Opel Monza

Opel Monza

L’Opel Monza apparaît en 1977 aux côtés de la Senator et arrive sur le marché en 1978. Ce grand coupé à hayon occupe alors une place inhabituelle chez Opel : celle d’une automobile rapide et haut de gamme, capable d’associer un six cylindres en ligne, une transmission aux roues arrière et quatre véritables places à une carrosserie plus pratique que celle d’un coupé traditionnel. Produite jusqu’en 1986, elle connaîtra une importante évolution esthétique et culminera avec la sportive Monza GSE.

Un grand coupé dérivé de la Senator

À la fin des années 1970, Opel renouvelle profondément le sommet de sa gamme. La Monza est développée parallèlement à l’Opel Senator A, dont elle reprend une grande partie de l’architecture mécanique. Là où la Senator adopte une carrosserie de berline statutaire, la Monza reçoit deux portes latérales, une ligne plus basse et surtout un vaste hayon vitré qui participe fortement à son identité.

La présentation intervient au salon de Francfort de 1977, avant le début de la commercialisation en 1978. Le modèle s’inscrit dans la tradition des grandes Opel à propulsion et à moteur six cylindres, déjà représentée auparavant par la famille Commodore. La Opel Commodore B illustre cette génération antérieure, mais la Monza adopte une conception et un positionnement plus modernes, avec une ambition de grand tourisme nettement affirmée.

La Monza ne doit pas être confondue avec la Manta. Les deux voitures sont des coupés Opel contemporains pendant une partie de leur carrière, mais leurs dimensions, leur positionnement et leurs mécaniques les distinguent clairement. L’Opel Manta B se situe plus bas dans la gamme, tandis que la Monza constitue le coupé de prestige de la marque.

Une architecture de grande routière à propulsion

La Monza utilise une structure monocoque et conserve une disposition mécanique classique pour une grande Opel de cette époque : moteur installé longitudinalement à l’avant et roues arrière motrices. Cette architecture la rapproche directement de la Senator et plus largement des grandes Opel à propulsion issues de la même période industrielle, parmi lesquelles figure également l’Opel Rekord.

La gamme initiale repose principalement sur des six cylindres en ligne. Le 2,8 litres à carburateur développe environ 140 ch, tandis que le 3,0 litres existe avec carburateur ou injection. Dans sa configuration 3.0 E à injection Bosch, le moteur de 2 969 cm3 atteint 180 ch DIN. Cette version représente rapidement l’une des expressions les plus caractéristiques de la Monza, avec des performances élevées pour un grand coupé Opel de la fin des années 1970.

La puissance passe par une boîte manuelle ou, selon les versions et les marchés, une transmission automatique. Au fil de la carrière, une boîte manuelle à cinq rapports complète les premières configurations. Les suspensions indépendantes et le freinage à disques participent à un ensemble conçu davantage pour les déplacements rapides et confortables que pour reproduire le comportement d’une sportive légère.

Fiche technique de l’Opel Monza

CaractéristiqueDonnées
Production1978 à 1986
CarrosserieGrand coupé 3 portes à hayon
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
StructureCarrosserie autoporteuse
Moteurs principauxSix cylindres en ligne essence
2.5 E2 490 cm3, injection, environ 136 ch DIN
2.8 S2 784 cm3, carburateur, environ 140 ch DIN, 214 Nm
3.0 S2 969 cm3, carburateur, environ 150 ch DIN, 231 Nm
3.0 E2 969 cm3, injection Bosch, environ 180 ch DIN, 243 Nm
Boîtes de vitessesManuelles à 4 ou 5 rapports selon période et version, automatique à 3 rapports sur certaines versions
Suspension avantIndépendante, type McPherson
Suspension arrièreIndépendante
DirectionÀ crémaillère, assistance selon version
FreinageDisques à l’avant, configuration arrière selon version
LongueurEnviron 4,69 à 4,72 m selon version
LargeurEnviron 1,73 m
HauteurEnviron 1,38 m
EmpattementEnviron 2,67 m
PoidsEnviron 1 350 à 1 400 kg selon version et équipement
Vitesse maximale 3.0 EEnviron 215 km/h
0 à 100 km/h 3.0 EEnviron 8,5 s

De la Monza A1 à la Monza A2

La première période de production est couramment désignée Monza A1. Son dessin conserve plusieurs codes de la fin des années 1970, notamment des pare-chocs encore très visibles et une face avant relativement anguleuse. La longue surface vitrée latérale, le pavillon fuyant et le grand hayon arrière donnent cependant à la voiture une silhouette immédiatement différente de celle de la berline Senator.

