Présentée en novembre 1979, la Ferrari 400 Automatic i est une grande routière 2+2 animée par un V12 avant de 4,8 litres et équipée d’une boîte automatique à trois rapports. Elle se distingue surtout de sa devancière par l’adoption d’une injection Bosch K-Jetronic, signalée par la lettre « i » de son appellation. Cette évolution améliore la maîtrise des émissions, mais s’accompagne initialement d’une puissance ramenée à 310 ch.
Une Ferrari pensée pour voyager à quatre
La 400 Automatic i appartient à une catégorie particulière dans l’histoire de Ferrari. Il ne s’agit ni d’une berlinette compacte ni d’une voiture de compétition homologuée pour la route, mais d’un coupé de grand tourisme doté de quatre places, d’un moteur souple et d’un équipement conçu pour les longs trajets. Son architecture associe un V12 installé longitudinalement à l’avant, une transmission aux roues arrière et un empattement de 2 700 mm.
Avec 4 810 mm de longueur, 1 798 mm de largeur et 1 314 mm de hauteur, elle affiche des proportions plus imposantes que celles des modèles sportifs à moteur central. Son poids à sec de 1 830 kg confirme cette orientation. La Ferrari 400 Automatic i privilégie la stabilité, le confort et la disponibilité mécanique plutôt qu’une recherche absolue de légèreté.
De la Ferrari 400 à la version Automatic i
La 400 Automatic i s’inscrit dans l’évolution d’une famille déjà représentée par la Ferrari 400 GT. Cette gamme reprend le principe d’un grand coupé V12 à quatre places, proposé avec différentes transmissions afin de répondre à des usages plus sportifs ou plus orientés vers le confort.
La version à injection remplace directement la Ferrari 400 Automatic, dont le moteur était alimenté par deux rangées de trois carburateurs Weber horizontaux. Le changement ne concerne donc pas seulement le nom du modèle. Il correspond à une modification importante du système d’alimentation du V12.
Pourquoi Ferrari adopte l’injection Bosch
À la fin des années 1970, le durcissement des normes d’émissions sur plusieurs marchés pousse les constructeurs de voitures de prestige à mieux contrôler l’alimentation en carburant. Ferrari remplace ainsi les carburateurs Weber par une injection mécanique Bosch K-Jetronic. La lettre « i » permet d’identifier cette nouvelle configuration.
Le passage à l’injection facilite la régularité de fonctionnement et le respect des contraintes antipollution de l’époque. Il entraîne toutefois une baisse de la puissance annoncée. Alors que la précédente 400 Automatic à carburateurs développait 340 ch, la première 400 Automatic i est donnée pour 310 ch à 6 500 tr/min.
Cette différence explique pourquoi certaines fiches techniques peuvent sembler contradictoires. Les chiffres associés à la 400 Automatic à carburateurs ne doivent pas être attribués à la 400 Automatic i, et les données des exemplaires produits après la mise à jour de 1982 ne correspondent pas exactement à celles des premières voitures.
Un V12 de 4 823 cm³
Le moteur est un V12 ouvert à 60 degrés, monté à l’avant dans le sens longitudinal. Sa cylindrée exacte atteint 4 823,16 cm³. L’alésage mesure 81 mm et la course 78 mm, tandis que le taux de compression est fixé à 8,8:1.
Dans sa définition initiale, ce moteur développe 228 kW, soit 310 ch, à 6 500 tr/min. Sa conception et sa cylindrée importante correspondent à la vocation de la voiture, qui doit offrir des reprises progressives et maintenir une vitesse élevée sur de longues distances, malgré une masse conséquente.
Une boîte automatique à trois rapports
La transmission automatique utilise trois rapports et un convertisseur de couple. La puissance est transmise aux roues arrière par un arbre longitudinal, puis par un différentiel à glissement limité. Cette boîte ne cherche pas à reproduire le fonctionnement rapide des transmissions modernes. Elle favorise une conduite fluide, cohérente avec le positionnement luxueux du modèle.
