Histoire de la marque VLF

Logo VLF

VLF est une marque automobile américaine née au début des années 2010 autour d’un projet très particulier : transformer des voitures existantes en modèles exclusifs à forte personnalité mécanique. Son histoire est étroitement liée à Bob Lutz, ancien dirigeant de General Motors, à l’entrepreneur Gilbert Villarreal puis au designer Henrik Fisker. En quelques années, l’entreprise est passée de la conversion de berlines haut de gamme à la création de voitures de sport en très petite série, avant de disparaître progressivement de la scène automobile.

2012 : Bob Lutz et Gilbert Villarreal créent VL Automotive

L’histoire commence en 2012 à Auburn Hills, dans le Michigan, lorsque Bob Lutz et Gilbert Villarreal fondent VL Automotive. L’entreprise ne cherche pas à devenir immédiatement un constructeur généraliste. Son projet consiste plutôt à reprendre des automobiles existantes, à modifier profondément leur mécanique et leur présentation, puis à les commercialiser comme des véhicules de niche.

Bob Lutz apporte au projet une longue expérience de l’industrie américaine, tandis que Villarreal intervient comme entrepreneur et partenaire financier. Cette implantation dans la région de Detroit place la jeune société au cœur de l’écosystème automobile américain et lui permet de s’appuyer sur des composants déjà éprouvés plutôt que de développer intégralement ses propres plateformes.

2013 : le Destino définit la première identité de la marque

VL Automotive se fait connaître en janvier 2013 avec le Destino, présenté au Salon de Detroit. Le modèle reprend la carrosserie de la Fisker Karma, alors réputée pour son style et sa motorisation hybride rechargeable, mais remplace sa chaîne de traction électrique à prolongateur d’autonomie par un V8 d’origine Corvette.

Cette transformation est décisive, car elle fixe le principe qui guidera les premiers projets de l’entreprise : associer le dessin d’une voiture haut de gamme ou sportive existante à une mécanique américaine plus conventionnelle et très puissante. Le Destino ne devient pas un modèle de grande diffusion, mais il donne à VL une visibilité internationale et constitue le véritable point de départ de son identité automobile.

2014 : le rapprochement avec GreenTech Automotive modifie la structure de VL

En 2014, VL Automotive est intégrée à WM GreenTech Automotive dans le cadre d’un rapprochement qui change la structure industrielle du projet. Le Destino est alors momentanément associé à la nouvelle organisation et son lancement commercial doit bénéficier de moyens industriels plus importants.

Cette phase montre toutefois la fragilité du modèle économique de VL. L’entreprise reste dépendante de partenaires, de véhicules donneurs et de productions extrêmement limitées. GreenTech Automotive connaîtra ensuite de graves difficultés financières et finira par faire faillite. Il convient néanmoins de distinguer cette faillite de celle de VLF elle-même : les éléments disponibles ne permettent pas d’affirmer que VLF Automotive a fait l’objet de la même procédure.

2016 : Henrik Fisker rejoint l’aventure et VLF Automotive voit officiellement le jour

Le projet change de dimension au début de 2016 avec l’arrivée d’Henrik Fisker comme associé, responsable du design et de la stratégie produit. L’entreprise adopte alors le nom VLF Automotive, formé à partir des initiales de Villarreal, Lutz et Fisker. Cette étape marque la naissance officielle de VLF sous son appellation définitive, même si ses racines remontent à VL Automotive quatre ans plus tôt.

La même année, VLF dévoile la Force 1 V10. Basée sur la Dodge Viper, elle reçoit une carrosserie largement redessinée par Henrik Fisker et conserve l’architecture spectaculaire du V10 américain. Contrairement au Destino, qui restait immédiatement identifiable comme une Karma transformée, la Force 1 affiche une identité visuelle beaucoup plus spécifique. Elle devient ainsi le modèle qui représente le mieux l’ambition de VLF de se rapprocher d’un véritable constructeur de voitures exclusives.

La production prévue reste volontairement très limitée. Les volumes réellement fabriqués semblent d’ailleurs avoir été nettement inférieurs aux objectifs annoncés, ce qui confirme le caractère artisanal et confidentiel de l’entreprise.

2017 : VLF élargit son offre avec la Rocket V8 et le Humvee C-Series

En 2017, VLF tente d’élargir son activité au-delà de la Force 1. La société intègre à son catalogue la Rocket V8, un projet initialement développé par Henrik Fisker avec Galpin Auto Sports à partir de la Ford Mustang. La voiture conserve l’architecture du coupé américain mais reçoit une carrosserie largement spécifique et une préparation mécanique importante. Elle prolonge ainsi la logique de VLF, fondée sur la transformation poussée de modèles de grande série en véhicules beaucoup plus exclusifs.

La marque explore parallèlement un domaine très différent avec le Humvee C-Series. Ce programme s’appuie sur le célèbre véhicule militaire à l’origine du Hummer H1 et vise notamment certains marchés internationaux, dont la Chine. Cette diversification montre la volonté de VLF d’utiliser son savoir-faire dans des projets à faible volume plutôt que de construire une gamme automobile classique.

2025 : VLF ne présente plus d’activité automobile identifiable

Après cette phase de développement, VLF cesse progressivement d’annoncer de nouveaux modèles ou de nouveaux programmes industriels significatifs. La Force 1, la Rocket et les projets autour du Humvee restent les dernières réalisations réellement marquantes associées à la marque.

En 2025, son ancien site officiel est signalé comme hors service et aucune activité automobile récente comparable à celle de la période 2016-2017 n’est publiquement identifiable. VLF peut donc être considérée comme une marque américaine aujourd’hui inactive. Sa disparition ne doit toutefois pas être présentée comme la conséquence d’une faillite formellement établie de VLF Automotive elle-même : l’histoire documentée conduit plutôt à constater un arrêt progressif de ses activités après quelques années de productions très confidentielles.