
Arash est un constructeur britannique de supercars né à la fin des années 1990 autour d’Arash Farboud, entrepreneur passionné de voitures de très hautes performances. D’abord connue sous le nom Farboud, l’entreprise s’est développée dans le Cambridgeshire autour de prototypes à moteur central avant d’adopter le prénom de son fondateur comme identité commerciale. Son parcours reste celui d’un micro-constructeur : peu de voitures produites, mais plusieurs projets ambitieux, du Farboud GTS aux AF8 et AF10, puis une orientation vers l’électrification avec Imperium et AFX.
1999 : Arash Farboud lance son projet de supercar britannique
La naissance de la marque trouve son origine dans la passion d’Arash Farboud pour les voitures de compétition et les supercars. Le passage des Porsche 911 GT1 aux 24 Heures du Mans en 1998 compte parmi les éléments qui l’incitent à imaginer sa propre voiture. Les premiers travaux sont encore très artisanaux, avec notamment l’utilisation d’un châssis provenant d’Ultima comme base de développement.
Le constructeur retient 1999 comme année de fondation de Farboud Limited. Il convient toutefois de distinguer cette naissance du projet de sa constitution juridique : la société Farboud Limited est officiellement enregistrée au Royaume-Uni le 27 novembre 2000. Installée dans la région de Cambridge, elle se donne dès l’origine pour objectif de concevoir des sportives à moteur central en très petite série, loin des volumes d’un constructeur automobile traditionnel.
2002 : la Farboud GT fait passer le projet du garage au salon automobile
La première réalisation publique de l’entreprise apparaît en 2002 à l’Autosport International de Birmingham. Cette voiture, généralement connue sous le nom de Farboud GT et aujourd’hui répertoriée par la marque parmi ses anciens projets sous l’appellation LM, constitue une étape fondatrice. Pour la première fois, Farboud ne se limite plus à une construction personnelle : la société expose une automobile dessinée et développée sous son propre nom.
Cette première voiture fixe aussi plusieurs caractéristiques qui resteront associées à l’entreprise : architecture de supercar, production artisanale, recherche de légèreté et volonté de rivaliser, au moins dans l’esprit, avec des automobiles beaucoup plus coûteuses issues de constructeurs établis.
2003 : le Farboud GTS professionnalise la jeune entreprise
Présenté sous forme de concept en 2003, le Farboud GTS marque le premier véritable effort d’industrialisation. Le projet prend une ampleur bien supérieure à celle de la première voiture. L’équipe grandit temporairement, des moyens d’essai professionnels sont mobilisés et des spécialistes extérieurs participent au développement. Lotus fait notamment partie des entreprises associées à cette phase de mise au point.
Le GTS doit alors transformer Farboud en constructeur capable de commercialiser une supercar aboutie. Mais cette professionnalisation révèle rapidement la principale difficulté du modèle économique. Les coûts de développement sont élevés et la fabrication d’une voiture sophistiquée en très petite quantité rend son prix difficile à maîtriser. L’entreprise réduit finalement ses effectifs et cherche une solution permettant de poursuivre le projet avec une structure plus légère.
2006 : le projet GTS est cédé et Arash adopte une nouvelle identité
La trajectoire de la société change profondément au milieu des années 2000. Une structure distincte conduite par Chris Marsh reprend le développement du GTS avec l’objectif de rendre sa production plus réaliste, notamment en simplifiant certains choix mécaniques. Arash Farboud se sépare progressivement de ce projet et choisit de repartir autour d’une nouvelle supercar commercialisée sous son propre prénom.
Cette distinction est importante pour comprendre la suite. Le GTS poursuit sa carrière en dehors de l’entreprise d’Arash Farboud, d’abord sous la marque Farbio. Farbio sera ensuite rachetée par Ginetta en 2010, et cette lignée technique évoluera jusqu’à la Ginetta G60. Il ne s’agit donc pas d’un rachat d’Arash Motor Company elle-même.
Le nom Arash Cars commence à être utilisé publiquement dès 2006. Sur le plan juridique, Farboud Limited ne devient toutefois Arash Motor Company Limited que le 8 janvier 2008. La différence entre ces deux dates explique pourquoi certaines histoires de la marque situent le changement de nom en 2006 et d’autres en 2008.
