Histoire de la marque Xiamen Golden Dragon

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Xiamen Golden Dragon est un constructeur chinois né à Xiamen en 1992, à une période où l’industrie automobile chinoise accélère son industrialisation et cherche à développer des capacités locales dans le transport collectif. Connue en Chine sous le nom Jinlü et à l’international sous celui de Golden Dragon, l’entreprise ne s’est pas spécialisée dans la voiture particulière, mais dans les minibus, autobus et autocars. Partie d’une production de véhicules légers encore largement dépendante de technologies et de composants extérieurs, elle s’est progressivement transformée en constructeur complet, puis en acteur exportateur engagé très tôt dans les motorisations hybrides, électriques et à hydrogène. Son histoire est également étroitement liée au groupe automobile de Xiamen, devenu King Long Motor, qui en a pris le contrôle intégral en 2025.

1992 : Xiamen Golden Dragon naît autour du minibus

L’histoire de Xiamen Golden Dragon commence en 1992 à Xiamen, dans la province chinoise du Fujian. Contrairement à de nombreuses marques automobiles occidentales issues de l’initiative d’un ingénieur ou d’un entrepreneur identifié, Golden Dragon ne possède pas de fondateur individuel clairement établi dans les sources institutionnelles. Sa création relève avant tout d’un projet industriel porté par des entreprises liées au secteur automobile de Xiamen et organisé sous la forme d’une coentreprise sino-étrangère.

Les sources historiques distinguent plusieurs étapes administratives au cours de cette année 1992, notamment l’investissement initial, l’autorisation de la coentreprise puis son établissement juridique. Plutôt que de retenir artificiellement une seule journée comme date de naissance absolue, il est donc plus exact de considérer 1992 comme l’année fondatrice de Xiamen Golden Dragon.

L’activité débute sur le site de Huli avec le XML6390, dont un premier prototype est réalisé dès juin 1992 avant le passage à la production en série l’année suivante. Ce véhicule léger destiné au transport de passagers résume bien la première période de la société : Golden Dragon est encore davantage un assembleur de minibus qu’un constructeur disposant d’une gamme complète et de technologies entièrement maîtrisées en interne. En 1994, la structure du capital se stabilise autour d’une participation majoritaire de la société automobile de Xiamen et d’une participation minoritaire hongkongaise. Cette organisation restera durablement en place.

1997 : le XML6700 ouvre la voie aux autocars de taille moyenne

Le premier changement majeur intervient en 1997. Golden Dragon crée des capacités de recherche propres et investit dans un atelier consacré aux autocars moyens. Le XML6700, souvent associé dans les sources chinoises à l’appellation « Coaster », matérialise ce passage vers une catégorie de véhicules plus importante que les minibus des débuts.

Ce modèle est historiquement plus significatif que ses caractéristiques techniques. Avec lui, Golden Dragon commence à sortir de son métier initial pour s’installer progressivement sur le marché des autobus et autocars. Dans le même temps, la famille de véhicules légers connue notamment sous le nom Haishi continue d’assurer une présence dans le segment d’origine. La marque ne renonce donc pas immédiatement aux minibus, mais elle élargit son champ d’activité et prépare une transformation industrielle beaucoup plus profonde.

2000 : le site de Haicang transforme Golden Dragon en constructeur de bus à grande échelle

En 2000, la direction engage un virage stratégique décisif : Golden Dragon doit désormais développer prioritairement les autobus et autocars de moyenne et grande taille. Cette décision impose de dépasser les capacités du site historique de Huli. La construction d’un nouveau complexe industriel commence alors à Haicang, également à Xiamen.

La première tranche du site entre en service en 2001, puis l’installation monte rapidement en puissance. Haicang permet à l’entreprise de développer une gamme plus large, d’améliorer ses capacités de conception et de disposer d’un outil industriel adapté à des véhicules beaucoup plus imposants. C’est durant cette période que Golden Dragon cesse réellement d’être perçue comme une société principalement tournée vers le minibus.

