Histoire de la marque B. Engineering

Logo B. Engineering

B. Engineering est une petite marque automobile italienne née à Campogalliano, près de Modène, dans le sillage direct de la disparition de Bugatti Automobili. Créée autour de Jean-Marc Borel et d’anciens collaborateurs du constructeur, elle s’est fait connaître au début des années 2000 avec une seule voiture véritablement emblématique, l’Edonis. Son histoire est donc courte, mais étroitement liée à celle de la Bugatti EB110, dont elle a repris une partie de l’héritage technique pour développer une supercar profondément remaniée.

1995 : la faillite de Bugatti Automobili prépare la naissance de B. Engineering

L’origine de B. Engineering remonte à la faillite de Bugatti Automobili en 1995. Implantée à Campogalliano, l’entreprise qui produisait l’EB110 cesse alors son activité, laissant derrière elle un outil industriel, des pièces, des composants et surtout une équipe d’ingénieurs et de techniciens spécialisés dans les voitures de très haute performance.

Jean-Marc Borel, ancien dirigeant de la société, fait partie des personnes qui cherchent à préserver une partie de ce savoir-faire. Autour de lui se regroupent plusieurs anciens collaborateurs de Bugatti. Cette continuité humaine et technique constitue le véritable point de départ de B. Engineering, même si la création de la nouvelle structure intervient quelques années plus tard.

2000 : B. Engineering s’installe à Campogalliano

B. Engineering est lancée autour de 2000 à Campogalliano, sur le territoire même où Bugatti Automobili avait développé l’EB110. La nouvelle entreprise ne repart pas d’une feuille blanche. Elle dispose d’une connaissance approfondie de la supercar franco-italienne et peut s’appuyer sur des éléments issus du programme abandonné après la faillite.

L’objectif ne consiste toutefois pas à reproduire simplement l’EB110. La société veut exploiter cette base pour créer une automobile différente, plus légère dans sa conception mécanique et dotée d’une personnalité propre. Ce projet devient rapidement le centre de son activité de constructeur.

2001 : l’Edonis transforme profondément l’héritage de l’EB110

Le 1er janvier 2001, B. Engineering présente l’Edonis. Le projet est conduit avec des figures importantes de l’ingénierie automobile italienne, notamment Nicola Materazzi pour la partie technique et Marc Deschamps pour le dessin. Malgré sa filiation avec l’EB110, l’Edonis reçoit une carrosserie spécifique et une mécanique largement revue.

Le V12 d’origine est porté à environ 3,8 litres et abandonne ses quatre turbocompresseurs au profit de deux unités plus importantes. B. Engineering remplace également la transmission intégrale de l’EB110 par une architecture à propulsion. Ces modifications ne relèvent pas d’un simple exercice de préparation : elles donnent à l’Edonis une identité technique propre et expliquent pourquoi elle est considérée comme une automobile B. Engineering à part entière.

2002 : les essais de vitesse donnent une visibilité internationale à l’Edonis

L’Edonis attire rapidement l’attention par ses performances. En 2002, une voiture de développement atteint environ 359,6 km/h sur l’anneau de Nardò lors d’un essai organisé dans le cadre d’un événement consacré à la très haute vitesse. Cette performance contribue à installer la crédibilité technique de B. Engineering, alors même que la marque ne dispose ni des moyens industriels ni du réseau commercial des grands constructeurs de supercars.

Cette démonstration reste l’un des rares événements publics réellement marquants de l’histoire de la marque. B. Engineering ne construit pas sa réputation par la compétition automobile, mais par la transformation radicale d’une base déjà exceptionnelle et par la recherche de performances extrêmes.

2003 : le projet de petite série ne débouche pas sur une véritable production

B. Engineering envisage initialement de produire 21 Edonis, un nombre cohérent avec le caractère artisanal du projet et avec les composants disponibles issus de l’époque Bugatti. Dans les faits, le programme ne parvient pas à atteindre cette ambition. Les sources divergent sur le nombre exact de voitures entièrement achevées, mais il est établi que la production reste extrêmement limitée et que l’Edonis ne devient jamais un modèle fabriqué en série régulière.

Cette difficulté marque un tournant décisif. B. Engineering demeure une structure très spécialisée plutôt qu’un constructeur installé durablement sur le marché. Son activité se concentre ensuite davantage sur son expertise de l’EB110, notamment l’entretien, le suivi technique et la fourniture de pièces pour les exemplaires existants.

2017 : Casil Motors tente de relancer le programme Edonis

Plus d’une décennie après l’arrêt du projet initial, l’Edonis revient dans l’actualité lorsqu’une tentative de relance est engagée avec la société américaine Casil Motors. Celle-ci acquiert des droits liés au modèle et travaille avec B. Engineering sur une nouvelle déclinaison annoncée sous les appellations SP-110 Edonis et Fenice.

Le programme prévoit alors une série très limitée de voitures utilisant encore des éléments issus de l’architecture de l’EB110, avec une puissance portée à environ 720 ch. Quinze exemplaires sont annoncés. Cette relance montre que la valeur de B. Engineering repose toujours presque entièrement sur l’Edonis et sur l’héritage technique de Campogalliano.

2018 : la relance annoncée reste sans production de série établie

En 2018, le projet SP-110 Edonis Fenice est présenté comme une tentative de donner une seconde vie commerciale au concept développé au début des années 2000. Cependant, aucune production complète des quinze voitures annoncées n’est clairement établie par des sources fiables. La relance ne transforme donc pas B. Engineering en constructeur actif à grande échelle.

La marque reste aujourd’hui associée avant tout à l’Edonis et au cercle très restreint des spécialistes de la Bugatti EB110. Son histoire se distingue moins par le nombre de modèles produits que par la continuité technique entre la fin de Bugatti Automobili, la création d’une structure indépendante à Campogalliano et la tentative de prolonger l’existence d’une architecture de supercar devenue rare.