
Puritalia est une jeune marque automobile italienne née à Naples au début des années 2010 autour de l’entrepreneur Paolo Parente. Son projet consiste à remettre au goût du jour la tradition de la fuoriserie, celle des automobiles produites artisanalement en très petite série et largement personnalisées pour leur propriétaire. D’abord incarnée par un roadster V8 d’inspiration classique, la marque s’est ensuite orientée vers une grande routière hybride très technologique, avant d’annoncer un programme entièrement électrique. Son histoire reste celle d’un petit constructeur ambitieux, dont les projets ont obtenu une visibilité internationale sans déboucher sur des volumes de production clairement documentés.
2010 : Paolo Parente lance Puritalia à Naples
Puritalia situe sa fondation en 2010. Le projet est porté par Paolo Parente, entrepreneur italien qui souhaite créer des voitures sportives exclusives en renouant avec une conception artisanale de l’automobile. Le designer Fabio Ferrante devient rapidement l’une des personnalités essentielles de l’aventure et prend en charge le langage stylistique des premiers projets.
L’ambition n’est pas de bâtir un constructeur généraliste ni même une marque de voitures de sport produites à grande échelle. Puritalia se présente plutôt comme une sartoria automobile, une sorte d’atelier de haute couture appliqué à l’automobile. Chaque voiture doit être assemblée en petite quantité, avec une place importante laissée au choix du client. Cette orientation détermine dès l’origine le positionnement très exclusif de la marque.
2012 : la Puritalia 427 donne une forme concrète au projet
La première création révélée par Puritalia est la 427, présentée publiquement en 2012. Ce roadster associe une architecture traditionnelle à moteur V8 avant à des proportions volontairement évocatrices des grandes sportives anglo-américaines des années 1960. Son inspiration rappelle notamment la Cobra liée à Shelby, mais Puritalia entend l’interpréter avec un dessin et une fabrication italiens plutôt que produire une simple réplique.
La 427 fixe plusieurs traits qui caractérisent alors la jeune marque : carrosserie légère, forte présence mécanique, construction artisanale et personnalisation poussée. Surtout, elle permet à Puritalia de passer d’une idée d’entreprise à un véritable projet automobile identifiable. Elle reste cependant davantage un manifeste fondateur qu’un modèle dont une production en série significative peut être établie avec certitude.
2014 : la 427 devient un prototype roulant et Puritalia prépare la suite
En 2014, Puritalia franchit une nouvelle étape en dévoilant à Milan un exemplaire physique de la 427. L’entreprise annonce alors des essais, une homologation et un projet de commercialisation. Un volume maximal de 427 voitures est évoqué, avec l’objectif de démarrer les ventes au milieu de la décennie.
Ces annonces doivent toutefois être replacées dans leur contexte. Les sources disponibles ne permettent pas d’établir que les volumes envisagés ont effectivement été produits. Fabio Ferrante décrira d’ailleurs plus tard la 427 comme une réalisation unique. Il est donc plus juste de considérer cette période comme celle où Puritalia tente de transformer son prototype en programme industriel, sans attribuer à la 427 une carrière commerciale qui n’est pas solidement documentée.
Parallèlement, la marque travaille déjà sur une automobile plus ambitieuse. Le futur modèle, d’abord connu sous le nom de GTQ, doit permettre à Puritalia de dépasser le registre du roadster néo-rétro et de construire une identité plus technologique.
2018 : le projet GTQ évolue pour devenir la Berlinetta hybride
Après plusieurs années de développement, le second programme de Puritalia change profondément. Le projet GTQ, initialement envisagé avec une architecture différente, évolue vers une grande GT à moteur avant baptisée Puritalia Berlinetta. Ce changement marque une rupture importante : la marque ne cherche plus seulement à revisiter une sportive classique, mais à associer fabrication artisanale, performances élevées et électrification.
La Berlinetta adopte ainsi une motorisation hybride rechargeable combinant un moteur thermique et une assistance électrique. Sa carrosserie fait largement appel à la fibre de carbone et sa production doit rester volontairement limitée. Puritalia annonce un maximum de 150 exemplaires, un nombre qui correspond à l’objectif de série et non à un total de voitures dont la fabrication aurait été confirmée.
Ce modèle traduit surtout une évolution stratégique. Puritalia conserve le principe de la voiture fabriquée sur commande, mais cherche désormais à se positionner également comme entreprise technologique. Le développement de logiciels de gestion de l’énergie et de fonctions connectées devient une composante importante de son discours industriel.
2019 : la Berlinetta place Puritalia sur la scène internationale
La Berlinetta est présentée au Salon de Genève en 2019, donnant à Puritalia sa plus forte exposition internationale depuis sa création. Le modèle revendique une puissance totale très élevée, mais son importance historique tient davantage à son architecture hybride et aux technologies développées autour de sa gestion énergétique qu’à ses seules performances.
Puritalia met notamment en avant le système Purhydrive, conçu pour adapter le fonctionnement de la chaîne hybride en utilisant différentes données et des algorithmes d’apprentissage. La marque développe également une approche numérique destinée au diagnostic, à la maintenance et aux mises à jour du véhicule à distance. Certaines fonctions annoncées restent néanmoins présentées comme évolutives, ce qui impose de distinguer les technologies démontrées des possibilités promises pour des versions ultérieures.
La même année, Puritalia renforce sa structure commerciale. Elle obtient en Italie le statut de PME innovante et conclut au Royaume-Uni un accord de distribution avec H.R. Owen. Cette phase montre la volonté de passer d’un constructeur de prototypes confidentiels à une marque capable de vendre ses automobiles sur plusieurs marchés tout en conservant une production extrêmement limitée.
2020 : le Project SuperVEloce annonce le passage au tout-électrique
En février 2020, Puritalia présente les premières informations concernant le Project SuperVEloce. Le programme doit cette fois utiliser une chaîne de traction entièrement électrique développée par la marque et intégrer des fonctions faisant appel à l’intelligence artificielle. Après le V8 de la 427 puis l’hybridation de la Berlinetta, ce projet montre clairement la direction technologique envisagée par l’entreprise.
Puritalia prévoyait de détailler le SuperVEloce au Salon de Genève 2020. L’événement est cependant annulé à quelques jours de son ouverture en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19. La marque perd ainsi une vitrine internationale importante au moment où elle devait présenter la prochaine étape de son développement.
Le SuperVEloce reste par la suite un projet annoncé plutôt qu’un modèle dont une production commerciale peut être démontrée. Aucun programme sportif majeur n’apparaît par ailleurs comme un élément structurant de l’histoire de Puritalia : contrairement à de nombreux constructeurs de voitures de sport, la compétition ne joue pas de rôle déterminant dans la construction de sa réputation.
2026 : Puritalia demeure active, mais sa production reste difficile à mesurer
Au milieu des années 2020, Puritalia conserve une présence officielle et continue de présenter la Berlinetta comme son automobile emblématique. La société Puritalia Automobili S.r.l. apparaît toujours comme active en Italie et rien ne permet d’établir un rachat, une faillite ou une disparition juridique de la marque.
La situation industrielle est en revanche moins claire. Les informations publiques récentes sont rares et aucun bilan fiable ne permet de déterminer combien de 427 ou de Berlinetta ont réellement été construites et livrées. De même, le passage du Project SuperVEloce à une production effective n’est pas documenté. L’histoire de Puritalia se termine donc, à ce stade, sur une situation particulière : la marque existe toujours, mais l’ampleur réelle de son activité de constructeur demeure difficile à vérifier publiquement.
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