Apparu en 2004, le Ssangyong Stavic est un grand monospace sud-coréen conçu pour transporter jusqu’à onze personnes sur certains marchés. Son nom désigne le véhicule vendu en Europe sous l’appellation Ssangyong Rodius. Cette distinction est essentielle pour lire ses fiches techniques : les configurations de sièges, les motorisations et les équipements varient selon les pays. Le nom Stavic a également été repris pour le modèle profondément redessiné lancé en 2013. Les caractéristiques présentées ici concernent d’abord la première génération.
Un grand monospace lancé sous plusieurs noms
SsangYong développe le Stavic pour répondre à un besoin simple : offrir beaucoup de places et d’espace de chargement dans un véhicule utilisable par une famille ou un professionnel du transport de personnes. Le modèle apparaît en Corée en 2004, tandis que le nom Stavic est déjà employé sur certains marchés asiatiques la même année. En Australie, sa présentation commerciale intervient en février 2005, avant une mise en vente annoncée pour le mois suivant.
Ce calendrier explique pourquoi les documents mentionnent tantôt 2004, tantôt 2005 comme année de lancement. Il ne s’agit pas de deux modèles initiaux distincts : 2004 correspond à la première apparition du véhicule, 2005 à son arrivée sur plusieurs marchés d’exportation. En France, le nom à rechercher dans les catalogues et les essais de l’époque est généralement Rodius.
L’offre répondait à des usages différents suivant les pays. La présentation australienne annonçait sept ou neuf places, contre une capacité pouvant atteindre onze places en Corée. Le Rodius français était notamment proposé en sept places. Il serait donc trompeur d’attribuer onze sièges à chaque Stavic rencontré en annonce, même si cette configuration fait partie de l’histoire du modèle.
Le programme se distingue aussi par le choix entre propulsion et transmission intégrale sur certaines versions. Avec sa longueur supérieure à cinq mètres et son habitacle à plusieurs rangées, le Stavic occupe une place à part parmi les monospaces de son époque. Les familles nombreuses constituaient une clientèle évidente, mais SsangYong visait également les hôtels et les exploitants de véhicules de tourisme.
Un dessin reconnaissable et un habitacle pensé pour le nombre
Le dessin de la première génération est attribué à Ken Greenley, responsable du style de plusieurs projets SsangYong. Le Stavic associe une partie avant arrondie à un arrière haut et volumineux. Sa ligne de vitrage et le traitement de la custode lui donnent un profil immédiatement reconnaissable. Ce choix visuel a suscité des réactions contrastées dès son lancement, sans effacer la priorité donnée à l’espace intérieur.
Contrairement à certains grands véhicules familiaux, ses portes latérales sont battantes et non coulissantes. Le long empattement ménage la place nécessaire aux rangées de sièges, tandis que le grand hayon facilite l’accès au chargement. La capacité réelle du coffre dépend toutefois du nombre de sièges installés et de leur position : un chiffre relevé pour une version sept places ne décrit pas nécessairement un exemplaire à neuf ou onze places.
À bord, les instruments sont placés au centre de la planche de bord. Cette disposition libère l’espace face au conducteur et participe à l’identité du véhicule. Selon les finitions et les marchés, le Stavic pouvait recevoir la climatisation destinée aux passagers arrière, des sièges en cuir ou des aides au stationnement. La dotation d’un exemplaire doit être vérifiée à partir de sa version plutôt que déduite de son seul nom commercial.
Les retouches apportées à la première génération vers la fin des années 2000 modifient notamment sa présentation. Leur arrivée ne s’est pas faite partout au même moment. Pour identifier correctement une voiture photographiée ou proposée à la vente, il faut donc regarder sa face avant, son année et son marché d’origine, en plus du badge Stavic.
