Histoire de la marque Almac

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Almac est un petit constructeur néo-zélandais dont l’origine remonte à 1971, lorsque l’entrepreneur Alex McDonald crée à Upper Hutt une entreprise spécialisée dans les matériaux composites. L’automobile n’est alors pas son activité principale, mais la maîtrise de la fibre de verre acquise dans cet atelier fournit quelques années plus tard la base technique d’une aventure consacrée aux voitures de sport artisanales. À partir des années 1980, Almac se fait surtout connaître avec la 427SC, inspirée de la célèbre Cobra, avant de développer des modèles davantage conçus en interne. Restée fidèle à une production de faible volume, l’entreprise traverse ensuite les transformations du marché du kit-car avant de changer de propriétaire en 2024.

1971 : Alex McDonald fonde Almac Reinforced Plastics à Upper Hutt

L’histoire commence en Nouvelle-Zélande avec Alex McDonald, qui fonde Almac Reinforced Plastics à Upper Hutt en 1971. L’entreprise travaille initialement la fibre de verre pour des applications industrielles. Cette activité peut sembler éloignée de la construction automobile, mais elle donne à McDonald une compétence déterminante pour la suite : la fabrication de pièces et de carrosseries en matériaux composites.

Almac n’est donc pas créée dès l’origine comme une marque automobile. Son passage à la voiture de sport résulte plutôt de la rencontre entre un savoir-faire industriel et l’intérêt de son fondateur pour les automobiles artisanales. Cette particularité explique une grande partie de son développement futur, fondé sur des carrosseries composites, des châssis spécifiques et l’utilisation raisonnée d’organes mécaniques provenant de modèles de grande série.

1981 : un projet de Cobra rapproche Alex McDonald et Grahame Berry

Au début des années 1980, l’activité automobile prend forme lorsque McDonald s’associe à Grahame Berry, ingénieur et constructeur néo-zélandais. Leur objectif est de réaliser une interprétation de la spectaculaire 427SC associée à Shelby et à AC Cars. Almac apporte notamment sa maîtrise des carrosseries en fibre de verre, tandis que Berry intervient sur le développement du châssis.

Le projet dépasse rapidement le cadre d’une réalisation isolée. Il fournit à Almac un produit autour duquel une véritable activité automobile peut être structurée. Entre le lancement du projet et sa commercialisation, plusieurs années sont nécessaires pour mettre au point une voiture pouvant être proposée à des clients dans l’esprit du marché néo-zélandais du kit-car.

1984 : la 427SC donne naissance à Almac Cars

En mars 1984, la première Almac 427SC est présentée au National Hot Rod Show. L’accueil marque un tournant : 17 exemplaires sont vendus durant la première année et l’activité automobile prend officiellement la forme d’Almac Cars. La 427SC devient dès lors le modèle autour duquel se construit la réputation de l’entreprise.

Son importance tient moins à une innovation technique isolée qu’à sa capacité à transformer le savoir-faire d’Almac en activité commerciale durable. La voiture reprend l’esprit d’une Cobra 427, avec une carrosserie spectaculaire et une architecture adaptée à une production artisanale. Elle restera associée au nom Almac pendant plusieurs décennies et constituera le fil conducteur de l’entreprise malgré les changements successifs de gamme.

1986 : l’Almac TC élargit la gamme au-delà de la 427SC

Deux ans après la création d’Almac Cars, McDonald cherche à ne pas dépendre d’un seul modèle. L’entreprise lance alors l’Almac TC, un petit roadster dont le style évoque les sportives britanniques classiques, notamment certaines MG d’avant et d’après-guerre. Sa conception utilise des éléments provenant de la Triumph Herald, une solution cohérente avec le fonctionnement du secteur du kit-car, où des composants mécaniques éprouvés permettent de limiter les coûts de développement.

Environ 25 kits sont vendus en deux ans. Le volume reste modeste, mais la TC est importante dans la trajectoire d’Almac parce qu’elle montre que l’entreprise peut créer une seconde proposition automobile et ne pas rester cantonnée à une interprétation de la Cobra. Elle ouvre ainsi la voie à des projets dont la conception devient progressivement plus personnelle.