Ferrari proposait également une version à injection dotée d’une boîte manuelle, la Ferrari 400 GTi. La distinction entre les deux modèles repose donc principalement sur la transmission : boîte automatique à trois rapports pour l’Automatic i, boîte mécanique pour la GTi.
Caractéristiques techniques principales
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Période de production | De novembre 1979 à 1985 |
| Architecture moteur | V12 à 60 degrés, longitudinal avant |
| Cylindrée | 4 823,16 cm³ |
| Alésage et course | 81 × 78 mm |
| Taux de compression | 8,8:1 |
| Puissance initiale | 310 ch à 6 500 tr/min |
| Alimentation | Injection Bosch K-Jetronic |
| Transmission | Boîte automatique à trois rapports |
| Roues motrices | Arrière |
| Vitesse maximale | 240 km/h |
| 400 mètres départ arrêté | 16,4 secondes |
| 1 000 mètres départ arrêté | 29,2 secondes |
| Longueur | 4 810 mm |
| Largeur | 1 798 mm |
| Hauteur | 1 314 mm |
| Empattement | 2 700 mm |
| Poids à sec | 1 830 kg |
| Capacité du réservoir | 120 litres |
Des performances adaptées à une grande routière
Ferrari annonce une vitesse maximale de 240 km/h, un 400 mètres départ arrêté en 16,4 secondes et un kilomètre départ arrêté en 29,2 secondes. Ces valeurs replacent la voiture dans son contexte : malgré son poids et sa boîte automatique à trois rapports, elle demeure capable de performances élevées pour un coupé 2+2 du début des années 1980.
Aucun temps officiel de 0 à 100 km/h n’apparaît dans la fiche historique du constructeur. Les valeurs parfois publiées ailleurs doivent donc être présentées avec prudence, car elles peuvent provenir d’estimations, d’essais anciens ou d’une confusion avec une autre version de la gamme.
Une évolution technique à la fin de 1982
La Ferrari 400 Automatic i reçoit plusieurs modifications à la fin de 1982. De nouveaux profils d’arbres à cames et des collecteurs d’échappement revus apportent environ 5 ch supplémentaires. Cette évolution ne transforme pas le caractère général de la voiture, mais elle distingue les derniers exemplaires des modèles produits au début de la commercialisation.
La mise à jour concerne également la suspension arrière autonivelante, les roues et les pneus. Ferrari fait évoluer en parallèle certains éléments de présentation, notamment l’habitacle, les rétroviseurs, la calandre et les éclairages. La puissance et l’apparence peuvent donc varier légèrement selon l’année de fabrication.
Carrosserie, production et marchés
La carrosserie est fournie par Pininfarina, tandis que Ferrari assure l’installation des composants mécaniques. La 400 Automatic i existe avec conduite à gauche ou à droite, ce qui permet sa commercialisation sur plusieurs marchés européens et internationaux.
Aucune version n’est toutefois officiellement produite pour le marché américain. Les voitures présentes aux États-Unis ont donc pu faire l’objet d’importations individuelles et d’adaptations, plutôt que d’une distribution officielle comparable à celle des modèles conçus directement pour ce pays.
Ferrari indique une production totale de 883 exemplaires jusqu’en 1985. Les numéros de châssis s’étendent de 27987 à 55523. Ce volume limité contribue aujourd’hui à la rareté du modèle, mais il doit toujours être mis en relation avec l’état de conservation, l’historique d’entretien et la conformité de chaque exemplaire.
La fin de la lignée 400
La Ferrari 412 prend ensuite le relais au milieu des années 1980. Elle conserve le principe du grand coupé V12 2+2 tout en faisant évoluer la cylindrée, la présentation et certains équipements. La 400 Automatic i constitue ainsi une étape charnière entre les Ferrari à carburateurs des années 1970 et les grandes routières à injection qui suivent.
Cette formule du coupé V12 à quatre places associé à une transmission automatique réapparaîtra plus tard sous une forme nettement modernisée, notamment avec la Ferrari 456 GTA. La 400 Automatic i reste néanmoins identifiable par son architecture classique, sa ligne anguleuse, son injection mécanique et sa boîte automatique à trois rapports.






