiche une cylindrée exacte de 5 473,91 cm³. Ferrari annonce une puissance de 325 kW, soit 442 ch à 6 250 tr/min, et un couple maximal de 550 Nm à 4 500 tr/min.
La dénomination 456 fait directement référence à la cylindrée unitaire du moteur. Chaque cylindre représente précisément 456,16 cm³. Cette méthode de désignation reprend une tradition historique de Ferrari, utilisée sur plusieurs modèles antérieurs pour établir un lien immédiat entre le nom de la voiture et les caractéristiques de son moteur.
La position avant du V12 ne transforme pas pour autant la 456 GTA en simple coupé de luxe. La propulsion, le niveau de puissance et la conception du châssis maintiennent une forte orientation sportive. L’objectif reste toutefois différent de celui d’une Ferrari à moteur central : la 456 GTA privilégie la stabilité à haute vitesse, l’allonge mécanique et la capacité à transporter quatre occupants dans de bonnes conditions.
Une boîte automatique à quatre rapports spécifique
La principale différence entre la 456 GTA et la version manuelle réside dans sa transmission automatique à quatre rapports. Sa gestion électronique analyse les conditions de conduite et adapte les changements de vitesse au rythme imposé par le conducteur. Ferrari indique également que son fonctionnement ne repose pas sur un mode de kick-down distinct comparable à celui de nombreuses boîtes automatiques classiques.
Avec seulement quatre rapports, cette transmission peut sembler simple au regard des boîtes modernes. Elle doit cependant être replacée dans son époque. Au milieu des années 1990, une boîte automatique capable de gérer le couple d’un V12 de 550 Nm tout en conservant les performances d’une Ferrari représente une solution technique particulière. Son étagement exploite davantage la souplesse et la réserve de couple du moteur que la multiplication des changements de rapport.
La GTA ne cherche donc pas à reproduire exactement les sensations de la version manuelle. Elle propose une autre interprétation de la 456, plus cohérente avec son statut de grande routière. Les accélérations restent rapides, mais la transmission favorise une progression continue plutôt qu’une implication permanente du conducteur dans le choix des rapports.
Performances de la Ferrari 456 GTA
Ferrari annonce une vitesse maximale supérieure à 298 km/h. Le passage de 0 à 100 km/h est donné pour 5,5 secondes, tandis que le 400 mètres départ arrêté demande 13,6 secondes. Le kilomètre départ arrêté est annoncé en 23,7 secondes.
- Puissance maximale : 442 ch à 6 250 tr/min
- Couple maximal : 550 Nm à 4 500 tr/min
- Vitesse maximale annoncée : plus de 298 km/h
- 0 à 100 km/h annoncé : 5,5 secondes
- 400 mètres départ arrêté : 13,6 secondes
- 1 000 mètres départ arrêté : 23,7 secondes
Ces chiffres illustrent le positionnement singulier de la voiture. La 456 GTA n’est pas conçue comme une version assagie ou peu performante de la 456. Malgré sa boîte automatique et son poids supérieur à celui d’une berlinette compacte, elle conserve des performances qui la placent parmi les grandes GT les plus rapides de son époque.
Un essai publié par MotorTrend en 1997 a relevé un 0 à 60 mph en 4,9 secondes, un quart de mile en 13,3 secondes à 105,2 mph et une vitesse maximale de 177 mph, soit environ 285 km/h. Ces valeurs correspondent aux mesures de ce magazine dans ses propres conditions d’essai. Elles ne remplacent donc pas les chiffres officiels communiqués par Ferrari.
Dimensions, poids et architecture
La 456 GTA mesure 4 730 mm de long, 1 920 mm de large et 1 300 mm de haut. Son empattement atteint 2 600 mm. Ferrari annonce un poids à sec de 1 770 kg et une capacité de réservoir de 110 litres.
- Longueur : 4 730 mm
- Largeur : 1 920 mm
- Hauteur : 1 300 mm
- Empattement : 2 600 mm
- Poids à sec annoncé : 1 770 kg
- Capacité du réservoir : 110 litres
Ces proportions traduisent clairement sa vocation. La longueur et l’empattement permettent d’intégrer deux places arrière, tandis que le grand réservoir correspond à l’usage d’une voiture destinée aux longs trajets. L’habitabilité arrière reste celle d’un coupé 2+2, et non celle d’une berline, mais elle distingue nettement la 456 GTA des Ferrari strictement biplaces.