L’entreprise renforce parallèlement son identité propre. La marque chinoise Jinlü, utilisée aux côtés de l’appellation internationale Golden Dragon, est enregistrée au début des années 2000. Ce changement accompagne une ambition nouvelle : ne plus seulement fabriquer des véhicules, mais construire une marque capable de développer ses propres produits, de structurer une gamme cohérente et de viser des marchés au-delà de la Chine.

2006 : la maîtrise du châssis consacre le passage au statut de constructeur complet

L’un des enjeux techniques essentiels de cette transformation concerne le châssis. Golden Dragon réussit au début des années 2000 à développer ses propres bases techniques, mais l’étape réglementaire déterminante intervient en 2006, lorsque l’entreprise obtient formellement la qualification lui permettant de produire des châssis d’autobus.

Cette évolution modifie profondément son statut industriel. La société s’éloigne définitivement du modèle des débuts, dans lequel une part importante du véhicule reposait sur des éléments ou des architectures venus de l’extérieur. En maîtrisant davantage le châssis et la conception générale, Golden Dragon devient un constructeur de véhicules complets, capable d’adapter plus facilement ses produits aux besoins de différentes villes, exploitants et marchés étrangers.

Cette montée en autonomie coïncide avec le développement d’une véritable stratégie d’exportation. Golden Dragon commence à organiser ses réseaux commerciaux étrangers dès le début des années 2000, obtient progressivement des certifications internationales et reçoit en 2006, avec d’autres constructeurs de son groupe, la reconnaissance chinoise de base d’exportation de véhicules complets. L’international n’est dès lors plus un débouché ponctuel, mais un axe durable de sa croissance.

2008 : l’homologation européenne et les autobus hybrides ouvrent une nouvelle étape

En 2008, deux évolutions jusqu’alors parallèles deviennent particulièrement visibles. La première concerne l’internationalisation. Golden Dragon obtient une homologation européenne de type WVTA, étape importante pour un constructeur qui cherche à démontrer que certains de ses véhicules peuvent répondre à des exigences réglementaires situées hors du marché chinois.

La seconde évolution est technologique. Les travaux de Golden Dragon sur les nouvelles énergies avaient commencé plusieurs années auparavant, les sources situant les premières recherches hybrides en 2002 et la constitution d’une équipe spécialisée en 2003. Un premier autobus hybride XML6112HEV est développé en 2005. En 2008, la livraison d’une série d’autobus hybrides destinés à une exploitation commerciale à Hangzhou montre que cette technologie dépasse désormais le stade du prototype.

Cette orientation est importante pour comprendre la suite de l’histoire de la marque. Golden Dragon n’attend pas la généralisation de l’électromobilité dans les années 2010 pour s’y intéresser. L’entreprise commence à accumuler une expérience dans les motorisations alternatives au moment même où elle perfectionne ses méthodes de fabrication, notamment avec l’introduction de procédés d’électrophorèse destinés à améliorer la protection des structures de carrosserie. L’objectif est alors double : élever la qualité industrielle et préparer des produits capables de répondre aux nouveaux besoins des transports urbains.

Au cours des années suivantes, l’exportation prend davantage d’ampleur. La livraison de 638 autobus scolaires à l’Arabie saoudite en 2014 illustre notamment la capacité acquise par Golden Dragon à traiter des commandes internationales importantes. La marque est alors devenue un constructeur chinois clairement tourné vers plusieurs régions du monde, et non plus seulement un fabricant destiné à son marché national.

2016 : l’hydrogène élargit la stratégie de nouvelles énergies

En 2016, Golden Dragon présente sa première génération d’autobus à pile à combustible. Cette étape ne marque pas l’abandon des véhicules hybrides ou électriques à batterie, mais l’élargissement de la recherche à plusieurs solutions de propulsion à faibles émissions.

L’intérêt historique de cette démarche réside dans sa continuité. Après l’hybride, l’entreprise développe le tout-électrique et explore l’hydrogène, suivant l’évolution rapide des transports collectifs chinois. Golden Dragon s’inscrit ainsi dans la profonde transformation du secteur des marques chinoises, dont plusieurs constructeurs font des nouvelles énergies un moyen de gagner en compétence technologique et de renforcer leur présence internationale.

