Ferrari 500 Superfast

Ferrari 500 Superfast

Présentée au Salon de l’automobile de Genève en 1964, la Ferrari 500 Superfast est une grande routière à moteur V12 conçue pour une clientèle recherchant à la fois des performances très élevées, un confort soigné et une fabrication particulièrement exclusive. Avec son moteur de cinq litres développant 400 ch et sa vitesse maximale annoncée de 280 km/h, elle figure parmi les Ferrari de route les plus rapides et les plus prestigieuses de son époque.

La 500 Superfast dérive de la 400 Superamerica, mais pousse plus loin la logique du coupé de grand tourisme. Elle ne cherche pas à reproduire le caractère dépouillé d’une voiture de compétition. Ferrari privilégie ici une carrosserie élégante, un empattement favorable au confort et une mécanique capable de maintenir des vitesses élevées sur de longues distances.

Une Ferrari conçue pour le grand tourisme de très haut niveau

Au début des années 1960, Ferrari propose déjà plusieurs familles de modèles aux missions très différentes. Le nombre 500 ne désigne pas nécessairement une filiation directe entre les voitures qui le portent. La Ferrari 500 Mondial, par exemple, est une sportive de compétition radicalement différente de la 500 Superfast, tant par sa mécanique que par son usage.

La même distinction s’applique à la Ferrari 500 TR. Dans la nomenclature historique de la marque, les chiffres peuvent renvoyer à des logiques techniques différentes selon les périodes et les gammes. La 500 Superfast doit donc être considérée avant tout comme l’aboutissement d’une lignée de grandes Ferrari de route luxueuses, et non comme une évolution des modèles de course portant le même nombre.

Sa carrosserie est dessinée par Pininfarina. Elle reprend l’approche aérodynamique de la 400 Superamerica Coupé Aerodinamico tout en l’affinant. Le long capot, le pavillon bas et la poupe étirée donnent à la voiture une silhouette plus fluide que massive, malgré ses dimensions importantes.

Un V12 de cinq litres développant 400 ch

Le cœur de la Ferrari 500 Superfast est un V12 à 60 degrés installé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée exacte atteint 4 962,96 cm³, avec un alésage de 88 mm et une course de 68 mm. Ferrari présente cette mécanique comme une réalisation particulière réunissant des travaux associés à Gioachino Colombo et Aurelio Lampredi, deux ingénieurs majeurs de l’histoire des moteurs V12 de la marque.

Alimenté par trois carburateurs Weber double corps 40 DCZ/6, ce moteur développe 400 ch à 6 500 tr/min. Le taux de compression est de 8,8:1. Ces valeurs, ainsi que les principales dimensions du modèle, figurent dans la fiche officielle de la Ferrari 500 Superfast.

La puissance est transmise aux roues arrière. Les voitures de la première série reçoivent une boîte manuelle à quatre rapports complétée par un overdrive, une solution adaptée à une automobile destinée aux longs trajets rapides. La seconde série adopte ensuite une boîte à cinq rapports.

CaractéristiqueDonnée
MoteurV12 à 60 degrés, position longitudinale avant
Cylindrée4 962,96 cm³
Puissance400 ch à 6 500 tr/min
AlimentationTrois carburateurs Weber double corps 40 DCZ/6
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesQuatre rapports avec overdrive, puis cinq rapports
Vitesse maximale annoncée280 km/h
Poids à sec annoncé1 400 kg

Des performances remarquables, mais sans chiffre officiel pour le 0 à 100 km/h

Ferrari annonce une vitesse maximale de 280 km/h, une valeur exceptionnelle pour une automobile de route commercialisée au milieu des années 1960. Cette performance repose autant sur la puissance du V12 que sur le travail aérodynamique de la carrosserie et sur les rapports de transmission adaptés aux vitesses élevées.

Les sources officielles ne donnent toutefois pas de temps d’accélération de 0 à 100 km/h. Certaines bases de données automobiles proposent des estimations, mais elles ne doivent pas être présentées comme des mesures d’usine. Pour décrire les performances de la 500 Superfast avec précision, la vitesse maximale annoncée reste donc la donnée la plus solide.