2009 : l’AF10 affirme les ambitions de la nouvelle marque Arash
Après cette rupture avec le GTS, Arash concentre ses efforts sur l’AF10. Présentée en 2009 dans une configuration animée par un V8 de 7 litres dérivé de la Corvette Z06, elle doit incarner le renouveau du constructeur. Sa conception place clairement Arash dans le domaine des supercars à moteur central, avec une carrosserie très basse et une utilisation importante de matériaux légers.
L’AF10 devient surtout le projet autour duquel Arash construit sa réputation après l’abandon du nom Farboud. Elle montre l’ambition technique du constructeur, mais aussi les limites inhérentes à une entreprise de cette taille : contrairement aux modèles de constructeurs établis, l’AF10 ne débouche pas sur une production industrielle significative. Chez Arash, le développement de prototypes et de voitures réalisées en nombre extrêmement limité reste au coeur de l’activité.
2014 : l’AF8 concrétise une approche plus réaliste de la petite série
Avec l’AF8 dévoilée en 2014, Arash présente une supercar moins expérimentale dans son principe. Elle conserve un V8 atmosphérique, une structure faisant largement appel aux matériaux composites et une architecture traditionnelle de voiture de sport à moteur central, mais elle est pensée comme une automobile susceptible d’être fabriquée sur commande en très petite série.
L’AF8 est également importante parce que des exemplaires roulants sont montrés publiquement. La marque participe notamment à des démonstrations à Goodwood, dont plusieurs montées en 2015. Ces apparitions ne constituent pas un véritable programme de compétition et il serait excessif de présenter Arash comme une marque forgée par la course. Elles contribuent néanmoins à donner une existence publique concrète à l’AF8 et à démontrer que l’entreprise ne se limite pas à des études numériques ou à des maquettes de salon.
2016 : l’AF10 hybride place Arash dans la course aux hypercars extrêmes
Arash transforme profondément l’AF10 à l’occasion du Salon de Genève 2016. La nouvelle version combine un V8 suralimenté et quatre moteurs électriques. La marque revendique alors une puissance cumulée de 2 080 bhp, soit plus de 2 000 ch, et adopte une architecture hybride particulièrement ambitieuse pour un constructeur indépendant de cette taille.
Cette AF10 hybride apporte à Arash une visibilité internationale beaucoup plus importante que ses projets précédents. Elle associe désormais le nom de la marque aux hypercars à très forte puissance et aux structures en carbone. Il faut cependant distinguer les spécifications annoncées de la réalité industrielle : les informations disponibles sur l’unique AF10 roulante indiquent que le système hybride à quatre moteurs présenté dans la fiche technique n’a pas été installé sur cette voiture. L’AF10 de 2016 doit donc être comprise avant tout comme une démonstration d’ambition technologique, plutôt que comme une hypercar produite en série avec toutes les caractéristiques revendiquées.
2021 : Imperium et AFX ouvrent la voie à l’électrification
En 2021, Arash engage un nouveau changement de direction avec l’Imperium, un projet d’hypercar entièrement électrique. L’étude repose sur une architecture électrique de 800 volts et prévoit plusieurs configurations de motorisation. Cette évolution rompt avec les V8 qui avaient constitué jusque-là le fil conducteur des principaux modèles de la marque.
La même période voit apparaître le programme AFX, conçu comme une nouvelle famille de voitures pouvant explorer différentes solutions, électriques mais aussi thermiques. Arash cherche ainsi à adapter son savoir-faire dans les structures légères et les composites à une industrie où l’électrification occupe désormais une place centrale. Comme pour plusieurs projets antérieurs de la société, il faut toutefois distinguer le programme annoncé d’une véritable production en série : les AFX ont longtemps été présentées principalement sous forme de rendus et de projets de développement.
2025 : Arash reste un micro-constructeur indépendant
L’histoire récente de l’entreprise ne comporte ni rachat par un grand groupe ni faillite avérée. En juin 2025, une procédure de radiation d’office est engagée au Royaume-Uni, mais elle est abandonnée quelques semaines plus tard. Cet épisode administratif ne correspond donc pas à la disparition de la marque.
En août 2026, Arash Motor Company Limited est toujours enregistrée comme société active au Royaume-Uni. Arash Farboud demeure à sa tête et conserve le contrôle de l’entreprise. Le constructeur continue de présenter l’AF8, l’AF10 et ses projets électriques plus récents, mais son activité reste celle d’un acteur automobile extrêmement confidentiel, fondé sur le développement de supercars et d’hypercars en très faibles volumes plutôt que sur une production industrielle à grande échelle.
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