Cette période correspond aussi à un déplacement progressif du centre de gravité de l’entreprise. Les performances traditionnelles d’un autocar restent importantes, mais la gestion de l’énergie, l’électronique et les systèmes intelligents prennent une place croissante dans la conception des véhicules. Golden Dragon commence alors à préparer des projets qui associent propulsion électrique et automatisation de la conduite.

2019 : le Xingchen inaugure une nouvelle génération industrielle à Longhai

Cette évolution devient particulièrement visible avec le Xingchen, un minibus électrique autonome développé à la fin des années 2010. Le véhicule est important non parce qu’il aurait, à lui seul, bouleversé le marché mondial, mais parce qu’il réunit deux orientations stratégiques de Golden Dragon : l’électrification et les systèmes de conduite intelligente.

Le 31 décembre 2019, un Xingchen devient le premier véhicule à sortir du nouveau site de Longhai consacré notamment aux autobus à nouvelles énergies. Cette sortie ne signifie pas que l’usine atteint immédiatement son régime industriel définitif. Longhai connaît une montée en puissance progressive au cours des années suivantes avant d’être présenté comme pleinement opérationnel dans la nouvelle organisation industrielle de Golden Dragon.

Avec Huli, Haicang et désormais Longhai, la société dispose d’une base industrielle beaucoup plus large que celle de ses débuts. Le nouveau complexe se distingue par un niveau supérieur d’automatisation dans le soudage, la peinture et la logistique. Il répond aux besoins d’une gamme qui intègre désormais davantage de batteries, d’électronique, de systèmes connectés et de possibilités de personnalisation.

2025 : King Long Motor prend le contrôle intégral de Golden Dragon

Le changement de propriétaire le plus important depuis les années 1990 intervient entre la fin de 2024 et le début de 2025. Pendant environ trois décennies, Golden Dragon avait conservé une structure issue de son histoire de coentreprise, avec 60 % du capital contrôlé par l’entité automobile de Xiamen devenue King Long Motor et 40 % détenus par le partenaire hongkongais Jialong, également désigné dans certains documents sous le nom Excelwin.

King Long Motor décide finalement de racheter cette participation minoritaire. L’opération est engagée à la fin de 2024, approuvée puis enregistrée en février 2025. À partir de cette date, Xiamen Golden Dragon Bus est détenue à 100 % par Xiamen King Long Motor Group. La transformation est importante car elle met fin au statut capitalistique hérité de la création de 1992.

Cette appartenance ne doit toutefois pas conduire à confondre Golden Dragon avec King Long au sens commercial. Golden Dragon, ou Jinlü en Chine, demeure une marque et une société distinctes de Xiamen King Long United Automotive Industry, même si elles relèvent du même groupe. Cette proximité explique que leurs histoires soient fréquemment mélangées dans les sources généralistes.

La consolidation du capital accompagne une nouvelle phase de développement produit. En 2025, Golden Dragon présente notamment le GC15, associé à la nouvelle architecture QianTu. Le projet prend toute son ampleur en août 2026 avec le lancement d’une famille de véhicules reposant sur une plateforme modulaire capable d’accueillir plusieurs dimensions de carrosserie et différentes motorisations, dont l’électrique, l’hybride, le diesel et le gaz. Cette stratégie vise à rationaliser la conception tout en permettant l’adaptation aux besoins de marchés très différents.

En 2026, Xiamen Golden Dragon reste donc un constructeur actif de minibus, autobus et autocars, désormais entièrement intégré à King Long Motor. Son parcours se lit comme celui d’une entreprise passée en un peu plus de trois décennies de l’assemblage de véhicules légers à la maîtrise de véhicules complets, puis à l’exportation et aux technologies de nouvelles énergies. Le lancement de la plateforme QianTu constitue à ce jour la dernière étape structurante de cette évolution, avec une volonté affichée de combiner industrialisation modulaire, électrification et développement international.