Opel Ascona B

Opel Ascona B

Lancée en 1975, l’Opel Ascona B constitue la deuxième génération de la berline familiale allemande. Plus grande et plus habitable que sa devancière, elle conserve une architecture très classique avec moteur longitudinal à l’avant et roues arrière motrices. Produite jusqu’en 1981, elle représente aussi la dernière génération de l’Opel Ascona à propulsion.

Cette génération occupe une place importante dans l’histoire d’Opel. Elle connaît une large diffusion en Europe, reçoit une gamme particulièrement étendue de moteurs essence ainsi qu’un Diesel et sert de base à l’Ascona 400, l’une des voitures de rallye emblématiques du constructeur. Il faut toutefois distinguer cette dernière de l’Ascona B de grande série, beaucoup plus conventionnelle techniquement.

Une nouvelle Ascona lancée en 1975

L’Ascona B apparaît cinq ans après la première Ascona. Opel conserve le positionnement établi par le modèle d’origine : une familiale intermédiaire située entre la compacte Opel Kadett C et les berlines plus imposantes de la marque. Dans la gamme de la seconde moitié des années 1970, la Rekord reste ainsi positionnée au-dessus de l’Ascona.

La nouvelle génération est présentée en 1975 parallèlement à l’Opel Manta B. Les deux automobiles partagent une grande partie de leur base technique, mais leurs missions diffèrent. L’Ascona est une berline deux ou quatre portes à vocation familiale, tandis que la Manta adopte une carrosserie de coupé et une présentation plus sportive.

Par rapport à l’Ascona A, la carrosserie grandit nettement. La longueur augmente d’environ 20 cm, la largeur de 4 cm et l’empattement de près de 9 cm. L’allongement profite à l’habitabilité tout en donnant à la voiture des proportions plus imposantes. Opel augmente également la surface vitrée et travaille l’aérodynamique afin de limiter la résistance à l’air et les bruits malgré l’accroissement du gabarit.

Une différence importante concerne les carrosseries disponibles. L’Ascona B est proposée en berline tricorps à deux ou quatre portes, mais ne reprend pas le break Caravan de la génération précédente. Pour une carrosserie plus expressive, le constructeur s’appuie sur la famille Opel Manta, clairement séparée de la berline malgré leur parenté mécanique.

Design et évolutions au fil des millésimes

Le dessin de l’Ascona B correspond à l’évolution stylistique d’Opel au milieu des années 1970. Sa silhouette tricorps est rectiligne, avec un capot relativement long, un coffre bien individualisé et de grandes surfaces vitrées. La face avant reçoit des projecteurs rectangulaires disposés de part et d’autre d’une large calandre. Cette architecture visuelle permet de la distinguer facilement des Ascona A et C.

Les premiers exemplaires se caractérisent notamment par leurs pare-chocs métalliques dotés de protections en caoutchouc. Une évolution esthétique intervient à la fin de la décennie. La présentation devient plus sombre, avec une calandre modifiée et des pare-chocs davantage habillés de noir. Les finitions et certains détails de décoration diffèrent cependant selon les marchés et les millésimes.

La gamme comprend des versions orientées vers l’économie, le confort ou une présentation plus dynamique. Les appellations De Luxe, Berlina et SR figurent parmi celles rencontrées au cours de la carrière, avec des disponibilités variables suivant les pays. Plusieurs séries spéciales complètent également la gamme. Ces différences portent surtout sur l’équipement, la présentation intérieure, les roues et les éléments décoratifs plutôt que sur une transformation profonde de la carrosserie.

Une variante se distingue visuellement des autres : l’Ascona équipée du moteur Diesel 2,0 litres. La hauteur de son moteur impose un bossage spécifique sur le capot. Cette version répond à une logique d’économie et d’endurance, notamment pour les conducteurs effectuant de forts kilométrages.

Des moteurs de 1,2 à 2,0 litres

Au lancement, l’offre repose principalement sur des quatre-cylindres essence. Le 1,2 litre développe 60 ch dans sa variante S, tandis que le 1,6 litre existe notamment en 60 et 75 ch. Le 1,9 S atteint 90 ch et constitue initialement l’une des propositions les plus performantes de la gamme courante. Ces moteurs sont associés à la propulsion, le plus souvent par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à quatre rapports.

La gamme évolue régulièrement. Des versions moins puissantes apparaissent pour répondre aux besoins économiques de certains marchés, tandis que le 1,9 litre cède progressivement la place aux moteurs 2,0 litres. Le 2.0 S développe 100 ch et le 2.0 E à injection Bosch L-Jetronic atteint 110 ch. Ce dernier place l’Ascona B parmi les berlines familiales Opel les plus performantes de sa génération sans entrer dans le domaine très particulier de l’Ascona 400.

À partir de la fin des années 1970, Opel introduit également des moteurs 1,3 litre de conception plus récente. Les variantes N et S développent respectivement environ 60 et 75 ch. Contrairement aux plus gros moteurs essence Opel de type CIH, ces blocs adoptent une distribution à arbre à cames en tête.

