
Chiribiri est une marque italienne née à Turin au début du XXe siècle autour d’Antonio Chiribiri, technicien et entrepreneur d’abord tourné vers l’aéronautique. Son parcours automobile, relativement bref, s’est construit sur une transition rapide de l’aviation vers la voiture, une forte implication en compétition et quelques modèles légers et performants qui lui ont donné une réputation dépassant largement la taille de l’entreprise. Après une période d’expansion au début des années 1920, les difficultés économiques ont toutefois entraîné l’arrêt de la production puis la disparition de la société à la fin de la décennie.
1910 : Antonio Chiribiri lance son activité aéronautique à Turin
L’origine de Chiribiri se situe à Turin en 1910, date généralement retenue pour le démarrage de l’atelier fondé par Antonio Chiribiri. Maurizio Ramassotto et Gaudenzio Verga sont également associés aux débuts de l’entreprise. La structure formelle connue sous le nom de Fabbrica Torinese Velivoli Chiribiri & C. est constituée en 1911, ce qui explique que les sources puissent différer légèrement sur l’année exacte de fondation.
À cette époque, l’activité est avant tout aéronautique. Chiribiri conçoit et construit des appareils et des moteurs dans un contexte où Turin concentre déjà une part importante de l’industrie mécanique italienne. Cette expérience dans la construction légère et la mécanique de précision jouera ensuite un rôle direct dans le passage à l’automobile.
1914 : la Siva ouvre à Chiribiri les portes de l’automobile
Le premier véritable tournant automobile intervient en 1914 avec la petite Siva. Le projet naît d’une commande du comte Gustavo Brunetta d’Usseaux, qui envisage initialement une série de cent voitures. La production effective reste nettement plus limitée, mais l’essentiel est ailleurs : Chiribiri démontre qu’il peut transposer ses compétences mécaniques à la construction automobile.
La Première Guerre mondiale interrompt cette première orientation. L’entreprise revient alors prioritairement aux activités aéronautiques et profite des commandes militaires pour développer ses capacités industrielles. Cette période consolide son outil de production, mais la fin du conflit change profondément le marché et impose une nouvelle reconversion.
1919 : Chiribiri abandonne l’aéronautique et se consacre à l’automobile
Après la guerre, Chiribiri cesse progressivement ses activités aéronautiques et choisit de faire de l’automobile son métier principal. En 1919, la marque présente notamment une 12 HP au Salon de Paris. Cette voiture légère et rapide incarne la nouvelle orientation de l’entreprise et lui permet de chercher des débouchés au-delà de l’Italie.
La production automobile de Chiribiri reste celle d’un constructeur de taille modeste, mais elle se distingue par une recherche de légèreté et de performances. Cette approche va naturellement conduire la marque vers la compétition, qui devient bientôt un moyen de développement technique autant qu’un outil de notoriété.
1922 : la compétition devient un élément central de la réputation de Chiribiri
En 1922, Chiribiri engage des voitures spécialement préparées dans plusieurs épreuves importantes, dont Susa-Moncenisio, Aosta-Gran San Bernardo et le Grand Prix des Voiturettes de Monza. La course ne constitue pas une activité séparée de la production : elle sert à mettre en valeur les qualités mécaniques des voitures et à renforcer la crédibilité d’une petite marque face à des constructeurs plus puissants.
Cette stratégie atteint un point marquant en 1923. Tazio Nuvolari, encore au début de sa carrière automobile, pilote une Chiribiri, tandis qu’une voiture de Grand Prix de la marque atteint 162,965 km/h lors d’une tentative de record dans sa catégorie. Ces performances contribuent fortement à associer le nom Chiribiri à des automobiles compactes, légères et sportives.
1924 : la société affirme définitivement son identité de constructeur automobile
En 1924, l’entreprise adopte la dénomination Auto Costruzioni Meccaniche Chiribiri S.A., signe que l’automobile est désormais au cœur de son activité. La gamme monte en ambition et la marque cherche à transformer sa visibilité sportive en développement commercial.
Parmi les modèles de cette période, la Milano occupe une place particulière. Elle est considérée comme l’une des réalisations les plus représentatives et les plus réussies de Chiribiri, notamment grâce à la qualité de sa construction mécanique. Les variantes sportives, souvent associées au nom Monza, prolongent en parallèle l’image acquise en compétition sans faire de Chiribiri un constructeur exclusivement tourné vers la course.
1926 : la crise économique fragilise durablement le constructeur
À partir de 1926, la situation financière de Chiribiri se dégrade. Le ralentissement économique et la contraction des débouchés à l’exportation pèsent lourdement sur une entreprise qui ne dispose ni des volumes ni des ressources des grands constructeurs. La production automobile cesse alors progressivement, mettant fin à la phase de développement ouverte après la Première Guerre mondiale.
Cette crise révèle la fragilité du modèle économique de Chiribiri. La réputation acquise en compétition et la qualité de ses voitures ne suffisent pas à compenser un marché plus difficile ni les contraintes industrielles d’un petit constructeur indépendant.
1928 : la liquidation met fin à l’histoire industrielle de Chiribiri
En 1928, la société est liquidée et ses installations sont reprises par Lancia. Cette opération marque la fin définitive de Chiribiri comme constructeur automobile. Certaines sources secondaires prolongent parfois son existence jusqu’en 1929, mais les références historiques les plus solides situent la cessation effective de l’activité et la reprise des installations en 1928.
Chiribiri n’a donc pas connu de relance industrielle durable ni de retour comme marque automobile contemporaine. Son histoire reste celle d’un constructeur turinois issu de l’aéronautique, devenu automobile après la Première Guerre mondiale, puis remarqué par ses voitures sportives et son engagement en compétition avant de disparaître à la fin des années 1920.
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