La voiture repose sur un cadre tubulaire en acier et utilise quatre freins à disque. Sa conception reste traditionnelle pour une Ferrari de cette période, mais elle est adaptée à la puissance disponible et au positionnement de grande routière. Le réservoir de 100 litres souligne également sa vocation de modèle capable de parcourir de longues distances.

Des dimensions généreuses pour une Ferrari deux places

La Ferrari 500 Superfast mesure 4 820 mm de long, 1 730 mm de large et 1 280 mm de haut. Son empattement atteint 2 650 mm. Ces proportions permettent d’aménager un habitacle deux places plus accueillant que celui d’une sportive strictement orientée vers la compétition.

Le poids à sec annoncé est de 1 400 kg. Ce chiffre peut paraître important face aux voitures de course contemporaines, mais il correspond à la présence d’équipements de confort, à une carrosserie plus imposante et à une finition répondant aux attentes d’une clientèle fortunée. La 500 Superfast ne recherche donc pas la légèreté absolue. Elle mise sur la souplesse du V12, la stabilité et la capacité à rouler rapidement sans sacrifier le raffinement.

Cette philosophie se retrouvera plus tard sur d’autres coupés V12 de la marque. La Ferrari 400 GT prolongera notamment l’idée d’une Ferrari à moteur avant pensée pour le voyage, avec une approche plus moderne du confort et de l’habitabilité.

Deux séries et une production extrêmement limitée

La production se divise en deux séries. Selon le décompte présenté par Ferrari, la première comprend 25 voitures équipées de la boîte à quatre rapports avec overdrive. Une seconde série de 12 exemplaires apparaît en 1966 avec une boîte à cinq rapports.

L’addition de ces deux chiffres conduit à un total de 37 voitures. Une divergence subsiste toutefois entre les sources reconnues. Ferrari et Artcurial retiennent ce décompte, tandis que RM Sotheby’s indique 36 exemplaires construits jusqu’à la fin de 1966. Il est donc plus rigoureux d’évoquer une production de 36 ou 37 unités selon la méthode de comptage retenue, plutôt que d’affirmer un total totalement incontestable.

Cette production réduite s’explique par le positionnement du modèle. La 500 Superfast n’était pas destinée à devenir une Ferrari diffusée en grande série. Elle s’adressait à un cercle restreint d’acheteurs capables de commander une automobile coûteuse, puissante et réalisée avec un haut niveau de personnalisation.

La signification du nom Superfast

Le terme Superfast avait déjà été employé par Ferrari pour des prototypes et des voitures de salon. La 500 Superfast est cependant considérée comme le premier modèle de production à porter officiellement cette appellation. Le nom résume directement sa promesse: associer une vitesse de pointe exceptionnelle à la sophistication d’un coupé de prestige.

Ferrari réutilisera bien plus tard ce vocabulaire pour la Ferrari 812 Superfast. Les deux modèles sont séparés par plus d’un demi-siècle et reposent sur des technologies sans commune mesure, mais ils partagent une même architecture générale de grande Ferrari V12 à moteur avant et une appellation destinée à mettre en avant leurs performances.

Une place particulière parmi les Ferrari V12 de route

La 500 Superfast occupe une position singulière dans l’histoire de Ferrari. Elle se situe à la rencontre de deux mondes: celui des automobiles produites en quantités presque artisanales pour des clients privilégiés et celui des grandes GT capables d’atteindre des vitesses jusque-là réservées à des machines beaucoup plus radicales.

Son intérêt ne repose donc pas uniquement sur sa rareté. Le modèle illustre une période durant laquelle Ferrari pouvait développer une mécanique spécifique de près de cinq litres, l’installer dans un châssis de grand tourisme et confier à Pininfarina la création d’une carrosserie à la fois sobre et spectaculaire.

La continuité de cette formule se retrouve dans des modèles ultérieurs comme la Ferrari 456 GT, autre coupé V12 à moteur avant conçu pour associer vitesse, confort et aptitude au voyage. La 500 Superfast demeure toutefois beaucoup plus exclusive, avec une production limitée à quelques dizaines d’exemplaires et une mécanique étroitement liée à l’âge d’or des V12 Ferrari à carburateurs.