Le moteur avant et la propulsion s’inscrivent dans une architecture traditionnelle de grand tourisme. Cette configuration favorise une ligne de capot basse et allongée, tout en réservant davantage d’espace à l’habitacle. Elle contribue aussi à donner à la 456 une identité visuelle et dynamique différente de celle des modèles Ferrari à moteur central produits au même moment.
Une présentation pensée pour voyager
L’habitacle de la 456 GTA combine les codes d’une Ferrari V12 avec ceux d’un coupé de grand tourisme. La présence de quatre places, d’une transmission automatique et d’un réservoir de grande capacité répond à une logique de polyvalence. La voiture peut être utilisée sur de longues distances sans renoncer à la puissance et à la vitesse attendues d’un modèle de Maranello.
Cette orientation ne signifie pas que la 456 GTA soit une voiture ordinaire à conduire. Ses dimensions, ses performances et la puissance transmise aux roues arrière exigent toujours de la mesure. La boîte automatique réduit la charge de travail du conducteur, notamment en circulation dense, mais elle ne modifie pas la nature fondamentale de la voiture : celle d’une propulsion V12 de plus de 440 ch.
456 GTA et 456M GTA : deux modèles à ne pas confondre
La première génération de la 456 est produite jusqu’en 1998. Elle est ensuite remplacée par une version modernisée, identifiable par la lettre M. La Ferrari 456M GTA poursuit le principe de la transmission automatique, mais elle appartient à la seconde phase de la carrière du modèle. Présenter toute 456 automatique comme une simple GTA sans préciser sa génération peut donc créer une confusion.
La gamme restylée comprend également la Ferrari 456M GT à boîte manuelle. Cette évolution de 1998 permet à Ferrari de prolonger la carrière de sa grande 2+2 avant l’arrivée de la 612 Scaglietti. Pour identifier correctement un exemplaire, il faut donc distinguer quatre appellations principales : 456 GT, 456 GTA, 456M GT et 456M GTA.
Cette distinction est aussi importante pour comprendre les chiffres de production. Les données attribuées à une 456 GTA de première génération ne doivent pas être étendues automatiquement à la 456M GTA. Les deux versions appartiennent à la même famille, mais correspondent à des périodes et à des séries de production différentes.
Une production limitée à 403 exemplaires
Selon RM Sotheby’s, la production de la Ferrari 456 GTA de première génération s’élève à 403 exemplaires. Ce volume réduit en fait une version nettement plus rare que ne pourrait le laisser penser la diffusion globale de la famille 456.
Cette rareté s’explique notamment par sa courte période de commercialisation, entre son lancement en 1996 et l’arrivée de la gamme 456M en 1998. Elle reflète aussi le positionnement particulier de la voiture. À cette époque, une partie de la clientèle Ferrari reste attachée à la boîte manuelle, tandis que les acheteurs recherchant une grande GT automatique disposent d’un choix plus large chez d’autres constructeurs de prestige.
Le chiffre de production ne suffit toutefois pas, à lui seul, à déterminer l’intérêt ou la valeur d’un exemplaire. L’état général, l’historique d’entretien, la conformité de la voiture et le fonctionnement de sa transmission restent essentiels. La rareté accroît l’intérêt historique du modèle, mais elle peut aussi rendre certaines interventions ou recherches de pièces plus exigeantes.
La place de la 456 GTA dans l’histoire de Ferrari
La 456 GTA occupe une position charnière dans l’histoire des Ferrari de grand tourisme. Elle démontre qu’une Ferrari à moteur V12 peut proposer quatre places et une boîte automatique sans abandonner des performances de premier plan. Elle anticipe ainsi une évolution durable de la gamme, dans laquelle la facilité d’utilisation prend progressivement plus d’importance.
Les grandes Ferrari 2+2 suivantes adopteront des transmissions de plus en plus rapides et sophistiquées. Plusieurs générations plus tard, la Ferrari GTC4Lusso prolongera cette idée d’une Ferrari V12 capable de transporter quatre personnes, avec une technologie et une polyvalence très supérieures. La 456 GTA reste néanmoins l’un des premiers exemples modernes d’une Ferrari associant clairement très haute performance et transmission automatique.
Son attrait tient finalement à cet équilibre. Elle conserve la ligne élégante d’une grande Pininfarina, le caractère d’un V12 atmosphérique et des performances proches de 300 km/h, tout en proposant une conduite différente de celle de la 456 manuelle. Pour comprendre précisément le modèle, il faut retenir trois éléments : son lancement en 1996, sa boîte automatique à quatre rapports et sa production limitée à 403 unités avant le passage à la 456M.