Fiche technique de la Ssangyong Stavic
| Caractéristique | Première génération, principalement SV270 XDi vers 2005 |
|---|---|
| Carrosserie | Grand monospace à cinq portes ; sept, neuf ou onze places selon marché et configuration |
| Structure | Monocoque en acier avec éléments de cadre intégrés |
| Moteur principal | Cinq cylindres en ligne turbodiesel, injection directe à rampe commune, 2 696 cm³ |
| Implantation | Avant longitudinale |
| Puissance du SV270 XDi | 121 kW, soit environ 165 ch, à 4 000 tr/min dans la fiche française du Rodius équivalent |
| Couple du SV270 XDi | 340 Nm dans la fiche française ; 342 Nm dans la présentation australienne |
| Autre motorisation | SV320 essence à six cylindres en ligne de 3,2 litres, proposée sur certains marchés |
| Transmission | Roues arrière motrices ou transmission intégrale selon version |
| Boîtes de vitesses | Manuelle à cinq rapports ou automatique à cinq rapports selon version et marché |
| Suspension avant | Double triangulation, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Indépendante multibras, ressorts hélicoïdaux |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freinage | Disques aux quatre roues, ABS |
| Empattement | 3 000 mm |
| Dimensions | Longueur de 5 125 à 5 220 mm, largeur de 1 915 mm et hauteur de 1 820 à 1 845 mm dans les fiches australiennes de 2005, selon variante |
| Voies | 1 590 mm à l’avant et 1 580 mm à l’arrière pour le Rodius 270 XDi français correspondant |
| Poids à vide | 2 106 kg pour une version australienne diesel automatique de base ; 2 242 kg pour le Rodius 270 XDi de la fiche française |
| Roues et pneus | Jantes de 16 pouces ; pneus 225/65 R16 sur une version australienne de base, 215/65 R16 sur la fiche française du Rodius 270 XDi |
| Vitesse maximale | 169 km/h pour le Rodius 270 XDi de la fiche française |
| Consommation mixte | 9,2 l/100 km pour le Rodius 270 XDi de la fiche française ; variable selon boîte, transmission et homologation |
| Réservoir | 80 litres dans la fiche française du Rodius 270 XDi |
Une mécanique de grand véhicule familial
Le cinq cylindres diesel est la motorisation la plus directement associée au Stavic initial. Son couple et son implantation longitudinale conviennent à un véhicule lourd, susceptible de rouler avec plusieurs passagers et leurs bagages. SsangYong proposait aussi un six cylindres essence de 3,2 litres sur certains marchés, ce qui explique les fortes différences de consommation entre fiches pourtant rangées sous le même nom.
La structure du Stavic était présentée à l’époque comme une formule associant des solutions techniques rapprochées de celles du Ssangyong Rexton. Il ne faut pas en déduire que le monospace reprend simplement la carrosserie du SUV : son architecture est adaptée à un habitacle plus long, à plusieurs rangées et à un accès arrière propre à sa fonction.
La description contemporaine de cette structure mentionnait également des éléments rapprochés de la grande berline Ssangyong Chairman. Cette parenté technique aide à comprendre la démarche de SsangYong, qui cherchait à combiner capacité de transport et comportement de voiture particulière. Les suspensions indépendantes avant et arrière participent à cette orientation.
La transmission intégrale répondait à un autre usage. Sur les versions qui en étaient équipées, elle apportait de la motricité lorsque les conditions devenaient difficiles, tout en conservant une architecture principalement tournée vers les roues arrière en conduite normale. Elle ne transforme pas pour autant le Stavic en tout-terrain équivalent au Rexton. Boîte, transmission et poids influent sensiblement sur les chiffres de consommation : une seule valeur ne peut représenter toute la gamme.
Ce qui change avec le Stavic de 2013
La réutilisation du nom Stavic à partir de 2013 est la principale source de confusion dans les résultats de recherche. Le véhicule ultérieur conserve la vocation de grand monospace et un empattement généreux, mais son dessin extérieur est largement revu. Sa face avant, ses flancs et sa poupe permettent de le distinguer de l’A100 apparu en 2004.
Les fiches consacrées à ce Stavic plus récent mettent souvent en avant le quatre cylindres diesel 2.0 e-XDI de 155 ch, notamment sur les marchés marocain et australien. Ce moteur ne doit pas être attribué au SV270 XDi des débuts. Des évolutions ultérieures de motorisation, de boîte et de présentation existent également : une annonce portant seulement la mention « Stavic » ne suffit pas à identifier sa fiche technique.
La même distinction s’impose pour la sécurité. L’évaluation ANCAP publiée pour les Stavic construits de 2013 à 2017 concerne les variantes à deux roues motrices de cette période. Elle ne constitue pas un résultat d’essai pour le Stavic de première génération, ni pour toutes les versions intégrales vendues sous le même nom.
Pour reconnaître un exemplaire précis, les éléments les plus utiles restent donc son année, sa silhouette, sa motorisation et sa configuration de sièges. Ces indices permettent de rattacher les documents d’entretien, les dimensions et les équipements à la bonne génération avant de comparer deux véhicules.




