
Casalini est un constructeur italien né à Plaisance, en Émilie-Romagne, en 1939 autour de Giovanni Casalini. L’entreprise ne se consacre pas immédiatement aux minicars qui feront sa réputation : elle évolue d’activités mécaniques vers les cyclomoteurs et les petits véhicules utilitaires avant de trouver, à la fin des années 1960, sa spécialité dans les véhicules très compacts. Le Sulky, puis les quadricycles légers à quatre roues des décennies suivantes, installent Casalini parmi les pionniers européens de la voiture sans permis. Restée une entreprise familiale, la marque a ensuite fait évoluer ses modèles vers davantage de confort, de sécurité et, plus récemment, vers l’électrification de certains véhicules professionnels.
1939 : Giovanni Casalini fonde l’entreprise à Plaisance
L’histoire de Casalini commence en 1939 à Plaisance, dans le nord de l’Italie. Giovanni Casalini y développe une entreprise mécanique dont les premières activités ne se limitent pas à l’automobile. Les archives historiques disponibles mentionnent notamment la fabrication de machines destinées au travail des pâtes avant une orientation progressive vers les deux-roues et les petits véhicules motorisés.
Après la Seconde Guerre mondiale, le contexte change profondément. Comme dans une grande partie de l’Europe, l’Italie entre dans une période de motorisation rapide où les véhicules simples et économiques répondent à une demande croissante. Casalini commence alors à produire des éléments de cyclomoteurs, puis des cyclomoteurs complets et des motocarri, ces petits utilitaires à trois roues très répandus dans l’Italie de l’après-guerre. L’adhésion de l’entreprise à l’ANCMA dès 1951 confirme son implantation ancienne dans l’industrie des véhicules légers.
Le David 50 appartient à cette première époque. Plus qu’un modèle à détailler techniquement, il illustre la transition d’une entreprise de mécanique vers un constructeur spécialisé dans les moyens de déplacement compacts. Ce savoir-faire acquis avec les cyclomoteurs et les trois-roues prépare directement la rupture qui intervient à la fin des années 1960.
1969 : le Sulky donne à Casalini son identité de constructeur de minicars
En 1969, Casalini présente au Salon du Cycle et Motocycle de Milan un véhicule qui va profondément réorienter son activité : le Sulky. Sa production débute au tournant de 1970. Avec ses trois roues, ses deux places et sa carrosserie fermée, il se situe à mi-chemin entre le véhicule léger issu du monde du cyclomoteur et la petite automobile urbaine.
Le Sulky répond surtout à un cadre réglementaire qui rend ce type de véhicule particulièrement intéressant. En Italie, il peut alors offrir une mobilité accessible dans des conditions différentes de celles imposées à une automobile classique. Cette particularité contribue à ouvrir un marché spécifique, celui de la minicar, sur lequel Casalini va progressivement concentrer son activité.
La famille Casalini a parfois présenté le Sulky comme la première minicar italienne et possiblement comme une première à l’échelle européenne. La première affirmation correspond au récit historique de l’entreprise, tandis que la seconde doit être formulée avec davantage de prudence. Il est plus solide de considérer Casalini comme l’un des pionniers européens de la minicar. Durant les décennies suivantes, le Sulky et ses évolutions permettent aussi au constructeur de développer sa présence dans plusieurs marchés européens.
1994 : le Kore 500 fait entrer Casalini dans l’ère du quadricycle léger à quatre roues
Le début des années 1990 constitue une rupture importante, car la réglementation européenne commence à mieux définir et harmoniser la catégorie des quadricycles légers. La directive européenne 92/61, adoptée en 1992 puis transposée en Italie en 1994, fournit un cadre plus clair à ces véhicules limités en masse, en performances et en puissance.
Casalini profite de cette évolution réglementaire pour franchir une étape technique majeure. En 1994, le Kore 500 marque le passage à une nouvelle génération de véhicules à quatre roues correspondant à la logique moderne du quadricycle léger. Il ne s’agit plus simplement de faire évoluer le concept du Sulky : la marque s’inscrit désormais dans une catégorie européenne structurée qui va devenir le cœur du marché contemporain de la voiture sans permis.
Cette distinction juridique reste importante. Dans le langage courant, les Casalini sont généralement qualifiées de voitures sans permis ou de minicars, mais les modèles légers modernes relèvent réglementairement de la catégorie des quadricycles, notamment L6e pour les véhicules correspondant aux limites prévues par cette catégorie.