Le Diesel 2,0 litres développe environ 58 ch. Ses performances restent modestes, mais sa présence montre l’élargissement des usages recherchés par Opel. Avec une gamme allant d’environ 55 à 110 ch pour les versions routières ordinaires, l’Ascona B peut ainsi couvrir aussi bien les besoins d’une berline économique que ceux d’une familiale relativement rapide.

Fiche technique de l’Opel Ascona B

CaractéristiqueDonnée
Production1975 à 1981
CarrosserieBerline tricorps 2 ou 4 portes
StructureCaisse autoporteuse
ArchitectureMoteur longitudinal avant
TransmissionPropulsion
Moteurs essence4 cylindres en ligne, environ 1,2 à 2,0 litres
Moteur Diesel4 cylindres 2,0 litres
Cylindrées principales1 196, 1 297, 1 584, 1 897 et 1 979 cm³
Alimentation essenceCarburateur selon version, injection Bosch L-Jetronic sur 2.0 E
Puissance des versions courantesEnviron 55 à 110 ch
CoupleEnviron 83 à 159 Nm selon motorisation
Boîte de vitessesManuelle, généralement 4 rapports, automatique disponible sur certaines versions
FreinageDisques avant et tambours arrière sur de nombreuses versions de série
LongueurEnviron 4 321 mm
LargeurEnviron 1 670 mm
HauteurEnviron 1 380 mm
EmpattementEnviron 2 518 mm
VoiesEnviron 1 370 à 1 380 mm à l’avant et 1 375 mm à l’arrière selon version
PoidsEnviron 900 à 1 100 kg selon version
Vitesse maximaleEnviron 138 à 182 km/h selon motorisation de grande série
0 à 100 km/hEnviron 10,5 à 22 s selon motorisation
Consommation d’époqueEnviron 9 à 12 l/100 km selon moteur et méthode de mesure

Une architecture classique profondément revue

Malgré sa silhouette entièrement renouvelée, l’Ascona B reste fidèle à une formule mécanique traditionnelle. Le moteur est installé longitudinalement et transmet sa puissance aux roues arrière par un arbre de transmission. Cette disposition contribue à la parenté technique avec la Manta B et tranche avec l’évolution qui interviendra au début des années 1980.

Le train avant est remanié par rapport à l’Ascona A. L’empattement plus long, les voies élargies et l’augmentation du débattement des suspensions participent à l’amélioration du comportement et du confort. La caisse demeure autoporteuse. Sur de nombreuses versions de série, le freinage associe des disques à l’avant à des tambours à l’arrière.

Opel modifie aussi certains aspects moins visibles de l’architecture. Le réservoir est installé derrière le dossier arrière, dans une position mieux protégée en cas de collision. L’organisation du coffre et de l’espace disponible bénéficie également du développement d’une carrosserie sensiblement plus grande que celle de la première Ascona.

L’Ascona 400 et la carrière en rallye

La compétition donne à l’Ascona B une dimension dépassant largement celle d’une berline familiale. En 1979, Jochi Kleint remporte le Championnat d’Europe des rallyes avec une Ascona B de compétition. Dans le même temps, Opel développe une version beaucoup plus spécialisée destinée à l’homologation : l’Ascona 400.

L’Ascona 400 ne doit pas être assimilée aux 2.0 S ou 2.0 E de série. Sa mécanique, son châssis et sa carrosserie sont profondément adaptés à la compétition. La voiture de Groupe 4 utilisée au plus haut niveau reçoit notamment un quatre-cylindres de 2 420 cm³ à double arbre à cames et 16 soupapes. Dans sa configuration de rallye la plus évoluée, sa puissance atteint environ 260 ch pour une masse proche de 1 050 kg.

Son résultat le plus marquant arrive en 1982, après l’arrêt de la production de l’Ascona B de grande série. Walter Röhrl et Christian Geistdörfer remportent notamment le Rallye Monte-Carlo, puis Röhrl décroche le championnat du monde des rallyes pilotes au volant de l’Ascona 400. Cette campagne est d’autant plus notable que la voiture reste une propulsion alors que la transmission intégrale commence à transformer la discipline.

Production et remplacement par l’Ascona C

L’Ascona B rencontre un succès commercial important pendant ses six années de carrière. Les totaux publiés ne sont pas parfaitement uniformes selon le périmètre retenu, mais environ 1,45 million d’exemplaires constituent l’ordre de grandeur généralement associé à cette génération. Les berlines ordinaires représentent naturellement l’immense majorité de cette production, très loin de la rareté des dérivés d’homologation sportive.

La production s’achève en 1981 au moment où Opel change profondément la conception de sa familiale moyenne. L’Opel Ascona C abandonne en effet le moteur longitudinal et les roues arrière motrices au profit de la traction avant. Ce changement met fin à l’architecture employée depuis la première Ascona et fait de l’Ascona B la dernière représentante à propulsion de cette lignée.

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