1989 : l’Almac TG marque le passage à une conception plus autonome

Avec l’Almac TG, lancée en 1989, l’entreprise franchit une nouvelle étape. Pour la première fois, Almac conçoit à la fois la carrosserie et le châssis d’un modèle. Cette évolution est significative : le constructeur ne se contente plus d’adapter une silhouette historique ou de combiner des éléments existants, mais affirme davantage ses propres capacités d’ingénierie.

La TG reste toutefois une automobile de niche. Environ seize exemplaires sont produits avant l’arrêt du modèle au début des années 1990. Son rôle historique ne réside donc pas dans son succès commercial, mais dans ce qu’elle révèle de l’évolution d’Almac : après s’être fait connaître par une réplique, la petite entreprise néo-zélandaise cherche désormais à développer des voitures ayant une identité technique plus indépendante.

1994 : le Sabre confronte Almac à un marché automobile en mutation

Cette ambition se concrétise davantage avec l’Almac Sabre, commercialisé en 1994 et développé avec Stuart McDonald. Contrairement aux modèles d’inspiration rétro qui avaient marqué les débuts de la marque, le Sabre se présente comme une sportive moderne. Il représente l’une des tentatives les plus ambitieuses d’Almac pour proposer une automobile distincte des répliques qui avaient nourri le marché du kit-car durant les années précédentes.

Le contexte commercial joue cependant contre lui. Durant les années 1990, la Nouvelle-Zélande voit affluer des voitures japonaises d’occasion à des prix attractifs. Parmi elles, la Mazda MX-5 offre une sportive légère, fiable et directement utilisable pour un coût pouvant concurrencer celui d’une voiture artisanale à assembler ou à faire construire. Cette évolution réduit fortement l’intérêt économique du kit-car traditionnel et pèse sur les ventes du Sabre.

Almac ne disparaît pas pour autant. L’entreprise conserve une structure légère et poursuit son activité en adaptant progressivement ses produits à un environnement où les constructeurs artisanaux doivent désormais rivaliser avec des sportives de série accessibles.

2002 : le Clubsprint et le Sabre Series 2 renouvellent l’offre

En 2002, Almac engage une nouvelle phase de renouvellement. Le constructeur lance le Clubsprint, une sportive légère inspirée du principe popularisé par la Lotus Seven : faible poids, architecture simple et priorité donnée aux sensations de conduite. Les premières versions exploitent notamment des composants issus de la Ford Escort, dans la continuité des méthodes de construction artisanales de la marque.

La même période voit apparaître une évolution profonde du Sabre. La Series 2 reçoit un nouveau châssis et adopte notamment un V8 provenant de Lexus. Cette refonte montre qu’Almac cherche à maintenir son modèle le plus personnel malgré un marché devenu nettement moins favorable aux petites séries.

À la fin des années 2000, le Clubsprint est lui aussi adapté. Une version plus large fait davantage appel à des composants de Mazda MX-5, devenus abondants et bien adaptés aux besoins d’un constructeur artisanal. Le Sabre, en revanche, ne parvient pas à trouver un volume suffisant et sa production s’arrête en 2010. Almac se recentre alors sur les projets capables de rester viables à très petite échelle, tandis que la 427SC conserve une place essentielle dans son activité.

2024 : Matamata Panelworks rachète Almac Cars et relance son développement

Le 31 mai 2024 constitue le changement de propriété le plus important de l’histoire d’Almac. Matamata Panelworks, entreprise dirigée par Malcolm Sankey, rachète Almac Cars. L’activité quitte Upper Hutt, berceau historique de la société, pour être transférée à Matamata. Après plusieurs décennies sous l’impulsion de la famille McDonald, la marque entre ainsi dans une nouvelle phase.

La nouvelle direction choisit de conserver le modèle qui a établi la réputation d’Almac tout en le faisant évoluer. La 427SC fait l’objet d’un travail de modernisation et de réingénierie destiné à poursuivre sa production dans un cadre contemporain. Almac Cars reste donc une marque automobile active en Nouvelle-Zélande, désormais intégrée à Matamata Panelworks. Des projets autour d’une GT40 et d’une nouvelle évolution du Clubsprint sont également annoncés, mais la continuité historique de l’entreprise repose toujours principalement sur cette tradition de voitures de sport artisanales qui a commencé avec la 427SC au début des années 1980.