1996 : la Ydea rapproche la minicar de l’automobile traditionnelle
Deux ans après le Kore 500, Casalini poursuit cette transformation avec la Ydea, apparue en 1996 selon la chronologie historique la plus cohérente. Sa silhouette et sa conception témoignent d’une évolution essentielle : la minicar ne cherche plus seulement à fournir un moyen de déplacement minimal, elle adopte progressivement les codes visuels et pratiques d’une petite automobile conventionnelle.
Cette génération permet également à Casalini de développer des déclinaisons destinées aux usages professionnels. Ce choix prolonge une histoire commencée plusieurs décennies auparavant avec les motocarri. La marque conserve ainsi deux orientations complémentaires : des véhicules particuliers compacts pour la mobilité quotidienne et des petits utilitaires adaptés aux déplacements de proximité.
Les appellations vont ensuite évoluer à travers plusieurs générations et variantes, notamment autour des noms Sulky et Sulkydea. Leur détail apporte peu à la compréhension générale de l’histoire de la marque. L’essentiel est que, durant cette période, Casalini abandonne définitivement l’image du simple trois-roues fermé pour devenir un constructeur de microcars à quatre roues capables de s’intégrer au paysage automobile européen.
2009 : la M10 ouvre une période centrée sur la sécurité et la montée en gamme
À la fin des années 2000, Casalini franchit une nouvelle étape avec la M10, lancée autour de 2009 et 2010 selon les sources et les années-modèles retenues. Cette génération traduit une volonté de rapprocher encore davantage la minicar des standards d’une petite voiture en matière de présentation, d’équipement et de sécurité.
L’évolution la plus significative intervient en 2011 lorsque Casalini propose un système ABS sur cette famille de modèles. La presse automobile professionnelle le présente alors comme une première sur le marché de la voiture sans permis. L’équipement n’est pas à comprendre comme une généralisation immédiate à toute la gamme, mais comme un jalon technique important : Casalini cherche désormais à introduire dans le quadricycle léger des dispositifs jusque-là principalement associés à l’automobile classique.
Cette orientation se poursuit au milieu des années 2010 avec la M14, puis avec la M20 à partir de 2018. Plutôt que de constituer des ruptures indépendantes, ces modèles prolongent la même évolution : carrosseries plus travaillées, habitacles plus élaborés et présentation moins utilitaire. Casalini tente ainsi de faire de la voiture sans permis un véhicule urbain à part entière plutôt qu’un simple substitut au scooter ou au cyclomoteur.
2024 : l’eKerry introduit une nouvelle dimension électrique
En novembre 2024, Casalini présente à l’EICMA l’eKerry, un petit utilitaire électrique classé parmi les quadricycles légers. Sa commercialisation à partir de 2025 inscrit officiellement l’électricité dans l’offre récente du constructeur. Cette nouveauté est particulièrement cohérente avec l’histoire de Casalini : plutôt que d’abandonner son métier d’origine, la marque électrifie l’une de ses spécialités historiques, le véhicule utilitaire compact.
L’eKerry ne signifie toutefois pas que Casalini devient un constructeur exclusivement électrique. Il constitue plutôt une diversification parallèle à la gamme thermique. Cette période confirme aussi la continuité particulière de l’entreprise. Les sources historiques disponibles ne font apparaître ni rachat majeur ayant changé son identité, ni disparition suivie d’une relance comparable à celles connues par d’autres constructeurs. Casalini demeure associée à la famille fondatrice et à son implantation de Plaisance.
2026 : la gamme 650 prolonge l’histoire de Casalini face aux nouvelles normes
En 2026, Casalini continue de développer ses quadricycles thermiques avec une nouvelle famille 650 adaptée aux exigences d’émissions Euro 5+. Le constructeur utilise notamment un bicylindre Kubota associé à des systèmes de dépollution destinés à respecter le cadre réglementaire contemporain. Cette évolution montre que la marque poursuit simultanément deux voies : l’amélioration du thermique pour les minicars traditionnelles et l’électricité sur certains petits véhicules professionnels.
Plus de huit décennies après sa création, Casalini reste ainsi implantée à Plaisance et spécialisée dans une catégorie très différente de l’automobile généraliste. Son histoire s’est construite par étapes successives, des cyclomoteurs et motocarri de l’après-guerre au Sulky, puis aux quadricycles légers à quatre roues, avant l’introduction d’équipements de sécurité plus avancés et d’une offre électrique. Cette continuité industrielle explique la place singulière de Casalini parmi les plus anciens spécialistes européens de la mobilité légère.
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