Histoire de la marque Osella

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Osella est un constructeur italien de voitures de compétition né autour d’Enzo Osella dans le Piémont au milieu des années 1960. D’abord lié à la préparation et à l’engagement de voitures issues de l’univers Abarth, le nom Osella s’affirme progressivement comme celui d’un constructeur à part entière, capable de produire ses propres sport-prototypes puis ses monoplaces. Son histoire est surtout marquée par trois grandes phases : l’émancipation vis-à-vis d’Abarth, l’ambitieuse aventure en Formule 1 entre 1980 et 1990, puis un retour durable aux prototypes et aux courses de côte, discipline dans laquelle la marque poursuit encore son activité.

1965 : Enzo Osella pose les bases de sa propre structure de compétition

L’origine exacte d’Osella demande une légère nuance. 1965 est généralement retenue comme la date de naissance de la structure fondée par Enzo Osella à Volpiano, près de Turin, mais la transformation en véritable constructeur portant pleinement son nom se fera progressivement. À cette époque, Enzo Osella évolue dans un environnement directement lié à Abarth et concentre son activité sur la préparation, l’exploitation et l’engagement de voitures de course.

Cette première période fixe déjà la spécialisation qui restera au cœur de l’entreprise : Osella ne se développe pas comme un constructeur généraliste de voitures de route, mais comme une petite structure entièrement tournée vers la compétition. Le savoir-faire repose sur la mise au point de châssis légers, l’adaptation mécanique et la recherche de performances dans des catégories où une organisation de taille réduite peut encore rivaliser avec des équipes mieux dotées.

1971 : la vente d’Abarth à Fiat accélère l’émancipation d’Osella

Le tournant intervient lorsque Fiat rachète Abarth en 1971. Dans le mouvement de réorganisation qui suit, Enzo Osella récupère une partie essentielle de l’activité compétition d’Abarth. Cet épisode lui permet de disposer d’une base technique et humaine plus solide pour développer ses propres voitures et faire d’Osella Corse un véritable constructeur indépendant.

Au début des années 1970, Osella s’éloigne ainsi du simple rôle de préparateur. La marque conçoit ses propres sport-prototypes et développe une identité technique fondée sur des voitures compactes, légères et spécifiquement pensées pour la course. Cette évolution est fondamentale : elle donne à Osella les moyens de bâtir un programme sportif sous son propre nom et prépare son arrivée dans les catégories internationales de monoplaces.

1979 : les succès en Formule 2 ouvrent la porte à la Formule 1

Au cours de la seconde moitié des années 1970, Osella élargit son activité aux monoplaces et s’engage notamment en Formule 2 européenne. La saison 1979 constitue le sommet de cette progression. Au volant de l’Osella FA2 à moteur BMW, Eddie Cheever remporte trois courses et termine quatrième du championnat.

Ces résultats donnent une visibilité nouvelle au petit constructeur piémontais. Ils convainquent surtout Enzo Osella qu’un passage au niveau supérieur est possible. La décision est audacieuse au regard des moyens de l’entreprise : la Formule 1 impose des dépenses, un rythme de développement et une organisation sans commune mesure avec ceux de la Formule 2. Osella choisit pourtant de franchir le pas dès la saison suivante.

1980 : la FA1 fait entrer Osella en Formule 1

Osella débute en championnat du monde de Formule 1 en 1980 avec la FA1 confiée à Eddie Cheever. Cette arrivée représente le moment de plus grande exposition internationale de la marque. Elle place un constructeur artisanal italien face aux principales équipes de la discipline, avec des ressources nettement plus limitées que celles de la majorité de ses concurrents.

Les premières saisons sont difficiles, mais Osella parvient ponctuellement à se distinguer. En 1982, Jean-Pierre Jarier obtient une quatrième place au Grand Prix de Saint-Marin, qui restera le meilleur résultat de l’histoire de l’équipe en championnat du monde. La même année est toutefois marquée par un drame : Riccardo Paletti trouve la mort lors du Grand Prix du Canada. Cet accident constitue l’un des épisodes les plus sombres de la période F1 d’Osella.

1983 : le partenariat avec Alfa Romeo donne un nouveau souffle au programme F1

À partir de 1983, Osella se rapproche d’Alfa Romeo, qui lui fournit des moteurs pour ses monoplaces. Cette coopération permet au constructeur de disposer d’une mécanique plus ambitieuse et conduit notamment au développement de la FA1F, engagée en 1984.

La saison 1984 est la plus significative de cette association. Piercarlo Ghinzani et Jo Gartner obtiennent les résultats qui permettent à Osella d’atteindre la douzième place du championnat des constructeurs, son meilleur classement en Formule 1. Ces performances restent néanmoins isolées. Le coût de la discipline augmente rapidement, tandis que la petite équipe doit continuellement adapter des concepts existants plutôt que lancer de coûteux programmes entièrement nouveaux. L’écart avec les structures de tête devient progressivement impossible à combler.

1990 : les difficultés financières mettent fin à onze saisons de Formule 1

Après plus d’une décennie passée au plus haut niveau, les contraintes financières finissent par déterminer l’avenir de l’équipe. À l’issue de la saison 1990, Enzo Osella cède l’activité de Formule 1 à l’homme d’affaires Gabriele Rumi. La structure est rebaptisée Fondmetal pour 1991, ce qui met fin à la présence du nom Osella dans le championnat du monde.

Cette sortie de la Formule 1 ne signifie toutefois pas la disparition de la marque. Elle marque au contraire un recentrage. Libérée du poids financier considérable des Grands Prix, Osella retourne vers les catégories où son expérience des châssis légers et des sport-prototypes peut être exploitée avec davantage d’efficacité.

1997 : la PA20S installe Osella parmi les références de la course de côte

Dans les années 1990, Osella retrouve une place majeure dans les compétitions de sport-prototypes, en particulier en championnat d’Europe de la montagne. La PA20S devient l’une des voitures emblématiques de cette nouvelle phase. Avec ce type de prototype, la marque renouvelle son image non plus par la Formule 1, mais par une discipline mieux adaptée à son modèle artisanal et à son expertise technique.

Pasquale Irlando remporte ainsi plusieurs titres européens à la fin des années 1990, avant que Franz Tschager poursuive cette série de succès au début des années 2000. Ces résultats replacent Osella au premier plan de la course de côte et donnent une continuité sportive à l’entreprise après la fin de son aventure en Grands Prix.

2001 : l’installation à Verolengo consolide l’activité de constructeur spécialisé

Au début des années 2000, l’entreprise s’installe à Verolengo, toujours dans le Piémont. Osella poursuit alors le développement de prototypes destinés aux courses de côte et aux circuits, en faisant évoluer la famille des PA vers des modèles plus récents comme les PA21 puis les PA30. L’activité reste fidèle à la logique qui caractérise la marque depuis ses débuts : produire en petite série des voitures conçues avant tout pour la compétition.

Osella Engineering poursuit encore cette activité aujourd’hui, avec une gamme de prototypes destinée principalement au sport automobile. La marque conserve ainsi un statut très différent de celui des grands constructeurs routiers italiens : son histoire est celle d’un atelier devenu constructeur de course, passé par la Formule 1 avant de retrouver durablement les disciplines où ses voitures spécialisées peuvent exprimer pleinement leur conception. Enzo Osella, qui avait donné son nom et son orientation à l’entreprise, est décédé en 2025, tandis que la structure qu’il a fondée continue d’exister.