Au début des années 1980, la gamme mécanique évolue. Le 2.5 E à injection prend notamment place dans l’offre, tandis que le six cylindres 3.0 E demeure central pour les versions les plus performantes. Les spécifications exactes peuvent différer suivant les années et les marchés, raison pour laquelle une puissance ou un équipement associé à une Monza donnée doit toujours être rattaché à sa motorisation et à son millésime.

Le restylage conduit à la Monza A2, commercialisée à partir de 1982-1983 selon les marchés et les conventions de millésime. Les changements sont suffisamment visibles pour distinguer rapidement les deux phases : boucliers davantage intégrés à la carrosserie, traitement modernisé de la face avant et travail aérodynamique plus poussé. L’habitacle évolue également, donnant à la seconde série une présentation plus proche des standards des années 1980.

La Monza GSE et son instrumentation numérique

La GSE devient la déclinaison la plus emblématique de la seconde partie de carrière. Elle associe le six cylindres 3,0 litres à injection à une présentation plus sportive. Son intérêt ne réside donc pas dans une rupture avec l’architecture de la Monza, mais dans une mise en valeur plus dynamique de la formule existante.

L’élément le plus spectaculaire se trouve à l’intérieur. La Monza GSE reçoit une instrumentation numérique, équipement particulièrement remarquable sur une voiture européenne du début des années 1980. Cet affichage contribue aujourd’hui encore à identifier la GSE et illustre la volonté d’Opel de donner à son grand coupé une image technologique autant que sportive.

Cette évolution accompagne un dessin extérieur plus aérodynamique et des détails de présentation spécifiques. La GSE reste néanmoins une grande routière : son empattement généreux, son habitabilité et son vaste hayon rappellent que la Monza a été pensée pour combiner performances et utilisation quotidienne plutôt que pour devenir un coupé radical.

Une silhouette pensée autour du grand hayon

La caractéristique visuelle essentielle de la Monza est son arrière vitré. Le hayon descend largement derrière l’habitacle et forme avec les surfaces latérales une importante zone transparente. Cette solution apporte une dimension pratique inhabituelle pour une automobile de cette catégorie tout en allégeant visuellement une carrosserie longue de près de 4,70 mètres.

La partie avant reste plus conventionnelle et évolue avec le restylage. Sur les premières voitures, les éléments de carrosserie et les pare-chocs sont plus nettement séparés. L’A2 recherche au contraire une meilleure continuité entre la calandre, les projecteurs, les boucliers et les flancs. Ces différences constituent des repères plus fiables pour distinguer les deux phases qu’une simple identification par moteur, plusieurs mécaniques ayant traversé une partie de la carrière.

La parenté avec l’Opel Senator est surtout technique : la carrosserie de la Monza possède sa propre personnalité et ne correspond pas simplement à une Senator privée de ses portes arrière. Ce mélange de mécanique de grande berline et de carrosserie fastback explique une bonne partie de son positionnement singulier dans l’histoire d’Opel.

Une carrière arrêtée en 1986 sans remplacement direct

La production s’achève en 1986. Opel ne développe pas immédiatement une nouvelle génération reprenant la même formule de grand coupé six cylindres à propulsion. La Senator poursuit pour sa part sa carrière sous une nouvelle génération, tandis que l’organisation de la gamme Opel évolue progressivement vers d’autres architectures et d’autres catégories.

Lorsque l’Opel Calibra apparaît quelques années plus tard, elle réintroduit un coupé important dans le catalogue, mais ne constitue pas un successeur technique direct de la Monza : elle appartient à une catégorie différente et adopte une base mécanique à traction avant. Le nom Monza réapparaîtra encore chez Opel pour un concept présenté en 2013, sans relation de génération avec le coupé produit entre 1978 et 1986.

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